04 janvier 2019

Naha et cuisine okinawaïenne

On poursuit notre découverte d’Okinawa ensemble? On passait deux nuits au resort, alors dès le lendemain matin, c’était le temps de faire les valises et de partir! Notre amie Megumi est venue nous chercher en voiture pour nous amener à Naha, la ville principale. Comme elle habite Okinawa, nous n’avons donc pas eu l’humiliation de louer une voiture avec l’autocollant « Un étranger conduit » apposé dessus (ce n’est pas une blague…) On a fait un détour au musée Sakima, blotti contre la base militaire américaine controversée de Futenma. On a discuté avec le directeur, c’était fort intéressant, Léo avait beaucoup de questionnements sur la situation d’Okinawa.

On est allés manger au restaurant du Château Shuri, c’était absolument délicieux. Je suis fan de la nourriture okinawaïenne, surtout des sobas! Le jus de shiquazar, l’algue mozuku, le concombre amer gôya (margose), le délicieux tofu jimami aux arachides et les multiples desserts à la patate douce violette (béni-imo) sont dans mes coups de cœur aussi!

Le château de Shuri en est à sa 4e reconstruction, la dernière après la Deuxième Guerre mondiale qui a grandement affecté Okinawa. Son architecture et sa couleur rouge le rendent très différent de ce qu’on peut voir ailleurs au Japon. On a visité l’intérieur aussi, les maquettes représentant la visite de l’Empereur chinois au roi des Ryūkyū (l’ancien nom du royaume okinawaïen, avant l’annexion au Japon en 1879). L’histoire de cet archipel d’îles est aussi intéressante que sa culture ou sa gastronomie!

Megumi nous a ensuite amené au marché de poissons où Émi me collait fort en me disant qu’elle avait peur « des bebittes ». En effet, les crabes et homards n’hésitaient à sortir une patte ou deux des bacs, parfois même à marcher par-dessus les autres. C’était fort impressionnant. Megumi nous a quitté par la suite et nous sommes allés à notre nouvel hôtel, qui fut sans doute le plus beau de notre séjour! Tout à côté du monorail, avec une partie sur un sol de tatamis, du verre coloré d’Okinawa pour boire notre eau, du thé: on s’est bien reposés.

Le lendemain matin, on est repartis vers l'aéroport, le chauffeur de taxi nous a fait jouer une radio du Québec avec de la musique traditionnelle! Le vol vers Osaka a duré moins de deux heures, on a pris un taxi jusqu’à notre hôtel près de la gare du shinkansen… Ouf! Quelle chambre minuscule! Deux lits doubles qui ressemblent plus à des lits simples pour quatre personnes… Enfin. Par chance, la professeure des enfants, Mika-sensei, est venu éclairer notre soirée, nous rejoignant après un excellent souper de tempura et soba. Elle a fait le trajet de Kyoto pour venir nous saluer une dernière fois.

À quoi a ressemblé le retour? Eh bien, accrochez votre ceinture… Départ le matin en shinkansen, deux heures trente vers Tokyo à 300 kilomètres heure, avec des paysages enneigés dignes du Québec (une vague de froid a couru sur l’île principale pendant notre séjour au sud); puis transfert dans le train express vers l’aéroport pour une heure; récupération des 7 valises envoyées, enregistrement de toutes ces valises-là (plus une); passage de la sécurité, attente puis embarquement. Le vol de 12 heures vers Montréal a démarré à 17h55! Ça s’est très bien passé, ça a semblé moins long qu'à l'aller. On est arrivés à Montréal à 15h30 (la même journée), retour dans le temps! Récupération des valises, passage des douanes, récupération de la voiture de location et trajet de trois heures vers Lévis… La journée fut longue, très longue, mais heureusement, tout s’est bien passé! Les enfants soulignaient chacune des étapes en tapant dans nos mains et ils étaient très contents d’arriver.

Depuis le décalage horaire frappe fort. Le soir, les enfants pleurent pour aller se coucher, ils ont les yeux dans la graisse de bine. Ils ont pogné de la toux, de la fièvre, du mal de gorge (pharyngite), qui semble aussi transmis aux adultes… Bref, on n’est pas forts côté santé. Pas étonnant que les nouvelles décourageantes sur mon doctorat m’atteignent autant: j’avais comme la porte grande ouverte pour cela!

Merci à vous tous et toutes d’avoir suivi nos aventures! Les nouvelles se feront un peu plus espacées maintenant, mais je continuerai de vous tenir au courant!

C'est la nouvelle année. Je vous la souhaite bonne, très bonne et douce. En pleine santé physique et mentale. Et dans un cocon d'amour.

28 décembre 2018

Bye Bye Kyoto, bonjour Okinawa!

Tel que promis, je recule un peu en arrière pour vous raconter la fin du voyage au Japon. Je vous le divise en deux, car c’est trop long! :) Le dimanche 23 décembre, nous sommes allés visiter une amie qui nous avait invités chez elle. Chieko-san a une petite fille de l’âge de Léo, elle avait aussi invité une autre Japonaise, alors tout ce beau monde a joué ensemble, on a mangé des grillades et des gâteaux aux fraises Hello Kitty qu’on a décoré nous-mêmes. C’était vraiment agréable, un beau moment ensemble.

Le 24 décembre, j’ai terminé les valises. On a mis de la musique de Noël, les enfants ont dessiné pour le Père Noël et ont préparé des petits biscuits avec des carottes pour les rennes. On a laissé tout cela pendant la nuit. J’ai été debout assez tard cette nuit-là, en fait, j’ai vu Noël arriver, car j’étais en entrevue à Médium large pour parler des maisons à donner au Japon.

Le 25 décembre, on a passé la journée relax à la maison. En fait, le 24 et le 25, on a vécu au 2e étage car il faisait trop froid en bas. Impossible de chauffer au-dessus des 15 degrés, c'était froid pour les pieds! On a écouté un film de Noël tous ensemble, collés sur le divan en mangeant des bonbons donnés par nos amis. On est allés souper au restaurant italien. Le livreur est venu chercher nos sept valises immenses à envoyer à l’aéroport de Narita (Tokyo) pour notre départ le 30 décembre.

Avec seulement nos petites valises, on était fin prêts pour notre séjour à Okinawa. Départ le 26 décembre. Autobus vers l’aéroport d’Osaka: nos amis sont venus nous saluer (et nous remettre plein de petits cadeaux) à l’arrêt de Kyoto. Puis on a pris l’avion local vers à Naha (à 1000 kilomètres). C’est normalement un vol de 2h15, mais en arrivant près de la destination, on nous annonce qu’un avion a « échappé » un morceau et qu’il y a un trou sur la piste d’atterrissage. L’aéroport est fermé en attendant la réparation. Le pilote fait des ronds en espérant que ce soit prêt, mais finalement, à cause de l’essence qui diminue, il est forcé de faire demi-tour vers l’île la plus proche, soit le sud de Kyûshû au Japon: Kagoshima! Je suis toute excitée, vais-je pouvoir voir l’immense Sakurajima, le supervolcan toujours en activité près de la ville? Oui! Et pas à peu près! On a fait le tour, évitant la trainée de cendres volcaniques qu’il laisse dans l’atmosphère! Magnifique sommet découpé sur le ciel nuageux, ça m’a donné le goût d’aller visiter!

On a atterri, puis attendu deux heures dans l’avion, avant d’apprendre que nous pouvions repartir vers Naha (qui est quand même à une heure de vol!) Le temps de faire le plein, puis ce fut le départ. Au lieu d’atterrir à 16h30, on est arrivés à 20h30 à Naha. Il a fallu prendre le taxi vers l’hôtel ensuite (à une heure aussi…) Les enfants se sont couchés à 22h30, épuisés. Mais au moins, on était arrivés à Okinawa.

Le Rizzan Sea-Park Hotel de la baie Tancha est un immense resort avec plusieurs activités. Il était interdit de se baigner, mais il est situé près de la mer, alors après le déjeuner, la première sortie fut de se promener les pieds dans le sable. Il ventait fort, il faisait tout de même frais (18 degrés), mais c’était très beau. On a visité la piscine intérieure dans l’après-midi, spécialement adapté pour les enfants. Puis nous sommes allés au onsen (bain chaud), certainement la plus belle partie de l’hôtel! J’étais avec Émi, c’était notre première fois à toutes les deux, mais ce fut fort agréable, j’ai adoré. Le soir, on est allés manger au buffet de type japonais, c’était délicieux. On mange toujours trop dans les buffets toutefois… Même Léo l’a remarqué! ;) Après, on est allés voir un spectacle de danses traditionnelles absolument magnifiques! Il y avait celle avec les immenses chapeaux de fleurs, mais aussi une danse avec des tambours. Je suis tombée amoureuse de la chanson Dynamic Ryukyu qui est souvent utilisée pour ce type de danse, comme on peut le voir dans ce vidéo.

J’adore aussi leur type de kimonos, plus colorés, remplis de fleurs. J’ai eu la chance d’en essayer un, jaune en plus, ma couleur préférée. Comme j’ai aimé visiter la Nouvelle-Calédonie il y a douze ans, je dois avouer qu’Okinawa me plaît également beaucoup!

22 décembre 2018

Les finales

La fin de semaine est un peu sombre les matins: il pleut à Kyoto. Les enfants écoutent des dessins animés à l’étage en bas, en mangeant leur déjeuner. Philippe dort encore pendant que je vous écris dans la salle de vie (celle avec le sofa rouge pour ceux qui ont visionné notre visite de la maison). Un dimanche tranquille.

J’ai presque terminé les bagages. J’ai dû acheter de nouvelles valises. Les trois nouvelles remplaceront les trois anciennes que nous trainons dans nos voyages depuis plus de 12 ans maintenant. Ils en ont vu des pays, mais elles sont arrivées au bout de leurs possibilités. Les roues lâchent, le tissu a des trous… On les ramène une dernière fois, puis elles partiront vers les poubelles. Dernier voyage pour ces valises.

J’y ai rangé les notes de mes cours, les cahiers d’exercices de Léo, les cadeaux reçus, le nouveau linge qu’on a acheté pendant notre séjour, les cadeaux de Noël. Quand j’imagine les ouvrir et classer tout cela chez nous, il me semble que ce sera trop petit… Mais comme je suis habituée à ma maison japonaise (que vous avez tous trouvé « petite » alors qu’elle est plutôt « grande » ici), je crois que je trouverai mon appartement très grand au retour!

Mon vélo, la cocotte à riz, les bacs de plastique, le garde-manger sont partis vendredi. J’ai tout donné. Les enfants ont eu leur dernier cours de japonais, moi aussi le 20 décembre dernier. Comme je quitte avant la cérémonie de graduation officielle (fin mars), j’ai reçu un diplôme de ma professeure, au dernier cours. J’ai vraiment eu un beau dix semaines d’études. Les professeures étaient toutes fantastiques, j’ai beaucoup appris grâce à elles. Non seulement elles traitaient de la grammaire, mais aussi des actualités japonaises, des différences culturelles pour lesquelles elles démontraient un véritable intérêt. Les autres élèves aussi furent très accueillants! J’avoue que j’avais un peu peur, car ils sont tous plus jeunes que moi, mais j’ai eu beaucoup de plaisir avec eux! :)

Est-ce que mon japonais a atteint un niveau satisfaisant à mon goût? Mais non! Je suis sur la bonne voie toutefois! J’ai acheté plein de livres que je pourrai lire (très lentement) à la maison pour approfondir ma connaissance du japonais!

Le dernier temple que nous sommes allés visiter fut le Sanjusangendô, vendredi après-midi. Nous y avons rejoint une amie qui ne l’avait jamais vu non plus. Je remercie Tatsuko et Pierre d’avoir insisté pour que nous visitions ce temple parce que nous avons été vraiment très impressionnés! L’extérieur est magnifique, mais les mille statues dorées à l’intérieur, dans cette odeur d’encens et de vieux bois de plus de 850 ans… C’est extraordinaire! (pas de photos des statues, c’est interdit)

Samedi, après avoir fait mon vidéo le matin, les enfants et Philippe sont allés à un autre party de Noël animé par la professeure de japonais des enfants (Émi et Léo ont reçu une petite voiture Hello Kitty, source de convoitise extrême). Je suis plutôt allée visiter une amie en après-midi, on a discuté tranquillement en regardant des photos.

Je suis enrhumée à mon tour, alors que les enfants vont de mieux en mieux. Je ne goûte plus grand chose, je mouche… Ce qui veut dire que je devrais être correcte pour les Fêtes, car j’aurai déjà eu mon rhume! ;)

19 décembre 2018

Des cadeaux de Noël

En ouvrant mes courriels, j’ai reçu une nouvelle que je n’attendais plus le Conseil des arts du Canada accepte de subventionner l’écriture de mon prochain roman (celui prévu pour 2020, après L’Ombre du Shinobi prévu au printemps prochain)! Ce sera la première fois de ma vie que j’écrirai un livre et que je serai payée!!! Je t’aime déjà, 2019!

J’ai regardé la météo hier soir et j’ai réalisé que les prévisions se rendaient maintenant jusqu’au jour de notre départ de Kyoto, le 26 décembre. Ce qui veut dire qu’on part très bientôt! Je suis à la fois contente de revenir au Québec, mais aussi un peu triste car je ne sais pas quand je reviendrai au Japon. Et surtout, je sais que j’aurai moins de temps pour étudier après mon retour. Il me reste une seule journée de cours! J’ai adoré ces trois mois et j’ai vraiment beaucoup appris, en travaillant bien sûr, mais en riant aussi! J’ai été choyée d’être tombée sur une aussi bonne école à Kyoto!

Pour bien terminer le voyage, je vous invite donc à visiter notre maison louée en vidéo! Le 21 décembre prochain, à 20h (heure du Québec), sur ma page Facebook publique, j’utiliserai Facebook LIVE pour vous montrer nos deux étages à Kyoto. Bienvenue à tous!

Je ferai aussi une intervention à Médium large le 24 décembre vers 10h20 (heure du Québec). Pour moi, il sera un peu après minuit, le jour de Noël! À cette heure de la nuit, je verrai peut-être le Père Noël passer! Peut-être que le Père Noël en profite pour faire un petit tour en "shinobi train", le train des ninjas, qui sait?

Comme tout bon départ qui se prépare, je suis dans la préparation des valises. Nous sommes aussi dans les derniers repas avec nos amis. Nous sommes allés à Ibaraki mardi dernier (à mi-chemin entre Kyoto et Osaka) chez Naoko et Nobu. Nous avons mangé des sushis, la soirée fut animée de musiques (par nous et par eux), les enfants ont renoué avec trois chats (dont un s’appelle Léo!) Notre Léo, en particulier, était vraiment enchanté par les minous. Mais Momotaro a finalement choisi la dame qui le regardait tranquillement à la table et c’est moi qu’il est venu coller! Ah ah ah! Vive les chats! ;)

Vendredi dernier, nous sommes allés manger dans un excellent restaurant à mi-chemin entre l’Italie et le Japon avec des amis. C’était un mix de cuisine unique! Il y avait plusieurs services, les enfants ont fait ça comme des chefs, en goûtant à tout. On a pu profiter du moment tous ensemble.

Le samedi, nous recevions à la maison six invités en soirée! J’ai donc cuisiné toute la journée, pendant que Philippe et les enfants allaient à un party de Noël organisé par l’école d’anglais où Philippe travaillait il y a 12 ans! Les enfants sont revenus très heureux, ça sentait bon la cuisson dans la maison. J’ai fait des köftes turques, des pizzas au pesto (Léo était fou de joie) et des crêpes aux bleuets pour dessert (avec du sirop d’érable du Québec). Les bleuets venaient du Chili et coûtaient six dollars la mini-barquette, mais bon, ils étaient bons quand même! ;)

Les enfants se sont couchés plus tard, et nous aussi. On a fait la vaisselle après leur départ, on a ramassé nos multiples cadeaux aussi… Un vrai party de Noël! Le lendemain, on a mangé les restes en écoutant des émissions de télé… comme un 26 décembre. C’était très plaisant.

Le dimanche, en après-midi, nous avons rejoint deux amies pour aller manger des aburi-mochis au sanctuaire Imamiya-jinja (celui qui exauce les vœux, j’en avais parlé ici). Mais les boutiques étaient fermées À PARTIR de ce dimanche-là!!! Ah! Déception! On a visité le sanctuaire, fait plein de vœux, puis on est allés manger dans un sympathique café où le monsieur faisait du ginger ale maison, des gâteaux au yuzu, on s’est bien régalé! Tant pis pour vous, les aburi-mochis!

Ce mardi, j’ai fait un aller-retour en soirée à Osaka pour manger avec un professeur de l’Université d’Osaka. J’ai ressorti mon anglais rouillé pour jaser de mon doctorat, de la situation japonaise, des États-Unis. C’était vraiment hyper intéressant!

Voilà, les enfants ont eu leur dernier cours de japonais aujourd’hui. Ce fut un super séjour, qui tire déjà à sa fin. Ils ont tous les deux un rhume, mais c'est la première fois en trois mois, alors on ne se plaint pas.

11 décembre 2018

Les saintes kairos chauffantes

Il fait 4 degrés la nuit et 9 degrés le jour. D’une semaine complète à 17 degrés, Kyoto est passée d’un coup à ce qu’on appelle ici « l’hiver », c’est-à-dire « l’enfer ».

Les gens au Québec me diront que je me plains pour pas grand chose. Mes parents me racontent les -22 et j’ai vu des images de la neige qui s’accumule. Mais les maisons québécoises sont isolées. C’est un concept à peu près inconnu ici.

La maison que nous avons louée est posée directement sur le ciment de la fondation. Le sol est donc glacial (et on s’assoit par terre, sur des petits coussins, pour manger). Les murs et les fenêtres laissent entrer l’air extérieur en courants constants. Le chauffage est en fait l’air climatisé, installé près du plafond. L’air chaud qui en sort reste donc en hauteur, ne venant pas réchauffer les pauvres habitants assis au sol. La toilette est située dans une pièce non chauffée. À chaque fois qu’on ouvre la porte pour s’y rendre, encore plus d’air froid entre dans la pièce « chauffée ».

Le matin, quand je me lève avant les autres, il fait donc environ 15 degrés en bas, même si j’ai laissé le « chauffage » allumé toute la nuit. J’utilise un bon vieux truc des résidences universitaires: je fais les toasts et ensuite, je pars le mini-four pour un vingt minutes supplémentaires (sans faire cuire quoi que ce soit, juste pour faire un peu de chaleur). J’arrive à monter la température moyenne à 20 degrés après une heure ou deux (mais au sol, il fait plus froid bien sûr).

Dehors, ça se supporte bien sûr. Mais on est en habits d’automne, étant donné que je n’ai pas apporté nos gros manteaux. On achète donc des kairo, des petites pochettes qui se mettent à chauffer dès qu’on les expose à l’air. Il y a les petites pour les mains, celles pour les souliers, d’autres à coller dans les vêtements. Elles peuvent atteindre 63 degrés, durer une douzaine d’heures. Lorsque mon amie d’Okinawa est venue, elle en a acheté et nous les a laissées. On est devenus des fans! Vive les kairo, petites pochettes bénies remplies de poudre de fer réactives à l’air! Alléluia! En les serrant, j’ai un court moment de soulagement, comme lorsque je serre ma tasse de thé chaude!

On dit que les Japonais ont une tolérance au froid beaucoup plus grande que la nôtre et c’est vrai. Ils sont habitués très jeunes, comme les Islandais d’ailleurs, à sortir moins habillés dans des températures assez fraîches. Le port de l’uniforme dans les écoles contribue au fait qu’on n’a pas le choix de son habit pour affronter la température et qu’on apprend donc à endurer. Mais à voir le nombre d’avertissements derrière les petites pochettes chauffantes, qui peuvent causer de légères brûlures si elles sont appliquées directement sur la peau ou si on dort avec, les Japonais ont froid aussi!

On pourrait profiter d’un kotatsu (une table avec une couverture chauffante), de planchers chauffants (ça existe ici aussi) ou d’une chaufferette (un heater). Ça aiderait! Mais pour les deux semaines qui nous restent, nous n’en ferons pas ces achats.

Deux semaines. C’est tout ce qu’il me reste de cours. Quand je pensais à Noël en arrivant, je me disais que ça prendrait du temps. Mais non, on y est déjà. Et j’aurai bientôt terminé les cours. Je ne serai plus obligé de réviser chaque soir, de taper mes notes, de faire les devoirs, d’aller en classe, de réviser pour les examens… C’est triste. Car je sais que j’aurai beaucoup moins de temps après pour continuer à apprendre le japonais. C’était une période toute particulière que nous ne pourrons pas répéter. Nous en avons profité pleinement, en le sachant très bien.

Les lundis et mercredis, j’ai commencé à rencontrer une amie que j’aide en français, alors qu’elle m’aide en japonais. C’est tellement agréable! Elle a habité au Québec, elle est maître en calligraphie, on s’amuse beaucoup ensemble.

Jeudi dernier, je suis allée à Sonobe (une trentaine de minutes de Kyoto) pour visiter un vignoble. C’était fort intéressant et j’ai posé plein de questions!

Vendredi, nous avons visité le Musée international du manga de Kyoto. J’ai adoré le lieu: une vieille école primaire reconvertie en musée, remplie de mangas qu’on peut lire dans plusieurs langues. Émi et Léo se sont assis et c’était presque la chicane pour les sortir de là! On peut prendre un abonnement mensuel ou annuel car le musée est aussi une bibliothèque. Très bon concept pour les amoureux de ce genre!

En soirée, je suis sortie avec Léo pour revoir des anciennes étudiantes (devenues grandes). Avant de se rendre au restaurant, on a beaucoup marché. La gare de Kyoto est toute illuminée pour Noël: des jets d’eau lumineux avec de la musique, un immense sapin, 15 000 DEL dans les marches… Ensuite, on a mangé des immenses crêpes et Léo a beaucoup ri en jouant avec le cellulaire de Rinka-chan.

Samedi, je suis allée chez la coiffeuse et ensuite au Meet-up organisé par mon amie Akiko. J’ai rencontré deux autres Japonaises et nous avons parlé toute la soirée. C’était très agréable.

Dimanche, nous avons revu Ken-ichi-san, mon assistant japonais dans les cours que je donnais l’an dernier au Centre japonais de Québec. Il vit maintenant près de Nagoya et il est venu passer la journée avec nous. Il connaissait peu Kyoto alors on a servi de guides, visitant le Kitano Tenman-gu avec ses vaches porte-bonheur pour les études (photos pour marraine!) et nous avons fait une longue promenade à Arashiyama pour revoir le Daikaku-ji, découvrir le Gio-ji et marcher jusqu’au pont qui traverse la lune (le Tôgetsu-kyô) éclairé tout spécialement en ce moment. Nous avons mangé des ramens dans une petite échoppe où un vieux couple très gentil nous gâtait… Un beau moment!

Le plus drôle: Léo avait préparé un cadeau pour Ken-ichi-san : un spectacle tout en japonais. Plus tard, en marchant, Philippe parle en français à Ken-ichi et Léo s’étonne: « Hein? Mais il parle français?! » Un petit détail que Léo avait oublié! Après il est passé au français et c’en fut fini des efforts de japonais! ;)

02 décembre 2018

Le JLPT est plus difficile au Japon

Je ne passerai pas le JLPT cette année. C'est partiellement parce que l'examen est difficile, comme je le savais déjà. Mais c'est aussi parce qu'il n'est pas administré de la même manière au Japon qu'au Canada.

La règle est la même partout: les montres digitales sont interdites. On veut éviter les sonneries, les tricheries, les alarmes. Ça, je le savais. On a seulement le droit à une montre analogique, celle avec les aiguilles. Léo en a une comme ça, j'en ai aussi. Mais on a tout laissé au Québec, il n'a apporté que sa montre digitale ici. Je n'ai donc aucune montre avec moi au Japon.

En acheter une pour trois heures d'examen? J'y ai pensé. Mais l'an dernier, à Toronto, l'heure était affichée en gros en avant projetée par un ordinateur. On a eu une panne de courant et les responsables se sont assurés qu'on ait l'heure, en l'écrivant régulièrement au tableau. Alors je ne m'inquiétais pas trop. J'aurais quand même accès à l'heure.

Mais non. Ici, je ne sais pas pourquoi, mais l'heure est accessible seulement pour ceux qui ont la montre analogique avec eux. Les autres, tant pis pour eux. Non seulement la classe n'affiche pas l'heure, mais en plus, la dame a bien précisé qu'elle ne nous avertirait pas cinq minutes avant la fin de l'examen.

Il y a deux grosses sections au N2: la partie écrite (qui contient les caractères/grammaire et la compréhension de textes) et la partie orale (où l'heure n'est pas importante, puisque c'est un CD qui passe). Dans la partie écrite, c'est la compréhension de textes qui est la section la plus difficile: plusieurs textes à lire, des courts, des moyens et des longs avec pour chacun quatre choix de réponses. Quand la dame a dit: "C'est fini, déposez vos crayons immédiatement!", je n'avais pas fini. Huit questions n'ont aucune réponse. Je pars donc avec un recul de 16 points pour la partie la plus difficile. C'est clair que c'est foutu.

Pourtant, je pense passer la section 1 et aussi la partie orale. Si j'avais pu mieux évaluer mon temps, et mettre des réponses à toutes les questions, j'aurais peut-être eu la chance de passer la section 2 de l'écrit. Dommage que l'examen ne soit pas géré de la même manière partout dans le monde. En gros, ça veut dire qu'il est plus facile de le réussir à Toronto plutôt qu'à Kyoto. Ce qui n'est pas normal, puisque c'est le même examen qui donne la même certification...

Il paraît que l'examen changera l'année prochaine, évaluant mieux les compétences en vue d'une entrée sur le marché du travail. Comme je le passerai encore, je pourrai vous en reparler. :(

01 décembre 2018

Le tofu chaud et le musée de trains

J’ai reçu les résultats de mes multiples de la semaine dernière. Je suis très contente, j’ai de bonnes notes maintenant que je sais comment étudier et ce qu’il faut étudier. En plus, avoir appris 1200 kanjis depuis un an et demi, grâce à un programme web appelé WaniKani (oui, oui, je le nomme car c’est vraiment bien fait), ça m’aide!

Dimanche aura lieu le gros examen gouvernemental, donné partout dans le monde, le même jour. Je suis allée à Toronto l’an dernier, à la même date, pour passer le niveau 3. Je tenterai le niveau 2, qui est plus difficile. Beaucoup plus difficile. Je ne pense pas le réussir. Je m’étais donné deux ans pour y arriver, j’essaie après un an car je suis à Kyoto, une ville où je peux passer le test sans que j’aie besoin d’acheter un billet d’avion pour Toronto avec une nuit à l’hôtel… Mais bon. On verra bien. Je prends tous les vœux de bonne chance, en passant!

Mardi, avec Léo, nous sommes sortis après son cours pour marcher jusqu’au Eikandô, un temple réputé pour ses feuilles d’automne. Déjà, c’était magnifique avant même d’être entrés officiellement sur le domaine du temple… Mais quand j’ai vu que c’était 12 dollars pour entrer, disons que je me suis dit que nous étions satisfaits pour l’instant… Oui, c’est beau, mais bon… C’est un peu exagéré (la plupart des temples chargent environ 6 dollars à Kyoto).

J’ai choisi d’investir ces fonds dans un repas à deux au yudofu (du tofu chaud). Ma professeure de japonais, il y a 12 ans, m’avait emmené dans cet endroit en guise de cadeau d’adieu. Et j’ai encore une fois adoré! Léo aussi. Il a goûté à tout, tout heureux. On envoyait des photos à Philippe et Émi. Et ils nous répondaient avec leurs photos de repas: on aurait dit une scène de "batailles de selfies" comme dans LikeMoi! Ah ah ah!

Jeudi, pendant que j’étais à l’école, les enfants sont partis avec Philippe vers le Toei Eigamura, le "village de tournage de films Toei". C’est un grand parc avec des décors de cinéma servant à tourner des scènes du Japon ancien. Il y a des vieilles maisons de bois, des ruelles sombres, des ninjas et des samouraïs avec des katanas. Il paraît que le spectacle des ninjas était excellent!

Aujourd’hui, samedi, nous avons rejoint nos amis de Nara qui sont venus jusqu’à Kyoto pour visiter avec nous le Tetsudô Hakubutsu-kan (le Musée de trains)! Le Musée était en construction quand nous sommes venus avec les enfants en 2016. On annonçait partout son ouverture prochaine, juste le lendemain de notre départ… Alors cette fois, je ne voulais pas le manquer.

C’est très impressionnant, vraiment bien fait. Il y a des trains à l’extérieur dès l’entrée, on peut même manger dans un restaurant qui est dans un wagon. Puis on entre dans le bâtiment principal qui présente d’autres trains sur le plancher principal, avec plusieurs petites expositions tout autour : une vieille gare, l’histoire des trains au Japon, le fonctionnement par électricité, la signification des signaux lumineux, les différents uniformes selon les compagnies de train, etc. On peut même faire rouler deux immenses roues de train, 756 kg à la seule force de nos bras grâce au roulement sur des rails, ce qui explique pourquoi les trains peuvent être si lourds.

Ce n’était que le premier étage. Le 2e présente un parc avec des rails pour que les enfants s’amusent à monter leurs chemins, un restaurant avec la vue sur les vrais trains qui passent en direction de la gare principale de Kyoto (le musée est situé tout à côté), des simulateurs pour conduire les trains, un diorama immense avec des trains qui circulent partout, des petits trains à conduire… Bref on s’y amuse bien! Au 3e, on peut aller voir la vue sur le toit (et les trains qui passent).

Il y a aussi un vieux train au charbon (j’ai même reçu des bouts de fumée dans le visage, kof kof!) qui fait un court trajet entre le musée et le parc Umekôji. Le train revient ensuite et embarque sur un pont tournant qui lui permet de se stationner dans son garage… C’est très impressionnant. Kyoto est en train de construire une nouvelle gare qui sera prête au printemps 2019 et qui permettra de débarquer directement à côté du musée. Si les trains vous intéressent, il ne faut pas manquer ça. Mon coup de cœur: le simulateur pour apprendre à conduire le shinkansen qui m’a permis de porter l’uniforme JR!

Ma seule critique: les titres sont traduits en anglais, mais pas les explications. Pourtant, on voudrait en apprendre davantage! Les bons points: on se concentre sur les trains de la région ouest, donc les trains que l’on voit partout circuler à Kyoto, Osaka, Nara. C’est presque émouvant de voir les minis-trains Hankyû, JR ou Keihan! Ensuite, le musée est tellement agréable à visiter avec des enfants! Tout est adapté pour eux et les toilettes sont fantastiques (c’est vraiment important quand on a des petits!). Ils ne s’ennuient pas et nous non plus!

On a fini en visitant l’Illumination ROHM, absolument magique. C’était assez incroyable, et difficile à transmettre en photo…

25 novembre 2018

Explosion de couleurs

Il existe un terme fascinant pour parler des emprunts fautifs à une langue pour une autre: les "faux amis". Un exemple clair que les francophones font souvent quand ils débutent en anglais: utilisez le I demand croyant qu'ils viennent de "demander" quelque chose. Erreur. En anglais, le verbe to demand signifie "exiger". Ça fait donc un peu bête d'exiger un hamburger au restaurant!

En japonais, il y a aussi des faux amis. Le plus courant est le mot « saké » qui existe en japonais, mais il désigne en fait tous les alcools. Ça inclut donc la bière, le vin et ce qu’on appelle le saké. C’est donc une erreur d’utiliser saké pour parler de l’alcool de riz. Au Japon, on l’appelle plutôt le nihonshu (soit « alcool du Japon »).

Les faux amis sont présents dans toutes les langues. Par exemple, les Japonais utilisent french kiss pour parler d’un petit bisou léger! Le french est appelé deep kiss en japonais! Oh oh! Ils ont associé le romantisme de la France au french kiss, un baiser au contraire extrêmement explicite (et pas particulièrement romantique, bien davantage érotique!) Je trouve ces problèmes de traduction fascinants parce qu’ils exposent bien qu’une erreur peut devenir une norme!

J’en reviens à nos aventures. Mardi, après le cours de japonais de Léo, nous sommes allés ensemble au Heian-Jingu, le temple construit pour fêter le 1100e anniversaire de la ville de Kyoto, en 1895. C’est un temple toujours très joli et, en fin de journée, il y avait peu de gens, une rareté en ce moment. J’en ai profité pour faire faire des maths à Léo: ça veut que Kyoto a quel âge maintenant?

Après, nous nous sommes dirigés vers la gare de Kyoto. Émi se faisait couper les cheveux au salon de coiffure pour enfants. Question pour vous: est-ce que des salons de coiffure pour enfants existent chez nous?

Jeudi, j’avais une journée spéciale avec l’école: c’était la sortie scolaire! Nous nous sommes rencontrés tôt le matin pour un départ en autobus vers le village ninja de Iga-Ueno. En arrivant, on a visité une maison plein de cachettes et on a eu droit à un spectacle à la fois intéressant, instructif et drôle de ce que furent véritablement les ninjas, aussi appelés shinobi.

Le village ninja est situé dans un grand parc où il est possible également de visiter le château Iga-Ueno. Avant d’y aller, j’ai fait le tour des douves et j’ai trouvé le Kyusukôdô, une école bâtie pendant l’ère Edo (vers 1821) sur le terrain d’une ancienne bibliothèque. Le pavillon principal de 72 tatamis où les élèves étaient instruits à la dure (ils avaient de très longues journées!) était très beau. Est-ce que la beauté peut atténuer la rigueur? Cela a pu avoir cet effet sur certains élèves, je crois.

J’ai ensuite rejoint mon groupe qui visitait le château. Le château est tout petit, mais il y avait une exposition d’armures et de calligraphie à l’intérieur. Avant que l’autobus ne quitte, je suis passée au mémorial dédié à Bashô Matsuo. Ceux et celles qui écrivent des haïkus connaissent bien cet écrivain, connus à la fois pour ses poèmes et ses voyages à pied à travers le Japon. Dans ses carnets de voyages, il a pratiqué le haïbun, un type d’écriture mélangeant les poèmes haïkus et les courts paragraphes en prose. J’aime beaucoup ce style.

Le trajet sur l’autoroute était très joli car l’autobus permet de bien voir des routes suspendues entre les montagnes. On a passé sur le pont Ômiô, un pont qui a tout juste dix ans. C’est un pont à poutres en porte-à-faux (cantilever en anglais) comme le pont de Québec, c’est-à-dire qu’il est construit pour que l’enchevêtrement permette au tablier du pont de tenir. Il est impressionnant.

Vendredi, avec Megumi, mon amie d'Okinawa en visite, nous avons loué une voiture pour aller visiter un vignoble dans les environs du lac Biwa, le brasseur Ohta (aussi fabriquant de sakés, de shôchû et de umeshu). J’avais préparé des questions en japonais, alors j’ai pu non seulement goûter à d’excellents sakés, mais aussi à leurs vins. Personnellement, j’ai adoré les cépages Red Millenium (blanc) et Yama-Sauvignon (rouge), des raisins uniques au Japon. Le premier est un raisin créé au Japon par Suntory avec un professeur d’université, mais on a perdu toutes les données sur cette création mystérieuse. Le deuxième est une variante du cabernet sauvignon qui pousse plus facilement dans les montagnes japonaises. Il donne une couleur violet intense au vin. On est aussi passé au village des tanukis (ratons-laveurs) à Shigaraki, c'était très drôle de voir les enfants au milieu de tous ces immenses ratons de céramique!

Samedi, ce fut une grosse journée! On a débuté par la visite du Kitano Tenman-gû qui est à distance de marche de notre maison. Il y avait plein d’enfants en superbes kimonos qui fêtaient leur shichi-go-san. Megumi et moi avons bientôt un gros examen et le Kitano est le lieu pour prier pour la réussite des examens car il est dédié au dieu Tenjin, inspiré de Sugawara no Michikaze, un lettré et poète réputé de l’ère Heian. On a donc prié en admirant la beauté du sanctuaire. Il y avait même un singe apprivoisé qui faisait des acrobaties.

On a pris un autobus jusqu’à la gare de Kyoto pour y manger ensemble, puis on est allés en train au Tôfuku-ji, le temple de « la chance de l’est », reconnu pour ses érables… Il y avait une immense foule qui allait tous au même endroit! Mais ça en valait la peine, comme vous pouvez le voir, c’était absolument extraordinaire! Les préposés criaient parfois qu’il était interdit de prendre des photos, mais les gens s’arrêtaient quand même pour le faire… Car c’était impossible de ne pas en prendre, c’était trop beau!

Les enfants sont retournés à la maison avec Philippe. Megumi et moi avons poursuivi vers le sud, jusqu’à Uji, la ville du thé vert. On a mangé des nouilles au matcha (bien sûr), puis on est allés admirer le Byôdô-in (le « temple du Phénix », un de mes préférés, il est sur les 10 yens). Il était éclairé de soir, la lune était presque pleine, les érables rouges… On ne peut rêver d’un meilleur moment! Fantastique!

19 novembre 2018

Avalanche de beautés

Après avoir été à Amanohashidate avec Tania dimanche dernier, nous nous parcouru les environs de Kyoto cette semaine. Mardi, après le cours de japonais de Léo en après-midi, nous sommes allés au Nanzen-ji, qui est tout près du lieu où Léo rencontre sa professeure. On a été rejoint par Myriam, une Québécoise qui étudie à l’Université de Kyoto pour un an. Elle tient un blogue et, comme elle est journaliste, c’est très intéressant, je vous invite à le visiter.

Le temple était fort beau, avec les feuilles d’automne qui débutent. C’est un coin de Kyoto que je connais moins, alors je suis heureuse d’en apprendre un peu plus à chaque fois. C’était la première fois que j’allais à ce temple, ce n’est pas arrivé souvent pendant ce voyage: on a tendance à revenir à nos préférés! ;) Mais ça valait la peine, avec ce vieil aqueduc. Myriam a demandé à Léo ce qu’il préférait du Japon et il a dit: « La beauté ». J’ai trouvé ça charmant. :)

Le mercredi, nous avions prévu d’aller à Arashiyama, où Philippe et moi avons habité un an, il y a 12 ans. À l’époque, c’était un coin réputé chez les Japonais, mais inconnu des étrangers. Depuis quelques années, ce n’est plus le cas. C’est aussi couru que Gion! Ouf!

À Arashiyama, nous avons visité le Tenryû-ji (le temple du Dragon céleste) et la forêt de bambous, de grands classiques. Nous avons aussi marché sur le Tôgetsu-kyô (le pont qui traverse la lune). J’ai réalisé que je pouvais maintenant tracer de mémoire le premier kanji (en plus de pouvoir le lire) car je l’ai appris dans mes cours pour une dictée! C’est un sentiment si heureux. Ce qui était illisible devient clair. Et ça arrive beaucoup cette année.

On a pu aller dans un temple moins couru, le Hôrin-ji, juché dans la montagne, avec une vue magnifique sur Kyoto. Arashiyama est situé contre les montagnes de l’ouest, alors si on est en hauteur, on voit la ville blottie entre les monts qui l’entoure. C’était magnifique. Et très calme, ce qui faisait un bien fou!

Vendredi, j’ai revu mon dentiste. La couronne temporaire est bien en place, j’attendrai mon retour pour la réparation permanente. J’ai rencontré par la suite Jacynthe Tremblay, une professeure québécoise établie au Japon depuis plusieurs années. J’ai beaucoup d’admiration pour elle qui a étudié Nishida Kitarô, un philosophe japonais. Elle l’a très bien expliqué dans Je suis un lieu, un livre parsemé de ses expériences au Japon, en Chine et au Canada. Fascinant!

Le samedi, Tania et moi avons invité Léo à nous suivre au Myôshin-ji, un complexe de plusieurs temples pas très loin d’ici. On en a visité trois: le Hattô (qui abrite un dragon peint sur le plafond), le Daihô-in qui nous permettait d’admirer le jardin en buvant un thé vert matcha et le Daiô-in qui était exceptionnellement ouvert. Dans ce dernier temple, nous avons pu admirer les paravents peints de fleurs, c’était vraiment très beau. Et un des moines faisait des goshuin (sceaux) avec un dessin particulier de Daruma, c’est le plus beau!

J’aime le Myôshin-ji pour une autre raison: l’un des pavillons, le Shunko-in (le temple du printemps lumineux) propose non seulement des cours de méditation, de calligraphie et de cérémonie du thé, mais il est le seul endroit à Kyoto où les couples de même sexe peuvent se marier (symboliquement, car la loi l’interdit toujours). Je trouve cela absolument admirable. Ils ont un très beau site en plus.

12 novembre 2018

1300 ans de prière

Vendredi dernier, après mes cours, la famille et Tania ont rejoint Eri-san, une amie, pour aller visiter le Kiyomizu-dera, le « temple de l’eau pure », à l’est de la ville. L’après-midi était un peu mouilleux, alors la brume s’élevait du sol quand nous sommes arrivés.

Le pavillon principal sur pilotis est en rénovation en ce moment, alors c’est un peu moins joli qu’à l’habitude, mais la vue est toujours magnifique et plusieurs pavillons ont été repeints. Le rouge vif s’entremêle au vert et au bleu des reliefs sous les toits. C’est très beau.

Le Kiyomizu-dera fait partie des 33 temples de la région qui fêtent leurs 1300 ans d’existence cette année. Des gens font donc un pèlerinage à travers le Kansai pour recueillir des « goshuin » (calligraphie et sceaux) de chacun des temples. J’ai donc tendu mon cahier qui fut marqué d’un sceau tout particulier pour cette année.

Samedi, on a pris ça mollo. Ça a fait du bien de faire le budget et le lavage, d’arranger le garde-robe (cadeaux et linges d’hiver). Surtout que nous savions qu’une grosse journée nous attendait le lendemain. Toutefois, en soirée, Tania nous a offert qu’on sorte en couple au Château de Nijô pendant le sommeil des enfants. Elle a donc veillé sur les mignons pendant que nous sommes allés voir l’animation lumineuse spéciale sur le château, surnommée Flowers par Naked. Impressionnant! Nous avons eu une soirée unique!

Dimanche donc, nous sommes partis en train vers Amanohashidate « le pont qui traverse le ciel ». Il y a douze ans, nous y sommes allés et Philippe s’était fait attaqué par un rapace qui avait voulu voler notre diner alors qu’on pique-niquait. Il avait eu une longue blessure sur la joue (par chance pas l’œil!) Disons qu’on ne pouvait pas oublier ce lieu, que nous avions trouvé magnifique. Nous avions beaucoup marché il y a 12 ans: on était monté jusqu’au Nariai-ji à pied… Disons que cette fois, après avoir traversé les 2,5 kilomètres de pins qui poussent sur une longue dune qui traverse la mer, on a pris le funiculaire, puis le mini-autobus qui roule au bord des falaises vertigineuses pour s’y rendre… Et on s’est trouvé pas mal bons d’avoir tout marché ça il y a 12 ans! On comprend pourquoi on avait eu le temps d’avoir une longue discussion qui avait abouti à la décision de venir habiter Québec au lieu de Montréal (après exploré différentes possibilités mondiales!).

En arrivant au Nariai-ji, je découvre qu’il fait aussi partie des 33 temples de la liste! Eh bien! En plus, j’adore ce temple avec sa pagode, sa localisation éloignée, son odeur de forêt et de mer, ses marches, ses feuilles d’automne… On a repris le petit autobus (une attraction en soi) pour se rendre au lieu où on peut admirer les pins… Et surtout mettre la tête entre les jambes pour que cette longue dune d’arbres devienne le fameux « pont » qui traverse le « ciel » (la mer!) Élégante position. Philippe s’est essayé autrement! :)

Pour descendre, les plus grands (et Léo) ont pris le siège du remonte-pente, un moment de méditation fantastique avec la mer grande ouverte devant soi. Puis on a utilisé le bateau pour rejoindre l’autre côté. Un bonheur, ça aussi! En arrivant, on a même vu le pont tournant à l’œuvre, s’ouvrant pour laisser passer un bateau!

Bref, dans le train, on a soupé au fromage, noix, légumes, fruits et bonbons. Puis j’ai fait mes devoirs, comme à l’aller. J’avais un examen lundi matin! J’ai reçu mes résultats, je monte, je monte : 14/20, 17/20. Maintenant que j’ai compris ce qui est payant à étudier, je suis plus efficace. ;)