12 novembre 2018

1300 ans de prière

Vendredi dernier, après mes cours, la famille et Tania ont rejoint Eri-san, une amie, pour aller visiter le Kiyomizu-dera, le « temple de l’eau pure », à l’est de la ville. L’après-midi était un peu mouilleux, alors la brume s’élevait du sol quand nous sommes arrivés.

Le pavillon principal sur pilotis est en rénovation en ce moment, alors c’est un peu moins joli qu’à l’habitude, mais la vue est toujours magnifique et plusieurs pavillons ont été repeints. Le rouge vif s’entremêle au vert et au bleu des reliefs sous les toits. C’est très beau.

Le Kiyomizu-dera fait partie des 33 temples de la région qui fêtent leurs 1300 ans d’existence cette année. Des gens font donc un pèlerinage à travers le Kansai pour recueillir des « goshuin » (calligraphie et sceaux) de chacun des temples. J’ai donc tendu mon cahier qui fut marqué d’un sceau tout particulier pour cette année.

Samedi, on a pris ça mollo. Ça a fait du bien de faire le budget et le lavage, d’arranger le garde-robe (cadeaux et linges d’hiver). Surtout que nous savions qu’une grosse journée nous attendait le lendemain. Toutefois, en soirée, Tania nous a offert qu’on sorte en couple au Château de Nijô pendant le sommeil des enfants. Elle a donc veillé sur les mignons pendant que nous sommes allés voir l’animation lumineuse spéciale sur le château, surnommée Flowers par Naked. Impressionnant! Nous avons eu une soirée unique!

Dimanche donc, nous sommes partis en train vers Amanohashidate « le pont qui traverse le ciel ». Il y a douze ans, nous y sommes allés et Philippe s’était fait attaqué par un rapace qui avait voulu voler notre diner alors qu’on pique-niquait. Il avait eu une longue blessure sur la joue (par chance pas l’œil!) Disons qu’on ne pouvait pas oublier ce lieu, que nous avions trouvé magnifique. Nous avions beaucoup marché il y a 12 ans: on était monté jusqu’au Nariai-ji à pied… Disons que cette fois, après avoir traversé les 2,5 kilomètres de pins qui poussent sur une longue dune qui traverse la mer, on a pris le funiculaire, puis le mini-autobus qui roule au bord des falaises vertigineuses pour s’y rendre… Et on s’est trouvé pas mal bons d’avoir tout marché ça il y a 12 ans! On comprend pourquoi on avait eu le temps d’avoir une longue discussion qui avait abouti à la décision de venir habiter Québec au lieu de Montréal (après exploré différentes possibilités mondiales!).

En arrivant au Nariai-ji, je découvre qu’il fait aussi partie des 33 temples de la liste! Eh bien! En plus, j’adore ce temple avec sa pagode, sa localisation éloignée, son odeur de forêt et de mer, ses marches, ses feuilles d’automne… On a repris le petit autobus (une attraction en soi) pour se rendre au lieu où on peut admirer les pins… Et surtout mettre la tête entre les jambes pour que cette longue dune d’arbres devienne le fameux « pont » qui traverse le « ciel » (la mer!) Élégante position. Philippe s’est essayé autrement! :)

Pour descendre, les plus grands (et Léo) ont pris le siège du remonte-pente, un moment de méditation fantastique avec la mer grande ouverte devant soi. Puis on a utilisé le bateau pour rejoindre l’autre côté. Un bonheur, ça aussi! En arrivant, on a même vu le pont tournant à l’œuvre, s’ouvrant pour laisser passer un bateau!

Bref, dans le train, on a soupé au fromage, noix, légumes, fruits et bonbons. Puis j’ai fait mes devoirs, comme à l’aller. J’avais un examen lundi matin! J’ai reçu mes résultats, je monte, je monte : 14/20, 17/20. Maintenant que j’ai compris ce qui est payant à étudier, je suis plus efficace. ;)

08 novembre 2018

Le mont de la joie et l'impériale Katsura

Surplombant les 8 millions de résidents de la gigantesque Ôsaka, les 110 000 habitants de la ville d’Ikoma et les 350 000 personnes qui ont plutôt choisi la très ancienne capitale Nara, le mont Ikoma fut un lieu sacré, du haut de ses 642 mètres. Les temples et les sanctuaires y sont nombreux, mais il y a aussi une rue reconnue pour ses geishas après la Seconde guerre mondiale. Ces anciens lieux de divertissement (danses, cérémonie du thé, etc.) sont devenus des ryokans (auberges).

Mais il y a également, sur le sommet du mont Ikoma, un parc d’amusement pour les enfants! Les manèges ne sont pas les plus récents, ça m’a fait penser à la Ronde avant sa rénovation, mais c’est vraiment bien adapté aux petits enfants de 1 à 10 ans. Et il y a des manèges aux effigies des personnages d’animés emblématiques du Japon: Anpanman, Pikachu, Thomas le train (je sais, lui il est Anglais)… Pour accéder au parc, il faut d’abord se rendre à Ikoma, puis prendre un premier funiculaire, puis un deuxième vers le sommet. Ces funiculaires sont dans les plus anciens du Japon, ils fêtent leurs 100 ans cette année. Ils sont en forme de chat, de chien et de gâteaux (ça c’est plus récent!) ;)

Nous avions été invités à visiter ce parc par des amis japonais que nous avions rencontrés il y a deux ans. Leurs deux enfants ont l’âge de Léo et ils ont reconnecté immédiatement! Les enfants ont donc beaucoup pratiqué leur japonais ce jour-là. Il y avait un spectacle de PrettyCure (Pu-ré-Kyu-A), les acteurs avaient des grosses têtes des personnages du dessin animé. C’était un peu bizarre. Mais les combats étaient extraordinaires: l’acteur qui faisait le méchant était un vrai gymnaste, il sautait partout en réagissant aux faux coups des fillettes magiques qui le frappait allégrement!

Après la journée au parc d’attractions, nous nous sommes arrêtés dans la montage pour aller visiter un des sanctuaires importants du coin, le Hôzan-ji, absolument magnifique. Il n’y avait pratiquement personne en cette fin de journée, c’était très apaisant. Après les explosions de joie au sommet du mont, le dieu du temple (qui est en fait le dieu de la joie!) devait être au comble du bonheur! :)

Changeons de sujet… Vous étiez inquiets pour mes examens. J’ai terminé le dernier de la semaine aujourd’hui. Je n’ai pas les résultats encore. Mais rassurez-vous, je ne suis pas découragée. J’aime apprendre et étudier, alors c’est dans mes cordes, même si je ne suis pas la plus avancée de la classe. Je ne le vois pas comme une compétition avec eux, mais j’ai hâte d’être à leur niveau et mieux connaître le japonais!

J’ai revu mon dentiste aujourd’hui. J’avais hâte de le revoir car la dent était effectivement fracturée : j’ai perdu un bout hier! Il m’a mis une couronne temporaire, mais je dois repasser vendredi de la semaine prochaine pour vérifier et avoir son verdict… :(

Ah! Mon amie Tania est arrivée lundi pour rester avec nous deux semaines. Nous sommes super contents, les enfants sont fous de joie! Avec elle, je suis allée visiter la villa impériale Katsura hier. C’était vraiment superbe, surtout que nous étions en fin de journée et que la lumière faisait de beaux dessins sur les pavillons. Je m’imaginais les invités du prince qui venait au banquet avant d’admirer en soirée le reflet de la lune dans l’étang… Le lieu est si romantique, je suis certaine que bien des histoires s’y sont nouées, il y a près de 400 ans…

03 novembre 2018

Des examens désastreux, des repas fabuleux et une visite chez le dentiste

J’ai terminé ma 3e semaine d'études. J’ai fait mon premier test et j’ai eu un gros 4/20 pour deux raisons: c’était du keigo (du langage ultra-poli) et j’avais étudié comment transformer les phrases, alors que j’aurais simplement dû relire (et apprendre) les phrases de la discussion au début du chapitre. J’ai dû faire un sai-tesuto (le même test) le lendemain et je devrais avoir une bonne note cette fois.

J’ai trois tests qui s'en viennent, mais pas avec les mêmes profs. On ne le dit pas assez souvent aux étudiants: c’est tellement important d’apprendre ce qui compte vraiment pour l’examen… Et ici, ils le savent car on apprend comment faire le plus de points possibles au fameux gros test gouvernemental que je vais passer au début décembre (le JLPT N2).

Je n’ai pas tellement d’espoir de le passer. L’an dernier, je suis allée à Toronto pour passer le JLPT N3 (un niveau en dessous). Entre les deux tests, il y a une grosse marche à monter et j’avais prévu me donner un bon deux ans pour la franchir. Mais j’ai réalisé que j’habite Kyoto pour trois mois et que je n’ai à payer que les frais d’inscription (à peu près 65 dollars), sans payer pour l’avion et l’hôtel de Toronto… Alors aussi bien tenter ma chance! À l’école, on pratique beaucoup, et du 2/6 ou 2/8 que j’avais dans certaines sections, je monte un peu à chaque fois. Dans un mois (l’examen est le 2 décembre), aurais-je assez de connaissances pour passer? Mmm, ça me semble encore difficile, mais j’aurai pris de l’expérience pour l’examen, ça c’est sûr! ;)

Je sais donc maintenant que je ne dois pas me prévoir d’activités le mercredi après-midi parce que je reçois alors les nouveaux kanjis à étudier pour la dictée du lendemain. Si je ne veux pas virer folle à tracer des kanjis, je dois les étudier en après-midi et le soir. Le lendemain matin, Philippe et Léo me font faire des tests. Je réussis maintenant à écrire pratiquement toutes les phrases sans erreur (sauf pour les kanjis de la dictée qui n’étaient pas dans ceux étudiés!). Autre amélioration: je peux lire (et comprendre en bonne partie) le langage ultra poli (keigo) dans un courriel.

Pourtant, quand je me compare à mes collègues étudiants, je me trouve vraiment poche. Je suis avec des gens plus avancés (eux, ils vont le réussir, l’examen!) Mais je les fais rire, surtout que j’avais amené des chocolats pour tout le monde le jour de l’Halloween! Chocolats Favoris a fait des heureux au Japon, les amis!

Mercredi matin, le fameux jour de la réception des kanjis, je me suis levée très tôt. À 4h45, j’étais en bas, branchée sur Skype. J’avais un entretien aux Éclaireurs pour parler de l’Halloween. Après, j’ai téléphoné au Devoir, qui avait des questions à propos de ma pétition que j’ai faite en 2013. Il en a fait un très intéressant article sur le changement d'heure qui est sorti aujourd’hui. Un mercredi donc très productif!

Mardi, nous avions mangé chez mon amie Akiko. Léo et Émi ont découvert les okonomiyakis (un genre de crêpes avec du chou, de la viande sur le dessus). Ils ont dévoré ceux aux mochis (pâte de riz) et fromage. :) Akiko avait aussi du vin chaud et sucré pour les plus grands. Rien de mieux pour réchauffer les bouts des orteils qui gêlent un peu plus en soirée!

La température à Kyoto ressemble maintenant à notre début d’octobre au Québec. Les feuilles commencent d’ailleurs à changer de couleurs. Le vent est frais, mais les jours peuvent être encore chauds. C’est une belle saison.

J’ai visité le dentiste vendredi! Je vous raconte ça comme si c’était le fun d’aller chez le dentiste… Pas tellement, surtout quand on va le voir parce qu’une dent nous fait mal depuis un mois. Mais c’était aussi une exploration médicale en pays étranger. :) Hi hi! En fait, ça ressemble beaucoup à chez nous (les prix aussi d’ailleurs : alors, comme nos assurances ne couvrent rien en dentisterie au Québec, je ne voulais pas retarder la vérification plus longtemps). Un petit plus: ils placent une couverture sur les yeux pour éviter de nous aveugler. Tout le monde était super gentil avec moi. Mais j’ai retrouvé le sentiment que mon japonais était vraiment insuffisant! Heureusement, le dentiste parlait aussi l’anglais, alors j’ai compris. Je dois y retourner jeudi pour vérifier si le problème est réglé ou s’il est plus grave (genre ma dent avec un plombage profond aurait fracturée… ouille!)

Dans nos cours, la professeure a souligné qu’au fur et à mesure que nos connaissances en japonais s’améliorent, autre chose diminue: la gentillesse des Japonais à notre égard, car ils deviennent plus exigeants. Ça m’a fait réaliser qu’on fait tous cela. Avec quelqu’un qui visite le Québec et le parle à peine, on le félicite avec effusion lorsqu’il baragouine quelques mots. Mais s’il est là depuis un moment, qu’il semble bien maîtriser le français, on exige qu’il le parle bien, et même très bien, pour pouvoir travailler. Les gens ne sont pas encore moins gentils avec moi, donc j’en conclus que je parle encore très mal le japonais! :P

Ou alors je suis chanceuse, comme pour mon expérience à Kyoto, une ville réputée difficile pour l’accueil… Mes expériences négatives sont peu nombreuses. En fait, c’est la ville au monde où je me suis sentie la plus chaleureusement accueillie… Et ça explique pourquoi j’y retourne!

Nous sommes sortis ce matin pour aller au OpenDay du Centre du International City Communauty Foundation. On a mangé libanais en dégustant du vin français, puis on est allés au marché aux puces bondé avant de voir un spectacle de baladi! C’était très animé et intéressant!

Bon, sur ce, j’ai quand même trois examens la semaine prochaine… Je vous embrasse, bon changement d’heure! Ici, ça ne bouge pas, alors on aura maintenant 14 heures de décalage! Ouf!