05 décembre 2014

We love Japanese Songs!

Trois semaines après la naissance de notre deuxième enfant, Philippe et moi avons décidé de participer au concours organisé par la NHK, la télévision publique japonaise, We love Japanese Songs!. Il fallait choisir une chanson japonaise qu'on aimait, l'interpréter et tourner un vidéo pour présenter tout cela. Nous avons choisi la chanson de l'animé Evangelion, "Zankokuna tenshin no Te-ze", un air dynamique que nous adorons interpréter en concert, même si elle est difficile car il y a beaucoup de mots et elle se chante très vite!

Pour accompagner cette chanson, nous avons profité du point de vue exceptionnel offert par Lévis sur le fleuve et la capitale, en pleine fin d'automne. Nous avons tourné des images avec notre grand garçon, et même si la petite pouponne est absente de l'image, elle est tout à côté de la caméra, dormant paisiblement dans sa poussette. :) Revoir ce vidéo reste donc un merveilleux souvenir d'un moment très particulier de notre vie familiale.

Il est possible de voter pour notre vidéo jusqu'au dimanche 7 décembre. Je vous invite donc à le regarder et à voter si vous le désirez. Je vous tiens au courant des résultats! Merci!

21 août 2014

Bárðarbunga, la nouvelle menace volcanique islandaise

ReykjavikL’Islande fait à nouveau parler d’elle. Depuis le 16 août, le Bárðarbunga s’agite. Et ce n’est pas un petit volcan : 200 km de long et 25 km de largeur. Sa dernière éruption remonte à environ 250 ans. À noter, il est situé sous le glacier Vatnajökull, le plus gros d’Islande, ce qui veut dire qu’une épaisseur d’un kilomètre de glace repose sur le volcan…

D’abord, ne faisons pas rire de nous comme lors de l’éruption du Eyjafjallajökull en 2010. Vous croyez que le Bárðarbunga est plus facile à prononcer? Question de perspective. Je vous invite à visiter ce très court vidéo qui vous enseignera en 11 secondes comment dire correctement le nom « ba-our-thar-boun-ka ». Bárðarbunga signifie « la bosse de Bárður » et, oui, il y avait bel et bien un esprit coquin chez le Viking qui a donné un nom à ce volcan.

BárðarbungaQuoiqu’il en soit, la bosse de Bárður menace. Depuis deux jours, on parle de 3500 tremblements de terre. L’image de gauche vous donne un aperçu : si j’ai identifié où est Reykjavík (à l’ouest du pays), j’ai jugé que vous trouveriez sans peine où est le Bárðarbunga et le glacier Vatnajökull. C’est la partie arc-en-ciel de l’Islande!

Quel est le danger? Évidemment, pour l’Europe, les cendres volcaniques d’un volcan tel que le Bárðarbunga seraient un nouveau casse-tête à gérer pour bien gérer les vols. Ensuite, pour les touristes, la région au nord du glacier a été évacuée hier, ce qui veut dire qu’il n’est plus possible de visiter cette région et ses attractions. Et tout cela à cause du risque de jökulhlaup, c'est-à-dire une crue intense qui dévaste tout sur son passage. Imaginez que le magma remonte suffisamment haut pour réchauffer le sommet de ce volcan couvert d’une croûte de 1000 mètres de glace… L’eau fond et forme une poche qui se déverse subitement, suivant souvent les rivières déjà existantes. Si cela advenait, on estime qu’entre 5000 et 20 000 mètres cubes d’eau par SECONDE rejoindraient Ásbyrgi en 9 heures, un parc national reconnu, ou Myvatn, grand lac entouré de volcans. Ces sites touristiques ne sont pas fermés, mais on incite fortement les touristes à consulter l’actualité à toutes les six heures, au cas où…

Bárðarbunga evacuationFinalement, pour les Islandais, la menace du Bárðarbunga a aussi une conséquence : l’opération « ramassage de moutons » est en cours. Habituellement, on laisse les moutons se promener librement sur tout le territoire islandais, puis vers la mi-septembre, on parcourt la nature du pays pour rassembler les bêtes afin de les diviser par fermes (ils sont tous identifiés par couleur). Évidemment, les fermiers ne veulent pas courir le risque de perdre leurs animaux lors d’une inondation monstrueuse ou à cause de cendres toxiques.

Pour l’instant, le magma est à 7-10 kilomètres sous la surface et il ne semble pas bouger. Mais l’inquiétude subsiste à cause des tremblements de terre.

Vous êtes curieux et vous aimeriez surveiller vous-même le volcan? Une webcam a été installée à 30 kilomètres et pointe son regard sur le Bárðarbunga. Si vous parlez anglais, il est également possible de suivre Alda Sigmundsdóttir sur Facebook, une auteure et blogueuse qui parle régulièrement de la situation.

Dire qu’il y a un an, nous quittions vers l’Islande pour débuter notre voyage. Peut-être qu’un an plus tard, nous n’aurions pas pu prendre l’avion…

13 août 2014

L’été, c’est fait pour travailler (aussi)

L’été, c’est fait pour travailler (aussi) Les vacances sont terminées et la liste des choses à faire est ressortie, tout près de mon bureau… Bébé no 2 est prévu pour le milieu octobre, je me lance donc dans le dernier blitz de mon étude sur les papas qui travaillent en informatique et jeux vidéo pour finir les entrevues avant le début octobre. Vous connaissez des pères qui seraient intéressés à faire partie de ma recherche? Voici l’invitation et les critères:

Papa 2.0 - Les pères québécois et les congés parentaux

Ma recherche porte sur l'utilisation des congés parentaux des pères québécois qui travaillent dans les TI. Je cherche à comprendre comment permettre une meilleure articulation entre l’emploi et la famille en éclairant les besoins en conciliation travail-famille des pères, et permettre aux entreprises de mieux faire face au vieillissement de la population québécoise.

Pour réaliser ces travaux, il me faut recruter des participants sur une base volontaire et je sollicite votre collaboration.

Pour participer à cette étude, vous devez:

- avoir eu un enfant après 2006
- travaillé ou avoir travaillé dans le secteur des technologies de l’information (TI)

L’entretien, d'une durée estimée entre une heure et deux heures, se déroulera sur le ton de la conversation ordinaire et sera enregistré (audio seulement) dans le but de retenir le maximum d’informations. Les thématiques aborderont le statut familial (couple, soutien familial) ainsi que diverses questions à propos du travail (avant la naissance, pendant le congé, au retour).

Des mesures seront mises en place pour assurer votre anonymat: votre nom, ceux de vos collègues ou de votre entreprise seront effacés de l’étude. Les entrevues seront réalisées en dehors des heures de bureau et du milieu de travail. Il ne sera pas possible pour votre entreprise d’identifier les employés qui auront participé et de consulter les entrevues.

Si vous souhaitez participer à cette étude, n’hésitez pas à communiquer avec moi: valerie.harvey.3@ulaval.ca.

Je vous remercie de considérer cette demande,

Valérie Harvey
Candidate au doctorat en sociologie

Cette recherche est réalisée sous la supervision du directeur de thèse Gérard Duhaime (418-656-2131 poste 2997), professeur de sociologie à l'Université Laval, et de la codirectrice Diane-Gabrielle Tremblay (514-843-2015, poste 2878), professeure en économie et gestion de la TÉLUQ. Ce projet a été approuvé par le Comité d’éthique de la recherche de l’Université Laval : No d’approbation (2013 273), le 03-02-2014.


C’est officiel en titi, hein? ;) Il me reste environ 10 entrevues à faire avant de me lancer dans l’analyse des données en 2015, puis l’écriture de la thèse. N’hésitez pas, ce sont toujours des rencontres très sympathiques! :)

Valérie

11 août 2014

Acheter un livre québécois

La Pomme de JustineDepuis quelques années, nous sommes plusieurs à regarder la provenance des aliments que l’on achète.

- Achète donc des gousses d’ail...
- De la Chine ou du Québec?
- Tiens, je ne savais même pas que ça se cultivait ici, cette plante-là. Et le prix est à peu près le même.
- On va prendre du Québec d’abord, c’est sûr et certain que c’est plus frais!

Sans compter qu’on encourage un agriculteur d’ici et qu’on a épargné quelques litres d’essence pour transporter l’ail de la Chine à notre panier! Penser local, c’est entré dans les mœurs de plein de familles.

Passion JaponCertains poussent l’audace jusqu’à regarder la provenance de leurs vêtements. Je dois avouer que depuis la tragédie de l’usine effondrée, je me sens mal quand je lis « Made in Bangladesh ». J’hésite.

Mais pour le livre, cette merveille qui réunit l’imagination et le cœur d’un ou d’une auteur(e) en quelques feuilles de papier, on n’y pense pas. On se pose rarement la question : est-ce un livre québécois? Les images sont belles, on en a parlé à la radio, il est en solde, ça a l’air bon, bref on achète un livre par émotion, souvent sur un coup de tête.

Le Pari impossible des JaponaisesJe me souviens de ma troisième session de littérature au cégep où je devais lire nos grands classiques québécois, pour la première fois de ma vie. Si une chose m’avait marquée, c’est que j’aimais les vieux récits des « Canadiens français » sur leurs terres, mais pas beaucoup la période de l’exode vers les villes. Question de goût. Qu’on ne se surprenne pas que je sois une grande fan de la série des Remarquables oubliés, où on nous raconte ces femmes qui ont fondé notre pays ou ces hommes qui ont couru l’Amérique! Mais après cette session, j’avais lu bien peu de littérature contemporaine québécoise. Et je n’avais aucune incitation particulière à acheter un livre québécois plutôt qu’un français ou un américain traduit.

C’est peut-être le fait de devenir écrivaine qui m’a changée. La réalisation que le nombre de livres vendus est si petit que c’est à peine si on peut payer les frais d’envoi des manuscrits à un éditeur avec les droits d’auteur… Heureusement qu’on écrit par amour.

Ou encore, c’est parce que j’ai commencé à lire des romans et des essais québécois que ça m’a donné le goût d’en lire encore plus. Parce que ces livres parlaient ma langue, évoquaient des lieux que je connaissais moi aussi ou bien me faisaient voyager ailleurs, mais avec le regard de quelqu’un qui était tout proche de moi culturellement.
Les découvertes de Papille au Japon
Ou c’est peut-être parce que j’ai un garçon de trois ans qui aime les livres. Et que je me suis dit que tant qu’à lui procurer des livres pour enfant, aussi bien fouiller ce qui se faisait ici. Quel plaisir nous avons avec les dessins de Bellebrute, la poésie d’Édith Bourget ou l’originalité de Mireille Messier (franco-ontarienne, j’étends mes critères!)

Bref, goûter à la littérature d'ici, c’est se donner le goût d’y replonger, de vouloir en reprendre : c’est comme le sirop d’érable.

Gourmande, je le serai, et pour la journée J’achète un livre québécois le 12 août, je me ferai plaisir. Et tout le reste de l’année aussi, tiens, j’y penserai.

Je vous souhaite de belles découvertes!

27 juin 2014

L'été, c'est fait pour voyager!

RimouskiPour les Québécois, une phrase qui commence par "L'été, c'est fait pour..." démarre tout de suite la mélodie tirée de Passe-Partout où on nous apprenait que l'été, ben, c'était fait pour jouer! Il y a en effet dans la saison chaude une tendance au relâchement, même quand on n'est pas en vacances. Un goût de sortir dehors, de voir les amis, de respirer l'air et les fleurs, de manger des aliments frais. Et après un printemps 2014 inexistant au Québec et un long mois de mai à combattre le rhume et tous ses dérivés, j'ai profité des fins de semaine magnifiques de juin pour sortir! Gatineau, Magog, Charlevoix et Rimouski, on a parcouru le Québec en famille, rencontrant ces amis à qui on promet toujours une visite.

Rimouski - Village des SourcesJ'espère que vous en profiterez aussi pour savourer doucement vos pauses, vos soirées, vos matinées. Avec des moments à l'air climatisé, parce qu'avouons que, parfois, on a besoin de se rafraîchir! Crème glacée, thé vert froid, salade fraîche ou petite trempette en piscine, de nombreux autres moyens sont bons aussi! Pour vous aider, voici ma recette de thé vert glacé très simple, mais désaltérant. Bon été!

31 mars 2014

Activités de printemps

Le soleil éclatant fait fondre la neige, je vois l'eau qui tombe goutte à goutte du balcon de ma voisine. Et j'en profite pour partager avec vous mon horaire d'avril, car je participerai à plein d'événements très intéressants!

Lévis à fleur de pages

Jeudi le 3 avril (19h, bibliothèque Francine-McKenzie), en compagnie de Mélissa Verreault, auteure ayant vécue en Italie, j'échangerai sur ces lieux qui nous habitent. Bien évidemment, je discuterai de l'influence qu'a eu le Japon sur mon écriture, sur mes thèmes favoris et ma vision sur le monde. Je parlerai sûrement de Charlevoix aussi, car cette région est fortement ancrée dans mes récits.

Mercredi le 23 avril (19h, Café de la Mosaïque), à l'occasion de la Journée mondiale du livre et du droit d'auteur, je ferai la lecture publique d'un texte inédit que j'ai écrit spécialement pour l'occasion. Trois autres auteurs de Lévis feront de même: Éric Simard, David Leblanc et Mélissa Verreault. Une discussion suivra. L’activité est gratuite, toutefois, les participants sont invités à faire un don sous forme d’un livre usagé qui vous a beaucoup plu et que vous aimeriez partager avec d’autres. Le titre que vous choisirez d’apporter fera partie de l’exposition et sera ensuite remis à l’organisme Écolivres.

Festival Nadeshicon

Le festival de la culture japonaise battra son plein du vendredi 4 avril au dimanche 6 avril. J'ai déjà eu l'occasion d'y participer pour faire un concert, cette fois je parlerai du Japon, dans une conférence Passion Japon, samedi le 5 avril, à 13h, au pavillon Alphonse-Desjardins de l'Université Laval, local 2320. Pour entrer à cette conférence, il faut s'inscrire au Festival Nadeshicon sur leur site web. J'y parlerai des beautés du Japon, des difficultés et des petites choses à prévoir pour un séjour là-bas, de la culture et de la langue...et bien sûr, de mes propres erreurs de japonais!

Salon du livre de Québec

Je serai présente pour des dédicaces au Salon du livre de Québec, ou simplement pour discuter! C'est avec plaisir que je vous attendrai au stand 39 (Québec Amérique) le jeudi 10 avril, de 13h30 à 14h30; le vendredi 11 avril de 10h30 à midi et le dimanche 13 avril, de 12h à 13h.





Après tout cela, eh bien! ce sera Pâques et le moment de prendre un peu de repos (et de manger du chocolat). Au plaisir de vous rencontrer en avril!

05 mars 2014

Kakehashi Japon - Le pont vers l’avenir 米国

PruniersC’est un projet magnifique. Après le trio des catastrophes de 2011 au Japon, le ministère japonais des Affaires étrangères a mis en place Kakehashi, le pont vers l’avenir, un programme d’échange pour 2300 jeunes de 16-17 ans. En janvier, en plein -20 degrés, une vingtaine de Japonais ont atterri à Montréal où ils ont visité la ville pendant trois jours, puis ils ont mis le cap vers Québec, où l’École secondaire Rochebelle les a reçus. Puis pendant une fin de semaine, ils furent jumelés avec un élève de cette école, découvrant les joies de l’hiver grâce à leur famille d’accueil.

En décembre, les élèves québécois et leurs parents m’ont invitée à faire une conférence pour leur parler du Japon. Quelle ne fut pas ma surprise d’apprendre que l’école avec laquelle ils avaient été jumelé était tout près d’où j’habitais pendant mon séjour, dans le coin de Sagano, à Kyoto. Les souvenirs se sont mis à envahir mon esprit et je me suis revue circuler en vélo sur le trottoir entre les élèves de la rue Marutamachi, près du grand terrain de baseball et de cette épicerie où je m’arrêtais pour acheter des avocats. Il est incroyable de constater à quel point certaines images de gestes quotidiens restent en dormance. Il suffit d’un nom de lieu pour les faire revivre.

PruniersCes élèves québécois se sont envolés vers Kyoto il y a quelques jours. Ils arriveront en pleine saison des pruniers. Le gouvernement japonais leur a bien sûr organisé un horaire comme il en a le talent : chargé d’attractions et de superbes expériences à vivre. Ces dix jours en pays nippon seront assurément une expérience inoubliable pour ces jeunes. Et s’ils savent entretenir ce lien avec leur twin, les Québécois découvriront à quel point la fidélité japonaise perdure dans le temps.

Les frais sont entièrement assumés par le gouvernement japonais. Voilà une initiative qui a des coûts, mais qui nourrit les rêves de milliers de jeunes qui découvrent le monde, favorisant une ouverture d’esprit envers une culture différente. Quelle idée originale!

24 février 2014

Olympiques : les médailles en points

Les Jeux olympiques de Sotchi ont débuté en suscitant la controverse. Certains ont appelé les athlètes au boycott pour la désastreuse loi discriminant les homosexuels en Russie. D’autres ont dénoncé le montant horrifiant dépensé pour en mettre plein la vue (60 milliards). Je reste outrée qu’on bafoue ainsi les droits des homosexuels en jetant l’argent par les fenêtres. Il fallait dénoncer, et on a arrêté de le faire pendant les Jeux, peut-être saoulés par les médailles canadiennes. Les Jeux réunissent la planète pour qu’on admire les meilleurs sportifs. Peut-on aussi en profiter pour faire avancer l’humanité? La Russie ne l’a pas fait. Et moi, tout le long de ma fréquentation olympique, j’ai eu en arrière-goût amer la culpabilité d'encourager un pays que je désapprouve.

Je suis une fan des sports d’hiver. J’adore le patinage artistique et les commentaires enthousiastes de Goldberg. J’ai vu aussi les bosses, la planche à neige, le hockey. Le Canada a obtenu de belles victoires. Mais pourtant, le classement des médailles olympiques, le rang est déterminé par l’or uniquement. Le message est clair: non seulement les Olympiques, ce n'est pas la place de "l'important, c'est de participer", mais si vous n’obtenez pas l’or, vous ne comptez même pas. Ève Christian s’interrogeait là-dessus également: Est-ce si désolant d’être deuxième?

Regardez comment on a titré la médaille d’argent de Patrick Chan :
- La malédiction continue
- Patrick Chan trébuche…vers l’argent!
- Patrick Chan doit se contenter de l’argent
- La médaille d’or échappe à Patrick Chan

Bien sûr, je sais que Chan était un espoir sérieux pour la médaille d’or, étant donné son passé de champion du monde à répétition. Mais il n’a quand même pas échoué!

Étonnamment, on a couvert avec plus de bonheur la médaille d’argent de Dominique Maltais, comme si la déception aux Jeux de Vancouver jouait en sa faveur: elle a réussi à faire mieux!

Se rendre aux Jeux olympiques est déjà une victoire. Pourrais-tu aussi reconnaître que de gagner une médaille, peu importe la couleur, vaut son prix d’or? En hockey, un match nul compte pour un point, alors qu’un match gagné vaut deux points. Pourquoi n’accorde-t-on aucune valeur au 2e et 3e, à qui on donne pourtant des médailles?

Je me suis amusée à refaire le classement du comité olympique en accordant trois points à la médaille d’or, deux points à la médaille d’argent et un point à la médaille de bronze. Le résultat est plus juste et plus intéressant:

Tableau des médailles par points



La Russie domine toujours largement le palmarès avec ses 70 points. Mais le Canada monte en deuxième place selon le rang par points, alors qu'il est troisième au rang officiel. Les États-Unis et la Norvège se retrouvent ex aequo. Avouons que ce serait rendre un hommage plus juste aux athlètes d'argent et de bronze!

Finalement, j’ai beaucoup aimé retrouver les Jeux à la télévision publique. J’ai souvent utilisé leur application sur ma tablette et je n’ai qu’un seul reproche à leur faire: pourquoi Radio-Canada affichait le tableau du classement en anglais? Je croyais que cela était lié à une règle du comité olympique jusqu’à ce que je tombe sur une image de la télévision publique japonaise où les noms sont bel et bien écrits dans la langue locale (même celui de P. Chan!)… C’était donc possible d’écrire « Épreuve des bosses » au lieu de « Mogul skiing »? La technologie actuelle permet la prouesse de traduire en français « Cross-country skiing » par « Ski de fond » à l’écran? :P Je me demande alors ce qui a empêché Radio-Canada de traduire les tableaux. Peut-être le fait qu’au Québec, on s’en fout parce qu’on comprend de toute façon.

Au Japon aussi, on comprend les caractères anglais. Mais on respecte un peu plus les citoyens.

05 février 2014

Après la frénésie d’écriture (3/3)

Suite au blitz d’écriture, j’ai toujours un deuil à faire. Il me faut quitter des personnages dont j’étais quasiment amoureuse, les laisser aller. Ça arrive que je cherche désespérément à leur créer de nouvelles scènes, juste pour passer encore du temps avec eux. Mais c’est de « l’inspiration forcée » et ça ne donne jamais rien. C’est seulement une façon de retarder le deuil inévitable de cette histoire qui n’a plus besoin de moi.

Alors je me console en faisant imprimer les textes et en les relisant pour les corriger. Je barbouille les papiers, je retourne à l’ordinateur pour faire les modifications. C’est moins plaisant de réviser, mais ça rend la séparation moins difficile.

Et puis, je vous en parle sur mon blogue. J’ai écrit trois textes pour sortir de ma « frénésie », ça aide. Un des effets agréables de ces publications, c’est de me faire demander: « Et quand pourra-t-on lire ça? » C’est flatteur: des gens sont intéressés à partager les aventures de mes personnages. Mais la réponse est moins drôle parce qu’elle varie de: « Peut-être dans quelques années à... jamais ».

Ils sont nombreux les textes que j’adore et qui dorment dans mon ordinateur. Certains ont même des suites en cours parce que leurs personnages m’inspirent toujours et que je m’amuse à poursuivre l’histoire (même si le tome 1 n’est pas en route vers la publication). D’autres ne trouvent pas d’éditeurs parce qu’ils se trouvent entre deux types de lecteurs (les adultes et les adolescents) ou de genres. Passion Japon a pris un temps infini avant d’être publié car ce n’était ni un carnet de voyage, ni un guide sur le Japon... Et avant de trouver l’éditeur qui cherchait un hybride entre ces deux genres (merci Hamac!), ça m’a pris deux ans.

Maintenant que mon texte est terminé, que j’ai fait mes corrections, je le fais lire à un petit groupe de « lecteurs-testeurs » qui me feront des commentaires. Je compte profiter de ce temps pour relire encore, et faire corriger le manuscrit par une amie réviseuse. Quand le récit sera tout peaufiné, corrigé, travaillé, tout doux dans les angles, il est temps de penser à des éditeurs.

Trouver le bon éditeur est un travail de minutie. Il faut consulter les sites et explorer les catalogues: quel type de collections? Pour quel lecteur? Accepte-t-il ce genre? Je me crée toujours un petit tableau où je note les éditeurs potentiels: comment il préfère recevoir le document, à quelle date je l’ai envoyé.

Il faut aussi avoir un budget, car envoyer des manuscrits, ça coûte cher. Je prévois 20 dollars par essai: huit dollars pour l’impression (recto seulement, à double interligne), quatre pour la reliure et encore huit dollars pour l’envoi par la poste (la plupart n’accepte pas les envois électroniques). Alors pour un récit, on peut facilement dépasser les 200 à 300 dollars (une dizaine d’éditeurs).

Pourquoi l’envoyer à plusieurs éditeurs en même temps? Ce serait plus économique d’attendre les refus avant d’essayer un autre éditeur, c’est évident. Mais le délai avant de recevoir une réponse varie entre trois à neuf mois... À ce rythme, envoyer le récit un éditeur à la fois prendra cinq ans pour faire 10 tentatives!

La plupart du temps, la réponse, c’est non. C’est mieux quand c’est un non expliqué : ça ne cadre pas dans nos collections (« On ne publie pas de littérature jeunesse » en était un exemple), ou quand il y a une offre accolée (« Ce n’est pas ce qu’on cherche en ce moment, mais accepteriez-vous d’écrire une histoire à propos d’une fille qui... »). D’autres acceptent, mais en vous proposant de payer pour l’impression. Et c’est ainsi que mon texte reste à ronronner sur le disque dur d’un ordinateur, ses personnages endormis.

Heureusement, il y a aussi les « oui! » Et commence alors toute une série d’autres étapes pour en arriver à la publication. Ne vous inquiétez pas, je vous aviserai si ça m’arrive pour ce récit. Mais généralement, mes textes se reposent longtemps avant de devenir des livres (Passion Japon: quatre ans, La Pomme de Justine: trois ans) Je me croise les doigts!

04 février 2014

Frénésie d’écriture (2/3) : le style de l’écrivain

Style d'écritureJ’ai cueilli trois livres au hasard, dans ma bibliothèque. Et je les ai ouverts sans choisir une page précise. Chacun de ces auteurs a une façon bien à lui d’écrire, une signature reconnaissable pour le lecteur qui l’apprécie.

« Une voix connue chanta À la claire fontaine.
- C’est la mésange, dit le chevreuil.
- On dirait qu’elle pleure. Où est-elle?
- Elle a abandonné la vallée des Quenouilles, elle aussi. Tiens, je la vois. »
Le hamac dans les voiles, Félix Leclerc, p.96

« Et nous en venons à notre second point: nous pouvons mettre en corrélation les dates d’arrivée des humains sur une terre nouvelle et l’élimination de très nombreuses espèces attestée par les ossements ou autres traces qu’elles ont laissées. »
Là où croît le péril… croît aussi ce qui sauve, Hubert Reeves, p.78

« Le vent souffla avec rage toute la journée du lendemain, puis se calma pendant la nuit et, au matin, tout était redevenu calme et clair. À l’est, les nuages teintés de pourpre et d’or annonçaient le lever du soleil. »
Chroniques d’Avonlea, Lucy Maud Montgomery, p.532

Ce style se définit par les thèmes qu’ils affectionnent (Félix Leclerc et les animaux, Hubert Reeves et l’environnement, Lucy Maud Montgomery et les paysages), par la manière de faire les phrases (dialogues, compte rendu, poétique) et par les émotions qu’il suscite. L’auteur qui tente d’en copier un autre ne fera qu’un livre fade et sans vie. C’est comme si on essayait de prendre la personnalité de quelqu’un qu’on aime!

Les frénésies d’écriture me font beaucoup réfléchir à ce qui fait « mon » style. Plus j’écris, plus j’arrive à le cerner. Et étonnamment, ce qu’on découvre ne nous fait pas toujours plaisir. Il faut apprendre à s’accepter, de la même manière qu’on doit vivre avec le corps dans lequel on est né. Pas toujours facile, n’est-ce pas?

Faisons des liens: si j’écris les scènes les plus intenses au début (que ce soit au niveau du drame ou de la joie, ce sont toujours celles qui m’arrivent en premier), c’est parce que l’intensité est l’un des critères de mes récits. Je m’intéresse aux moments où tout est bouleversé, où tout change. Un personnage en pleine mutation: c’est intense comme je les aime!

Conséquence: j’écris des textes relativement concis. Parce qu’on ne peut pas raconter l’intensité pendant 1000 pages, ce serait épuisant pour le personnage, et pour le lecteur. Alors quand la mutation est finie, quand le gros dérangement est vécu, je laisse généralement mes personnages vivre leur vie. Et j’arrête d’écrire.

Et l’intensité, c’est souvent relié aux émotions. Ça m'a d'ailleurs troublée quand j'ai relu mon dernier texte: une saga d’inspiration japonaise, dans un monde magique. Généralement, les récits de fantasy sont des récits d'aventures dans lequel l'amour vient parfois s'insérer, mais ça reste un peu secondaire. Alors que pour moi, l'émotion est le véritable moteur d'une histoire. Que ce soit l'amour, la vengeance, la peur ou le désir: ce sont les sentiments qui font agir mes personnages... pour le pire et le meilleur. Je décris donc amplement les raisonnements que se fait le personnage lorsqu’il justifie telle ou telle action.

Ne le cachons pas: les femmes de mes récits ne sont pas des princesses qui s’intéressent à leur manucure et à leur énième paire de chaussures. Elles osent briser des tabous, plonger dans la laideur et n’ont rien de politiquement correctes! Vive l’imprévisible! Ce qui leur amène des compagnons intéressants: ils doivent nécessairement être très forts pour être à la hauteur de telles demoiselles! En voulez-vous de l’intensité!

Light novelFinalement, j’écris de façon « graphique ». Dans le billet précédent, je raconte comment je vois les scènes dans ma tête. C’est ainsi que j’écris: je transmets ce que je vois. Ce sont des dialogues, des paysages, des expressions. C’est la description bien précise d’un coup de pied manqué ou d’un premier soin pour que le lecteur voie la scène, tout autant que moi.

Ce style de récit très graphique rappelle un peu les mangas. Au Japon, on appelle ce type d’écriture des light novels et c’est très populaire auprès des adultes et des adolescents. Un illustrateur ajoute même quelques images (d'inspiration manga) au texte, ce que j’ai aussi tendance à faire lorsque je soumets mes manuscrits.

Résultat: peu importe le récit ou l’âge de mes personnages, je me fais dire que j’écris de la littérature jeunesse. Alors que je n’en avais pas l’intention, puisque je ne pense pas à un public précis quand je compose. J’écris pour quelqu’un comme moi, une personne qui aimerait lire une telle histoire. Donc à un adulte de mon âge peut-être (34 ans), ce qui commence à s’éloigner du monde des adolescents, je dois l’avouer.

J’ai l’impression que même si j’insérais des scènes sanglantes ou érotiques dans une de mes histoires, on me dirait encore que c’est de la littérature jeunesse. À cause du style d’écriture.

Il y en a qui sont pognés avec des faces de bébé toute leur vie, ce qui nuit à leur crédibilité quand vient de le temps de rencontrer un employeur très sérieux… Moi je me retrouve à avoir un style qui chevauche deux âges au Japon, mais qui n’a pas vraiment d’équivalent en français. Alors si mon dernier texte a la chance d’être publié un jour, et même si j’ai l’impression qu’il s’adresse aux adultes, ne vous surprenez pas si vous le trouvez dans la section jeunesse!

Ce qui veut dire qu'il ne faut pas hésiter à lire La Pomme de Justine malgré l’étiquette 14 ans et plus parce que c’est pas mal plus une histoire pour tous. On aurait dû écrire : À partir de 14 ans…jusqu’à 114 ans! :)