04 octobre 2017

日本語に翻訳された小説が出ました

[La version française du livre a été lancée en août. C'est le tour de la version japonaise!]

2017年10月2日、ケベック日本友好協会の新年会で、小説家で社会学の研究者、ヴァレリ・アルヴェの小説(日本語版)の出版キャンペーンが行われました。以下、同小説に関するお知らせです。

あらすじ
高校生アンナ・デガネはシャルルボワ地方の有名な高級ホテル『マノワール・リシュリュー』で夏のアルバイトをしていたが、ある日、お忍び旅行でやってきた有 名なハリウッド・スターのチャールズ・ナイトと知り合った。アンナは、シャルルボワの魅力を知ってもらおうとチャールズに観光ガイドを申し出る。ともに過 ごした五日間に、二人の間には愛が芽生える。二人は、マスコミの騒ぎに巻き込まれないように、二人の関係を秘密にしておくことを誓う。アンナは学期末にな り、チャールズは次の映画の宣伝のためにカリフォルニアに戻っていった。北米大陸の西と東に遠く離れた二人には愛を育くむことが出来るだろうか。アンナが高校を卒業するまで、二人の秘密は保たれるだろうか。恋する二人に様々な試練が待ち受けている。
Kindle版
Apple iBooks 版
Rakuten Kobo

作者のプロフィール
この小説の作者『ヴァレリ・アルヴェ』は、カナダ人小説家、社会学研究者かつ作詞家、歌手である。根っからのロマンティストで、生きることに情熱を燃やしている。 本作品の舞台であるケベック州シャルルボワ地方に生を受けた。カナダ国内では既に数冊の著作があ る。夫婦デュエット『夢』の作詞とボーカルを担当。フラン ス語と日本語で歌っている。2015年のNHK Worldコンクール「We love Japanese Songs」に参加。「残酷な天使のテーゼ」を歌って審査員特別賞を獲得した。大学院生(社会学博士課程)でもあり、現在はケベック州のレヴィ市に夫と二 人の子供と住んでいる。ヴァレリ・アルヴェは日本に関する本を既に三冊フランス語で出版しています。旅行エッセー、日本の少子化に関する考察、そして4〜8歳の幼児を読者対象とした日本紹介の本です。

作品一覧「フランス語」
- L’amour au cœur de la vie, Québec Amérique, 2017
- Les Fleurs du Nord, Québec Amérique, 2016
- Passion Islande, Hamac-Carnets, 2016
- La pomme de Justine, Québec Amérique, 2013
- Les découvertes de Papille au Japon, Cheneliere, 2012
- Le pari impossible des Japonaises, Septentrion, 2012
- Passion Japon, Hamac-Carnets, 2010

20 septembre 2017

Hommage au thé

J’ai appris dernièrement que Balzac buvait 50 tasses de café par jour, ce qui se traduisait par une efficacité à toute épreuve : il passait 18 heures de sa journée à écrire! Évidemment, brûler la chandelle par les deux bouts n’est pas une bonne chose: il est mort à 53 ans (ce qui est relativement long avec une telle consommation).

Je ne bois pas de café. En fait, les rares fois où j’en ai bu, c’est au Japon. J’avais une amie qui m’en préparait à chacune de mes visites. Voulant être polie, je n’ai jamais osé lui dire que je n’appréciais pas le goût de ces précieux petits grains. Je buvais sans rechigner. Ce n’est qu’un an après que j’ai osé lui avouer la vérité! Elle m’a demandé ce que je préférais.

Le thé. Ce n’est pas la première fois que j’en parle sur ce blogue.

À mon retour de Kyoto en 2007, j’avais fait une chronique sur le thé froid.

J’ai aussi parlé des saintes règles que je ne respecte pas tellement

Et j’ai même eu la chance de visiter une plantation de thé en 2010.

En fait, depuis quinze ans, dès que je suis en équilibre précaire sur mes deux pieds du matin, je me dirige vers la bouilloire pour sélectionner la bonne température. Je nettoie la théière de la veille et je prépare mon premier litre matinal. Du thé vert japonais. De préférence, celui de Kyoto (d’Uji en fait!), même si je n’en ai plus en ce moment. Mon dernier voyage date d’un peu plus d’un an maintenant et il est difficile de trouver à l’étranger ce thé un peu plus corsé que celui de Shizuoka (près du mont Fuji).

J’en bois une tasse avant que les enfants se lèvent, en préparant les déjeuners, en regardant mes courriels et le journal.

Puis la routine du lever prend toute la place : les enfants s’éveillent, on se change, on mange, on se prépare à sortir. Quand je reviens travailler, je repars la bouilloire pour un deuxième litre du même thé.

J’attends généralement après le diner pour me préparer une troisième théière. Je peux varier à ce moment-là : choisir un autre thé vert, un oolong ou, plus rarement, un thé noir ou aromatisé.

La routine du retour, du souper, des bains, du dodo s’enclenche assez tôt chez nous. Mais avant même que la porte de la chambre des enfants ne soit fermée, mon conjoint ou moi, on démarre la bouilloire pour notre thé du soir. Un bon litre de thé. Mais cette fois, on infuse les feuilles cultivées dans les hautes montagnes de Taiwan, que je commande directement chez un ami qui tient une boutique en ligne.

Quand c’est la fin de semaine et qu’on est assez fou pour écouter plus d’une heure de télé (un film!), on fait une deuxième infusion.

Avec quatre à cinq litres de consommation par jour, les marchands de thé me connaissent personnellement. Ceux de Kyoto me reconnaissent, ceux de Québec aussi et Philippe de Taiwan Tea Crafts joint des petits mots et des échantillons dans mes commandes.

Dans mon budget annuel, j’ai une ligne dédiée au thé pour savoir combien ça me coûte chaque année. C’est plutôt élevé. Ça dépasse les 500 dollars, genre.

Quand je suis prise en plein travail d’écriture, le thé est le seul plaisir assez puissant pour me faire interrompre l’inspiration une minute. Aucune lecture, aucune série, aucun dessert n’en fera autant. Il n’y a que le thé. Ironiquement, le thé me permet de manger moins. Je grignote souvent, mais beaucoup moins qu’auparavant, étant soutenue par toute l’eau que j’ingère. Et je suis bien sûr très hydratée!

Pourtant, je peux m’en passer et ne pas en boire plusieurs jours. Je ne ressentirai aucun symptôme. Ça m’arrive souvent et ce n’est pas un drame. Simplement, en boire me fait plaisir.

Ce n’est pas la stimulation de la théine que je recherche, c’est la sensation de profiter du moment, là et maintenant.
Ce n’est pas que le corps qu’il réchauffe, c’est le cœur.
Ce n’est pas pour la santé de mon corps, c’est pour la santé de mon esprit.

Le thé me réconforte dans les moments tristes.
Il ajoute une touche de bonheur de plus dans les moments heureux.
Nous sommes des milliers comme moi. Merci au cher théier camellia sinensis...

11 août 2017

Idole 1 - Anna de Charlevoix

Idole 1J'ai toujours aimé le mouvement Le 12 août, j'achète un livre québécois. Cette année, je lance un livre en version électronique aujourd'hui! Je vais me souvenir de cette date, c'est sûr!

Idole 1 – Anna de Charlevoix
Anna Desgagnés travaille au Manoir Richelieu, l’hôtel le plus chic de Charlevoix. Elle y fait la rencontre de Charles Knight, un acteur qui méprise l'endroit. Elle lui propose de lui faire découvrir sa région montagneuse bordée du grand fleuve afin de lui prouver que Charlevoix est magnifique. Mais à travers ces cinq jours de visites, l'amour s’invite entre ces deux personnes provenant de mondes différents. Les amoureux décident de garder leur relation secrète afin d'éviter les paparazzis. Alors qu'Anna termine son année scolaire, Charles part pour faire la promotion de son dernier film. Sauront-ils poursuivre leur amour à distance? Leur secret pourra-t-il être gardé jusqu'à la graduation d'Anna? Les imprévus de la vie se chargeront de mettre leur amour à l'épreuve.

J’ai écrit la première version de cet ouvrage avant La Pomme de Justine, je peux donc dire que c’est mon premier roman, même si la version publiée aujourd’hui est bien différente du manuscrit original. Si vous voulez m’encourager, voici les deux façons de se le procurer (il coûte un gros 8$):

Sur le iBooks de Apple (les iPad, iPhone, iPod)

Sur le site d’Amazon (pour ceux qui utilisent Kindle)

Sur les sites Les libraires (version PDF) et aussi (version ePub)

Faire des critiques, donner une note sur Amazon, Goodreads ou autre, en parler sur Facebook, est aussi une bonne façon de m’encourager, si vous êtes sur ces réseaux. Merci beaucoup à ceux qui partagent!

Et comme le titre le laisse présager, c’est le premier d’une série avec les mêmes personnages: je les ferai voyager un peu partout dans le monde! La version japonaise sera aussi en ligne en septembre.

Autre bonne nouvelle, Les Fleurs du Nord est dans la sélection des meilleurs livres 2017-2018 de Communication-Jeunesse! Joie joie joie!

03 mai 2017

Le printemps: La fin et le début

Quel étrange printemps… Après six années, je viens de faire le dépôt initial de ma thèse de doctorat Papa 2.0 – Les pères québécois et les congés parentaux. Les études ne sont pas terminées encore, mais c’est le début de la fin. Si tout va bien, je devrais faire ma soutenance de thèse (présenter mon sujet devant un jury qui me questionnera par la suite pour m’évaluer) à la fin de l’été. C’est la dernière étape pour l’obtention du fameux titre de Ph.D. C’est un immense chapitre de ma vie qui se clôt! Et j'ai eu la surprise d'être félicitée par Serge Bouchard et Jean-Philippe Pleau, à l'émission C'est fou! dimanche dernier (dernière minute du segment), qui consacrait une deuxième émission à la paternité. Ils me souhaitent bonne chance pour ma soutenance: merci, ça fait chaud au coeur.

Les Fleurs du NordDeux bonnes nouvelles sont venues ponctuer ce début de saison : Les Fleurs du Nord est en nomination pour deux prix: le Prix des Univers Parallèles et le Prix Adolecteurs. Je trouve que les processus qui éliront le grand gagnant sont fantastiques : dans les deux cas, ce sont des classes de lecteurs du secondaire qui décideront du grand gagnant (résultats en avril et en mai 2018). D’être parmi ces privilégiés à être évaluer par ces jeunes lecteurs me fait très plaisir!

J’ai réalisé une entrevue avec ma maison d’édition dernièrement et j’ai vraiment eu du plaisir à lire un extrait d’un livre qui a marqué mon adolescence. Je ne peux m’empêcher de rire encore en entendant ma lecture d’Anne qui fend son ardoise sur la tête de Gilbert… J'ai aussi parlé une heure du Japon à l'émission Ici et Ailleurs à la radio CKIA! Belle rencontre!

Côté mauvaise nouvelle, notre chatte Tama nous a quittés hier. Après 14 ans en sa compagnie (avec plusieurs gentils gardiens pendant nos aventures hors du Québec), cette petite boule de poil ronronnante nous manquera beaucoup. Ne plus avoir cette petite chatte placoteuse change déjà l’ambiance de la maison. Alors on flatte encore davantage le gris Tsuki…

La fin de l’hiver a donc terminé plusieurs parcours à long terme, ce qui indique aussi que d’autres portes s’ouvrent ailleurs. Je ne sais pas trop encore où je dirigerai mes énergies dans les prochains mois. Pour l’instant, je l’occupe à cocher les items négligés sur ma liste à cause de la rédaction de ma thèse!

Et je prépare des projets de fous. Au milieu de mes documents, de mes recherches et de mes rencontres pour mettre en œuvre ces idées, je réalise que les rêves qu’on entretient et qu’on se met à planifier pour en faire des projets deviennent autant de marches vers un but lointain et impossible au départ, et qui semble de plus en plus accessible au fur et à mesure que des étapes sont franchies et que des gens se joignent à notre folie.

Ça me rappelle que la plus grande crainte quand on commence à y croire, c’est celle de tomber. Plus on y a travaillé, plus on tombe de haut. Donc plus ça déçoit, plus ça fait mal. Je peux comprendre pourquoi certains préfèrent en rester à l’étape du rêve, sans jamais oser transférer le tout vers un projet.

Et pourtant… Même un projet manqué aura donné quelque chose. On y comprend un peu plus ce qui nous anime (le Japon, ça vous surprend?), on aura noué des liens avec des personnes extraordinaires, partenaires de ce parcours, et des parties du projet peuvent servir à d’autres futurs plans.

Alors, le truc quand ça ne fonctionne pas, c’est de savoir tomber pour éviter les plus gros bobos. À force de tomber, on apprend un peu.
Sans compter… Qu’on ne tombe pas toujours! Des fois, ça marche et on s’envole vers la réalisation de ce rêve fou devenu projet concret… Je me le souhaite!

31 janvier 2017

Extraits d'amour

Le Passe-amour de MarsiAprès les tristes événements survenus à Québec, dimanche, quelques mots d'amour tirés du livre me réchauffent un peu le coeur... L'image est tirée du Passe-amour, bd de Marsi présente dans le livre L'amour au coeur de la vie, comme tous ces extraits.

Valérie Giffard, Trouver grâce à ses yeux
Mon inspiration semblait avoir du plomb dans l'aile et mon crayon, lui, ne payait pas de mine. Ma plume fontaine s'était tarie, laissant le papier désert. [...] J'étais retenue aux douanes de l'esprit et il semblait bien que je n'avais, sur le sujet qui palpitait à ce moment-là au coeur de ma vie, rien à déclarer.

Catherine Perrin, Cinquante minutes
Le ciel a deux étages, deux vitesses. Haut perchées, les griffures blanches évoquent la silhouette vaporeuse d'une radiographie, figée dans le temps, comme une cicatrice devenue indolore. Les petits nuages ronds, beaucoup plus près de la terre, changent toute la luminosité pour un moment, mais passent leur chemin. Le ciel hollandais parle si bien.

Valérie Harvey, Une rose sans épines est un feu sans chaleur
C'est le temps des cerisiers, en plus. J'étais convaincue que ça allait me rendre un peu euphorique de revenir au Japon pendant cette période extraordinaire de l'année. C'est pire: autour de moi, les Japonais sont plus expressifs qu'à l'habitude. [...] Et moi, je suis là, toute seule, comme une touriste venue soutirer une miette de beauté, mais sans personne avec qui la partager.

François Desfossés, Trait d'union
Tu as planté cet arbre dans ma vie, source du siècle à réunir. Ta main, une nuit, fut posée sur mon front, et je fus protégé des falaises. Tu m'as transmis le soir et la prière, et ma parole a pu enfin tisser un pont sur l'abîme.

Jean Désy, Fin de vie
J'ai été séduit par cette idée que le "bon" mécanicien comme le "bon" médecin se doivent d'abord - oh, l'espace de quelques instants - de regarder leur client/patient dans les yeux, tout en écoutant la raison de leur consultation. Essentiel moment de rencontre pour l'établissement de toute forme de soin, mécanique, physique et, bien sûr, psychique.

Daniel Rondeau, Ces gouttes d'eau qui glissent sur les visages
Ici, tout est compté: les patients, le nombre de pas des employés, le temps. Surtout le temps. Celui pour manger, celui pour dormir, celui que les employés peuvent nous accorder, celui qu'il nous reste, celui qu'il me reste. Dans un geste qui se veut discret, garde Patenaude approche ma canne, comme si, à sa simple vue, je me dépêcherais. Je fais semblant de ne rien voir. J'en ai fait un art.

Mylène Bouchard, Jamais avant
C. se lancerait, développerait un style bien à elle. Elle fournirait des efforts géants, déroulerait du courage, exhiberait un amour incalculable pour sa discipline. Ce serait difficile. Elle peinerait à en pleurer, aussi, le soir, dans son oreiller, pour ne pas qu'on l'entende, qu'on pense qu'une championne, ça pleure le soir.

Annie Cloutier, L'amour est un choix
Je me sentais bien avec lui. Aimée. Chouchoutée. En sécurité. Je lui disais que je l'aimais et il en faisait autant. Mais quelque chose en moi tiquait: l'amour est supposé faire mal, chambouler, au moins un peu déranger. Or, cet homme - était-ce son éducation néerlandaise - ne m'apportait que félicité. Rien ne clochait.

Samuel Champagne, Les premières fois
Quand tu fais ça avec quelqu'un que t'aimes, ça arrive pas tout d'un coup. Tu savoures les moments, un par un, tu savoures ta chance un peu, la chance que tu as d'avoir trouvé quelqu'un de qui tu vas te souvenir pas mal toute ta vie.

Geneviève Blouin, Les voeux
Sara avait immortalisé ce café d'une photo montrant la tasse fumante que Patrick portait à ses lèvres et le soleil levant à l'horizon. Le cadrage soigneux laissait hors champ les cernes de Patrick et ses épaules écorchées vives par les courroies du sac. Dans les semaines suivantes, Sara avait soumis cette photo à un concours et remporté le premier prix: cinq cent dollars d'équipement de camping dernier cri. À ce qu'il sache, elle n'avait jamais réclamé son prix.

Mélissa Verreault, Saules pleureurs
Je déambule dans le quartier à la recherche d'une poche d'oxygène, d'un recoin de tendresse, d'une oasis de rien - un lieu si calme que la rémission devient possible. Il fait beau. On dirait le printemps. C'est le printemps, en fait. Mais pas chez nous. Pas depuis deux mois. Se séparer du père de son enfant laisse toujours un goût d'hiver.

Hans-Jürgen Greif, Le ciel partagé
Le reste de la journée, je n'arrêtai pas de penser à elle, séduisante et secrète, forte et fragile. Sa maturité rendait sa jeunesse plus éclatante encore. Impossible de me concentrer sur mon travail. Cet après-midi-là, les remarques de mon superviseur ne me faisaient pas un pli. Par moments, j'ai failli l'envoyer promener. Je rêvais de partir, avec elle. Étrange: sans savoir d'où me venais cette certitude, j'étais convaincu d'avoir trouvé la femme que j'allais aimer jusqu'à ma fin.

Marie-Paul Ross, La croissance
Le respect consiste à reconnaître la valeur de l'autre. Indépendamment de nos perceptions émotives, la reconnaissance de l'unicité de chaque personne oriente la gratuité de l'amour.

Père Benoît Lacroix, L'amour, à la rencontre de deux bontés
Je t'aime parce que tu es là. Parce que c'est toi qui es là, parce que c'est toi qui existes devant moi. Si je t'aime toi, je dois non pas répondre à tes questions sur moi, mais répondre en pensant à t'aimer toi. [...] L'amour à sa perfection, c'est d'aimer l'autre parce qu'il est l'autre, parce qu'il est une forme du bien.

12 janvier 2017

L'amour au coeur de la vie

L'amour au coeur de la vieGens du pays, c’est votre tour
De vous laisser parler d’amour.

Gilles Vigneault

Bonne année 2017, chers lecteurs et lectrices! Après les Fêtes, les marchands troquent le rouge des Pères Noël pour les coeurs de la Saint-Valentin. Les cartes d'amour, les crèmes de massage et les chocolats sont mis de l'avant. Sur mon fil Facebook se succède alors des gens heureux d'être en couple et d'autres qui attendent que ça passe, en grognant un peu. Et pourtant, et pourtant, est-ce que l'amour, c'est seulement cela?

Il y a deux ans, j'ai proposé un projet à mon éditeur, Québec Amérique. Parler de l'amour, mais dans un sens plus large que les amoureux, le sexe ou les trahisons. Eh bien, le livre est prêt et il sera disponible le 1er février! Voici sa présentation:

En grec ancien, l'amour se disait de quatre façons. Il y a l'éros, l'amour-passion, le plus visible; le storgê, l'amour familial; le philia, qui s'amuse à flirter avec le latin "filial", mais qui est lié à l'amitié; puis l'agapè, l'amour universel, désintéressé.

Force vive, pilier de vie, l'amour prend de multiples formes à commencer par l'amour de soi: le limiter à ce qui tient dans une boîte de chocolats enveloppée de papier rouge scintillant, c'est perdre de vue combien il imprègne mille relations et gestes du quotidien.

Les collaborateurs et collaboratrices de ce recueil ont choisi chacun un mot porteur, et se sont laissés guider par lui pour conjuguer l'amour à toutes les personnes et à tous les temps.


Ça vous intéresse? Dès lundi prochain, le 16 janvier, je mettrai chaque jour sur ma page Facebook une citation tirée des 15 textes. Le lancement aura lieu le jeudi 2 février à 18h30, chez Sebz, à Québec. Profitez-en pour venir rencontrer les auteurs et auteures, car ils seront presque tous présents! Le père Benoît Lacroix, quant à lui, supervisera l'événement du haut du Ciel qu'il a rejoint le 2 mars de l'an dernier. Au plaisir de vous y voir!

23 décembre 2016

Conte des Fêtes - La clé du sourire

Conte des FêtesUn café fumant à la main, je remarque les montagnes de la rive sud. Le soleil se lève à peine, mais à cause de la tempête à venir, elles semblent plus proches, comme si l’humidité dans l’air créait un effet de loupe. Au-delà du fleuve, dans les monts doucement érodés du sud, je distingue les pistes déjà blanches de la station de plein-air de Saint-Pacôme, quasiment en face de La Malbaie.

J’ai hâte que mon amoureux revienne de son voyage d’affaires demain. Ce sera les Fêtes et on tournera le dos bientôt à cette année de fou où l’actualité nous a assommé de nouvelles toutes plus déprimantes les unes que les autres. Mais quel avenir préparons-nous donc à nos enfants?

Je suis toujours un peu déprimée le matin, alors je suis heureuse d’entendre Aurélie crier: « Maman… Maman! » Je me dirige vers sa chambre sans attendre.

« Allô pitchounette! Tu as bien dormi. Une tempête se prépare. Tu verras peut-être la neige aujourd’hui. »

« Né-je. »

L’image du gris métallique du fleuve me revient en tête, la teinte plus sombre des montagnes, les nuages qui ont masqué le soleil…

« Oui, je crois que tu verras la neige! Tu ne dois plus t’en souvenir. Tu étais tellement petite l’année passée! »

Les gestes matinaux s’enchaînent et, bientôt, nous sommes prêtes à sortir. Je barre la porte en gardant un œil sur les pas hésitants d’Aurélie. Comme je le craignais, elle s’approche trop près des marches et je cours pour éviter la chute.

« Tu as fait peur à maman, petite bonyenne. Il faut faire très attention ici. Danger. »

« Dan-je »

« C’est ça! Danger! Boum! »

« Boum! »

Dans la voiture, elle répète: « Boum! » à tout bout de champ. Je la dépose à la garderie, dernière journée de l’année avant les grandes vacances. Je me rends au travail. La journée s’enchaîne à toute vitesse. Il faut boucler tous les dossiers avant les Fêtes, tout le monde est stressé et je le deviens aussi. Au milieu des contrats d’assurance, je ne remarque pas les flocons qui se mettent à tomber. Ce n’est qu’en sortant de la Caisse que je m’émerveille devant le manteau blanc qui a fait disparaître le gris du début décembre.

Je récupère Aurélie à la garderie et on fait des « Wow! » en pointant les flocons qui tombent. Dans l’auto, elle répète: « Né-je! Né-je! Wooooow! »

On arrive à la maison. Elle est excitée comme une puce en sortant de l’auto. En déposant la petite sur le sol, je réalise que mes poches sont vides. Je m’affole en surveillant Aurélie qui pose ses bottes avec délicatesse dans cette chose inconnue. Non, les clés de la maison ne sont pas dans ma bourse… Je revois la scène du matin… J’ai dû les laisser tomber en courant vers la petite. Mais maintenant, mes clés sont invisibles sous ce tapis blanc. Avec la fatigue de la journée accumulée, je perds ma bonne humeur et je rage en fouillant la neige froide. J’ai perdu mon émerveillement. Maudite neige!

Aurélie s’approche, curieuse.

« Maman, né-je pa-tout. »

« Oui, Aurélie, il y a de la neige partout… Je cherche les clés de la maison. Tu as vu les clés à maman? »

« Lé, lé », répète-t-elle.

Elle se met à quatre pattes et m’imite, tapotant la neige de ses petites mains.

« Arrrr… J’aurais dû les entendre tomber. »

« Lé… Boum! »

« C’est ça, Aurélie, les clés sont tombées. »

Comme ce matin, je la vois courir vers l’escalier et je me relève pour l’arrêter, croyant qu’elle va s’élancer. Mais au bord de la première marche, elle crie: « Maman, maman! Lé dans né-je! Boum! »

Elle a trouvé les clés! Elle est fière. Son sourire est aussi brillant que les flocons qui scintillent dans la lumière des lampadaires.

Je la soulève, apaisée: « Merci ma belle. Maintenant, on va aller se réchauffer et manger une bonne soupe chaude. Rien de mieux après avoir joué dans la neige. »

13 décembre 2016

Je m'emballe

Librairie Vaugeois - Les auteurs s'emballentAprès le lancement, il y a deux craintes pour les auteurs: que le livre reçoive de mauvaises critiques ou bien que sa publication reste complètement inaperçue. Je ne sais pas lequel est le pire, mais les deux font mal, c'est clair. J'ai la chance de vivre un "Noël littéraire", les critiques à propos de mon roman Les Fleurs du Nord sont excellentes. Et j'aime ce qu'elles disent car j'ai l'impression que l'histoire a vraiment été comprise.

Sur les paysages
"Les personnages prennent vie sous nos yeux et on arrive presque à voir les montagnes, les champs et les villes qu’elle décrit."

Sur l'amour et l'image de la femme
"L’amour. Et oui, c’est aussi un roman d’amour. Attention, je ne parle pas d’amour niais, mais plutôt de destinée, de beauté. [...] Les femmes ici ont un réel rôle à jouer et n’hésitent pas à s’affirmer pour être aussi des combattantes et pas uniquement « femme de ». Et cela donne des personnages au caractère fort et que l’on n’a pas envie de quitter."

Sur le besoin de beauté et d'amour
"Il nous montre que malgré les horreurs de la vie, la beauté y refait surface, que l'amour gagne. Même si on sait très bien que ce n'est pas toujours le cas, ce roman m'a fait du bien. J'ai été bercée par l'auteure, par ses parfums de résistance et d'amour."

J'espère que ces personnages et ces paysages rejoignent d'autres lecteurs. Je suis donc emballée et j'en profite pour faire un jeu de mots avec l'événement "Les auteurs s'emballent"! Je serai samedi prochain à la Librairie Vaugeois à Québec (de 11h à 12h et de 13h30 à 15h) pour emballer des cadeaux et jaser avec des lecteurs. Vous êtes tous les bienvenus, au plaisir de vous rencontrer!

23 novembre 2016

Les calligraphies des Fleurs du Nord -恩返しする

Calligraphie japonaiseJ’ai commencé mon dernier roman, Les Fleurs du Nord, en 2001. Le calcul est donc facile: publié en 2016, ça m’a pris 15 ans de travail avant de le tenir entre mes mains! C’est donc un monde qui a eu le temps d’être travaillé et retravaillé. Un roman « longue durée » est particulièrement plaisant pour le développement des personnages. Comme je les ai eus en mémoire longtemps, je les connais très bien. Je les aime d’amour!

En 2002, le drame de Midori (qu’elle vous racontera elle-même dans les premières pages du roman) et l’histoire qui suivra m’ont inspiré les paroles d’une chanson. Je me souviens l’avoir écrite sur une napkin entre La Malbaie et Montréal, en pleine nuit alors qu’on roulait sur l’autoroute 40 et qu’une aurore boréale était miraculeusement visible! À l’époque, mon japonais n’était pas suffisant pour écrire directement dans cette langue et je l’avais fait traduire. En retournant à Sherbrooke pour ma dernière session universitaire à l’automne, j’avais demandé à Philippe de composer la musique. Notre première chanson, Moshimo, était née!

Il m’a donc paru très naturel d’inclure les paroles de cette chanson dans le roman. J’ai adoré mettre Midori en scène alors qu’elle préparait l’encre et le pinceau pour tracer les caractères de ce poème (pp. 149-150). J’ai donc utilisé une autre de nos chansons, My Love (le titre est en anglais, mais la chanson en japonais), dans une autre partie du roman (pp. 384 et 525). Mon héroïne, Midori, aime l’écriture pour apaiser ses émotions.

Juste avant la parution, en septembre, la deuxième correctrice m’envoie ses propositions et mentionne qu’elle ne peut vérifier le texte en japonais. Sa question en marge: « Est-ce que quelqu’un l’a fait? » m’a fait réagir. Non, personne n’avait vérifié ces textes depuis leur composition.

J’ai donc écrit un courriel à une amie de Kyoto, avec les textes en pièce jointe, pour lui demander si elle avait le temps de vérifier le japonais. Elle me répond: « Bien sûr! Puis-je te les envoyer la poste? » J’avais encore un peu de temps pour la révision, alors j’accepte, sans comprendre pourquoi elle avait besoin de m’envoyer les papiers par la poste.

Dix jours plus tard, je reçois une enveloppe. À l’intérieur, il y a les textes imprimés, avec quelques traces rouges. Et surtout, surtout, je trouve sur quatre pages sur papier de riz les textes tracés à la plume par une main experte en calligraphie, celle de mon amie Ryoko Utani. Quelle belle surprise!

J’ai numérisé les papiers. Puis j’ai demandé à mon éditrice s’il était possible de mettre ces calligraphies dans le roman, au lieu des caractères du traitement de texte. J’ai obtenu l’autorisation de Madame Utani. Et Québec Amérique a fait l’impossible, en intégrant à la dernière minute les quatre pages de cette œuvre d’art.

Comment dire « merci » à une si belle attention? Comment « retourner la faveur », un concept qui sonne si bizarre en français, mais qui existe en un seul mot en japonais sous le terme « ongaeshi » (恩返し)? Je l’ignore. Ce texte est une façon de la remercier de sa générosité.

Mais ce que je sais, c’est que je suis choyée par mes amis japonais. On me demande souvent pourquoi j’ai été attirée par ce pays. C’est une question qui me met mal à l’aise parce que, au début, j’étais en exploration et c’est que la sonorité douce de la langue qui m’a motivée à poursuivre l’apprentissage. La bonne question à me poser serait peut-être: « Pourquoi suis-je toujours si attachée à ce pays? » Comme l’illustre bien cet exemple, c’est parce que j’aime la façon japonaise de nouer des liens et de les entretenir, avec de petites attentions, de la gentillesse et la fidélité en amitié.

Et dans un monde de relations-éclair qui se brisent aussi vite qu’elles se sont nouées, ça fait un bien fou.

15 novembre 2016

Salon du livre de Montréal

Lancement Les Fleurs du NordLe lancement, au Fanamanga mercredi dernier, a permis de mettre un peu de lumière dans cette journée marquée par les élections américaines et leur résultat désastreux pour les années à venir. Dire que je suis inquiète pour ce qui nous attend sur notre petite planète serait un euphémisme... Enfin...

Cette année, j'ai eu la chance de publier deux livres: Passion Islande chez Hamac, et Les Fleurs du Nord avec Québec Amérique. C'est beaucoup de travail imprimé sur papier, ce qui fait du bien! Je vous invite à venir me dire un petit bonjour pendant mes passages au Salon du livre de Montréal.

Vendredi à 10h à Québec Amérique, stand 260
Vendredi à 14h à Septentrion (Hamac), stand 402

Samedi à 11h à Québec Amérique stand 260
Samedi à 13h30 à Septentrion (Hamac), stand 402