01 juillet 2015

La petite oubliée de la Pat Patrouille

À 4 ans, mon fils Léo est un grand fan des Pat Patrouille. Et je dois avouer que moi aussi. J’aime m’asseoir à ses côtés sur le divan et entonner la chanson du générique. Quand le chef Ryder envoie ses chiens en mission, je suis comme Léo : toute heureuse d’entendre la musique démarrer alors que les chiens dévalent la glissoire de la tour de contrôle. J’ai le cœur qui bat un peu plus vite, enthousiaste, même à 35 ans. C’est dire comment ces épisodes de 11 minutes sont bien faits.

Six chiens composent la bande de la Pat Patrouille : Chase, le chien policier; Marcus, le chien pompier maladroit; Ruben, celui qui aime creuser; Zuma, qui peut plonger de son aéroglisseur; Rocky, le débrouillard qui a de tout dans son camion de récupération et Stella (Skye en anglais), la chienne qui vole avec son hélicoptère. Du côté de la participation féminine, c’est assez peu : il y a une seule chienne. Mais il faut reconnaître que Stella est souvent de la partie : étant donné qu’elle est la seule à pouvoir voler, ses capacités sont importantes dans l’équipe, même si Chase et Marcus sont les principaux héros.

Une deuxième chienne apparaîtra dans la seconde saison (pas encore disponible en français), une husky nommée Everest qui conduit une grosse motoneige. Si le prochain membre de l’équipe est une chienne, ce n’est pas pour rien : on s’est rendu compte que les fillettes aimaient tout autant la Pat Patrouille que les garçons. Et c’est tant mieux parce que ça fait du bien de voir une émission de petits héros et héroïnes qui ne fait pas trop de distinctions dans les genres.

MariageLes choses se gâtent quand la machine marketing nous montre toute l’étendue de son sexisme. Si l’émission met la chienne en bonne place et en fait une membre à part entière de la Pat Patrouille, Stella est complètement absente des vêtements qui réunissent l’équipe sur les t-shirts de garçons. Alors que dans les t-shirts destinés aux filles, on retrouve bel et bien toute l’équipe. C’est qu’il ne faudrait surtout pas ajouter une touche de rose (car l’habit de Stella est rose) sur un vêtement masculin! Quelle horreur!

Quand je vous avais parlé des problèmes avec les personnages de Playmobil 1 2 3 et des choix de la langue française, je dénonçais surtout des injustices envers les filles. Avec ma chronique Le féminin n'inclut pas le masculin, j'avais commencé à aborder les injustices envers les garçons. Et ce choix marketing des Pat Patrouille confirme une chose très triste : les fillettes semblent avoir plus de liberté quant à leur choix de couleurs et de personnages. Même si dans cette émission, on les limite au rose, violet et turquoise, on les dépeint fortes, capables d’être dans une équipe de secours et de conduire des grosses machines. Et on accepte même que les fillettes qui regardent l’émission aiment Marcus et Chase, si jamais elles préféraient les policiers ou les pompiers, sait-on jamais! Mais les garçons n’ont pas cette liberté. Préférer Stella parce qu’un garçonnet aurait le rêve de voler, c’est impossible. C’est sûr que ça ne se peut pas : c’est une chienne! Tu ne peux préférer un personnage féminin quand tu es un vrai gars! Et pour être sûr que tu le comprends bien, aucun chandail qui présente l’équipe ne contient Stella. T’as compris le message, p’tit gars?

28 avril 2015

Guillaume Couture raconté par Serge Bouchard

Il y deux ans, Serge Bouchard m'a reçue à son émission Les chemins de travers pour parler du Japon. J'avais adoré cette entrevue parce que discuter avec un homme aussi passionné des autres cultures est toujours enrichissant. Je suis devenue une grande fan. Et je ne suis pas la seule!

À Lévis, le dimanche 26 avril dernier, 250 personnes ont assisté à la conférence de Serge Bouchard, écrivain, animateur et anthropologue, venu parler du premier habitant d’origine européenne à Lévis: Guillaume Couture (1618-1701). Une cinquantaine de personnes ont dû repartir bredouille, car la salle était pleine. Cette large assistance a fait plaisir à Monsieur Bouchard: « Ça fait beaucoup de monde qui vienne entendre parler d’histoire. C’est bouleversant, c’est étonnant, c’est peu commun. L’histoire n’est pas le premier sujet du roulement de nos vies, mais apparemment, vous êtes là, c’est réel. Donc il n’y a pas à se décourager, c’est intéressant de parler de l’histoire! »

Invité pour parler de Guillaume Couture, qui donne maintenant son nom au principal boulevard traversant Lévis, Serge Bouchard s’est montré heureux du changement: « La toponymie, c’est important. Toutes les villes devraient rafraîchir leur mémoire de temps en temps. » Guillaume Couture fait partie de la série des Remarquables oubliés, créée par Serge Bouchard. C’est le deuxième personnage de son livre consacré aux coureurs des bois, Ils ont couru l’Amérique, écrit en collaboration avec Marie-Christine Lévesque: « Guillaume Couture ne fait partie de l’histoire qu’on nous enseigne à l’école. On nous a présenté les missionnaires, ce qui était justifié parce qu’il y en a eu beaucoup. On nous a présenté les aristocrates, beaucoup d’aristocrates! Mais pas beaucoup d’Amérindiens, ni ce genre de personnages qui auront couru, qui auront démarré l’Amérique. C’est beau de voir l’histoire par la vie de ces gens-là. »

Arrivé de Rouen, en 1637, Guillaume Couture est menuisier et charpentier. Rapidement, il quitte Québec pour construire Sainte-Marie-au-pays-des-Hurons, dans la baie Georgienne. Totalement fasciné par la vie des Amérindiens, il les observe et apprend la langue. En 1642, il est fait prisonnier par les Iroquois, torturé, puis adopté. À l’image de ce qui arrivera à Radisson quelques décennies plus tard, Guillaume Couture devient Iroquois sous le nom d’Achirra. En Nouvelle-France, on le croit mort. Quelle surprise de voir Guillaume arriver à la conférence de paix des Trois Rivières en 1645: « Trois chefs se présentent en grande cérémonie avec tout l’apparat. Parce que dans ce temps-là, les signes ostentatoires étaient très appréciés! Un des trois chefs, c’est Guillaume Couture. Il annonce aux Français, en français, qu’il a conseillé aux Iroquois de faire la paix avec eux. »

Cette paix négociée durera un an. Entre temps, Guillaume Couture est le premier à obtenir une concession sur la seigneurie de Lauzon en 1647. Aucun colon d’origine européenne n’osait s’y établir en raison des passages occasionnels des Iroquois. Guillaume Couture est la personne tout indiquée pour y faire sa place: « Tout le monde est étonné, on s’attend toujours à ce qu’il se fasse tuer : les Iroquois vont venir! Oui, ils viennent. Mais ils ne tuent pas Couture... C’est leur ami. Quand les Iroquois visitent, c’est pour prendre le thé chez lui. »

Il se marie avec Anne Aymard en 1649 avec qui il aura dix enfants. Souvent, Guillaume quitte le foyer pour servir d’interprète: « Il chialait tout le temps et il était agréable seulement quand il voyageait. Alors ils vont l’envoyer en exploration. C’était la meilleure façon pour qu’il arrête de chialer à la maison! » Il fera diverses expéditions jusqu’à ses 50 ans. Par la suite, il restera à Lévis où il occupera plusieurs fonctions dans la ville naissante: capitaine de la milice, juge, marchand d’anguilles et de fourrures. Il mourra à 83 ans, ce qui prouve que « la vie rude ne tue pas », comme l’a souligné M. Bouchard.

Lors de sa conférence, Serge Bouchard n’a pas manqué de souligner d’autres personnages tout aussi fascinants, collègues et amis de Guillaume Couture: Nicolas Marsolet, Louis Jolliet, François Bissot. Il a rappelé que le premier tome des Remarquables oubliés est consacré aux femmes, Elles ont fait l’Amérique, soulignant avec aplomb et humour: « Les femmes ont fait l’Amérique pendant que les hommes la couraient, rien d’étonnant là-dedans! » Le troisième tome, prévu l’an prochain, sera entièrement consacré aux Amérindiens et s’intitulera Ils ont perdu l’Amérique.

Par sa conférence dynamique, Serge Bouchard a rendu l’histoire accessible et vivante. Il s’est désolé que les réalisateurs québécois ne parlent pas davantage de ces ancêtres plus grands que nature qui ont été à la base de notre société. Quelle fascinante série télé ferait la vie de Guillaume Couture, qui court de Québec à la baie Georgienne, du lac Mistassini au Labrador pour se terminer à Lévis… À bon entendeur salut!

21 avril 2015

Techno vintage

Ça m’arrive de plus en plus souvent quand je sors mon téléphone intelligent de susciter l’étonnement. « Oh! C’est quelle version? Fantastique! Ça me rappelle des souvenirs! » Un iPhone 3GS que j’étrenne depuis 2010, c’est maintenant une « antiquité » technologique. Et malgré tous les articles sur l’obsolescence programmée, combien d’entre nous se rendent vraiment à la limite du fonctionnement de leurs petites machines?

Il y a un problème quand on garde nos bebelles longtemps: on n’a plus très souvent ce plaisir de présenter nos nouveaux achats à nos amis. Et rapidement (les technologies se succèdent si vite), on devient « techno vintage », suscitant la nostalgie quand on sort notre vieil iPhone arrondi.

Et pourtant, avec tous les problèmes qu’engendre notre surconsommation, n’est-ce pas une attitude à développer? En l’honneur du Jour de la Terre, j’ai voulu me flatter dans le sens du poil et faire fuir ma culpabilité d’appartenir à l’une des populations qui pollue le plus la planète. Et je vous présente quelques-unes de mes machines vintages. C’est à la fois un choix ou tout simplement parce que ça coûte trop cher de changer tous ces appareils.

Je vous invite à embarquer dans le mouvement et à utiliser les mots-clics sur Facebook et Twitter #technovintage et #JourdelaTerre
Bien évidemment, ne nommez pas tout, on ne veut tout de même pas attirer les voleurs vintages.

De mon côté, j’utilise:

- depuis 2010, un iPhone 3GS (tellement cute!)
- depuis 2009, un PC (que je n’ai jamais eu à reformater)
- depuis 2008, un téléviseur ACL 32 pouces (oui, elle affiche encore)
- depuis 2007, une Toyota (elle ne lit même pas les mp3! Full vintage!)

Soyez fiers d’avouer que vous n’êtes pas si cool que ça et que vous possédez des vieilles machines!

Environnementalement vôtre,

Nomadesse

06 février 2015

We love Japanese Songs - la suite

MariageL'émission Médium large m'a reçue pour parler du prix, c'était une entrevue fort sympathique. Et le trophée est arrivé! Directement du Japon, nous avons reçu une grosse boîte très lourde. Alors que l'on croyait que le trophée offert par le concours We love Japanese Songs serait en plastique, nous avons sous-estimé le cadeau et quelle ne fut pas notre surprise en découvrant une très jolie étoile de cristal. Une belle façon de souligner ce début d'année à la japonaise. :)

27 janvier 2015

Les arts au Japon

Du 29 janvier au 25 février, je donnerai une nouvelle conférence dans les bibliothèques de la ville de Québec. Je termine tout juste le montage de cette présentation des arts au Japon. L'idée m'a été suggérée par des gens qui venaient assister à ma conférence Passion Japon et qui auraient aimé en apprendre un peu plus sur les arts. Mais je réalise que même en donnant toute une heure là-dessus, on ne fait qu'effleurer le Japon artistique. Au menu: théâtre, poésie, manga, origami, kimono, musique... Au plaisir de vous y rencontrer! Voici le calendrier des conférences.

03 janvier 2015

Special Jury's Prize - We love Japanese Songs 2015!

Nous avons gagné le prix spécial du jury! Nous avons été choisi par les chanteuses Nana Mizuki et Gille. Selon Nana Mizuki, "la voix est magnifique bien sûr, mais j'ai aussi été fascinée par le lieu et l'amour familial qu'il y a dans le vidéo, ça m'a touchée." Et Gille ajoute: "Je n'ai jamais visité le Canada, mais en voyant le film, ça me donne le goût d'y aller. Il y a tant de belles images." Wow! C'est très émouvant d'entendre ces commentaires et aussi de nous voir recevoir le prix, petit Léo sur les genoux. Il venait tout juste de se lever et on avait veillé toute la nuit pour l'enregistrement. :)



Nous avions envoyé une interprétation de la chanson Zankoku na Tenshi no Te-Ze, le thème de l'animé Evangelion. La vidéo a été tournée à la fin octobre, en compagnie de Léo, mais aussi de notre petite Émi qui patientait dans sa poussette, âgée de seulement trois semaines. C'est donc un vidéo rempli de souvenirs familiaux. Voici la version complète:



Pour entendre seulement la musique, ou d'autres interprétations japonaises-françaises, on s'est créé une page Yume sur Soundcloud. :)

Merci à tous pour vos votes! Valérie et Philippe

05 décembre 2014

We love Japanese Songs!

Trois semaines après la naissance de notre deuxième enfant, Philippe et moi avons décidé de participer au concours organisé par la NHK, la télévision publique japonaise, We love Japanese Songs!. Il fallait choisir une chanson japonaise qu'on aimait, l'interpréter et tourner un vidéo pour présenter tout cela. Nous avons choisi la chanson de l'animé Evangelion, "Zankokuna tenshin no Te-ze", un air dynamique que nous adorons interpréter en concert, même si elle est difficile car il y a beaucoup de mots et elle se chante très vite!

Pour accompagner cette chanson, nous avons profité du point de vue exceptionnel offert par Lévis sur le fleuve et la capitale, en pleine fin d'automne. Nous avons tourné des images avec notre grand garçon, et même si la petite pouponne est absente de l'image, elle est tout à côté de la caméra, dormant paisiblement dans sa poussette. :) Revoir ce vidéo reste donc un merveilleux souvenir d'un moment très particulier de notre vie familiale.

Il est possible de voter pour notre vidéo jusqu'au dimanche 7 décembre. Je vous invite donc à le regarder et à voter si vous le désirez. Je vous tiens au courant des résultats! Merci!

21 août 2014

Bárðarbunga, la nouvelle menace volcanique islandaise

ReykjavikL’Islande fait à nouveau parler d’elle. Depuis le 16 août, le Bárðarbunga s’agite. Et ce n’est pas un petit volcan : 200 km de long et 25 km de largeur. Sa dernière éruption remonte à environ 250 ans. À noter, il est situé sous le glacier Vatnajökull, le plus gros d’Islande, ce qui veut dire qu’une épaisseur d’un kilomètre de glace repose sur le volcan…

D’abord, ne faisons pas rire de nous comme lors de l’éruption du Eyjafjallajökull en 2010. Vous croyez que le Bárðarbunga est plus facile à prononcer? Question de perspective. Je vous invite à visiter ce très court vidéo qui vous enseignera en 11 secondes comment dire correctement le nom « ba-our-thar-boun-ka ». Bárðarbunga signifie « la bosse de Bárður » et, oui, il y avait bel et bien un esprit coquin chez le Viking qui a donné un nom à ce volcan.

BárðarbungaQuoiqu’il en soit, la bosse de Bárður menace. Depuis deux jours, on parle de 3500 tremblements de terre. L’image de gauche vous donne un aperçu : si j’ai identifié où est Reykjavík (à l’ouest du pays), j’ai jugé que vous trouveriez sans peine où est le Bárðarbunga et le glacier Vatnajökull. C’est la partie arc-en-ciel de l’Islande!

Quel est le danger? Évidemment, pour l’Europe, les cendres volcaniques d’un volcan tel que le Bárðarbunga seraient un nouveau casse-tête à gérer pour bien gérer les vols. Ensuite, pour les touristes, la région au nord du glacier a été évacuée hier, ce qui veut dire qu’il n’est plus possible de visiter cette région et ses attractions. Et tout cela à cause du risque de jökulhlaup, c'est-à-dire une crue intense qui dévaste tout sur son passage. Imaginez que le magma remonte suffisamment haut pour réchauffer le sommet de ce volcan couvert d’une croûte de 1000 mètres de glace… L’eau fond et forme une poche qui se déverse subitement, suivant souvent les rivières déjà existantes. Si cela advenait, on estime qu’entre 5000 et 20 000 mètres cubes d’eau par SECONDE rejoindraient Ásbyrgi en 9 heures, un parc national reconnu, ou Myvatn, grand lac entouré de volcans. Ces sites touristiques ne sont pas fermés, mais on incite fortement les touristes à consulter l’actualité à toutes les six heures, au cas où…

Bárðarbunga evacuationFinalement, pour les Islandais, la menace du Bárðarbunga a aussi une conséquence : l’opération « ramassage de moutons » est en cours. Habituellement, on laisse les moutons se promener librement sur tout le territoire islandais, puis vers la mi-septembre, on parcourt la nature du pays pour rassembler les bêtes afin de les diviser par fermes (ils sont tous identifiés par couleur). Évidemment, les fermiers ne veulent pas courir le risque de perdre leurs animaux lors d’une inondation monstrueuse ou à cause de cendres toxiques.

Pour l’instant, le magma est à 7-10 kilomètres sous la surface et il ne semble pas bouger. Mais l’inquiétude subsiste à cause des tremblements de terre.

Vous êtes curieux et vous aimeriez surveiller vous-même le volcan? Une webcam a été installée à 30 kilomètres et pointe son regard sur le Bárðarbunga. Si vous parlez anglais, il est également possible de suivre Alda Sigmundsdóttir sur Facebook, une auteure et blogueuse qui parle régulièrement de la situation.

Dire qu’il y a un an, nous quittions vers l’Islande pour débuter notre voyage. Peut-être qu’un an plus tard, nous n’aurions pas pu prendre l’avion…

13 août 2014

L’été, c’est fait pour travailler (aussi)

L’été, c’est fait pour travailler (aussi) Les vacances sont terminées et la liste des choses à faire est ressortie, tout près de mon bureau… Bébé no 2 est prévu pour le milieu octobre, je me lance donc dans le dernier blitz de mon étude sur les papas qui travaillent en informatique et jeux vidéo pour finir les entrevues avant le début octobre. Vous connaissez des pères qui seraient intéressés à faire partie de ma recherche? Voici l’invitation et les critères:

Papa 2.0 - Les pères québécois et les congés parentaux

Ma recherche porte sur l'utilisation des congés parentaux des pères québécois qui travaillent dans les TI. Je cherche à comprendre comment permettre une meilleure articulation entre l’emploi et la famille en éclairant les besoins en conciliation travail-famille des pères, et permettre aux entreprises de mieux faire face au vieillissement de la population québécoise.

Pour réaliser ces travaux, il me faut recruter des participants sur une base volontaire et je sollicite votre collaboration.

Pour participer à cette étude, vous devez:

- avoir eu un enfant après 2006
- travaillé ou avoir travaillé dans le secteur des technologies de l’information (TI)

L’entretien, d'une durée estimée entre une heure et deux heures, se déroulera sur le ton de la conversation ordinaire et sera enregistré (audio seulement) dans le but de retenir le maximum d’informations. Les thématiques aborderont le statut familial (couple, soutien familial) ainsi que diverses questions à propos du travail (avant la naissance, pendant le congé, au retour).

Des mesures seront mises en place pour assurer votre anonymat: votre nom, ceux de vos collègues ou de votre entreprise seront effacés de l’étude. Les entrevues seront réalisées en dehors des heures de bureau et du milieu de travail. Il ne sera pas possible pour votre entreprise d’identifier les employés qui auront participé et de consulter les entrevues.

Si vous souhaitez participer à cette étude, n’hésitez pas à communiquer avec moi: valerie.harvey.3@ulaval.ca.

Je vous remercie de considérer cette demande,

Valérie Harvey
Candidate au doctorat en sociologie

Cette recherche est réalisée sous la supervision du directeur de thèse Gérard Duhaime (418-656-2131 poste 2997), professeur de sociologie à l'Université Laval, et de la codirectrice Diane-Gabrielle Tremblay (514-843-2015, poste 2878), professeure en économie et gestion de la TÉLUQ. Ce projet a été approuvé par le Comité d’éthique de la recherche de l’Université Laval : No d’approbation (2013 273), le 03-02-2014.


C’est officiel en titi, hein? ;) Il me reste environ 10 entrevues à faire avant de me lancer dans l’analyse des données en 2015, puis l’écriture de la thèse. N’hésitez pas, ce sont toujours des rencontres très sympathiques! :)

Valérie

11 août 2014

Acheter un livre québécois

La Pomme de JustineDepuis quelques années, nous sommes plusieurs à regarder la provenance des aliments que l’on achète.

- Achète donc des gousses d’ail...
- De la Chine ou du Québec?
- Tiens, je ne savais même pas que ça se cultivait ici, cette plante-là. Et le prix est à peu près le même.
- On va prendre du Québec d’abord, c’est sûr et certain que c’est plus frais!

Sans compter qu’on encourage un agriculteur d’ici et qu’on a épargné quelques litres d’essence pour transporter l’ail de la Chine à notre panier! Penser local, c’est entré dans les mœurs de plein de familles.

Passion JaponCertains poussent l’audace jusqu’à regarder la provenance de leurs vêtements. Je dois avouer que depuis la tragédie de l’usine effondrée, je me sens mal quand je lis « Made in Bangladesh ». J’hésite.

Mais pour le livre, cette merveille qui réunit l’imagination et le cœur d’un ou d’une auteur(e) en quelques feuilles de papier, on n’y pense pas. On se pose rarement la question : est-ce un livre québécois? Les images sont belles, on en a parlé à la radio, il est en solde, ça a l’air bon, bref on achète un livre par émotion, souvent sur un coup de tête.

Le Pari impossible des JaponaisesJe me souviens de ma troisième session de littérature au cégep où je devais lire nos grands classiques québécois, pour la première fois de ma vie. Si une chose m’avait marquée, c’est que j’aimais les vieux récits des « Canadiens français » sur leurs terres, mais pas beaucoup la période de l’exode vers les villes. Question de goût. Qu’on ne se surprenne pas que je sois une grande fan de la série des Remarquables oubliés, où on nous raconte ces femmes qui ont fondé notre pays ou ces hommes qui ont couru l’Amérique! Mais après cette session, j’avais lu bien peu de littérature contemporaine québécoise. Et je n’avais aucune incitation particulière à acheter un livre québécois plutôt qu’un français ou un américain traduit.

C’est peut-être le fait de devenir écrivaine qui m’a changée. La réalisation que le nombre de livres vendus est si petit que c’est à peine si on peut payer les frais d’envoi des manuscrits à un éditeur avec les droits d’auteur… Heureusement qu’on écrit par amour.

Ou encore, c’est parce que j’ai commencé à lire des romans et des essais québécois que ça m’a donné le goût d’en lire encore plus. Parce que ces livres parlaient ma langue, évoquaient des lieux que je connaissais moi aussi ou bien me faisaient voyager ailleurs, mais avec le regard de quelqu’un qui était tout proche de moi culturellement.
Les découvertes de Papille au Japon
Ou c’est peut-être parce que j’ai un garçon de trois ans qui aime les livres. Et que je me suis dit que tant qu’à lui procurer des livres pour enfant, aussi bien fouiller ce qui se faisait ici. Quel plaisir nous avons avec les dessins de Bellebrute, la poésie d’Édith Bourget ou l’originalité de Mireille Messier (franco-ontarienne, j’étends mes critères!)

Bref, goûter à la littérature d'ici, c’est se donner le goût d’y replonger, de vouloir en reprendre : c’est comme le sirop d’érable.

Gourmande, je le serai, et pour la journée J’achète un livre québécois le 12 août, je me ferai plaisir. Et tout le reste de l’année aussi, tiens, j’y penserai.

Je vous souhaite de belles découvertes!