23 septembre 2013

Snæfellnes, la montagne de neige

Snæfellnessi - merC’est une pointe de terre dominée par son volcan. Un bout de terre créée par d’énormes coulées de lave et des cratères qui surgissent d’un peu partout. Au sommet du volcan de 1500 mètres, un glacier adoucit ses angles, une chape d’un blanc immaculé. Pas surprenant qu’on ait longtemps cru qu’ici les elfes et les trolls qui peuplent l’Islande soient si nombreux. C’est une région magique, et Jules Verne l’avait senti jusqu’à sa lointaine France en faisant du Snæfellnes l’entrée du Voyage au centre de la Terre.

Snæfellnessi - cascadeDe Reykjavík, il faut compter un bon deux heures de route pour y arriver. Et pourtant, par temps clair, on aperçoit le Snæfellnes de la capitale! Mais il faut contourner les fjords de ce pays creusé par la mer. Juste après l’Esja, le mont qui surplombe Reykjavík et les montagnes d’Akranes, on passe sous un fjord grâce à un tunnel de près de six kilomètres. Ses parois de roches irrégulières sont impressionnantes.

SnæfellnesSe rendre admirer un volcan qui dépasse les 1000 mètres, c’est toujours risqué : le sommet est souvent couvert par les nuages. Je me souviens que le mont Fuji ne daignait se montrer que le matin pendant notre séjour dans la région. Mais sachez une chose : la répartition des nuages est souvent inégale. Si le sommet est invisible vu du nord, il peut fort bien apparaître du sud. Ce fut notre cas de la visite : nous avons eu droit à un Snæfellnes dominant tout le paysage lors de notre arrivée, puis au fur et à mesure qu’on le contournait vers le nord, il s’est voilé.

DjupalonssandurQu’importe. Il y avait tant à voir autour de cette péninsule nordique. Entre les petits villages, des champs de lave erratiques se jettent à la mer, prenant des formes étranges. Une petite plage miraculeuse, Djupalonssandur, a servi aux pêcheurs et fait maintenant le bonheur des touristes qui admirent son sable noir et ses parfaits petits galets. Et des cascades se jettent du haut des montagnes à peu près partout, conséquence de la lente fonte du glacier de onze kilomètres carrés.

Stykkishólmur - moutonsLa plus charmante de ces agglomérations est Stykkishólmur, encore plus au nord. En s’y rendant, nous avons rencontré un « embouteillage de moutons » puisque c’est le moment de l’année où les fermiers ramènent les moutons des champs où ils sont libres vers des espaces plus restreints où ils seront triés (parce que les bêtes sont pêle-mêle dans les champs, peu importe le propriétaire). Il y avait donc voiture, chevaux, moutons et membres de toute la famille pour pousser les moutons à suivre la bordure de la route. Nous sommes passés au milieu des bêê-bêê, admirant le travail.

StykkishólmurStykkishólmur, c’est un village de pêcheurs (et de nonnes puisque le couvent catholique emploie de nombreuses personnes !) d’où part un traversier vers la pointe plus nordique de l’Islande. Une colline rocheuse domine le port et elle est accessible aux visiteurs. La vue est très jolie avec la mer tout autour de soi, le village et les montagnes enneigées au loin. Nous avons vraiment apprécié cet endroit paisible. Une belle manière de finir ce voyage dans le Snæfellnessi.

Pour terminer, j'ai tourné un petit vidéo explicatif de cette montagne:

14 septembre 2013

Les Reykjanes, péninsule au sud-ouest de l’Islande

ReykjanesPour un voyage de quatre semaines et demi, avec un enfant, nous avions prévu de faire une seule grande excursion par semaine. Nous avons commencé par le Cercle d’or, puis le Blue Lagoon, et cette semaine, en accord avec la météo, nous voulions visiter le sud de l’Islande. Le plus simple, c’était de louer une voiture. Ce qui ne me réjouissait pas outre mesure, puisqu’une auto, c’est aussi un objet dont il faut prendre soin. Il faut la stationner, la nourrir, la conduire (ce qui est tout de même plus fatigant que de se laisser conduire). Mais cela comporte aussi de grands avantages : on est maîtres de son propre horaire et de son itinéraire. Une amie japonaise a accepté d’embarquer avec nous, ce qui nous a permis de faire un voyage encore plus agréable et de réduire les frais.

KleifarvatnNous sommes donc partis vers le lac Kleifarvatn, profond de 97 mètres. La route pour s’y rendre n’est pas toute asphaltée. Et l’atmosphère des lieux est très étrange : on circule au milieu des montagnes, montant et descendant sur une route bâtie sur un sol volcanique noir, recouvert de mousses vertes. Ce lac bleu qui apparaît entre les montagnes noires et fumantes, agité par un vent violent le jour de notre visite, est fort impressionnant. Seuls au milieu d’un nouveau monde, toujours en création…

SeltunTout près on trouve Seltún, où l’on peut admirer les solfatares, un nouveau mot français que j’ai appris ici : ce sont ces fumées qui s’échappent d’un sol à 100-200 degrés… Le site de Geysir permet d’en admirer de magnifiques, mais Seltún est un site encore plus large, où l’on peut marcher parmi les couleurs créés par le soufre plus longtemps. On entend le bruit de la respiration brûlante de la terre, de la boue qui ronfle, de l’eau qui s’évapore… On marche, littéralement, sur un volcan actif.

Mouton en IslandeLes solfatares de Seltún sont situés dans le village de Krýsuvík. Un panneau discret nous invite à visiter l’ancienne chapelle de Krýsuvík, dont il ne reste que des ruines, puisqu’elle a brûlé en 2010. En fait, il n’y a rien à voir là, sinon faire une belle promenade au milieu des bêê-bêê des véritables habitants du lieu.

C’est l’heure d’un petit repas à Grindavík, dans un restaurant près d’un port de pêche, bien protégé des vagues violentes de l’Atlantique nord. Ça fait drôle de penser que le fameux Blue Lagoon fait partie de cette ville, même si le lagon est situé de l’autre côté des montagnes, éloigné de l’océan.

GunnuhverPlus loin à l’est, on peut visiter un autre champ de solfatares bouillonnantes: Gunnuhver. Ils sont nommés ainsi à cause d’une fantôme agressive Gunna, qui avait envahi la région, voilà 400 ans. Jusqu’à ce qu’un prêtre survienne et l’emprisonne dans le sol. Ce qui explique pourquoi on peut toujours sentir sa fureur : cratères rouges et jaunes, odeur de soufre, usine qui collecte toute cette énergie pour en faire de l’électricité… La région est fertile en chaleur. Et la visite est impressionnante, car les champs sont situés très près de la mer, près du phare des Reykjanes: Reykjanesviti.

ReykjanesvitiIl est possible de s’y rendre à pied. Ce que j’ai proposé, animée par une volonté inébranlable de faire un peu de randonnée. Même si la route de gravier est davantage praticable à pied, puisqu’on peut éviter les trous, avec des vents de 70 km/h et un bébé sur le dos, ce fut quelque chose! Le chemin est entouré de lave figée et de mousses vertes, avec parfois, une vapeur sulfurique qui sort d’entre les fissures du roc… Reykjanesviti est le plus vieux phare d’Islande (1878), au bout de la pointe de la péninsule des Reykjanes.

ReykjanesvitiIl vaut la peine de marcher jusqu’au bout du chemin pour arriver devant les assauts furieux de l’océan. Au loin, on devine l’ile Eldey, le plus important lieu de nidification de 70 000 fous de Bassan. C’est aussi là que fut tué le dernier grand pingouin, qui pouvait atteindre 85 cm, en 1844. Depuis quelques années, une statue de cet oiseau éteint brave les tempêtes de la pointe et garde un œil sur l’île Eldey.

Finalement, le voyage s’est terminé avec le pont qui relie les deux continents. La région étant à l’intersection entre les plaques de l’Amérique et de l’Europe, on a profité d’une petite faille, non loin de l’océan, pour bâtir un pont, assez peu joli. Avouons qu’après avoir vu la plaque européenne s’effondrer, et apercevoir vingt-trois kilomètres plus loin le mur de la plaque américaine, lors de notre visite à Þingvellir, je n’étais pas impressionnée. Surtout que l’être humain étant si petit, j’ai du mal à croire que cette petite fissure est vraiment le lieu de la séparation entre les deux plaques. J’ai plutôt tendance à croire que toute la région entourant ce lieu est la réelle division tectonique: les solfatares de Gunnuhver, le phare Reykjanesviti et le champ de lave alentour. Mais il serait difficile de faire un pont aussi grand…

09 septembre 2013

Le milieu du voyage et attention au Blue Lagoon

Harpa de nuitDéjà deux semaines et quelques jours depuis notre arrivée en Islande. Nous en sommes à la moitié du voyage. Ce qui veut dire qu’on a visité les principaux sites de Reykjavík, qu’on a fait les excursions qui nous tenaient à cœur (Cercle d’or et Blue Lagoon). Sur notre liste, de nombreux items ont été cochés. Plusieurs dont je ne vous ai pas parlés, mais que j’évoquerai peut-être dans d’autres billets.

Le rythme des visites a ralenti: j’ai commencé les cours à l’université la semaine dernière. L’éducation est un monde fascinant : quand on ouvre la boite des connaissances, elle n’a pas de fin. J’ai toujours trouvé étrange que la curiosité soit un défaut dans les mythes de la Grèce antique (la boite de Pandore) ou même dans la description de la féminité d’antan (femme discrète, pieuse, obéissante : j’ai lu ça dans un vieux roman…) Pour moi, c’est une qualité importante, celle que j’ai nommée quand on m’a demandé ce que je souhaitais pour mon enfant : la curiosité. Car la vie n’est jamais ennuyante, elle trouve toujours le moyen de nous émerveiller quand on possède cette richesse.

Lac TjörninÉtonnamment, aujourd’hui j’ai expérimenté le plaisir de communiquer avec plusieurs nationalités en même temps : il y avait des Français, Japonais, Danois, Finnois, Tchèques, Polonais dans mon cours sur la société islandaise. Que c’est étrange de parler japonais un moment, puis de passer au français pour ensuite utiliser l’anglais… Jamais je n’avais vécu avec autant d’intensité l’incroyable sensation d’explorer plusieurs langues. Ça m’encourage à mieux les étudier pour m’améliorer! Mon vieux rêve de parler 9 langues à 90 ans était peut-être un peu exagéré, mais il révèle à quel point j’aime les langues et tout ce qu’elles nous révèlent sur les différentes sociétés qui les utilisent.

Deux choses à mentionner avant de vous quitter. D’abord, notre mini-album « Inspiration » est maintenant disponible sur iTunes! On y a mis des chansons en japonais et en français. Pour 3,96$, voilà un échantillon de nos compositions!

Ensuite, depuis le Blue Lagoon, mes cheveux ressemblent à de la laine d’acier. Et ce n’est pas une blague : la partie qui a subi l’eau salée et pleine de silice du lagon était complètement abîmée. J’ai eu beau les laver, les revitaliser, les traiter… Rien à faire: je ne pouvais même pas passer ma brosse dedans!

Valérie HarveyAvertissement à tous les visiteurs du Blue Lagoon: veuillez attacher les cheveux longs en chignon et éviter de les laisser tremper (un peu, c’est correct, mais pas une heure et demi!) Parce que si le Blue Lagoon est bon pour la peau, il est mortel pour les cheveux. Comme lors mon premier voyage au Japon, je reviendrai donc avec un nouveau look: des cheveux courts. :)

04 septembre 2013

Le Blue Lagoon, symbole de la richesse islandaise

Blue LagoonLe transport pour s’y rendre coûte au minimum 32 dollars. Le billet de la formule « standard » est à 40 dollars. De telles dépenses créent de grandes attentes. Qui ne seront pas déçues. Le Blue Lagoon, un lac artificiel de 200 mètres, rempli d’eau volcanique, est une expérience unique.


Blue LagoonLe chemin qui y mène est celui qui relie l’aéroport de Keflavík et la capitale Reykjavík: un champ de lave au milieu duquel passe une route. C’est assez extraordinaire de contempler ces pierres noires sillonnées de fissures et recouvertes d’une mousse d’un vert tendre. Tout près, la mer bleue; au loin, de jeunes montagnes hachurées.

Le Blue Lagoon est relié à une centrale géothermique qui puise de l’eau bouillante à 2000 mètres sous ces pierres volcaniques. Elle en sort à 240 degrés et fait tourner des turbines qui créent l’électricité dont on ne sait plus que Géothermie - Islandefaire ici. On se sert pour éclairer et chauffer les maisons bien sûr, cultiver les légumes (serres) et les poissons (pisciculture), chauffer les piscines extérieures ouvertes à l’année. Comme l’Islande est une île qui ne peut exporter son surplus d’électricité, elle invite les industries qui consomment beaucoup d’énergie (aluminium, serveurs informatiques) à s’installer ici pour profiter de cette énergie verte.


On se sert aussi de l’eau chaude pour faire fondre la neige sur des trottoirs trois fois plus large que les nôtres! Je l’avoue, je suis jalouse! Ma poussette, qui a tant de mal à se trottiner sur entre les poteaux électriques de ma ville (inexistants en Islande puisque l’électricité est enfouie) et les bacs de poubelle/récupération/compost n’a jamais le moindre problème sur les trottoirs de Reykjavík.

Pierres volcaniquesLorsque l’eau s’est refroidie, elle devient l’eau chaude municipale. Cette eau sent le soufre, une odeur d’œufs pourris sort donc du robinet. De temps à autre, le vent apporte cette odeur sur la ville, vite balayée par les souffles marins. Quand on prend sa douche, on a l’impression que l’eau est « douce », qu’elle laisse un filin sur nous. Elle ternit aussi graduellement mes bagues en argent… L’eau chaude n’est pas dangereuse pour la santé, mais il est préférable de ne pas la consommer. En fait, l’eau froide ne sent rien, ni le soufre, ni le chlore, car c’est de l’eau de source! Elle est donc fabuleuse à boire, telle quelle. Les Islandais en sont très fiers d’ailleurs!

Blue LagoonMais revenons au Blue Lagoon. À deux pas, il y a donc la centrale géothermique de Svartsengi. Elle déverse dans le lac artificiel de l’eau chaude entre 37 et 40 degrés. De grands pans de fumée blanche s’élève de la centrale et du lagon. Cette eau est réputée excellente pour la peau, car elle est chargée de silice, minéraux, sel et algues bleu-vert (d’où la couleur du lagon). Le lagon bleu, c’est donc l’eau rejetée de la centrale… On s’y baigne, on s’y détend, on s’étend de la boue blanche sur le visage et le corps…

Terre d’extrêmes, l’Islande a su transformer l’énergie volcanique en richesses. Le Blue Lagoon, c’est un peu le symbole de l’utilisation ingénieuse qu’en ont fait les Islandais: énergie électrique, eau miraculeuse, spa luxueux…

P.-S. Les enfants y trouvent aussi beaucoup d’agréments. Léo en a fait le tour, pouvant marcher à plusieurs endroits. Il a voulu essayer la boue, la cascade, les petits ponts. C’est aussi agréable pour eux que pour nous. Et la préparation tout comme le départ se passent bien car les vestiaires sont très bien organisés: bracelet à puce, séchoirs et bancs partout, gel douche et revitalisant… Le grand confort, même pour le billet minimum!

31 août 2013

Le Cercle d'or grandiose

Il y avait longtemps que le cadran avait sonné à 6h30 chez nous. Mais ce matin de vacances était un peu spécial: un minibus viendrait bientôt nous chercher pour nous amener vers le Cercle d’or, une série de beautés naturelles islandaises à ne pas manquer. C’est LA chose à faire en Islande, et même si c’est infiniment touristique, ça en vaut le déplacement.

Chute FaxiD’abord, ça fait infiniment de bien de sortir de la capitale. Comme nos pieds sont les seuls agents de déplacement (avec les bus), nous n’avons rien vu d’autres de l’Islande que la ville et les dessins délicats des montagnes environnantes, à travers la brume. Ça faisait du bien de s’approcher enfin de ces monts pour les voir clairement! Et comme il avait neigé la veille dans les hauteurs, le paysage était encore plus fantastique.

Premier arrêt: la « petite » chute de Faxi. C’était notre premier regard sur les rivières sauvages islandaises et nous n’avons pas été déçus! On croyait pourtant que ce n’était que la plaine, mais il y avait une telle merveille cachée dans ses plis…

Geyser StrokkurÉvidemment, il était temps de comparer avec la « grosse » chute, la deuxième plus puissante d’Europe (la première étant dans le nord de l’Islande): Gullfoss. C’est une rivière qui tire ses eaux du glacier Langjökull, qu’on peut admirer au loin. Pour honorer son nom, « les chutes d’or » se sont offertes sous le soleil et n’ont pas manqué de nous mouiller de leurs bouillons. En entrant dans le canyon, le chemin menant vers la chute est bien balisé par des barrières, car, vous le devinez, une chute serait fatale.

Chute GullfossAprès l’eau qui tombe, visitons maintenant l’eau qui monte: le geyser toujours en activité, Strokkur. Le site lui-même abrite l’ancien geyser Geysir (qui a donné son nom au phénomène, c’est un des seuls mots islandais intégrés au français) et d’autres émanations de vapeur. J’ai pu toucher à la terre rouge, près d’une sortie de vapeur: on dirait que la terre respire. La croute terrestre est ici toute mince… Et voir le geyser jaillir du sol après s’être empli d’eau est indescriptible… « De l’eau qui souffle », dit Léo.

AlþingSi nous avons trouvé que les arrêts à Faxi, Gullfoss et Geysir étant suffisamment long, le prochain parc aurait mérité une visite plus attentive. Le parc national de Þingvellir (thingvellir), site mondial de l’UNESCO, est situé exactement entre les plaques tectoniques européenne et américaine qui s’éloignent l’une de l’autre. Au centre de ces sombres falaises, Þingvellir offre un regard sur le plus grand lac d’Islande, le premier parlement du monde Alþing, la chute Öxarárfoss qui ressemble aux chutes Montmorency, des creux rocheux remplis d’une eau cristalline et de quelques plongeurs… Un site exceptionnel qu’on n’a pas eu le temps d’explorer à notre goût… J’y passerais bien une journée complète!

En résumé, le tour qu’on surnomme le Cercle d’or porte bien son nom. C’est la première fois que je comprends vraiment pourquoi les beautés de l’Islande attirent autant les touristes. Ces terres qui fument l’eau, la crache, la roule, la boue fascinent l’œil et l’imaginaire. On y voit la puissance de la planète à la fois lente (glacier, tectonique des plaques) et rapide (chute, volcan, geyser). Inoubliable! Je prépare bientôt des fonds d'écran pour apprécier tout le paysage! À très bientôt!

28 août 2013

Duo cathédrales

HallgrímskirkjaAu Japon, il faut visiter les temples et les sanctuaires. Dans les pays européens, il faut visiter les églises, c’est tout aussi évident! Ce matin, départ vers Hallgrímskirkja, l’édifice qui domine la capitale de ses 73 mètres, juché sur une colline. Cette église luthérienne a été terminée en 1986, près de 38 années après le début de sa construction. Elle abrite un orgue immense et des concerts y sont régulièrement donnés. Le festival de musiques religieuses s’est d’ailleurs terminé une journée avant notre visite.

Je ne saurais dire si l’église de Hallgrímur est jolie. Mais le point de vue vaut le coût. On voit les 360 degrés de Reykjavík, ce qui est intéressant quand on a commencé à découvrir la ville: on aperçoit alors ce qu’on a visité et ce qu’il nous reste à voir. Les cloches de midi se sont mises à sonner quand les nuages se sont écartés et que la vue est devenue splendide, avec une mer très bleue.

Pour se rendre à Hallgrímskirkja, il faut traverser le centre-ville touristique: des centaines de petites boutiques qui vendent souvent la même marchandise. C’est un peu partout pareil, et ce n’est jamais dans mes quartiers préférés. Même si j’y ai trouvé un joli manteau de laine et que je compte me ramener un bijou de lave.

LandakotPendant la sieste du Léo, le soleil s’est définitivement installé. Cela étant assez rare à Reykjavík, je suis donc sortie faire une courte promenade à Landakotskirkja, la cathédrale-basilique du Christ-Roi, la seule d’allégeance catholique en Islande. D’un style néogothique, la cathédrale fut pourtant achevée en 1929. J’ai beaucoup aimé ces pierres beiges et massives, le grand parc très vert qui l’entoure, la petite école primaire toute blanche qui s’y presse. L’église de Landakot est, à mon avis, très belle et cela tient beaucoup à toute cette verdure qui l’entoure. C’est là qu’on voit toute l’importance de l’emballage, même pour les bâtiments… (sur la photo, vous pouvez aussi voir Hallgrímskirkja, à gauche)

HarpaAprès le dodo, nous sommes repartis sur les routes. Il faisait toujours beau, le vent était doux, alors nous sommes allés au bord de la mer, admirer la toute nouvelle salle de concert de la ville, toute en verre. C’est assez extraordinaire. Le bâtiment reste à « emballer », mais sa localisation, tout au bord de la mer, est déjà magnifique. Il reflète le ciel, la mer, la ville d’une manière charmante.

SólfarNous avons marché jusqu’à la sculpture Sólfar, le « Voyageur du soleil », une carcasse de bâteau viking en acier, en route vers le soleil couchant. L’Islande est après tout la terre des Vikings, partis vers l’ouest, l’Amérique qu’ils ont nommée « Vinland », autour de l’an 1000. La saga d’Érik le rouge en fait foi. La journée avait été chargée de découvertes, la soirée fut tranquille. Pour refaire le plein d’énergie, en route vers d’autres aventures…

26 août 2013

Le soleil islandais, juste pour vous

ReykjavikLe temps en Islande est toujours en mouvement. Vous regardez la météo et elle annonce toujours de la pluie. Même la journée où l’icône du soleil apparaît se transformera en petit nuage bientôt. Mais cela ne veut pas dire qu’il pleut tout le temps. Non. La pluie tombera. Puis étonnamment, le soleil vous caressera, alors que tout ce qui vous entoure, les montagnes comme la mer, resteront couvertes de nuages gris. Vous avez alors l’impression d’être une personne privilégiée, exactement au bon endroit, au bon moment, pour profiter de la lumière. Comme si les nuages s’étaient écartés pour vous seule. L’Islande vous fait ce cadeau, régulièrement.

Après une longue journée de voyage et d’attente, nous sommes enfin arrivés et installés dans notre « maison islandaise », comme le dit notre Léo. L’appartement est très éclairé, les fenêtres sont partout, les pièces sont grandes et propres. Le propriétaire a même pensé à sortir des jouets, ce qui fait le bonheur du petit bonhomme, vous imaginez…

ReykjavikHier, pour notre première sortie (à la recherche d’une épicerie!), nous sommes passés juste à côté du vieux cimetière. Notre premier regard sur la grande église qui domine la ville s’est fait par la rue Kirkujudarðsstígur, juste à côté d’un bâtiment orné d’un grand drapeau du Canada! Nous ne savons pas encore ce qu’est cette maison (résidence de l’ambassadeur ou du consul canadien peut-être), mais c’était un premier regard paradoxal!

Après avoir fait quelques achats pour se nourrir, nous sommes revenus à la maison. La nuit fut longue et bienvenue ! Mais la proximité du cercle polaire se fait sentir, car même en cette fin d’août, le soleil s’est couché en même temps que nous: à 21h30…

Ce matin, nous sommes allés au centre commercial Kringlan pour trouver une épicerie qui ne soit pas un « dépanneur piège-à-touristes ». Les centres commerciaux se ressemblent dans plusieurs pays : on y trouve des boutiques connues (Body Shop, Aveda, Domino Pizza), la fameuse marque islandaise de manteaux 66º North (faits en Chine : avez-vous besoin d’autres commentaires à propos de ces doudounes qui coûtent 1000 dollars?) et un grand Hagkaup bien pourvu en fruits et légumes (vendus au kilo, alors tout paraît hors de prix au début!) et autres nécessités pour faire un sauté!

ReykjavikPuis je me suis arrêtée pour une rencontre à l’Université d’Islande avec les deux professeurs. Rencontre brève, qui a servi à prévoir un autre rendez-vous la semaine prochaine. L’université est située juste à côté de l’aéroport régional où des avions voyageant en Islande, au Groenland et aux îles Féroé, atterrissent régulièrement. Le bruit est fort, mais c’est magnifique de voir les pistes tout près de la mer, en bordure de la ville. Cet aéroport a été construit par les Britanniques durant la Seconde Guerre mondiale, parce que le terrain plat était plat. Il reste encore des petites maisons rondes pouvant résister à tous les temps, construit par les soldats…

19 août 2013

Islande : 5 dodos avant le jour J

BagagesLes bagages s’accumulent dans notre chambre. Trois grosses valises pour la soute, deux plus petites qui nous suivront dans l’avion, un sac à dos pour porter Léo lors d’excursions dans les paysages volcaniques islandais, et une poussette pour la ville. J’ai deux listes qui traînent près de mon ordinateur : ce qu’il reste à ajouter à nos bagages et ce qui me reste à faire dans la maison pour accueillir l’ami qui y habitera pendant notre séjour. Dire que nous pourrons à peine nous croiser samedi matin!

Étonnamment, la superbe météo prévue pour cette semaine a facilité la préparation des vêtements : j’ai pu mettre bas, pantalons et chandails à manches longues dans les valises sans crainte de devoir les ressortir avant le départ! Le décalage ne sera pas qu’horaire : nous passerons à une température d’été à un temps d’octobre en quelques heures de vol...

Les professeurs qui étudient les congés parentaux, et tout particulièrement l’implication du père islandais, m’ont déjà contactée : je les rencontre le lendemain de mon arrivée! J’ai aussi mon horaire de cours à l’université : le lundi et le jeudi, j’y serai pour assister aux séances sur la littérature et la société islandaise.

Mais j’ai aussi arpenté les guides touristiques pour préparer une liste des choses à faire, voir et entendre à Reykjavík. Étant donné que nous avons avec nous un enfant de deux ans et demi, nous nous en tiendrons à la région de la capitale et ses environs. Ce qui semble déjà fort intéressant, je vous assure!

De toute façon, je n’avais pas l’intention de tout voir. Parce que pour apprivoiser le pouls d’une ville, il faut aussi avoir des journées pour flâner, décanter les découvertes de la veille... Et vous écrire des billets régulièrement! Le blogue Nomadesse redeviendra donc très actif, j’ai hâte de vous emmener avec moi!

Við sjáumst!
(au revoir)

24 juin 2013

Jardins Quatre-Vents, Charlevoix

Iris et pont japonaisIl est 9h, samedi matin, et nous courrons dans les champs pour rattraper le groupe. Les chevaux soulignent notre passage d’un soupir et nous nous arrêtons essoufflés devant le guide. Nous sommes sur la « Sunset Hill » de La Malbaie, un endroit que tout le monde aperçoit de la ville, mais inaccessible à peu près tous les jours de l’année.

Sauf aujourd’hui. Et trois autres samedis de l’été.

PigeonnierAujourd’hui, nous sommes sur le terrain privé de la maison d’été de M. Cabot. Pour visiter ses jardins, une merveille presque secrète…

Ne vous battez pas, tous les billets sont vendus longtemps d’avance. On réserve au début de l’année, sur le site du Centre écologique de Port-au-Saumon, un lieu cher à ma mémoire car j’y aie passé tous les étés de mon enfance. Mon grand-père avait construit un chalet en bois rond, qui appartient maintenant au Centre. Mon nom est toujours gravé sur le mat du drapeau, c’était le seul mot que je savais écrire…

Boeufs HighlanderTrois générations de Cabot ont travaillé sur cette montagne pour créer les jardins de Quatre-Vents tels qu’ils sont aujourd’hui. Jardin d’épices, jardin blanc, jardin de roses, porte qui mène le regard vers le menhir dans les champs, bœufs highlander qui viennent observer les curieux, pont de lune, iris avec un arrière-plan shintoïste, potager… La visite dure deux heures et demi, et ce n’est pas pour rien.

Tout près des champs, un petit pavillon de musique attend les artistes. Quand la guide a demandé si quelqu’un voulait y chanter quelque chose, Philippe et moi avons interprété « Sakura sakura ». La petite salle de merisier servait d’amplificateur naturel. Magnifique petit moment pour nous!

Jardin japonaisLe dernier ajout aux jardins est celui que je souhaitais le plus admirer : le jardin japonais et ses deux pavillons. Le mélange de la végétation québécoise à cette architecture japonaise était fantastique : particulièrement la lumière sur le bouleau qui venait chercher parfaitement le blanc des pavillons. Enchanteur.

Tous les profits de ces visites sont des dons pour le Centre écologique. Alors profitez-en pour mettre cela à votre liste des choses à faire dans Charlevoix…

Bonne Saint-Jean à tous! Je nous souhaite de ne pas oublier (des fois, je ne suis pas sûre qu’on a la bonne devise…)! ;)

04 juin 2013

Le féminin n’inclut pas le masculin

Les couleurs

Bébé a trois mois. Déjà, vous n’en pouvez plus du bleu, du noir et du vert. Vous visitez un magasin de vêtements et demandez à la dame si les modèles de pyjama pour fillettes ont la même coupe. Elle vous confirme que c’est effectivement la même chose, sauf pour les couleurs. Heureuse, vous choisissez un pyjama mauve et rose, orné d’un gros chat. La vendeuse vous regarde étrangement: « Mais… Ça ne dérangera pas le papa de voir son garçon habillé comme ça? »

C’est malheureusement une histoire vraie. Je suis restée bouche bée et j’ai fini par répondre que non, papa ne s’en formaliserait pas, car il porte aussi des chemises roses. Tout comme ses deux grands-pères…

Dès la naissance, il faut marquer le genre de notre bébé. La chambre est souvent bleue ou rose. Les couvertures, les vêtements, les toutous, tout nous rappelle qu’un garçon, ce n’est pas la même chose qu’une fille.

Or si on permet maintenant aux fillettes de porter du bleu, du vert ou du noir (sans camion dessus toutefois! :P), je vous mets au défi de chercher un chandail, un polo ou une chemise rose ou mauve. Il faut être déterminé. Très déterminé.

Les jouets

Bébé a deux ans. Il s’amuse avec des camions, des casse-têtes et des blocs. Un jour, en arrivant à la garderie, vous remarquez que votre petit garçon adore par-dessus tout la mini-poussette qu’il promène joyeusement en parlant au bébé dedans. Oseriez-vous lui en acheter une pour son anniversaire?

Il y a toujours une hésitation quand on s’aventure avec un bébé masculin dans la section « fillettes » des magasins: celle décorées de cœurs roses, de princesses et d’instruments de cuisine. On se fait regarder étrangement quand on demande à son petit garçon: Quelle poussette te ferait plaisir? Tu veux cette poupée ou celle-là? Quel nom vas-tu lui donner?

Pourtant, s’aventurer dans la section « garçon » avec une fillette n’est plus aussi difficile. Une fille qui s’intéresse aux jouets des garçons, ça se peut. Je ne dis pas qu’on l’encourage à cent pour cent, mais ce n’est pas mal vu. Au lieu de se dire qu’elle deviendra « masculine », on se dit plutôt qu’elle sera une fille forte, comme la princesse Mérida, héroïne de Rebelle de Disney.

Oups! C’est vrai que la renommée compagnie n’a pas hésité à charcuter ce personnage pour le rendre davantage « princesse », C’en est fini de la taille normale de Mérida, de ses cheveux naturels un peu ébouriffés, de son allure guerrière: elle devient maintenant anormalement mince, aux cheveux volumineux, bien habillée… Une pétition réclamant le retour de la vraie Mérida a même été lancée en ligne!

Les livres

Bébé a cinq ans. Il adore les livres, surtout les histoires avec les loups. Il a alors ce délicieux petit frisson de peur, juste suffisant pour créer une tension, un stress, une émotion. Vous croisez un superbe livre qui s’appelle La petite fille et les loups à la librairie. Oserez-vous l’acheter même s’il met en scène un personnage féminin? Et si votre garçon ne s’identifiait pas au personnage?

Les fillettes pourront pourtant lire Flûte de flûte, Victor! et les plus âgées pourront aborder la Cartographie pour jeunes apprentis. Les filles peuvent lire tous les livres, peu importe que ce soit pour un public féminin ou masculin.

Mais le pauvre garçon devra se contenter de ce qu’on a créé pour lui et qui exclut bien évidemment les fées, les cœurs et les héroïnes. Même les chevaux sont pour les filles, selon ce texte d’une libraire jeunesse!

La libération des femmes

La fillette peut porter du rose ou du bleu.
Elle peut aussi jouer avec des camions ou des superhéros.
Elle peut surtout lire ce qu’elle veut, même si le personnage est un garçon. Le masculin n’inclut-il pas le féminin en français?

Grâce au féminisme, on a permis à la femme d’être l’égale de l’homme. De choisir sa vie, sa carrière, le nombre d’enfants. Dans une large part, nous avons donc permis aux femmes de faire aussi ce qui était auparavant réservés aux hommes. C’est une remarquable avancée pour l’égalité. Et il faut continuer de solidifier ces droits.

Mais nous n’avons parcouru que la moitié du chemin.

Le garçonnet ne peut porter du rose ou du mauve.
Il ne peut jouer avec une poussette, bercer une poupée.
Il ne peut pas à s’identifier à un personnage féminin, ce qui lui exclut quantité de livres…

Avons-nous oublié de permettre aux hommes de faire ce que les femmes font? Ou est-ce trop difficile de permettre au « sexe fort » de copier le « sexe faible »?

Or en ne permettant pas au petit garçon d’expérimenter les jouets, les couleurs, les héroïnes, on lui dit déjà à quel point son statut de mâle est précieux, doit être préservé de toute attitude féminine, ce qui l’associerait à un homosexuel… On lui montre déjà ce qu’est la virilité, qui exclut le « prendre soin » d’une poupée, la tendresse, l’émotion.

Après tout, on le sait, les grands garçons ne pleurent pas.
Mais ils se suicident beaucoup, malheureusement.