13 juin 2010

Daisetsuzan, un des plus beaux parcs du Japon

Daisetsuzan, HokkaidoNous nous sommes levés très tôt pour rouler vers le plus grand parc naturel du Japon, situé au centre d'Hokkaido (à deux heures trente de train de Sapporo, puis 30 minutes d'autobus de la gare de Kamikawa): le parc Daisetsuzan, ce qui veut dire "des grandes montagnes enneigées". Plusieurs monts de ce parc dépassent les 2000 mètres et on y trouve le sommet le plus haut d'Hokkaido: le mont Asahi-dake.

C'est un paysage extraordinaire. Surtout qu'il y avait encore de la neige aux sommets! J'ai toujours admiré les hautes montagnes, alors j'étais aux anges. Après avoir pris le "rope way" (le téléphérique) vers la 5e station du mont Kuro-dake, j'ai reconnu l'odeur des bois de Charlevoix. Ce mélange de terre mouillée, de lichen, de conifères et de vie verte qui balaie les pentes…

Daisetsuzan, HokkaidoNous sommes montés sur le toit de la station pour admirer le superbe point de vue sur Sounkyo et le canyon qui a fait la renommée de la région. Cette gorge de longs rochers qui montent vers le ciel a été formée lors de l'éruption d'un des volcans de la région, il y a 30 000 ans. Puis une rivière sauvage y a creusé son chemin.


Daisetsuzan, HokkaidoLe petit village, niché au creux de ces grandeurs naturelles, est très mignon, même si certains hôtels (absents sur mes photos) sont vraiment affreux (des blocs blancs qui montent vers le ciel). Il y a plusieurs onsen (sources d'eau chaude) dans la région. Un jour, nous aimerions bien y revenir et rester dans un de ces hôtels pour profiter plus longtemps de ce parc gigantesque.

Daisetsuzan, HokkaidoMais revenons à la 5e station du mont Kuro-dake. Nous étions à 1300 mètres, pourquoi ne pas monter encore plus haut, grâce à un remonte-pente? C'est donc les pattes dans le vide que nous nous sommes rendus à 1520 mètres, appelé la 7e station. Au total, Kuro-dake fait 1984 mètres, mais il faut finir la montée à pied et, avec la neige qui fond, c'est impossible.

Daisetsuzan, HokkaidoDe toute façon, nous n'avions pas besoin d'aller plus haut pour être heureux! Quel point de vue! C'est là que j'ai tourné un petit vidéo, que Philippe s'est nettoyé les mains dans l'eau de fonte et que nous avons marché dans la neige que des skieurs de printemps descendaient vers la 5e station, alors que nous étions tous en manches courtes (il faisait 26 degrés!)…



Que dire de plus? Hokkaido, avec ses journées ensoleillées, ses festivals énergisants, son odeur familière et ses paysages de montagnes et de mer, a vraiment tout pour me séduire. En plus, on m'a écrit de Kyoto pour me dire qu'il pleuvait aujourd'hui… Je vous salue du sommet du Kuro-dake, où il fait si beau, si beau… Je vous laisse regarder.

12 juin 2010

Sapporo, ville délirante

YosakoiSapporo est une ville délirante. Nous sommes tombés en plein milieu du festival Yosakoi Sôran où les étudiants de plusieurs universités de tout le Japon se réunissent pour effectuer les chorégraphies inspirées des pêcheurs et des gens habitant près de la mer. C'était absolument déchaîné! En plein centre du boulevard Odori, où la ville a eu la brillante idée de faire un long parc au lieu d'un terre-plein, on avait fermé les deux côtés du chemin et les étudiants défilaient avec des chariots en chantant et en dansant.

Leurs costumes étincelants, les coiffures, les musiques entrainantes mélangées à du pop ou du dance… Incroyable. Surtout quand j'ai vu tout un groupe d'étudiants retirer Yosakoileur pantalon en finale de leur chorégraphie! Veuillez me pardonnez, je n'ai aucune photo, même si j'avais l'appareil dans les mains. J'étais tout simplement trop surprise de voir autant de jeunes hommes nus fesses vêtus d'un simple pagne… Je vous laisse imaginer! ;)

Nous sommes revenus plein d'énergie de l'expérience fascinante de ce festival célébré sous le soleil et la température très agréable de Hokkaido.

OtaruNous avons pris le train vers le bord de mer pour visiter la petite ville de Otaru. Très franchement, nous en sommes revenus un peu déçus. Nous avons remarqué que les affiches touristiques de Otaru étaient traduites en anglais et en russe. Après tout, Hokkaido n'est pas très loin de la Russie… Eh bien, le port d'Otaru et la ville remplis de bâtiments désaffectés et de vieux entrepôts m'ont fait penser à certaines images de documentaires sur des villes russes…

OtaruC'est un peu triste, même si le voyage pour s'y rendre longe la mer et un paysage de montagnes volcaniques qu'on dirait tout juste sorties du sol… À part l'ancien canal fait de grandes pierres qui ont bien vieillies, la ville aurait besoin d'investissements pour restaurer sa beauté.

Tokei-dai, SapporoDepuis notre arrivée à Hokkaido, vers 15h, la brume monte de la mer qui entoure la gigantesque île et camoufle graduellement le soleil. Mais nous avons d'incroyables journées claires de soleil et il fait même très chaud! Heureusement, la température d'Hokkaido est très différente de celle de Kyoto. Quand le soleil nous effleure la peau, on ne se sent pas étouffé par la lourdeur de la lumière et de l'humidité. C'est très agréable.

11 juin 2010

Trajet heureux vers Hokkaido

Shinkansen HikariJ'aime les trains, je l'ai déjà dit. Mais cette fois, pour faire 1700 kilomètres vers le nord, nous avons pris 4 trains… Je les ai surnommés les 4 H, car ils s'appelaient Hikari, Hayate, Hakuchô, Hokuto. Les deux premiers sont des shinkansen, les deux derniers des express. Un trajet d'environ 13 heures. Et pourtant, nous étions mieux que dans une auto ou un avion.

Est-ce donc possible de faire un voyage en vivant le trajet non pas comme un malaise obligé? Pourtant, j'aime voler, j'adore le moment où l'avion prend son élan sur la piste et s'élance dans le ciel. Je m'émerveille toujours de cette invention. Et je ne me lasse pas de regarder le sol devenir comme une carte de géographie et tenter de comprendre notre organisation humaine.

Shinkansen Hayate BentoMais si j'aime l'avion, c'est parce que c'est le début d'un voyage, sûrement pas à cause du confort… Je suis petite et pourtant, j'ai les jambes ankylosées, écrasées par l'autre de devant qui dort, alors que je n'ai pas encore réussi à le faire en avion… J'aimerais oublier quelques instants cette désagréable impression de sécher de l'intérieur dans cet air étrange. J'aimerais surtout ne pas écraser et déranger mes voisins à chaque fois que je passe devant eux pour utiliser les minuscules toilettes…

Sincèrement, je préfère que mon trajet soit plus long, mais plus confortable. Alors, quatre trains pour se rendre à Hokkaido comparé à deux heures d'avion? J'ai du temps, je vais étudier, lire, regarder le paysage défiler… En plus, avec les Japan Rail Pass qu'on s'est acheté au Québec, le train est gratuit, alors!!!

HokkaidoLe shinkansen (TGV japonais), c'est le confort suprême. De la place pour les jambes (on pourrait presque danser entre les sièges), de grandes fenêtres, un couloir qui permet à la dame aux friandises (c'est systématiquement toujours une femme) ET aux passagers de passer… Ah… Le bonheur.

Je suis en amour avec les trains. Mais j'ai réalisé que j'étais en amour avec les trains électriques. Et un peu moins avec les trains au gaz.

En effet, notre dernier train, celui qui se rendait à Hokkaido, était poussé par une locomotive à l'essence. Côté confort, on se retrouve à quelque chose de légèrement supérieur à un autobus. En plus, le moteur réchauffe le train et, parfois, on sent l'essence. Sur les quais des gares d'Hokkaido, pour la première fois depuis mon arrivée au Japon, j'ai senti l'odeur des voies ferrées. Ce mélange d'huile chauffée par le métal, vous l'avez déjà senti?

HokkaidoLes gens d'Hokkaido veulent, eux aussi, un shinkansen (pour l'instant, il arrête à Hachinobe, mais il se rendra bientôt à Aomori). En arrivant à Sapporo, nous avons croisé des affiches et on faisait signer une pétition que j'ai signée! Oui, oui! J'aimerais faire Tokyo-Sapporo en 3h45 à 360 kilomètres à l'heure!

Tout de même, après avoir passé le plus long tunnel sous-marin qui relie l'île principale à Hokkaido (55 kilomètres, donc environ 20 minutes dans le noir), nous avons découvert nos premiers paysages verdoyants d'Hokkaido et la mer bleue d'Hakodate. La brume s'est mise à envahir le paysage vers la fin de la soirée. Nous sommes débarqués à 21h30 à Sapporo, un peu fatigués, mais encore fonctionnels (si vous m'aviez déjà vu après 13 heures d'avion, vous comprendriez la différence!) ;)

09 juin 2010

Revisiter le Japon

Kodai-jiLa semaine, sensée être envahie de pluie, est finalement très chaude et ensoleillée. Philippe et moi n'avons donc eu aucun mal à sortir pour redécouvrir ces lieux que nous avons aimé, il y a quatre ans.

Nous avons d'abord visité Arashiyama et sommes passés juste à côté de notre ancien appartement. La gare de JR Saga-Arashiyama est maintenant encore plus près puisqu'elle a complètement été refaite. Il y a maintenant une sortie au nord (qui donne directement sur notre ancien appartement) et une nouvelle rue (qui passe juste derrière). Impressionnant!

Arashiyama semble être un quartier en plein développement, des blocs appartements ont poussé et des nouvelles maisons ont été construites. On dirait que nous ne sommes plus les seuls à avoir compris que ce quartier à l'ouest n'est pas loin du centre et très accessible!

Nous avons visité la montagne du minou-si-doux, mais il n'était pas là. Nous sommes passés voir le dragon du Tenryu-ji (le temple du dragon céleste) qui est vraiment effrayant… Non seulement son regard vous suit, mais on dirait même qu'il va sortir de son nuage et qu'il bouge…

PeliculaPour la première fois, nous sommes allés au cinéma japonais. Il faut dire que chaque billet coûte environ 20 dollars, alors c'est pourquoi nous avions hésité avant… Heureusement, le film était tellement bon (Nodame Cantabile, la finale, partie 2), nous étions émus! À la base, c'est un dessin animé sur la musique classique que nous connaissons bien. Il fait d'ailleurs partie de mon top 10 dans Passion Japon! Je ne suis pas sûre que ça marcherait chez nous puisque ça s'adresse aux adultes et que ça traite d'un sujet sérieux, mais nous étions contents de voir la finale ici!

Sous le cinéma, il y avait une grande arcade. Nous en avons profité pour prendre des pelicula (sortie de mini-photos autocollantes dans des décors originaux). Aujourd'hui: jour de lavage et de préparation pour notre départ à Hokkaido demain. Une journée complète de train à haute vitesse pour faire 1700 kilomètres vers le nord… Youppi!

01 juin 2010

J'aime le Pavillon d'argent

Ginkaku-jiSi j'étais un oiseau en visite à Kyoto, je volerais vers les deux montagnes où sont dessinées de grands "dai", ce caractère: 大. Près du premier, je trouverais le Pavillon d'or, imposant et brillant avec son précieux métal jaune. Près de l'autre, j'admirerais les multiples beautés du Pavillon d'argent, qui n'a aucune couverture de métal, car on a manqué de fonds…

Au Ginkaku-ji (Pavillon d'argent), non seulement on peut admirer ce superbe pavillon, mélange étrange d'architecture japonaise (rez-de-chaussée) et chinoise (1er étage), mais on peut aussi s'arrêter près du jardin sec, brossé à chaque jour. En parcourant les sentiers, j'avais l'impression que chacun de mes pas me permettait de voir un paysage différent de fleurs, de reflets dans les étangs, de rochers accrochés à la montagne…

Ginkaku-jiLa foule était nombreuse. Mais ce n'est pas toujours une mauvaise chose… Je me suis fait accoster par des étudiants de Saitama, en voyage d'études à Kyoto. Ils devaient me poser des questions en anglais pour réaliser un travail. C'était très drôle. Parce que je leur répétais la réponse en japonais, s'ils n'avaient pas compris!

J'ai donc répondu à ces questions faciles: Combien de temps êtes-vous au Japon? D'où venez-vous? Aimez-vous la nourriture japonaise?

Ginkaku-jiEt surtout: Que pensez-vous de Kyoto?

Oh… Voilà une question difficile. Très difficile. Pour moi, Kyoto est encore la ville la plus belle, malgré mon attachement à Québec (attention: je n'ai pas dit "l'endroit" le plus beau: je vous laisse deviner!)

Mais comment la décrire?

Ginkaku-jiEn japonais, il y a un mot qui convient: "iyasareru", ce qui est difficilement traduisible. Kyoto est une ville qui "m'apaise", "me fait du bien", "me soulage" dans un sens presque spirituel. Je ne sais pas pourquoi. Ses montagnes, ses rivières, ses temples et ses sanctuaires, son rythme de vie… Un ensemble de petites choses qui forme ce Kyoto que j'aime.

Un des professeurs a bien voulu tenir la caméra pour que je puisse réaliser un autre petit film explicatif. C'était un peu gênant, j'avais tout un public de collégiens qui m'observaient et se sont mis à me féliciter après (ils étaient impressionnés de n'avoir rien compris du tout!) (◎o◎)



En quittant le temple, pour bien terminer la journée, j'ai croisé un Français qui jouait du m'bira, un instrument du Zimbabwe. J'ai discuté avec lui, j'ai même essayé les touches de métal de cet étrange instrument.

Ginkaku-jiJe n'ai pu pratiqué le chant au bord de la rivière aujourd'hui, puisque la pluie s'est mise à tomber pendant mon trajet de retour, mais j'aurai rencontré plein de musiciens! Hier, un joueur tchèque de shakuhachi (flûte en bois japonaise), la semaine dernière, un guitariste. C'est toujours enrichissant de discuter avec ces personnes. La musique est une porte qui permet de démarrer le dialogue.

30 mai 2010

Ishiyama-dera, Murasaki-sama!

Ishiyama-deraLa météo qui affichait des jours tristes de pluie sans fin s'est subitement transformée en une suite de petits soleils. En plus, ce n'est pas la canicule humide habituelle de Kyoto, mais bien un temps de lumière claire, avec un vent frais qui permet de supporter le soleil.

Je sors donc tous les jours de la maison. Je fais du magasinage. Je trouve tout plein de petites choses mignonnes, du nouveau linge aussi. J'ai remarqué que le coton utilisé au Japon dans les t-shirts est très doux et qu'il respire mieux. Les modèles sont également très mignons!

Je fais du vélo. Je vais chanter sur le bord de la rivière. Je fais mes exercices de voix en regardant les oiseaux pêcher, dans un superbe mélange de bleu et de vert. Je flâne aux deux temples d'à côté, je passe de longs moments à regarder les jardins.

ArashiyamaIl faut dire que j'ai l'esprit facilement inspiré ces temps-ci. Je n'écris pas ces histoires qui me passent par la tête, parce que je n'ai pas l'énergie de m'y consacrer entièrement. Après mon dernier roman, j'ai fait un petit rhume suite à mon exagération, alors… J'écris les plans pour ces idées (une sorte de petit résumé), mais c'est tout. Je sais bien que si je m'y mets maintenant, je ne sortirai plus du tout et ne quitterai plus mon ordinateur. Ce que je trouverais dommage parce que je ne suis pas au Japon par un beau temps pareil pour ne pas en profiter, bonyenne!

De toute façon, pour être bien inspirée, il faut quitter l'écran. Il faut marcher, il faut se laisser porter les trains, écouter de la musique, rêver avant de dormir.

Samedi, je suis donc partie vers un temple situé de l'autre côté des montagnes de l'est, dans une autre ville, sur le bord du lac Biwa. Dans mon petit guide, on disait que le temple Ishiyama-dera est l'endroit où Murasaki Shikibu a écrit "Le Dit du Genji".

Ishiyama-deraQu'est-ce que c'est ça? Eh bien, Murasaki Shikibu est une femme noble de la cour Heian (l'équivalent de l'époque médiévale japonaise) et elle a écrit au 11e siècle cette longue histoire racontant les aventures d'un prince séducteur et poète (Genji). On dit souvent que ce texte est le premier roman psychologique au monde!

Alors, pour moi, petite auteure débutante, mais dans un si beau moment d'inspiration, Murasaki Shikibu est un modèle! D'abord parce que c'est une femme, ensuite une auteure, finalement parce qu'elle a écrit cette histoire il y a mille ans, créant un nouveau genre…

Je viens en effet de me rendre compte que ce que j'écris entre tout à fait dans le style "light novel", un genre japonais (oui, le nom est en anglais, mais c'est pour faire "moderne", un peu comme en France avec "Star Academy"). Les "light novel" sont des romans courts, mettant l'emphase sur les dialogues et s'adressant à un public de 18-31 ans. On trouve également des illustrations aux 30-50 pages. Un peu comme les vieux romans de Sherlock Holmes ou les tomes des Mille et une nuits, illustrés eux aussi.

Ishiyama-deraJe ne crée pas un nouveau genre, puisqu'il existe ici… Mais disons qu'en français, ce n'est pas encore le cas. La page Wikipédia n'existe même pas (je suis une grande lectrice de Wikipédia, alors, ça me touche!)

Voilà. J'ai des romans de type "light novel" sur mon ordinateur. Je ne sais pas trop quoi faire avec ça maintenant. :) J'ai pensé à cela en flânant dans ce vieux temple rempli de belles grandes pierres et de beaux bâtiments. Je suis retournée à mes histoires en revenant lentement en train, en métro, puis en vélo! Le temps m'importe peu, il me permet d'explorer les scénarios de mes "light novel"! ;)

26 mai 2010

Fonds d'écran: Pourquoi je fais ça?

Chien de KyotoUn petit mot pour vous dire que je viens d'ajouter 33 fonds d'écran, disponibles en format régulier et en format "cinéma". J'ai les yeux qui n'en peuvent plus de regarder l'écran de mon ordinateur.

Il y a quatre ans que j'ai pris la décision de rendre mes photos disponibles gratuitement sur le web. Je m'en souviens très bien, nous étions pris à l'aéroport d'Osaka. J'ai passé deux jours à traiter les images, les couper et les corriger légèrement.

L'an dernier, j'ai ajouté les photos de Nouvelle-Calédonie, de San Francisco et du Québec. Et voilà que je vous offre ce que je considère comme les plus belles photos du voyage que je réalise présentement.

En faisant la préparation de ces photos, je me suis posée mille fois la question: "Pourquoi est-ce que je fais ça?" Parce que vous devinez bien que ce n'est pas en plaçant une indication "Copyright: Valérie Harvey, www.nomadesse.com" que mes photos sont protégées. Dès qu'une photo est diffusée, le photographe a bien peu de pouvoirs…

À quelques reprises, j'ai reçu un courriel me demandant la permission d'utiliser une photo pour illustrer tel ou tel document. Une université en Californie l'a utilisée pour ses notes de cours sur le Japon… Savez-vous ce que je demande en échange? La citation de la source (mon nom ainsi que l'adresse de mon bloque) et UN exemplaire du document en question. Pour mon porte-folio, au cas où j'en aurais besoin un jour.

Eh bien, je n'ai jamais reçu aucun de ces documents. Je me console en me disant qu'au moins, ils m'ont demandé la permission, alors je sais où la photo a été utilisée. Mais retrouverai-je un jour ma photo sur un livre sans être citée? Pourquoi pas? C'est le risque à courir en mettant tout cela sur le web.

Alors, pourquoi je le fais quand même?

Année du tigreIl y a quatre ans, prise contre mon gré à attendre un avion, j'ai compris pourquoi j'avais pris tant de temps à écrire les 80 chroniques de mon année au Japon. C'est parce qu'en racontant, on se sent moins seul. On se sent humain, en lien avec d'autres personnes.

À quoi serviront mes photos, bien en sécurité sur mon ordinateur? Elles feraient peut-être plaisir à quelqu'un qui aimerait avoir ces fleurs en fond d'écran? Elles étonneraient peut-être un autre? Ces temples et ces chemins de bambous peuvent-ils vraiment apaiser l'âme? Mais n'est-ce pas le pouvoir d'une image de toucher quelque chose en nous?

Ces photos, je les mets sur le web parce qu'elles me font du bien et qu'au lieu de me demander comment les protéger, je préfère me dire qu'elles peuvent peut-être vous faire plaisir à vous aussi. Même si vous êtes silencieux avec celle que vous avez choisie. Même si vous ne me dites rarement que vous l'avez aimée.

Profites-en bien et, si jamais ça vous tente, vous pouvez m'écrire un petit mot sur le sujet. Veuillez noter mes efforts considérables pour vous offrir l'image d'un chien, malgré mon affection pour les chats! =^.^=

25 mai 2010

Calligraphie et gourmandise

La fin de semaine dernière, j'ai eu droit à mon deuxième cours de calligraphie. Je suis vraiment, mais vraiment!, très mauvaise. Bon… Soyons gentils et disons que je suis débutante! C'est un art très difficile à maîtriser. Mais j'adore l'écriture. Et le dessin aussi, même si je n'ai pas de talent dans le domaine. Alors, je crois que la calligraphie est une bonne façon d'allier les deux.

J'ai aussi fait une découverte intéressante. Lorsque je fais de la calligraphie, je ne pense qu'à une seule chose: comment tracer cette ligne…! Parfois, on me parlait en même temps et je ne pouvais plus écrire. Pour moi, qui fait habituellement deux-trois choses en même temps, c'est très rare de pouvoir concentrer toute mon attention vers une seule activité. C'est donc très relaxant. Il paraît également que l'odeur de l'encre (sumi) apporte le calme, alors j'ai pensé que je devais absolument me ramener un kit pour pratiquer chez moi.

NagahamaJe me suis donc informée à une amie, chez qui je dormais en fin de semaine. J'ai rencontré ses parents hyper sympathiques et sa chatte qui a des crises de "mii-mii" de temps à autre. Eh bien, la maman de mon amie s'est mise à chercher partout dans la maison et m'a trouvé un kit complet de calligraphie japonaise. Quatre pinceaux, trois encres, un support de bois, un poids pour la feuille, un feutre, un versoir à eau, la pierre pour l'encre… Sans le savoir, j'étais dans une des rares familles où les femmes pratiquent la calligraphie depuis trois générations (au moins), ce qui veut dire qu'ils avaient du matériel en trop… Je suis chanceuse comme un bossu! (ça ne veut pas dire que je vais devenir meilleure en calligraphie, mais bon…) (+_+)

Udon de NagahamaAvec cette amie, nous sommes allées à Nagahama, tout au bout du lac Biwa. En train, c'est très rapide. Là-bas, il pleuvait beaucoup, mais nous avons mangé des nouilles udon dans une gelatine salée avec un énorme champignon shiitake. C'était délicieux. J'ai le goût d'y retourner juste pour en remanger! (gourmande, vous pensez?) (o^∀^o)

Dans chaque ville japonaise, on trouve toujours la spécialité culinaire du coin. Il existe donc des guides qui vous conseille tel ou tel restaurant, telle ou telle pâtisserie reconnue là-bas. Avez-vous remarqué à quel point je vous parle souvent de nourriture? C'est parce que lorsque je voyage, je fais comme les Japonais et je cherche les spécialités. Je ramène également des petits gâteaux sucrés que je mange ensuite en me souvenant de ces voyages. Je trouve que la bonne bouffe est un très beau cadeau à se faire. (définitivement: Valérie est une gourmande!) =^.^=

KobeLundi, je suis allée à Kobe avec une autre amie (c'est toujours plus plaisant de voyager avec quelqu'un d'autre). Nous avons mangé un mini okonomiyaki et yakisoba dans un restaurant où il y a une plaque au centre d'une petite table pour deux (un genre de "teppanyaki"). C'était délicieux! Kobe est une ville que j'adore, elle est très vivante, active et moderne. Comme je l'explique dans Passion Japon, il y a un dynamisme dans cette ville, peut-être dû à sa récente reconstruction suite au terrible tremblement de terre de 1995... Je ne sais pas, mais je préfère Kobe à Osaka.

Kobe, Ikuta-jinjaComme il pleuvait à boire debout, nous sommes restées dans les magasins. J'ai ainsi découvert que Kobe possède un grand Tokyu Hands (magasin où on trouve plein de choses intéressantes: à voir absolument!)… Dépenses, dépenses…! Nous sommes aussi passées au Ikuta-jinja, un sanctuaire shintô tout près de la gare.

17 mai 2010

Je n'aime pas le Pavillon d'or

Pavillon d'or, KinkakuJe n'aime pas le Pavillon d'or (Kinkaku). Voilà, c'est dit.

J'y suis retournée hier pour vérifier. Je me suis assurée que la journée soit ensoleillée pour le voir à son meilleur, les rayons se reflétant sur sa lourde chape d'or.

Je suis arrivée au milieu d'une foule, comme d'habitude. Des voyages étudiants, des étrangers, des touristes. Il y a de nombreux endroits comme ça à Kyoto. Le temple suspendu Kiyomizu-dera, par exemple, est toujours plein de monde. Ça ne m'empêche pas de l'aimer, au contraire du Kinkaku.

Pavillon d'or, KinkakuVous me direz: "Mais Valérie, c'est tellement beau sur les photos!" Je sais, je sais, et je vous en ferai de très beaux fonds d'écran. Mais le Pavillon d'or, c'est juste ça: une image.

On en fait le tour, on le prend sur tous les angles, en sachant très bien qu'on a tous les mêmes clichés, puisque les possibilités sont limitées. Et puis, on continue un peu plus loin, vers les boutiques de souvenirs et le petit café dans la montagne.

Le problème du Kinkaku, c'est que je ne sens rien de sacré à cet endroit. Au contraire du Ryoan-ji (lui aussi très populaire, à cause de son jardin sec de 500 ans), il n'y aucun banc pour s'asseoir près de l'étang. Il n'y aucune place pour s'arrêter et laisser le paysage paisible surpasser la foule bruyante.

Vous faites le tour, essayant de trouver un "spot" pour prendre la photo et hop! c'est pas mal fini.

IrisLa seule chose que j'ai aimé, ce sont les iris qui faisaient de superbes touches violettes autour de l'étang. Mais qui les avait remarqués sur la photo du haut? Ce pavillon d'or prend tant de place…

Je préfère les temples plus discrets, plus zen, plus paisibles. Désolée pour les inconditionnels du brillant pavillon jaune (ma couleur préférée d'ailleurs!), je ne crois pas que le Kinkaku me reverra de sitôt.

14 mai 2010

Ise, le sacré de tous bords, tous côtés

Meoto-iwa, IseLes idées qu'on se fait avant de vivre quelque chose sont très importantes dans la perception qu'on en aura. Par exemple, avez-vous déjà été déçu parce que vous vous attendiez à une expérience merveilleuse et que c'était moins bien que l'idée? Et puis, avez-vous déjà vécu le contraire? Avoir été averti que cela n'était pas si bien, ne pas avoir trop d'attentes et être heureusement surpris par la réalité? Il y a aussi les moments où on s'attend à quelque chose de grandiose et où la réalité dépasse l'imagination.

Mon voyage à Ise s'est déroulé comme ça. Je suis partie avec peu d'attentes.

Naiku, IseIse est le lieu sacré par excellence dans la religion shintô. Ses deux sanctuaires (Geku, le sanctuaire "extérieur" et Naiku, le sanctuaire "intérieur") existent depuis 690. Ces lieux, situés à quelques kilomètres l'un de l'autre respectent la tradition shintoïste: on les détruit et les reconstruit à tous les 20 ans. Lors de ma visite, j'ai donc vu la 62e construction!

Au contraire des autres sanctuaires japonais, les pavillons d'Ise sont donc tous neufs. Ce qui peut être la déception numéro 1 pour ceux qui ne le savaient pas.

Déception numéro 2: ces lieux sacrés sont réservés à l'empereur. Les deux pavillons principaux sont donc entourés de hautes barrières de bois qui empêchent toute intrusion et tout regard… Les photos des pavillons sont également interdites.

Alors, que fait-on au Geku et au Naiku? On visite de mini-pavillons neufs et on prie devant chacun d'eux en marchant dans les sentiers qui sont autorisés.

Geku, IseJ'ai été tout de suite prise de vertige par la beauté millénaire des lieux. Ce sont les arbres qui témoignent de l'ancienneté et de la force de ces sanctuaires. Emportée dans mon élan, je touchais ces troncs gigantesques en levant les yeux vers le sommet… Et je constatais que tous les Japonais faisaient la même chose que moi. C'était donc un geste partagé, et non un geste appris. Un geste inspiré par quelque chose de plus grand que nous.

J'ai réalisé un vidéo sur le pont du Naiku pour vous présenter la nature verdoyante de l'endroit:




À trente minutes en autobus, il y avait également un lieu que je voulais voir depuis longtemps: Meoto-iwa, les rochers "mariés" ou le "couple de pierres".

Déception numéro 3: les photos de ces rochers nous font croire qu'ils sont beaucoup plus grands, mais ils sont en fait minuscules. On m'avait averti, vous l'êtes aussi maintenant.

Meoto-iwa, IseMais… Mais… Mère Nature nous réservait une surprise en cette journée claire et fraîche, balayée par de forts vents. Alors que l'amie qui m'accompagnait avait vu ces rochers quatre fois auparavant, elle ne les avait jamais vu fouettés par une mer déchaînée, sous un soleil éclatant et une mer d'un bleu séduisant! L'énergie qui se dégageait du lieu, où les vagues venaient nous asperger en se fracassant sur la côte… m'a fait tomber en amour avec cet endroit!

Après avoir vu la force tranquille des grands cèdres japonais, j'avais maintenant sous les yeux l'énergie des remous et des vagues du Pacifique. Deux façons d'aborder le sacré… Et cette journée a surpassé mes espérances.