27 janvier 2015

Les arts au Japon

Du 29 janvier au 25 février, je donnerai une nouvelle conférence dans les bibliothèques de la ville de Québec. Je termine tout juste le montage de cette présentation des arts au Japon. L'idée m'a été suggérée par des gens qui venaient assister à ma conférence Passion Japon et qui auraient aimé en apprendre un peu plus sur les arts. Mais je réalise que même en donnant toute une heure là-dessus, on ne fait qu'effleurer le Japon artistique. Au menu: théâtre, poésie, manga, origami, kimono, musique... Au plaisir de vous y rencontrer! Voici le calendrier des conférences.

03 janvier 2015

Special Jury's Prize - We love Japanese Songs 2015!

Nous avons gagné le prix spécial du jury! Nous avons été choisi par les chanteuses Nana Mizuki et Gille. Selon Nana Mizuki, "la voix est magnifique bien sûr, mais j'ai aussi été fascinée par le lieu et l'amour familial qu'il y a dans le vidéo, ça m'a touchée." Et Gille ajoute: "Je n'ai jamais visité le Canada, mais en voyant le film, ça me donne le goût d'y aller. Il y a tant de belles images." Wow! C'est très émouvant d'entendre ces commentaires et aussi de nous voir recevoir le prix, petit Léo sur les genoux. Il venait tout juste de se lever et on avait veillé toute la nuit pour l'enregistrement. :)



Nous avions envoyé une interprétation de la chanson Zankoku na Tenshi no Te-Ze, le thème de l'animé Evangelion. La vidéo a été tournée à la fin octobre, en compagnie de Léo, mais aussi de notre petite Émi qui patientait dans sa poussette, âgée de seulement trois semaines. C'est donc un vidéo rempli de souvenirs familiaux. Voici la version complète:



Pour entendre seulement la musique, ou d'autres interprétations japonaises-françaises, on s'est créé une page Yume sur Soundcloud. :)

Merci à tous pour vos votes! Valérie et Philippe

05 décembre 2014

We love Japanese Songs!

Trois semaines après la naissance de notre deuxième enfant, Philippe et moi avons décidé de participer au concours organisé par la NHK, la télévision publique japonaise, We love Japanese Songs!. Il fallait choisir une chanson japonaise qu'on aimait, l'interpréter et tourner un vidéo pour présenter tout cela. Nous avons choisi la chanson de l'animé Evangelion, "Zankokuna tenshin no Te-ze", un air dynamique que nous adorons interpréter en concert, même si elle est difficile car il y a beaucoup de mots et elle se chante très vite!

Pour accompagner cette chanson, nous avons profité du point de vue exceptionnel offert par Lévis sur le fleuve et la capitale, en pleine fin d'automne. Nous avons tourné des images avec notre grand garçon, et même si la petite pouponne est absente de l'image, elle est tout à côté de la caméra, dormant paisiblement dans sa poussette. :) Revoir ce vidéo reste donc un merveilleux souvenir d'un moment très particulier de notre vie familiale.

Il est possible de voter pour notre vidéo jusqu'au dimanche 7 décembre. Je vous invite donc à le regarder et à voter si vous le désirez. Je vous tiens au courant des résultats! Merci!

21 août 2014

Bárðarbunga, la nouvelle menace volcanique islandaise

ReykjavikL’Islande fait à nouveau parler d’elle. Depuis le 16 août, le Bárðarbunga s’agite. Et ce n’est pas un petit volcan : 200 km de long et 25 km de largeur. Sa dernière éruption remonte à environ 250 ans. À noter, il est situé sous le glacier Vatnajökull, le plus gros d’Islande, ce qui veut dire qu’une épaisseur d’un kilomètre de glace repose sur le volcan…

D’abord, ne faisons pas rire de nous comme lors de l’éruption du Eyjafjallajökull en 2010. Vous croyez que le Bárðarbunga est plus facile à prononcer? Question de perspective. Je vous invite à visiter ce très court vidéo qui vous enseignera en 11 secondes comment dire correctement le nom « ba-our-thar-boun-ka ». Bárðarbunga signifie « la bosse de Bárður » et, oui, il y avait bel et bien un esprit coquin chez le Viking qui a donné un nom à ce volcan.

BárðarbungaQuoiqu’il en soit, la bosse de Bárður menace. Depuis deux jours, on parle de 3500 tremblements de terre. L’image de gauche vous donne un aperçu : si j’ai identifié où est Reykjavík (à l’ouest du pays), j’ai jugé que vous trouveriez sans peine où est le Bárðarbunga et le glacier Vatnajökull. C’est la partie arc-en-ciel de l’Islande!

Quel est le danger? Évidemment, pour l’Europe, les cendres volcaniques d’un volcan tel que le Bárðarbunga seraient un nouveau casse-tête à gérer pour bien gérer les vols. Ensuite, pour les touristes, la région au nord du glacier a été évacuée hier, ce qui veut dire qu’il n’est plus possible de visiter cette région et ses attractions. Et tout cela à cause du risque de jökulhlaup, c'est-à-dire une crue intense qui dévaste tout sur son passage. Imaginez que le magma remonte suffisamment haut pour réchauffer le sommet de ce volcan couvert d’une croûte de 1000 mètres de glace… L’eau fond et forme une poche qui se déverse subitement, suivant souvent les rivières déjà existantes. Si cela advenait, on estime qu’entre 5000 et 20 000 mètres cubes d’eau par SECONDE rejoindraient Ásbyrgi en 9 heures, un parc national reconnu, ou Myvatn, grand lac entouré de volcans. Ces sites touristiques ne sont pas fermés, mais on incite fortement les touristes à consulter l’actualité à toutes les six heures, au cas où…

Bárðarbunga evacuationFinalement, pour les Islandais, la menace du Bárðarbunga a aussi une conséquence : l’opération « ramassage de moutons » est en cours. Habituellement, on laisse les moutons se promener librement sur tout le territoire islandais, puis vers la mi-septembre, on parcourt la nature du pays pour rassembler les bêtes afin de les diviser par fermes (ils sont tous identifiés par couleur). Évidemment, les fermiers ne veulent pas courir le risque de perdre leurs animaux lors d’une inondation monstrueuse ou à cause de cendres toxiques.

Pour l’instant, le magma est à 7-10 kilomètres sous la surface et il ne semble pas bouger. Mais l’inquiétude subsiste à cause des tremblements de terre.

Vous êtes curieux et vous aimeriez surveiller vous-même le volcan? Une webcam a été installée à 30 kilomètres et pointe son regard sur le Bárðarbunga. Si vous parlez anglais, il est également possible de suivre Alda Sigmundsdóttir sur Facebook, une auteure et blogueuse qui parle régulièrement de la situation.

Dire qu’il y a un an, nous quittions vers l’Islande pour débuter notre voyage. Peut-être qu’un an plus tard, nous n’aurions pas pu prendre l’avion…

13 août 2014

L’été, c’est fait pour travailler (aussi)

L’été, c’est fait pour travailler (aussi) Les vacances sont terminées et la liste des choses à faire est ressortie, tout près de mon bureau… Bébé no 2 est prévu pour le milieu octobre, je me lance donc dans le dernier blitz de mon étude sur les papas qui travaillent en informatique et jeux vidéo pour finir les entrevues avant le début octobre. Vous connaissez des pères qui seraient intéressés à faire partie de ma recherche? Voici l’invitation et les critères:

Papa 2.0 - Les pères québécois et les congés parentaux

Ma recherche porte sur l'utilisation des congés parentaux des pères québécois qui travaillent dans les TI. Je cherche à comprendre comment permettre une meilleure articulation entre l’emploi et la famille en éclairant les besoins en conciliation travail-famille des pères, et permettre aux entreprises de mieux faire face au vieillissement de la population québécoise.

Pour réaliser ces travaux, il me faut recruter des participants sur une base volontaire et je sollicite votre collaboration.

Pour participer à cette étude, vous devez:

- avoir eu un enfant après 2006
- travaillé ou avoir travaillé dans le secteur des technologies de l’information (TI)

L’entretien, d'une durée estimée entre une heure et deux heures, se déroulera sur le ton de la conversation ordinaire et sera enregistré (audio seulement) dans le but de retenir le maximum d’informations. Les thématiques aborderont le statut familial (couple, soutien familial) ainsi que diverses questions à propos du travail (avant la naissance, pendant le congé, au retour).

Des mesures seront mises en place pour assurer votre anonymat: votre nom, ceux de vos collègues ou de votre entreprise seront effacés de l’étude. Les entrevues seront réalisées en dehors des heures de bureau et du milieu de travail. Il ne sera pas possible pour votre entreprise d’identifier les employés qui auront participé et de consulter les entrevues.

Si vous souhaitez participer à cette étude, n’hésitez pas à communiquer avec moi: valerie.harvey.3@ulaval.ca.

Je vous remercie de considérer cette demande,

Valérie Harvey
Candidate au doctorat en sociologie

Cette recherche est réalisée sous la supervision du directeur de thèse Gérard Duhaime (418-656-2131 poste 2997), professeur de sociologie à l'Université Laval, et de la codirectrice Diane-Gabrielle Tremblay (514-843-2015, poste 2878), professeure en économie et gestion de la TÉLUQ. Ce projet a été approuvé par le Comité d’éthique de la recherche de l’Université Laval : No d’approbation (2013 273), le 03-02-2014.


C’est officiel en titi, hein? ;) Il me reste environ 10 entrevues à faire avant de me lancer dans l’analyse des données en 2015, puis l’écriture de la thèse. N’hésitez pas, ce sont toujours des rencontres très sympathiques! :)

Valérie

11 août 2014

Acheter un livre québécois

La Pomme de JustineDepuis quelques années, nous sommes plusieurs à regarder la provenance des aliments que l’on achète.

- Achète donc des gousses d’ail...
- De la Chine ou du Québec?
- Tiens, je ne savais même pas que ça se cultivait ici, cette plante-là. Et le prix est à peu près le même.
- On va prendre du Québec d’abord, c’est sûr et certain que c’est plus frais!

Sans compter qu’on encourage un agriculteur d’ici et qu’on a épargné quelques litres d’essence pour transporter l’ail de la Chine à notre panier! Penser local, c’est entré dans les mœurs de plein de familles.

Passion JaponCertains poussent l’audace jusqu’à regarder la provenance de leurs vêtements. Je dois avouer que depuis la tragédie de l’usine effondrée, je me sens mal quand je lis « Made in Bangladesh ». J’hésite.

Mais pour le livre, cette merveille qui réunit l’imagination et le cœur d’un ou d’une auteur(e) en quelques feuilles de papier, on n’y pense pas. On se pose rarement la question : est-ce un livre québécois? Les images sont belles, on en a parlé à la radio, il est en solde, ça a l’air bon, bref on achète un livre par émotion, souvent sur un coup de tête.

Le Pari impossible des JaponaisesJe me souviens de ma troisième session de littérature au cégep où je devais lire nos grands classiques québécois, pour la première fois de ma vie. Si une chose m’avait marquée, c’est que j’aimais les vieux récits des « Canadiens français » sur leurs terres, mais pas beaucoup la période de l’exode vers les villes. Question de goût. Qu’on ne se surprenne pas que je sois une grande fan de la série des Remarquables oubliés, où on nous raconte ces femmes qui ont fondé notre pays ou ces hommes qui ont couru l’Amérique! Mais après cette session, j’avais lu bien peu de littérature contemporaine québécoise. Et je n’avais aucune incitation particulière à acheter un livre québécois plutôt qu’un français ou un américain traduit.

C’est peut-être le fait de devenir écrivaine qui m’a changée. La réalisation que le nombre de livres vendus est si petit que c’est à peine si on peut payer les frais d’envoi des manuscrits à un éditeur avec les droits d’auteur… Heureusement qu’on écrit par amour.

Ou encore, c’est parce que j’ai commencé à lire des romans et des essais québécois que ça m’a donné le goût d’en lire encore plus. Parce que ces livres parlaient ma langue, évoquaient des lieux que je connaissais moi aussi ou bien me faisaient voyager ailleurs, mais avec le regard de quelqu’un qui était tout proche de moi culturellement.
Les découvertes de Papille au Japon
Ou c’est peut-être parce que j’ai un garçon de trois ans qui aime les livres. Et que je me suis dit que tant qu’à lui procurer des livres pour enfant, aussi bien fouiller ce qui se faisait ici. Quel plaisir nous avons avec les dessins de Bellebrute, la poésie d’Édith Bourget ou l’originalité de Mireille Messier (franco-ontarienne, j’étends mes critères!)

Bref, goûter à la littérature d'ici, c’est se donner le goût d’y replonger, de vouloir en reprendre : c’est comme le sirop d’érable.

Gourmande, je le serai, et pour la journée J’achète un livre québécois le 12 août, je me ferai plaisir. Et tout le reste de l’année aussi, tiens, j’y penserai.

Je vous souhaite de belles découvertes!

27 juin 2014

L'été, c'est fait pour voyager!

RimouskiPour les Québécois, une phrase qui commence par "L'été, c'est fait pour..." démarre tout de suite la mélodie tirée de Passe-Partout où on nous apprenait que l'été, ben, c'était fait pour jouer! Il y a en effet dans la saison chaude une tendance au relâchement, même quand on n'est pas en vacances. Un goût de sortir dehors, de voir les amis, de respirer l'air et les fleurs, de manger des aliments frais. Et après un printemps 2014 inexistant au Québec et un long mois de mai à combattre le rhume et tous ses dérivés, j'ai profité des fins de semaine magnifiques de juin pour sortir! Gatineau, Magog, Charlevoix et Rimouski, on a parcouru le Québec en famille, rencontrant ces amis à qui on promet toujours une visite.

Rimouski - Village des SourcesJ'espère que vous en profiterez aussi pour savourer doucement vos pauses, vos soirées, vos matinées. Avec des moments à l'air climatisé, parce qu'avouons que, parfois, on a besoin de se rafraîchir! Crème glacée, thé vert froid, salade fraîche ou petite trempette en piscine, de nombreux autres moyens sont bons aussi! Pour vous aider, voici ma recette de thé vert glacé très simple, mais désaltérant. Bon été!

31 mars 2014

Activités de printemps

Le soleil éclatant fait fondre la neige, je vois l'eau qui tombe goutte à goutte du balcon de ma voisine. Et j'en profite pour partager avec vous mon horaire d'avril, car je participerai à plein d'événements très intéressants!

Lévis à fleur de pages

Jeudi le 3 avril (19h, bibliothèque Francine-McKenzie), en compagnie de Mélissa Verreault, auteure ayant vécue en Italie, j'échangerai sur ces lieux qui nous habitent. Bien évidemment, je discuterai de l'influence qu'a eu le Japon sur mon écriture, sur mes thèmes favoris et ma vision sur le monde. Je parlerai sûrement de Charlevoix aussi, car cette région est fortement ancrée dans mes récits.

Mercredi le 23 avril (19h, Café de la Mosaïque), à l'occasion de la Journée mondiale du livre et du droit d'auteur, je ferai la lecture publique d'un texte inédit que j'ai écrit spécialement pour l'occasion. Trois autres auteurs de Lévis feront de même: Éric Simard, David Leblanc et Mélissa Verreault. Une discussion suivra. L’activité est gratuite, toutefois, les participants sont invités à faire un don sous forme d’un livre usagé qui vous a beaucoup plu et que vous aimeriez partager avec d’autres. Le titre que vous choisirez d’apporter fera partie de l’exposition et sera ensuite remis à l’organisme Écolivres.

Festival Nadeshicon

Le festival de la culture japonaise battra son plein du vendredi 4 avril au dimanche 6 avril. J'ai déjà eu l'occasion d'y participer pour faire un concert, cette fois je parlerai du Japon, dans une conférence Passion Japon, samedi le 5 avril, à 13h, au pavillon Alphonse-Desjardins de l'Université Laval, local 2320. Pour entrer à cette conférence, il faut s'inscrire au Festival Nadeshicon sur leur site web. J'y parlerai des beautés du Japon, des difficultés et des petites choses à prévoir pour un séjour là-bas, de la culture et de la langue...et bien sûr, de mes propres erreurs de japonais!

Salon du livre de Québec

Je serai présente pour des dédicaces au Salon du livre de Québec, ou simplement pour discuter! C'est avec plaisir que je vous attendrai au stand 39 (Québec Amérique) le jeudi 10 avril, de 13h30 à 14h30; le vendredi 11 avril de 10h30 à midi et le dimanche 13 avril, de 12h à 13h.





Après tout cela, eh bien! ce sera Pâques et le moment de prendre un peu de repos (et de manger du chocolat). Au plaisir de vous rencontrer en avril!

05 mars 2014

Kakehashi Japon - Le pont vers l’avenir 米国

PruniersC’est un projet magnifique. Après le trio des catastrophes de 2011 au Japon, le ministère japonais des Affaires étrangères a mis en place Kakehashi, le pont vers l’avenir, un programme d’échange pour 2300 jeunes de 16-17 ans. En janvier, en plein -20 degrés, une vingtaine de Japonais ont atterri à Montréal où ils ont visité la ville pendant trois jours, puis ils ont mis le cap vers Québec, où l’École secondaire Rochebelle les a reçus. Puis pendant une fin de semaine, ils furent jumelés avec un élève de cette école, découvrant les joies de l’hiver grâce à leur famille d’accueil.

En décembre, les élèves québécois et leurs parents m’ont invitée à faire une conférence pour leur parler du Japon. Quelle ne fut pas ma surprise d’apprendre que l’école avec laquelle ils avaient été jumelé était tout près d’où j’habitais pendant mon séjour, dans le coin de Sagano, à Kyoto. Les souvenirs se sont mis à envahir mon esprit et je me suis revue circuler en vélo sur le trottoir entre les élèves de la rue Marutamachi, près du grand terrain de baseball et de cette épicerie où je m’arrêtais pour acheter des avocats. Il est incroyable de constater à quel point certaines images de gestes quotidiens restent en dormance. Il suffit d’un nom de lieu pour les faire revivre.

PruniersCes élèves québécois se sont envolés vers Kyoto il y a quelques jours. Ils arriveront en pleine saison des pruniers. Le gouvernement japonais leur a bien sûr organisé un horaire comme il en a le talent : chargé d’attractions et de superbes expériences à vivre. Ces dix jours en pays nippon seront assurément une expérience inoubliable pour ces jeunes. Et s’ils savent entretenir ce lien avec leur twin, les Québécois découvriront à quel point la fidélité japonaise perdure dans le temps.

Les frais sont entièrement assumés par le gouvernement japonais. Voilà une initiative qui a des coûts, mais qui nourrit les rêves de milliers de jeunes qui découvrent le monde, favorisant une ouverture d’esprit envers une culture différente. Quelle idée originale!

24 février 2014

Olympiques : les médailles en points

Les Jeux olympiques de Sotchi ont débuté en suscitant la controverse. Certains ont appelé les athlètes au boycott pour la désastreuse loi discriminant les homosexuels en Russie. D’autres ont dénoncé le montant horrifiant dépensé pour en mettre plein la vue (60 milliards). Je reste outrée qu’on bafoue ainsi les droits des homosexuels en jetant l’argent par les fenêtres. Il fallait dénoncer, et on a arrêté de le faire pendant les Jeux, peut-être saoulés par les médailles canadiennes. Les Jeux réunissent la planète pour qu’on admire les meilleurs sportifs. Peut-on aussi en profiter pour faire avancer l’humanité? La Russie ne l’a pas fait. Et moi, tout le long de ma fréquentation olympique, j’ai eu en arrière-goût amer la culpabilité d'encourager un pays que je désapprouve.

Je suis une fan des sports d’hiver. J’adore le patinage artistique et les commentaires enthousiastes de Goldberg. J’ai vu aussi les bosses, la planche à neige, le hockey. Le Canada a obtenu de belles victoires. Mais pourtant, le classement des médailles olympiques, le rang est déterminé par l’or uniquement. Le message est clair: non seulement les Olympiques, ce n'est pas la place de "l'important, c'est de participer", mais si vous n’obtenez pas l’or, vous ne comptez même pas. Ève Christian s’interrogeait là-dessus également: Est-ce si désolant d’être deuxième?

Regardez comment on a titré la médaille d’argent de Patrick Chan :
- La malédiction continue
- Patrick Chan trébuche…vers l’argent!
- Patrick Chan doit se contenter de l’argent
- La médaille d’or échappe à Patrick Chan

Bien sûr, je sais que Chan était un espoir sérieux pour la médaille d’or, étant donné son passé de champion du monde à répétition. Mais il n’a quand même pas échoué!

Étonnamment, on a couvert avec plus de bonheur la médaille d’argent de Dominique Maltais, comme si la déception aux Jeux de Vancouver jouait en sa faveur: elle a réussi à faire mieux!

Se rendre aux Jeux olympiques est déjà une victoire. Pourrais-tu aussi reconnaître que de gagner une médaille, peu importe la couleur, vaut son prix d’or? En hockey, un match nul compte pour un point, alors qu’un match gagné vaut deux points. Pourquoi n’accorde-t-on aucune valeur au 2e et 3e, à qui on donne pourtant des médailles?

Je me suis amusée à refaire le classement du comité olympique en accordant trois points à la médaille d’or, deux points à la médaille d’argent et un point à la médaille de bronze. Le résultat est plus juste et plus intéressant:

Tableau des médailles par points



La Russie domine toujours largement le palmarès avec ses 70 points. Mais le Canada monte en deuxième place selon le rang par points, alors qu'il est troisième au rang officiel. Les États-Unis et la Norvège se retrouvent ex aequo. Avouons que ce serait rendre un hommage plus juste aux athlètes d'argent et de bronze!

Finalement, j’ai beaucoup aimé retrouver les Jeux à la télévision publique. J’ai souvent utilisé leur application sur ma tablette et je n’ai qu’un seul reproche à leur faire: pourquoi Radio-Canada affichait le tableau du classement en anglais? Je croyais que cela était lié à une règle du comité olympique jusqu’à ce que je tombe sur une image de la télévision publique japonaise où les noms sont bel et bien écrits dans la langue locale (même celui de P. Chan!)… C’était donc possible d’écrire « Épreuve des bosses » au lieu de « Mogul skiing »? La technologie actuelle permet la prouesse de traduire en français « Cross-country skiing » par « Ski de fond » à l’écran? :P Je me demande alors ce qui a empêché Radio-Canada de traduire les tableaux. Peut-être le fait qu’au Québec, on s’en fout parce qu’on comprend de toute façon.

Au Japon aussi, on comprend les caractères anglais. Mais on respecte un peu plus les citoyens.