Dimanche, 10 décembre 2006. Il est tôt, il fait soleil lorsque nous fermons la porte de notre petit appartement pour une dernière fois. De notre balcon, on peut voir un arc-en-ciel au-dessus des montagnes d’Arashiyama. On le prend comme un bon présage.On commence le transport des valises jusqu’à la gare. Nous avons le maximum avec nous : deux grosses valises chacun, une petite valise pour l’avion et un « sac à mains » (ordinateur et grand sac). On a passé la nuit à les peser pour les faire correspondre au poids maximal de la compagnie qui nous transporte.
Évidemment, nous n’avons pas assez de mains pour transporter tout cela. Il faudra faire deux voyages. Je fais le premier avec Philippe puis il va chercher le reste. J’en profite pour transporter les grosses valises de 23 kilos dans les escaliers, vers la voie d’embarquement. Les gens sont gentils : plusieurs personnes nous aident et je n’ai qu’un seul voyage à faire.
Lorsque Philippe arrive enfin, le train est sur le point de s’arrêter. L’employé de la gare l’accompagne avec une valise et voilà, nous sommes bel et bien embarqués dans le bon train.
Direction : gare de Kyoto, pour un transfert. De là, une dame nous aide à rouler nos valises jusqu’à l’autre voie d’embarquement, pas très loin. C’est le dernier train : un express entre Kyoto et l’aéroport d’Osaka où nous prendrons notre avion. Dire que dès « ce soir » (grâce au décalage horaire) nous serons chez nous!
On présente nos billets électroniques, notre numéro de confirmation obtenu voilà deux jours et nos valises à la porte d’embarquement. En pesant le tout, le commis nous informe que chaque valise fait 23,4 kilos (sa balance est plus précise que la nôtre) et qu’il faut enlever du poids. On ouvre les valises, jette certains objets dans la poubelle et on retourne à l’embarquement. Mais il y a un problème avec nos billets.
Je dois expliquer ici le contexte particulier de notre voyage. Nous sommes partis en décembre 2005 avec des points primes offerts par les parents de Philippe. Nous avions des billets aller-retour avec Air France pour la Nouvelle-Calédonie. Après un mois de vacances là-bas, nous sommes revenus jusqu’au Japon où nous avons prolongé « l’escale » de onze mois.
Jusque là, tout va bien. Le hic, c’est que la compagnie affiliée à Air France avec laquelle nous devions revenir n’avait pas reçu la confirmation que les points prime avaient bien été retiré du compte de mon beau-père.
Nous sommes dimanche. Ils ne peuvent pas téléphoner en France pour s’informer car tout est fermé, bien sûr. Après maintes discussions, tentatives d’explication et quelques pleurs, le pire arrive : l’avion part sans nous. Et il faudra attendre au lendemain pour avoir une solution. Peut-être…
C’est là, à l’aéroport du Kansai, que la réalité m’a frappée pour la première fois : j’étais vraiment très loin de chez moi. La conscience d’être à l’autre bout du monde ne m’avait jamais vraiment atteinte. J’avais Internet, le téléphone, un appartement, Philippe… Mais prise avec mes seules valises, sans autre choix que de dormir sur les bancs d’un aéroport, l’éloignement m’a sauté aux yeux. Aucune débrouillardise ne pouvait m’aider puisque il m’était impossible de retourner chez moi à pieds, en train ou en autobus.
Évidemment, conséquence normale de cette prise de conscience : je me mets à pleurer comme un bébé. Je me souviens vaguement des regards pleins de pitié des Japonaises qui me regardaient marcher dans les couloirs de l’aéroport comme une condamnée. Lorsque j’ai annoncé à mes parents que je ne rentrerais pas tout de suite et que je ne savais pas quand je serais de retour, je m’accrochais au téléphone comme une désespérée.
Heureusement, il y avait Philippe. Mon conjoint est un homme calme et je me suis lentement moi aussi calmée. On s’est trouvé un petit coin isolé avec une prise électrique, à laquelle on a branché notre ordinateur. J’avais quelques dessins animés qu’on a écoutés ensemble. Il nous restait quelques yens et on allait parfois flâner dans l’aéroport, même si on n’avait pas très faim.
On a fini par trouver une connexion WIFI qu’on a utilisée pour communiquer avec les amis. J’ai travaillé mon site web et j’y ai ajouté plusieurs fonds d’écran. On avait du temps à profusion. Nous avons passé la nuit à faire le guet à tour de rôle. Nos valises étaient tout ce qui nous restait : nous y tenions!
Le lendemain matin, nous avons téléphoné à Air France dès 9 h. Mais la compagnie aérienne ne pouvait rien faire par téléphone, il fallait rencontrer la responsable de l’aéroport.
Après plusieurs dizaines de minutes d’attente, nous avons enfin croisé brièvement la dame d’Air France. Elle était très occupée, mais nous lui avons expliqué notre cas, au milieu de la file d’embarquement. Elle nous a répondu que le problème, selon elle, c’est qu’on ait voulu voyager avec une compagnie affiliée. Comme nous sommes arrivés avec un avion identifié Air France, il fallait repartir avec la même compagnie. « Oui, oui, oui, mais partons-nous bientôt? », nous sommes-nous empressés de répondre.
L’avion du jour était plein, même en classe affaires. Voyager avec Air France au mois de décembre n’est pas la bonne période pour avoir des problèmes. Mais la dame nous a préparé les billets pour le lendemain.
Soulagement et déception. Une autre nuit à dormir sur les bancs. Nous savions également que l’avion Osaka-Paris arrivait trop tard pour prendre la correspondance pour Montréal. Nous allions devoir passer une nuit à Paris. Nous avons réservé tout de suite un hôtel par Internet. Et nous sommes retournés nous installer dans notre coin préféré.
Toutes les nuits, les agents de sécurité de l’aéroport passaient prendre les numéros de nos passeports et nous demander des explications. Mais ils restaient très gentils. Ils devaient bien voir qu’on ne faisait pas grand mal.
Mardi 12 décembre 2006. Nous embarquons enfin dans l’avion. Lorsque j’ai vu le sol du Japon s’éloigner sous mes pieds, les soucis de ces deux jours saturés d’inquiétude et de tristesse se sont envolés. Ce vol a sans aucun doute été le plus agréable de notre vie, avec des agents de bord absolument charmants.
L’hôtel que nous avions réservé à Paris était très abordable, ce qui signifie peut-être que le sourire était une option. Mais c’était très secondaire, puisque nous ne pensions qu’à dormir. Quatorze heures de sommeil nous ont beaucoup calmés.
Mercredi 13 décembre 2006. On arrivait enfin au Québec, avec plus d’une heure de retard. Nous ne savions pas si nos valises avaient fait le voyage avec nous puisqu’il y avait une grève à Paris et plusieurs bagages étaient restés au sol. Mais heureusement, le hasard avait terminé de nous taquiner. Nos valises étaient là et nos parents aussi.
Il faisait 8 degrés à Osaka lors de notre décollage, 8 degrés à Paris lors de notre sommeil et 8 degrés à Montréal lors de notre arrivée. Et il pleuvait légèrement partout. On ne peut pas dire que le choc de l’hiver fut très grand. Mais quel voyage!
Demain, c’est le grand jour, on part en avion vers le Québec. Enfin! Nous sommes très heureux de revenir, mais nous sommes également déjà un peu nostalgique de quitter ce si bel endroit où nous avons habité. Ce voyage aura été, sans nul doute, très enrichissant, certainement pas du côté argent, mais du côté connaissances, expériences, découvertes et tant d’autres points! Cette valeur est inestimable.
Aujourd’hui, nous avons fait les valises, nettoyé l’appartement et marché une dernière fois dans notre quartier. Nous étions chanceux, ce soir commençait le Hana-Touro, l’éclairage du pont et de la montagne. C’était superbe. Nous avons ensuite soupé dans un bon restaurant et nous voilà de retour à la maison pour terminer les dernières petites choses.
Voici les réponses aux questions que vous avez posées à Mme Morita. Si vous ne trouvez pas votre question dans la liste, c’est qu’elle ne le savait pas ou que nous n’avons pas eu assez de temps.
Aujourd’hui, nous ne sommes pas allés bien loin, nous avons profité du soleil matinal pour photographier notre Arashiyama aux couleurs d’automne. C’était très beau. J’ai remarqué qu’à neuf heures, il n’y a pas beaucoup de monde qui se promène dans le coin. Hier, au Hôryû-ji, nous sommes arrivés à 10h et il n’y avait presque personne non plus. Bien sûr, ça se remplit très vite ensuite, mais je trouve tout de même ça surprenant. À 9h, sur la place Saint-Marc à Venise, il y a foule, n’est-ce pas? À Kyoto, à 9h (ce n’est pas si tôt quand même), on peut visiter les temples en toute sérénité.
Ce qui est bizarre, c’est qu’on pourrait penser que si la journée de visite commence plus tard, elle se termine sûrement plus tard aussi. Les boutiques ferment tôt (5h ou 6h) et les restaurants n’ouvrent pas très tard non plus. Hier, à Asuka, on a même refusé de nous louer des bicyclettes à 3h de l’après-midi! Par chance qu’on commence nos journées un peu plus tôt ces temps-ci. :)
Malheureusement, il se repose à ce moment-ci de l’année. ;) Mais la nature était superbe et nous avons tout de même pu voir un autre dragon. Et un vrai héron qui traversait placidement un petit pont.
À la vue de mon visage stupéfait et déçu, mon interlocuteur japonais s’empressa de me dire que tous les ans, on devait tailler les itchoo (comme on les appelle au Japon), car ils poussent extrêmement vite en été.
En octobre, le fruit puant des arbres femelles (d’après mon pif, ça ressemble assez à l’odeur du vomi) est excellent. Il faut prendre le temps d’enlever la coquille puante, car à l’intérieur se cache une petite noix tendre sans odeur qu’on fait cuire au four micro-ondes, comme du popcorn. On trempe la noix chaude dans une pincée de sel, et voilà une autre découverte délicieuse, mais réservée aux adultes car elle peut être toxique pour les enfants. Évidemment, la ville de Kyoto ne devient pas malodorante chaque automne puisqu’on prend bien soin de planter des ginkgos mâles au bord des rues.
Malheureusement, l’histoire triste commence justement en plein automne. Les gens de la voirie s’attellent à la tâche de couper toutes les branches des ginkgos des rues de Kyoto. C’est terrible. Un désastre. On massacre la beauté naissante. Est-ce qu’on coupe les fleurs d’un sakura avant leur éclosion? Après de longues recherches pour comprendre le sens de cette pratique, j’ai fini par obtenir une réponse. Les feuilles tombées des ginkgos encombrent les rues et les terrains des maisons. Au Japon, on est responsable des feuilles de notre arbre qui tombent dans la cour du voisin. Ainsi pour éviter ce genre de « pollution », on préfère couper les feuilles avant qu’elles ne tombent.
Comment allez-vous? Nous, nous allons très bien. Le retour se compte maintenant en jours et cela nous rend très heureux. En plus, l’automne est vraiment beau ici et les feuilles sont très colorées. Le vent est frais, nous avons commencé à chauffer l’appartement depuis quelques jours.
"Sous la pluie de pétales des cerisiers de Kyoto, toutes les rues se transforment en jardin."
Merci à tout le monde pour tous vos encouragements! Vos bonnes pensées étaient sûrement avec nous puisque le concert s’est très très bien passé.
Nous avons chanté plusieurs chansons en japonais (nos compositions et d’autres), des chansons en anglais connues (The Beatles, Amazing Grace) et en français (Hymne à l’amour, nos compositions). Il y avait 21 chansons au programme, le tiers pour chacune des langues.
La salle était pleine. Nous avions vendu 19 billets, mais 14 de plus se sont ajoutés le soir même du spectacle! Il y avait donc beaucoup de gens qui n’étaient pas supposés venir, et ça nous a fait très plaisir de les voir! Étudiants, patrons, amis, professeurs, nous étions vraiment touchés que tous ces gens soient autour de nous. Après huit mois au Japon, nous commençons à bien les connaître, alors ça faisait chaud au coeur.
Nous avons reçu sept superbes bouquets de fleurs et une boîte de chocolats! Notre petit appartement est tout fleuri et rempli de couleurs, j’adore ça. :) C’était très mignon de voir les enfants venir nous donner les bouquets. Une de mes étudiantes est allée porter un bouquet à Philippe, elle l’a regardé attentivement une bonne dizaine de secondes. C’était la première fois qu’elle le voyait, mais pas qu’elle en entendait parler! :)
Vraiment une belle soirée. Olivier, qui nous très gentiment permis d’utiliser cette merveilleuse salle du Hyatt Regency, a gâté tous les invités : vins, jus et grignotines pour tout le monde. Il nous a aussi invité au restaurant italien de l’hôtel après le spectacle. Nous étions euphoriques, Philippe et moi! :) Tant de bons sentiments en même temps!
D’abord et avant toute chose: l’anglais. Évidemment, on trouve des traces d’anglais partout. C’est une mode très populaire. Sur la photo, le restaurant «Vent du sud» a été traduit en anglais par «Sauthen Wind». Autre exemple: vous voulez acheter un papier d’emballage pour un cadeau, vous aurez de la difficulté à en trouver un sans texte anglais de souhait d’anniversaire.
Remarquez que j’ai inséré quelques erreurs d’anglais dans le texte, car cela est également une malheureuse caractéristique de cette mode: les petites notes anglaises sont plus ou moins correctes. T-shirt, aliments, restaurants, coiffeurs, cadeaux, albums-photos, on vous offre gracieusement un texte anglais truffé d’erreurs. Ne cherchez même pas à avoir un sac cadeau avec un petit texte écrit en japonais pour montrer à vos amis au retour. C’est un objet rare. Sur la photo, on voit le nom d’un kiosque très populaire: la «Second Poche». Pour les Québécois, c’est très amusant. :)
Ensuite, l’anglais s’insère allégrement dans le langage. Par exemple, même si le mot «fraise» a une traduction japonaise (ichigo), j’ai vu des yogourt offrir la plus intéressante saveur «soutouraabérii» écrit en katakana (alphabet phonétique). Avez-vous compris quelle saveur est offerte ici?
Ah ah! Par chance, la plupart du temps, le mot est également écrit en anglais. Les katakana sont donc écrit pour permettre aux Japonais de savoir comment prononcer «strawberry».
Maintenant... Le français! Oui, oui, le français est bien présent au Japon. On l’utilise de la même façon qu’aux États-Unis: une affiche avec quelques mots de français permettent tout de suite de créer une ambiance plus chic et distinguée. :) Alors, boulangeries, cahiers de notes ou marques de vêtements, le français se lit un peu partout.
En fin de semaine par exemple, nous avons mangé une crème glacée à Kutsuki, dans un endroit appelé «Petit lait glacé». Mon parrain fromager sera sûrement heureux d’apprendre que le «petit lait» (c’est-à-dire ce qu’on retire du fromage lors de sa production) peut devenir de la crème glacée! :) Sur la photo, on peut manger à la boulangerie «Clos des mouches» (ça promet!)
Exemple de textes assez énigmatiques sur des sacs:
Cette année, il est clair que ma Saint-Jean sera différente. Je vis à Kyoto, dans un milieu totalement japonais où le Québec n’est pas très représenté. Je suis toute seule avec mon drapeau.
Aujourd’hui, c’était pour nous une grande journée : nous avions notre premier contrat de chanson payé. Nous devions chanter à Kobe, sur le toit du nouvel aéroport pour un mariage chrétien (kekkon shiki).
Juste à côté, il y avait Amlux Toyota. C’est le show-room de cette compagnie, le gratte-ciel est assez beau. C’est pas mal, on peut y faire quelques simulations et voir des modèles de Toyota. Mais je ne suis pas assez fan pour y passer la journée. :)
Parallèlement, au contraire de tout ce que j’avais lu, les cartes de crédit s’utilisent dans plusieurs magasins, même si ça ne se compare pas à chez nous (où il n’y a que Tim Hortons qui ne prend pas la carte).
Le soir, nous avions rendez-vous avec le cousin de Philippe, Christopher, qui habite Tokyo depuis quatre ans. Nous avons mangé dans un bon restaurant italien puis nous avons eu la chance d’assister à un concert classique exquis : piano, flûte, guitare et opéra. J’ai eu des frissons. Fait intéressant : les Japonaises du concert portaient de superbes bijoux et de merveilleuses robes de bal qu’elles ont changés trois fois. Hypnotisant.
En se rendant à la gare ce matin-là, nous avons pu constater qu’il y avait énormément de monde à Arashiyama. Nous avions bien fait d’éviter la cohue en visitant le coin vendredi!
Tant qu’à être dans l’est de la ville, nous avons pensé continuer l’exploration. Nous avons donc visité Gion en soirée (le quartier des geiko). C’était féérique. Les sakura étaient éclairés par des faisceaux de couleurs différentes. Il y en avait tellement!
les sakuras sont partout et le site est vraiment enchanteur. Un des pavillons est monté sur des pilotis de bois gigantesques. On peut voir la ville jusqu’à la tour de Kyoto, c’est un endroit magique. On n’a pas regretté la longue marche!!!
Ça y est, j'ai vu mes premiers sakuras! Chaque arbre contient des milliers de fleurs et quelques unes se sont éclos sous le beau soleil des derniers jours! C'est superbe. J'ai même vu un arbre complet plein de fleurs ouvertes! Probablement que tous les arbres seront prêts en fin de semaine, nous irons prendre des milliers de photos. Il faut en profiter, les sakuras, ce sont des beautés éphémères, qui ne durent qu'une semaine.
Pour ceux qui sont fatigués de l’hiver, voici de belles images du printemps. C’est le temps de la floraison des pruniers. Ils commencent à peine, c’est très beau. On peut admirer deux sortes de pruniers : les blancs et les roses. Ça sent très bon et il y a beaucoup d’abeilles attirées par cette odeur enivrante. Mais j’ai moins peur des abeilles que des guêpes, alors ça va. :)
Il est surprenant de voir autant de monde. Jusqu’à maintenant, j’ai vécu dans une ville très agréable et pas si peuplée que ça. Mais là, c’était incroyable, des gens partout, des appareils-photos en admiration et en gros plan devant les fleurs. Plusieurs femmes sont en kimono et on remarque plus d’étrangers. Il faut cependant dire que cette « populace » n’est pas très dérangeante, les gens sont sympathiques et il traîne une ambiance d’admiration et de bonne humeur. Nous avons passé un bon moment.
Notre appartement
C'est un appartement de six tatamis avec une porte-patio qui ouvre sur un bel espace avec un arbre et c’est là que se trouve la laveuse. C’est également là que sèche notre linge. Nous avons également une petite cuisinette et une salle de bain format avion, mais très fonctionnelle. Nous sommes très contents. Pour ceux qui veulent s'établir à Kyoto: l'appartement coûte 520$ par mois (comprenant l'eau). Nous avons évidemment dû donner un "cadeau" à la propriétaire (450$) et une caution (1200$) qui est supposément remboursée à la fin (quand on enlève le montant pour le nettoyage, le changement de la serrure, etc.)
Nous faisons maintenant le trajet vers nos emplois avec les vélos que nous avons achetés. Ça prend 40 à 60 minutes de vélo, c’est un bon exercice.
Arashiyama est un quartier touristique à l’ouest de Kyoto, très couru par les Japonais qui viennent y admirer les montagnes remplis de cerisiers en fleurs (en avril) et de feuilles rouges (en novembre). Je peux vous dire que même maintenant, c’est bondé toutes les fins de semaine, à cinq minutes de chez nous. Nous avons découvert cela en cherchant un temple. Nous n’aurions jamais pensé qu’il y avait autant de gens si près, c’est tellement tranquille dans notre coin!
La propriétaire est aux petits soins avec nous, elle nous a fait faire un tour du quartier pour repérer les épiceries, la quincaillerie et le meilleur tofu du coin. On en mange très souvent depuis. On a également un restaurant de sushi pas cher à deux pas. :)
Jusqu’à maintenant, nous avons découvert deux parcs. Un qui sillonne la montagne et où on a trouvé un minou super gentil qui se prélassait au soleil. Vous savez à quel point cette anecdote est importante pour moi! L’autre parc cacherait des singes. Nous n’avons pas encore eu le temps d’y aller, mais ça ne devrait pas tarder. :)
Depuis deux jours, nous nous promenons dans les rues de Kyoto, avec la liste des grands hôtels pour tenter de trouver un lieu où nous pourrions jouer de la musique. La première journée, soit le 15 janvier, nous avons décidé de faire tout à pied, comme ça nous pouvions voir Kyoto en même temps. On s'est donc présenté dans quelques hôtels, trouvé des pianos, mais chacun des hôtels à piano a également un pianiste. :( On s'est informé pour obtenir un cellulaire, car une ligne téléphonique coûte 800$ en partant et nous devons pouvoir être joint par nos futurs employeurs. On a visité également le Kyoto City International Foundation et les gens ont été très gentils pour la recherche d'appartements. Il a également plein d'affichettes avec des choses à vendre, des demandes d'échange, des emplois. Nous avons pris beaucoup de notes.
Depuis deux jours que nous explorons Kyoto, je peux vous dire que c'est une très belle ville. Elle n'est pas très grande, on peut faire les points principaux à pied sans problème. Elle est entourée de montagnes qui me font un peu penser à celles de Charlevoix. Il y a de l'eau un peu partout, des rivières avec des petits passages de rochers qui nous font passer directement près de l'eau. Sinon, il a bien sûr les ponts! ;) J'adore les petites rues sinueuses labyrinthiques qu'on croise partout. Et hop, on voit les jolies maisons ou un temple surgir...
Nous sommes sortis épuisés de l'avion, car on n'avait pas vraiment réussi à dormir. Il pleuvait (et il pleut toujours), c'était gris, c'était laid. Mais en ramassant les valises, le simple fait d'y être, dans ce fameux pays, ça a suffit. Comme l'a dit Philippe : "L'excitation d'être là surpasse la peur". On est allé voir les douaniers avec un grand sourire qui nous était monté dans la face et qui ne décollait plus.
Nous sommes allés marcher dans notre nouveau quartier (Sakyo-ku), sous la pluie et le gris. Nous avons vu plusieurs oiseaux dans la rivière: hérons, grues, canards. Nous avons visité des magasins, mangé des nouilles japonaises dans un restaurant au menu à l'écriture verticale et aux chiffres en japonais (on ne comprenait pas grand-chose, mais nous avons commencé à essayer les mets!) et nous nous sommes acheté des pâtisseries qui avaient l'air bien bonnes (et qui l'étaient!!!).
Voilà, nous sommes au dernier jour de notre voyage en Nouvelle-Calédonie. Ce prélude à la grande aventure japonaise a été extraordinaire. J’ai fait un coquin petit bilan de ce pays que j’ai pu apprécier un bon mois :
- Le paysage : comme vous avez pu le voir avec les photos, nous avons découvert un pays à la végétation magnifique : des pins qui créent un paysage hors du commun, des fleurs aux couleurs débordantes, des montagnes toutes plissées, un lagon gigantesque et fascinant, bref, c’est un pays absolument paradisiaque.
Hienghene est réputée pour ses gigantesques rochers noirs qui surgissent de la mer ou de la terre. Un de ces rochers a la forme d’une poule et il est placé à l’entrée de la baie. Hienghene est un petit village charmant au fond de la baie. C’est un lieu vraiment unique.
On nous avait conseillé de s’arrêter à la cascade de Tao en allant vers Hienghene. Nous sommes donc partis en avant-midi vers notre prochaine destination. Nous avons d’abord traversé les massifs pour atteindre la côte ouest de l’île. La végétation a changé : nous étions de plus en plus dans la forêt tropicale. C’est toujours superbe de passer dans les cols difficiles des montagnes, mais c’est encore plus surprenant de trouver des gens qui vivent un peu partout dans ces monts difficiles d’accès.
Sur la côte ouest, la végétation est beaucoup plus fournie. Il y a de gigantesques fougères arborescentes, des palmiers, la mer à gauche et de gigantesques montagnes à droite. Nous avons surveillé la cascade de Tao avec attention (il y en a plusieurs sur le chemin). Quand nous l’avons vue, c’était très clair qu’elle était hors du commun : on la voit descendre du haut de la montagne. On a payé un droit d’entrée à la tribu responsable, puis nous nous sommes baignés dans un bassin naturel où l’eau était fraîche et la vue splendide. On a l’impression d’être dans un film de Walt Disney et de voir la chute comme un décor féérique. On a bien profité du moment pour se faire masser le dos par le courant! ;)
Nous n’avions pas fini de découvrir de superbes choses sur le trajet. Prochaine étape : la Ouaième, une rivière entre les montagnes traversée par le dernier bac de Nouvelle-Calédonie. Un bac, c’est une plaque flottante et un petit moteur qui tire notre « barque » vers l’autre côté, avec une corde. Sur la photo, vous voyez la mer à gauche, l’embouchure de la Ouaième à droite et les monts.
Un peu plus loin, nous arrivions enfin à destination : Hienghene (ce qui signifie « marcher en pleurant »). Ouf! Tout de suite, nous avons eu droit à la vue sur les rochers noirs et la poule (plus de détails à la prochaine journée). Nous dormions dans un Club Med Village (il n’y a pas d’animations « Haut les mains », mais il y a toutes les commodités). Nous avons dormi dans une case kanak sans air climatisé. Il faisait 30 degrés dans la case. Le sommeil a été plus difficile pour tout le monde!