20 septembre 2017

Hommage au thé

J’ai appris dernièrement que Balzac buvait 50 tasses de café par jour, ce qui se traduisait par une efficacité à toute épreuve : il passait 18 heures de sa journée à écrire! Évidemment, brûler la chandelle par les deux bouts n’est pas une bonne chose: il est mort à 53 ans (ce qui est relativement long avec une telle consommation).

Je ne bois pas de café. En fait, les rares fois où j’en ai bu, c’est au Japon. J’avais une amie qui m’en préparait à chacune de mes visites. Voulant être polie, je n’ai jamais osé lui dire que je n’appréciais pas le goût de ces précieux petits grains. Je buvais sans rechigner. Ce n’est qu’un an après que j’ai osé lui avouer la vérité! Elle m’a demandé ce que je préférais.

Le thé. Ce n’est pas la première fois que j’en parle sur ce blogue.

À mon retour de Kyoto en 2007, j’avais fait une chronique sur le thé froid.

J’ai aussi parlé des saintes règles que je ne respecte pas tellement

Et j’ai même eu la chance de visiter une plantation de thé en 2010.

En fait, depuis quinze ans, dès que je suis en équilibre précaire sur mes deux pieds du matin, je me dirige vers la bouilloire pour sélectionner la bonne température. Je nettoie la théière de la veille et je prépare mon premier litre matinal. Du thé vert japonais. De préférence, celui de Kyoto (d’Uji en fait!), même si je n’en ai plus en ce moment. Mon dernier voyage date d’un peu plus d’un an maintenant et il est difficile de trouver à l’étranger ce thé un peu plus corsé que celui de Shizuoka (près du mont Fuji).

J’en bois une tasse avant que les enfants se lèvent, en préparant les déjeuners, en regardant mes courriels et le journal.

Puis la routine du lever prend toute la place : les enfants s’éveillent, on se change, on mange, on se prépare à sortir. Quand je reviens travailler, je repars la bouilloire pour un deuxième litre du même thé.

J’attends généralement après le diner pour me préparer une troisième théière. Je peux varier à ce moment-là : choisir un autre thé vert, un oolong ou, plus rarement, un thé noir ou aromatisé.

La routine du retour, du souper, des bains, du dodo s’enclenche assez tôt chez nous. Mais avant même que la porte de la chambre des enfants ne soit fermée, mon conjoint ou moi, on démarre la bouilloire pour notre thé du soir. Un bon litre de thé. Mais cette fois, on infuse les feuilles cultivées dans les hautes montagnes de Taiwan, que je commande directement chez un ami qui tient une boutique en ligne.

Quand c’est la fin de semaine et qu’on est assez fou pour écouter plus d’une heure de télé (un film!), on fait une deuxième infusion.

Avec quatre à cinq litres de consommation par jour, les marchands de thé me connaissent personnellement. Ceux de Kyoto me reconnaissent, ceux de Québec aussi et Philippe de Taiwan Tea Crafts joint des petits mots et des échantillons dans mes commandes.

Dans mon budget annuel, j’ai une ligne dédiée au thé pour savoir combien ça me coûte chaque année. C’est plutôt élevé. Ça dépasse les 500 dollars, genre.

Quand je suis prise en plein travail d’écriture, le thé est le seul plaisir assez puissant pour me faire interrompre l’inspiration une minute. Aucune lecture, aucune série, aucun dessert n’en fera autant. Il n’y a que le thé. Ironiquement, le thé me permet de manger moins. Je grignote souvent, mais beaucoup moins qu’auparavant, étant soutenue par toute l’eau que j’ingère. Et je suis bien sûr très hydratée!

Pourtant, je peux m’en passer et ne pas en boire plusieurs jours. Je ne ressentirai aucun symptôme. Ça m’arrive souvent et ce n’est pas un drame. Simplement, en boire me fait plaisir.

Ce n’est pas la stimulation de la théine que je recherche, c’est la sensation de profiter du moment, là et maintenant.
Ce n’est pas que le corps qu’il réchauffe, c’est le cœur.
Ce n’est pas pour la santé de mon corps, c’est pour la santé de mon esprit.

Le thé me réconforte dans les moments tristes.
Il ajoute une touche de bonheur de plus dans les moments heureux.
Nous sommes des milliers comme moi. Merci au cher théier camellia sinensis...

11 août 2017

Idole 1 - Anna de Charlevoix

Idole 1J'ai toujours aimé le mouvement Le 12 août, j'achète un livre québécois. J'encourage toujours beaucoup les librairies autour de ce jour-là, j'achète plusieurs livres québécois! Je ne peux pas résister! Mais cette année, je vais plus loin pour souligner l'événement: je lance un livre en version électronique aujourd'hui! Je vais me souvenir de cette date, c'est sûr!

Idole 1 – Anna de Charlevoix
Anna Desgagnés travaille au Manoir Richelieu, l’hôtel le plus chic de Charlevoix. Elle y fait la rencontre de Charles Knight, un acteur qui méprise l'endroit. Elle lui propose de lui faire découvrir sa région montagneuse bordée du grand fleuve afin de lui prouver que Charlevoix est magnifique. Mais à travers ces cinq jours de visites, l'amour s’invite entre ces deux personnes provenant de mondes différents. Les amoureux décident de garder leur relation secrète afin d'éviter les paparazzis. Alors qu'Anna termine son année scolaire, Charles part pour faire la promotion de son dernier film. Sauront-ils poursuivre leur amour à distance? Leur secret pourra-t-il être gardé jusqu'à la graduation d'Anna? Les imprévus de la vie se chargeront de mettre leur amour à l'épreuve.

J’ai écrit la première version de cet ouvrage avant La Pomme de Justine, je peux donc dire que c’est mon premier roman, même si la version publiée aujourd’hui est bien différente du manuscrit original. Si vous voulez m’encourager, voici les deux façons de se le procurer (il coûte un gros 8$):

Sur le iBooks de Apple (les iPad, iPhone, iPod)

Sur le site d’Amazon (pour ceux qui utilisent Kindle)

Sur les sites Les libraires (version PDF) et aussi (version ePub)

Faire des critiques, donner une note sur Amazon, Goodreads ou autre, en parler sur Facebook, est aussi une bonne façon de m’encourager, si vous êtes sur ces réseaux. Merci beaucoup à ceux qui partagent!

Et comme le titre le laisse présager, c’est le premier d’une série avec les mêmes personnages: je les ferai voyager un peu partout dans le monde! La version japonaise sera aussi en ligne en septembre.

Autre bonne nouvelle, Les Fleurs du Nord est dans la sélection des meilleurs livres 2017-2018 de Communication-Jeunesse! Joie joie joie!

03 mai 2017

Le printemps: La fin et le début

Quel étrange printemps… Après six années, je viens de faire le dépôt initial de ma thèse de doctorat Papa 2.0 – Les pères québécois et les congés parentaux. Les études ne sont pas terminées encore, mais c’est le début de la fin. Si tout va bien, je devrais faire ma soutenance de thèse (présenter mon sujet devant un jury qui me questionnera par la suite pour m’évaluer) à la fin de l’été. C’est la dernière étape pour l’obtention du fameux titre de Ph.D. C’est un immense chapitre de ma vie qui se clôt! Et j'ai eu la surprise d'être félicitée par Serge Bouchard et Jean-Philippe Pleau, à l'émission C'est fou! dimanche dernier (dernière minute du segment), qui consacrait une deuxième émission à la paternité. Ils me souhaitent bonne chance pour ma soutenance: merci, ça fait chaud au coeur.

Les Fleurs du NordDeux bonnes nouvelles sont venues ponctuer ce début de saison : Les Fleurs du Nord est en nomination pour deux prix: le Prix des Univers Parallèles et le Prix Adolecteurs. Je trouve que les processus qui éliront le grand gagnant sont fantastiques : dans les deux cas, ce sont des classes de lecteurs du secondaire qui décideront du grand gagnant (résultats en avril et en mai 2018). D’être parmi ces privilégiés à être évaluer par ces jeunes lecteurs me fait très plaisir!

J’ai réalisé une entrevue avec ma maison d’édition dernièrement et j’ai vraiment eu du plaisir à lire un extrait d’un livre qui a marqué mon adolescence. Je ne peux m’empêcher de rire encore en entendant ma lecture d’Anne qui fend son ardoise sur la tête de Gilbert… J'ai aussi parlé une heure du Japon à l'émission Ici et Ailleurs à la radio CKIA! Belle rencontre!

Côté mauvaise nouvelle, notre chatte Tama nous a quittés hier. Après 14 ans en sa compagnie (avec plusieurs gentils gardiens pendant nos aventures hors du Québec), cette petite boule de poil ronronnante nous manquera beaucoup. Ne plus avoir cette petite chatte placoteuse change déjà l’ambiance de la maison. Alors on flatte encore davantage le gris Tsuki…

La fin de l’hiver a donc terminé plusieurs parcours à long terme, ce qui indique aussi que d’autres portes s’ouvrent ailleurs. Je ne sais pas trop encore où je dirigerai mes énergies dans les prochains mois. Pour l’instant, je l’occupe à cocher les items négligés sur ma liste à cause de la rédaction de ma thèse!

Et je prépare des projets de fous. Au milieu de mes documents, de mes recherches et de mes rencontres pour mettre en œuvre ces idées, je réalise que les rêves qu’on entretient et qu’on se met à planifier pour en faire des projets deviennent autant de marches vers un but lointain et impossible au départ, et qui semble de plus en plus accessible au fur et à mesure que des étapes sont franchies et que des gens se joignent à notre folie.

Ça me rappelle que la plus grande crainte quand on commence à y croire, c’est celle de tomber. Plus on y a travaillé, plus on tombe de haut. Donc plus ça déçoit, plus ça fait mal. Je peux comprendre pourquoi certains préfèrent en rester à l’étape du rêve, sans jamais oser transférer le tout vers un projet.

Et pourtant… Même un projet manqué aura donné quelque chose. On y comprend un peu plus ce qui nous anime (le Japon, ça vous surprend?), on aura noué des liens avec des personnes extraordinaires, partenaires de ce parcours, et des parties du projet peuvent servir à d’autres futurs plans.

Alors, le truc quand ça ne fonctionne pas, c’est de savoir tomber pour éviter les plus gros bobos. À force de tomber, on apprend un peu.
Sans compter… Qu’on ne tombe pas toujours! Des fois, ça marche et on s’envole vers la réalisation de ce rêve fou devenu projet concret… Je me le souhaite!

31 janvier 2017

Extraits d'amour

Le Passe-amour de MarsiAprès les tristes événements survenus à Québec, dimanche, quelques mots d'amour tirés du livre me réchauffent un peu le coeur... L'image est tirée du Passe-amour, bd de Marsi présente dans le livre L'amour au coeur de la vie, comme tous ces extraits.

Valérie Giffard, Trouver grâce à ses yeux
Mon inspiration semblait avoir du plomb dans l'aile et mon crayon, lui, ne payait pas de mine. Ma plume fontaine s'était tarie, laissant le papier désert. [...] J'étais retenue aux douanes de l'esprit et il semblait bien que je n'avais, sur le sujet qui palpitait à ce moment-là au coeur de ma vie, rien à déclarer.

Catherine Perrin, Cinquante minutes
Le ciel a deux étages, deux vitesses. Haut perchées, les griffures blanches évoquent la silhouette vaporeuse d'une radiographie, figée dans le temps, comme une cicatrice devenue indolore. Les petits nuages ronds, beaucoup plus près de la terre, changent toute la luminosité pour un moment, mais passent leur chemin. Le ciel hollandais parle si bien.

Valérie Harvey, Une rose sans épines est un feu sans chaleur
C'est le temps des cerisiers, en plus. J'étais convaincue que ça allait me rendre un peu euphorique de revenir au Japon pendant cette période extraordinaire de l'année. C'est pire: autour de moi, les Japonais sont plus expressifs qu'à l'habitude. [...] Et moi, je suis là, toute seule, comme une touriste venue soutirer une miette de beauté, mais sans personne avec qui la partager.

François Desfossés, Trait d'union
Tu as planté cet arbre dans ma vie, source du siècle à réunir. Ta main, une nuit, fut posée sur mon front, et je fus protégé des falaises. Tu m'as transmis le soir et la prière, et ma parole a pu enfin tisser un pont sur l'abîme.

Jean Désy, Fin de vie
J'ai été séduit par cette idée que le "bon" mécanicien comme le "bon" médecin se doivent d'abord - oh, l'espace de quelques instants - de regarder leur client/patient dans les yeux, tout en écoutant la raison de leur consultation. Essentiel moment de rencontre pour l'établissement de toute forme de soin, mécanique, physique et, bien sûr, psychique.

Daniel Rondeau, Ces gouttes d'eau qui glissent sur les visages
Ici, tout est compté: les patients, le nombre de pas des employés, le temps. Surtout le temps. Celui pour manger, celui pour dormir, celui que les employés peuvent nous accorder, celui qu'il nous reste, celui qu'il me reste. Dans un geste qui se veut discret, garde Patenaude approche ma canne, comme si, à sa simple vue, je me dépêcherais. Je fais semblant de ne rien voir. J'en ai fait un art.

Mylène Bouchard, Jamais avant
C. se lancerait, développerait un style bien à elle. Elle fournirait des efforts géants, déroulerait du courage, exhiberait un amour incalculable pour sa discipline. Ce serait difficile. Elle peinerait à en pleurer, aussi, le soir, dans son oreiller, pour ne pas qu'on l'entende, qu'on pense qu'une championne, ça pleure le soir.

Annie Cloutier, L'amour est un choix
Je me sentais bien avec lui. Aimée. Chouchoutée. En sécurité. Je lui disais que je l'aimais et il en faisait autant. Mais quelque chose en moi tiquait: l'amour est supposé faire mal, chambouler, au moins un peu déranger. Or, cet homme - était-ce son éducation néerlandaise - ne m'apportait que félicité. Rien ne clochait.

Samuel Champagne, Les premières fois
Quand tu fais ça avec quelqu'un que t'aimes, ça arrive pas tout d'un coup. Tu savoures les moments, un par un, tu savoures ta chance un peu, la chance que tu as d'avoir trouvé quelqu'un de qui tu vas te souvenir pas mal toute ta vie.

Geneviève Blouin, Les voeux
Sara avait immortalisé ce café d'une photo montrant la tasse fumante que Patrick portait à ses lèvres et le soleil levant à l'horizon. Le cadrage soigneux laissait hors champ les cernes de Patrick et ses épaules écorchées vives par les courroies du sac. Dans les semaines suivantes, Sara avait soumis cette photo à un concours et remporté le premier prix: cinq cent dollars d'équipement de camping dernier cri. À ce qu'il sache, elle n'avait jamais réclamé son prix.

Mélissa Verreault, Saules pleureurs
Je déambule dans le quartier à la recherche d'une poche d'oxygène, d'un recoin de tendresse, d'une oasis de rien - un lieu si calme que la rémission devient possible. Il fait beau. On dirait le printemps. C'est le printemps, en fait. Mais pas chez nous. Pas depuis deux mois. Se séparer du père de son enfant laisse toujours un goût d'hiver.

Hans-Jürgen Greif, Le ciel partagé
Le reste de la journée, je n'arrêtai pas de penser à elle, séduisante et secrète, forte et fragile. Sa maturité rendait sa jeunesse plus éclatante encore. Impossible de me concentrer sur mon travail. Cet après-midi-là, les remarques de mon superviseur ne me faisaient pas un pli. Par moments, j'ai failli l'envoyer promener. Je rêvais de partir, avec elle. Étrange: sans savoir d'où me venais cette certitude, j'étais convaincu d'avoir trouvé la femme que j'allais aimer jusqu'à ma fin.

Marie-Paul Ross, La croissance
Le respect consiste à reconnaître la valeur de l'autre. Indépendamment de nos perceptions émotives, la reconnaissance de l'unicité de chaque personne oriente la gratuité de l'amour.

Père Benoît Lacroix, L'amour, à la rencontre de deux bontés
Je t'aime parce que tu es là. Parce que c'est toi qui es là, parce que c'est toi qui existes devant moi. Si je t'aime toi, je dois non pas répondre à tes questions sur moi, mais répondre en pensant à t'aimer toi. [...] L'amour à sa perfection, c'est d'aimer l'autre parce qu'il est l'autre, parce qu'il est une forme du bien.

12 janvier 2017

L'amour au coeur de la vie

L'amour au coeur de la vieGens du pays, c’est votre tour
De vous laisser parler d’amour.

Gilles Vigneault

Bonne année 2017, chers lecteurs et lectrices! Après les Fêtes, les marchands troquent le rouge des Pères Noël pour les coeurs de la Saint-Valentin. Les cartes d'amour, les crèmes de massage et les chocolats sont mis de l'avant. Sur mon fil Facebook se succède alors des gens heureux d'être en couple et d'autres qui attendent que ça passe, en grognant un peu. Et pourtant, et pourtant, est-ce que l'amour, c'est seulement cela?

Il y a deux ans, j'ai proposé un projet à mon éditeur, Québec Amérique. Parler de l'amour, mais dans un sens plus large que les amoureux, le sexe ou les trahisons. Eh bien, le livre est prêt et il sera disponible le 1er février! Voici sa présentation:

En grec ancien, l'amour se disait de quatre façons. Il y a l'éros, l'amour-passion, le plus visible; le storgê, l'amour familial; le philia, qui s'amuse à flirter avec le latin "filial", mais qui est lié à l'amitié; puis l'agapè, l'amour universel, désintéressé.

Force vive, pilier de vie, l'amour prend de multiples formes à commencer par l'amour de soi: le limiter à ce qui tient dans une boîte de chocolats enveloppée de papier rouge scintillant, c'est perdre de vue combien il imprègne mille relations et gestes du quotidien.

Les collaborateurs et collaboratrices de ce recueil ont choisi chacun un mot porteur, et se sont laissés guider par lui pour conjuguer l'amour à toutes les personnes et à tous les temps.


Ça vous intéresse? Dès lundi prochain, le 16 janvier, je mettrai chaque jour sur ma page Facebook une citation tirée des 15 textes. Le lancement aura lieu le jeudi 2 février à 18h30, chez Sebz, à Québec. Profitez-en pour venir rencontrer les auteurs et auteures, car ils seront presque tous présents! Le père Benoît Lacroix, quant à lui, supervisera l'événement du haut du Ciel qu'il a rejoint le 2 mars de l'an dernier. Au plaisir de vous y voir!