15 mai 2013

Les volcans sont dans mon karma

EyjafjallajökullJe viens d’ajouter l’Islande à la liste des pays visités (colonne de droite de ce blogue), étant donné que je commence à accumuler les chroniques à propos de ce pays. Mais un regard vers cette courte liste m’a fait réfléchir. À mes choix de voyage. On dirait qu’ils sont l’incarnation de mes peurs d’enfant. Parce quand j’étais jeune, j’avais tellement peur de perdre ma famille à cause de catastrophes.

Les guerres par exemple sont effrayantes. Mais j’ai toujours eu l’impression (idéaliste) que ces dernières étaient causées par la stupidité humaine. Que si on faisait plus d’efforts, on arriverait à les éviter. Tout comme on pourrait sauver les milliers d’enfants qui meurent de faim à chaque mois. Avec une planète capable de nourrir 12 milliards d’êtres humains, je me demande pourquoi 28 millions meurent de malnutrition chaque année…

Toutefois, ce sont les catastrophes naturelles qui me faisaient le plus peur, car il n’y a rien à faire pour les éviter. Les tremblements de terre, les tsunamis, les tempêtes… Et surtout les volcans. Ces monstres qui témoignent que notre planète est bien vivante, vibrante sous nos pieds minuscules. Mais qui peuvent exploser à tout moment, sans avertissement.

C’est sans doute à cause d’un documentaire à la télé que les volcans sont devenus l’incarnation de mes cauchemars infantiles. Je ne cessais de me demander pourquoi les gens vivaient à proximité de ces terroristes… J’avais même rêvé qu’un volcan surgissait à Baie-Saint-Paul, mélangeant sans doute la réalité du météorite de Charlevoix avec mes peurs volcaniques.

Or ma première sortie en avion fut le Nicaragua. Ce qui m’a permis de voir de nombreux volcans et même d’en escalader un, le Cerro Negro, tout juste fumant de trois ans.

J’ai ensuite eu le plaisir de vivre au Japon, en plein sur la Ceinture de feu du Pacifique. Si on parle de catastrophes naturelles, le Japon nous vient malheureusement vite en tête après les tragédies de 2011. Je me souviens avoir craint un tremblement de terre (la région de Kyoto n’ayant pas de volcan à proximité). Évidemment, la première chose que nous avons vue en ouvrant la télévision locale fut un reportage sur notre quartier où l’on expliquait qu’en cas de tremblement de terre puissant, la montagne s’écroulerait sur nous, écrasant la majorité des maisons. Un joli schéma animé nous montrait la scène. FAS-CI-NANT.

Dernièrement, j’ai aussi appris que le mont Fuji est à la veille d’une nouvelle colère. Je rappelle que ce magnifique volcan est à proximité de Tokyo, il est même visible par beau temps…

Et je vise maintenant l’Islande, un pays créé par le défoulement du magma entre la cassure de deux plaques tectoniques majeures au milieu de l’Atlantique… Vous vous rappelez qu’en 2010 le petit volcan Eyjafjallajökull avait paralysé les avions vers l’Europe? Eh bien maintenant, on parle de deux monstres, l'Hekla et le Katla qui sont sur le point de faire des dégâts.

On dirait que je le fais exprès. C’est à croire que les volcans sont dans mon karma.

14 mai 2013

Philosophie de voyage en Islande

"Les rencontres font les plus beaux voyages"
- On ira, Zaz

Les voyages sont, pour la plupart des gens, des événements inhabituels, qui viennent justement briser les habitudes du quotidien. Paradoxalement, l’être humain ayant besoin de routine, nous avons tous établi une « routine de voyage », une façon de préparer l’aventure. Ça peut être l’achat d’un guide de voyage, la consultation de forums ou de blogues, ou même le magasinage d’un nouveau costume de bain!

À l’approche de mon départ vers l’Islande, j’observe les yeux grands ouverts ces comportements que j’adopte devant l’imminence du voyage. Étonnamment, j’en apprends beaucoup sur moi.

J’ai d’abord contacté des professeurs de sociologie qui étudient les congés parentaux afin d’établir un premier contact. Ils m’ont envoyé des textes, j’ai acheté leurs livres et j’ai épluché les statistiques de leur pays afin de synthétiser l’évolution des congés parentaux dans un texte. Cela n’a rien d’étonnant puisque je compte étudier en profondeur leur système.

Comme plusieurs s’en doute, j’ai aussi commandé un volume d’introduction à l’islandais. Toutefois, à l’écoute des premiers sons et devant la difficulté des voyelles/consonnes, je dois avouer que j’ai remisé cet ouvrage sur l’une de mes armoires pendant…un an! Je viens de le ressortir, motivée tout à coup, et après plusieurs écoutes, je commence à capter certaines prononciations. J’en suis à la leçon 3! J’aimerais au moins avoir une base.

University of IcelandTroisième étape, et c’est là qu’est ma surprise : j’ai épluché l’offre des cours en anglais à l’université d’Islande. J’en ai sélectionné trois (culture islandaise, société islandaise et littérature islandaise) et j’ai écrit à leurs professeurs pour demander la permission d’assister à leurs cours pendant les quatre semaines de mon voyage. Ils m’ont tous répondu que j’étais la bienvenue.

J’ai alors saisi que, devant l’anxiété d’un long voyage à l’étranger (eh oui, ce sentiment est présent aussi!), je tentais de trouver des liens « de familiarité » avec mon vécu québécois. Et cette familiarité, je la trouve dans les universités, des lieux qui partagent de nombreux points communs, peu importe le pays où l’on se trouve. Cela me rassure parce que je viens de réaliser que j’ai des « petites maisons » un peu partout sur la planète.

Dans le même ordre d’idées, j’ai aussi écrit au Centre de langues de l’université pour proposer des échanges de français. Cette expérience avait été l’une des plus enrichissantes de mon voyage au Japon, me permettant de découvrir des amis et de mieux approcher la réalité des Japonaises. Le professeur, encore une fois, fut absolument sympathique : m’invitant à offrir des ateliers sur les spécificités du français québécois… Quel bonheur pour une amoureuse du Québec!

Finalement, j’ai aussi exploré les possibilités d’offrir un concert dans un café de Reykjavik. C’est évidemment une étape plus complexe : il faut trouver un endroit avec piano où pratiquer, aussi dénicher un lieu de spectacle qui possède déjà un clavier en plus de nous accepter, et puis il me faudra faire confiance à une gardienne pour veiller sur Léo (peut-être la plus difficile étape)… Mais petit à petit, nous verrons ce qu’il est possible de faire.

Oh! J’ai aussi acheté un guide de voyage rempli de superbes lieux à visiter. Ça fait partie des plaisirs, bien évidemment. Mais comme on le voit, mes priorités vont d’abord aux gens, aux rencontres, aux apprentissages… Après tout, qu’y a-t-il de plus intéressant que la culture d’un pays vécue par ses habitants? Des geysers, deux plaques tectoniques visibles à l’œil nu, des chutes fantastiques? Bon ok. J’ouvre tout de suite une nouvelle section à ma liste… ;)

12 avril 2013

La Pomme de Justine au Salon

Dès que j'entre dans un Salon du livre, c'est pour moi aussi terrible qu'entrer dans un centre commercial pour les gens qui aiment acheter des vêtements... Je ne sais plus où aller tellement l'odeur des livres me rend folle. Alors généralement, je n'y vais pas pour éviter de plomber mon budget. ;)

Mais depuis que j'écris, je n'ai plus trop le choix d'y entrer. J'y arrive donc avec un sac à dos vide et je repars généralement avec un lourd poids à porter (il faut dire que quelques livres, c'est déjà lourd: j'essaie de rester sage quand même!).

Cette année, mon premier roman est sorti tout juste avant le Salon du livre de Québec (en février). Je suis donc présente pour faire des dédicaces et des entrevues. Je serai là samedi, le 12 avril, de 12h à 13h (stand 298) pour La Pomme de Justine et de 13h30 à 14h30 (stand 223) pour mon essai Le Pari impossible des Japonaises.

Quelques liens intéressants à propos de mon roman:

Valérie Harvey1. Une entrevue dans la revue Le libraire où on ne s'est pas gêné pour me poser toutes les questions, même les plus délicates! Comme par exemple: "La question indiscrète est alors vite posée à Valérie Harvey. Pour mettre en scène une histoire d’amour entre un professeur et son élève, l’écrivaine est-elle passée par ces mêmes chemins rocailleux?" La réponse dans l'entrevue! :)


2. Un court vidéo où je présente mon livre, avec un peu de musique:


3. Et un extrait sonore où je lis une scène de mon roman:

20 mars 2013

Raconte-moi un manga à Québec

Raconte-moi un mangaMalgré la neige encore présente, on le sent dans l’air : le printemps est tout proche. Au Japon, il est déjà là alors que se termine la saison des pruniers et que les cerisiers sont à la veille de la floraison. Et pour souligner le printemps, les bibliothèques de Québec présentent l’expo Raconte-moi un manga : L’art du mouvement du 15 mars au 28 avril. C’est à la bibliothèque Gabrielle-Roy que vous pouvez admirer cette superbe expo, ne la manquez pas!

Plusieurs activités connexes sont organisées pour souligner l’événement. Je donne la conférence Passion Japon dans sept bibliothèques de la ville de Québec. Ces conférences sont gratuites, il suffit d’appeler pour réserver. J’ai commencé mardi soir et c’était très agréable de rencontrer ces gens curieux du Japon.

Avec Philippe, nous préparons également des concerts Suteki da ne qui seront offerts dans quatre bibliothèques. Pendant une heure, nous chanterons principalement en japonais, mais chaque pièce sera présentée et mise en contexte. C’est la meilleure façon d’apprécier une chanson, même si on ne comprend pas les paroles. Ces concerts piano-voix sont également gratuits, profitez-en : il est rare que nous offrons un spectacle qui contient autant de pièces en japonais!

Finalement, si vous avez des enfants, j’offrirai aussi une conférence À la découverte du Japon pour les 8 à 12 ans. On parlera bien évidemment de jeux vidéo, de kimono, de langue japonaise et de salutations… J’ai toujours bien du plaisir!

Ce sera donc un mois et demi consacré au Japon pour moi! Tout pour me donner le goût d’y retourner encore et encore! :)

28 février 2013

Fini le changement d'heure!

Les médias vous le diront bientôt : le 10 mars, n’oubliez pas d'avancer vos montres. En novembre, on vous dira de la reculer. On trouvera des articles pour nous parler des infarctus qui augmenteront légèrement, des troubles du sommeil et des accidents de la route qui sont attribuables à cette petite heure qu’on modifie artificiellement.

À peu près tout le monde chialera en perdant cette heure, et toute la semaine, on se promènera les yeux petits à cause du manque de sommeil. Sans penser aux parents qui auront la joie d’expérimenter les réveils très matinaux (encore plus matinaux!).

On chiale, on chiale, mais personne ne fait rien. Pourquoi? Parce que le changement d’heure : c’est un peu comme un caillou dans un soulier, c’est plate, mais on ne va pas nécessairement s’arrêter de marcher pour si peu. Il faudrait que ça fasse vraiment mal pour qu’on le fasse…

Eh bien, depuis que je suis maman, le changement d’heure me fait vraiment mal. Je me suis donc arrêtée pour préparer une pétition qui vient d’être mise sur le site de l’Assemblée nationale. Pour ceux qui savent déjà qu’ils en ont marre de ce changement, je vous invite à aller la signer. Ça ne prend même pas 10 secondes.

Pour ceux qui ne sont pas sûrs cependant, après tout, ça doit bien servir à quelque chose ce changement d’heure… Et puis d’où ça vient justement… Bref, pour les curieux qui ont soif d’information, j’ai créé pour vous un site web où j’ai recensé les études avec les points négatifs et positifs, l’historique et un regard sur les autres pays.

Pour ceux qui aiment vivre le changement d’heure et ne veulent pas signer cette pétition, sachez que je vous aime pareil. Et la prochaine fois que j’ai un caillou dans mon soulier, je penserai à vous!

05 février 2013

Les racines de La Pomme de Justine

Kamogawa JaponLors de mon dernier séjour au Japon, j’ai vécu pour la première fois de ma vie un mal du pays. Je me trouvais pourtant dans le plus beau des environnements : les fleurs de cerisiers bordaient la rivière Kamogawa de Kyoto, je retrouvais mes amies japonaises et la sonorité de cette langue que j’adore. Dès le début de cette belle aventure qui allait durer trois mois, j’avais le blues. De mon chum, de mon pays.

Ça m’a pris dix jours pour comprendre que la nomadesse qui voulait voir le monde et découvrir l’univers se sentait vide. Après avoir voyagé pendant des années en compagnie de mon chum, sa vision très intuitive de la vie me manquait. Je me sentais comme s’il me manquait un œil. Je peux très bien vivre avec un seul œil, je peux voir, mais avouez qu’à deux yeux, ça va beaucoup mieux!

La Pomme de JustineJ’avais son amour, il était avec moi peu importe où je voyageais, mais il me manquait son regard, sa sensibilité. En dix jours, j’avais donc compris que je pouvais me sentir chez moi partout sur la terre, si j’étais accompagnée de mon amoureux.

Il me restait encore dix semaines à attendre avant qu’il ne vienne me rejoindre.
Alors je me suis mise à écrire. Une histoire d’amour. Où je décris la nature québécoise comme aussi joli et certainement aussi puissante que la délicatesse des sakura. Dans La Pomme de Justine, mon premier roman publié ce mois-ci chez Québec Amérique, la nature est le troisième personnage.

Je me souviens que je parlais beaucoup à mes amies de cette histoire. Certaines me disaient que la vie n'était pas facile pour mes personnages! Parfois, en visitant un coin du Japon, j’ajoutais un bout d’histoire en sortant du train, ayant puisé dans mes souvenirs, dans mes lectures et dans ce que je venais de vivre.

C’est fou comme une histoire est liée à des tonnes d’événements et d’émotions. Elles se collent à des personnages qui deviennent vivants dans l’esprit d’un auteur, si vivants qu’on devient un peu fou, négligeant de manger, de dormir ou de sortir pour continuer de les côtoyer. Et quand l’aventure est fini, quand le bout de vie qu’on avait à partager avec eux est terminé, on a le goût de les partager.

J’espère que l’aventure d’Alexandre et de Justine, perdus dans la nature québécoise, vous touchera.

Pour lire le premier chapitre...

03 janvier 2013

Bonne année 2013! あけましておめでとう!

MariageJe ne suis pas vraiment du genre à faire des résolutions. J’ai toujours souhaité plein de choses aux autres. C'est probablement comme les cadeaux que l’on offre: souvent on les désire pour nous-mêmes. Alors je souhaite aux autres c’est qui me semble le plus important.

Je vous souhaite la santé, parce que sans elle, on perd le goût à tout.
Je vous souhaite aussi l’amour, en grandes et petites doses, parce que ça donne de l’énergie.
Et je vous souhaite l’émerveillement pour avoir un regard pétillant.

À chaque début d’année, je me lance dans la production d’un album-souvenir. Il y a longtemps que je ne fais plus imprimer de photos, mais j’aime faire à chaque année un livre que je conserve dans ma bibliothèque.

J’ai aussi fait mon budget annuel que j’ai pu comparer avec les années passées. Et voulez-vous que je vous dise…je vous souhaite la santé encore une fois parce que le dentiste, ça coûte cher en titi! ;)

Le Père Noël a visité la maison de ma sœur, où nous étions venus l’attendre. Il avait mangé ses biscuits pendant la nuit, mais notre petit Léo s’est chargé de terminer l’assiette qui traînait près du sapin, au grand dam de son cousin qui le regardait faire avec surprise (pas de gaspillage de biscuits, quand même!) ;)

En 2013, nous passerons à l’année du Serpent dès le 10 février. Pour ceux que le 13 inquiète, changez de superstitions et adoptez le zodiaque chinois pour cette année, puisque le Serpent est un excellent signe, un symbole d’esprit, d’analyse et de chance.

Bonne année! Akemashite omedetô!

18 décembre 2012

Lancement de mon site web

NomadesseJusqu'à maintenant, je n'avais qu'un blogue qui commençait à être surchargé d'icônes et d'informations sur mes livres, mes photos, ma musique, mes vidéos, etc. C'est pourquoi l'idée de faire un site web pour réunir tout cela me trottait dans la tête. Eh bien, dès aujourd'hui, mon blogue est libre!

Je vous présente donc mon site web où vous trouverez divers onglets vers mes livres, mes photos de voyages, les conférences offertes, ma biographie, le duo Yume... Bref, à peu près tous mes lieux de création.

Et en plus, j'ai le plaisir de vous annoncer que mon éditeur m'a préparé deux fonds d'écran avec la couverture de mon livre, téléchargeable sur mon nouveau site. Tout un cadeau de Noël pour une auteure!

Sur ces bonnes nouvelles, et avec la neige qui tombe depuis hier, je vous souhaite un beau Noël et surtout une année 2013 remplie de sourires.

13 novembre 2012

Les secrets d'une langue

Krusenstern QuébecLaissez-moi vous mettre au défi et vous racontez une énigme qui m’a torturé le cerveau pendant un cours de linguistique.

Petite énigme

Un père et son fils font du vélo sur l’autoroute, ce qui n’est pas très prudent. Bien évidemment, ce qui devait arriver arriva et un accident survint. Le père fut blessé, mais c’est le petit garçon qui fut le plus gravement amoché. On l’apporta d’urgence à l’hôpital où on conclut qu’il avait besoin d’une intervention d’urgence. Le médecin responsable de la chirurgie fut appelé. Comme il était au sixième, il tardait un peu, mais on le vit enfin arriver. Il se stérilisa les mains, mis des gants et entra dans la salle. En voyant le garçon, le médecin refusa d’avancer en disant: « Je ne peux pas opérer cet enfant, car c’est mon fils. »

Alors? Qui est le médecin? Les scénarios les plus farfelus se sont mis à germer chez les étudiants pendant que le professeur riait dans sa barbe. Le mariage gai est permis, alors cet enfant a deux pères. Ou alors le père imprudent est son père adoptif et le médecin son vrai père…

Jusqu’à ce que le prof coupe net nos spéculations: « C’est simple : le médecin est sa mère. »

Jamais le sexisme de ma langue ne m’a frappée autant que ce jour-là. Parce que dans ma tête, pendant que le professeur nous racontait l’histoire du petit garçon et du médecin, jamais je n’ai vu une femme: j’ai vu un homme en sarrau blanc. Moi qui me croyais si égalitaire, si soucieuse de ne pas discriminer selon le sexe, j’avais pourtant vu un homme et je n’avais absolument pas pensé à une femme à cause du mot « le médecin ». Le masculin est supposé inclure le féminin, non? Et combien de grands textes contiennent le mot « homme » pour signifier à la fois l’homme et la femme?

Le bonheur n'a point d'enseigne extérieure ; pour le connaître, il faudrait lire dans le cœur de l'homme heureux.
Jean-Jacques Rousseau

La plupart des hommes emploient la première partie de leur vie à rendre l'autre moitié misérable.
La Bruyère

Paix sur la Terre aux hommes de bonne volonté.
Évangile de Saint-Luc

La langue française est sexiste jusque dans ses mots et cette façon de représenter les choses nous atteint plus fortement qu’on le croit. Ce prof a réussi à me montrer cela en quelques minutes.

Je débute présentement l’apprentissage de l’islandais. Quelques mots, quelques phrases, je n’irai sûrement pas aussi loin qu’en japonais, mais je tiens tout de même à explorer cette langue avant de visiter le pays. Et à chaque fois que je commence une langue, je me demande ce que j’apprendrai sur sa culture et sa société. Ce que je découvrirai caché dans les replis d’une langue est parfois plus évident pour un néophyte que pour celui qui l'exerce comme langue maternelle.

Le cas du japonais

Pour l’instant, je n’ai rien pour l’islandais, mais parlons un peu du japonais. Dans cette langue, la séparation entre la langue des hommes et des femmes (joseigo) est claire et nette: les hommes ont droit à certains mots qui paraissent très vulgaires s’ils sont utilisés par des femmes. Un homme dira qu’un repas est bon en utilisant umai, tandis qu’une femme utilisera le mot plus usuel oishii. Les hommes utilisent les formes neutres des verbes (da, taberu, hanasu), alors que la femme utilisera les formes polies (desu, tabemasu, hanashimasu).

Mais un des exemples les plus intéressants se trouve dans les pronoms personnels (qu’on utilise moins souvent qu’en français, mentionnons-le):

Pour une femme:
- le je très poli est watakushi: EXCLUSIVEMENT FÉMININ
- le je usuel est watashi
- le je mignon est atashi: EXCLUSIVEMENT FÉMININ
- le tu est anata
- le tu usuel peut être kimi

Pour un homme:
- le je poli est watashi
- le je usuel est boku: plus souvent MASCULIN
- le je usuel plus masculin est ore: EXCLUSIVEMENT MASCULIN, pour une fille, celui-là est même très vulgaire
- le tu poli est anata, anta ou kimi
- le tu usuel est omae: plus souvent MASCULIN
- le tu vulgaire est temee ou encore pire kisama

Ce qui me rappelle que j’avais été sidérée en louant les dvd de Dragonball au Japon. En écoutant les épisodes en version originale avec mon chum, j’avais été très surprise de voir que Sangoku parlait à ses adversaires en utilisant « kisama », ce qui se traduirait en québécois par « mon t*b*rn*c ». Vous comprenez mes gros yeux! On avait assoupli le texte lors de la traduction française, ça c’est sûr! ;)

D’où l’importance de ne pas apprendre son japonais par les dessins animés… Certains étrangers ont donné tout un choc aux Japonais avec leur utilisation de « temee » et « kisama »! :)

Pour en revenir au français

Le français a aussi des tours dans son sac. Par exemple:

- Homme et femme : on désigne ici des personnes de sexe différent
- Mari et femme : on parle des gens mariés
Remarquons que l’homme dispose de deux mots pour désigner deux choses différentes, alors que le mot « femme » signifie à la fois une personne et une épouse. La « femme » est donc liée à quelqu’un pour être, non? Vous pensez que j’exagère… Alors continuons.

- Garçon et fille : on désigne ici des enfants de sexe différent
- Fils et fille : on parle des enfants de quelqu’un
Encore une fois, la fille n’a qu’un mot pour parler deux choses bien différentes. La « fille » est liée ici à son père ou sa mère, mais elle est liée à quelqu’un.

C’est assez étonnant. Quand je parle à mon fils et que je l’appelle « mon petit homme », jamais je n’oserais dire « ma petite femme » à une fillette. Et pourtant… c’est l’équivalent, non? Est-ce que cela veut dire que le petit garçon est déjà vu comme un homme miniature, mais que la fillette reste elle, petite plus longtemps avant qu'on puisse la qualifier de « femme »?

17 octobre 2012

Vers l'Islande

Islande de POtographeAprès six mois de retard, la première étape du doctorat est terminée : la scolarité. Tous mes cours sont complétés. J’en suis heureuse et, en même temps, un peu triste. Parce que je n’aurai plus de classes pendant au moins trois ans. Parce que je n’en aurai probablement plus, tout court.

Quoiqu’il en soit, je prépare déjà la quatrième étape : le voyage en Islande. Oui, oui, la quatrième. Si on résume les étapes du doctorat de sociologie, ça ressemblerait à peu près à cela :

1- Scolarité
2- Examen de synthèse (ce que je fais cette session : c’est-à-dire deux questions auxquelles on doit répondre en 50-60 pages, et ensuite justifier avec une consultation orale)
3- Projet de thèse (où l’on développe notre thème et notre projet)
4- Voyage en Islande!!!
D'autres étapes suivront...

Après plusieurs mois de réflexion, j’ai grandement modifié le sujet de mon doctorat. J’étudierai uniquement les pères québécois. Ce qui veut dire que je n’ai plus besoin d’aller en Islande aussi longtemps que je l’avais prévu (4-6 mois). J’étais très stressé de faire un séjour aussi long avec un enfant : les aspects financiers et organisationnels devenaient une montagne de soucis! J’irai faire un stage en Islande pour consulter les chercheurs et les études sur le sujet. Ce qui exige moins de temps et d’argent.

Je suis très à l’aise avec ce changement. Pour ma maîtrise, je retournais au Japon, un terrain connu. Mais l’Islande est toute nouvelle pour moi. Rien ne dit que je n’y retournerai pas ensuite. Mais je commencerai par un séjour plus court.

Le départ est donc prévu à la fin du mois d’août 2013, avec un retour à la fin septembre. L’appartement est déjà loué : il semble très mignon, à distance de marche du centre-ville et de l’université. De l’océan déchaîné aussi, ce qui me plaît beaucoup.

Évidemment, nous en profiterons pour visiter le pays, mais avec un enfant de deux ans et demi, nous n’irons pas camper au milieu d’un glacier non plus! Mais je ne m’inquiète pas : je verrai sûrement plusieurs beautés naturelles pendant ce voyage. Je vous invite à jeter un coup d’œil à ce blogue, tenu par un journaliste du Soleil, qui propose de magnifiques photos.
Et voici son reportage, tout à fait intéressant.

J’ai déjà commencé à apprendre l’islandais, langue oh combien! dépaysante! Je crois que Léo est meilleur que moi : il arrive à dire « oui » en islandais (yaou) avant de le dire en français… Ah les bébés!

Ce que j’aimerais de ce voyage? De travailler avec des chercheurs inspirants, d’être impressionnée par la grandeur de la nature et aussi de développer des relations amicales avec des Islandais… Je sais, je sais, c’est beaucoup pour un mois. Rien n’empêche de rêver! :)