14 février 2019

L’amour, c’est l’amour: LGBT au Japon

J'ai vu tous les jolis messages de vœux de Saint-Valentin circuler sur les fils des réseaux sociaux, j'ai donné des becs à mes enfants et mon chum, j'ai téléphoné à mes parents, la fête de l’amour bat son plein avec ses cœurs et ses chocolats. La Saint-Valentin est sans doute la fête la plus privée de l’année, celle des mots susurrés et des sourires.

Au Japon, cette fête prend un tout autre sens cette année avec le dépôt d’une poursuite contre le gouvernement japonais par 13 couples homosexuels qui en ont assez de se faire dire qu’ils n’existent pas. Cela s’ajoute à Gemma Hickey, Canadien au passeport non genré X, qui est venu visiter le Japon, ce pays où son statut est impossible.

L’homosexualité est légale au Japon depuis 1880, mais le pays ne reconnait pas que ces couples puissent former une famille, encore vue comme une unité où il y aura des enfants. C’est ce qu’exprimait publiquement la députée Mio Sugita lorsqu’elle a affirmé que les gens LGBT sont « improductifs » parce qu’ils n’ont pas de descendants. Le reste de son propos donne une bonne image de l’étiquette qu’a l’homosexualité au Japon: davantage perçue comme une « phase » qu’expérimentent certains adolescents avant de devenir « matures » et d’avoir des vies « normales » avec une personne du sexe opposé.

Les choses bougent toutefois, doucement. Il y aurait 1 Japonais sur 11 s’identifiant comme LGBT, selon un sondage Dentsu. Ensuite, les propos de la députée Sugita ont été fortement dénoncés. De plus, des municipalités ont mis en place une forme d’union qui se rapproche des droits des couples mariés. Et finalement, la décision en janvier dernier de la Cour suprême est perçue comme un pas vers l'avant par Usui, celui qui l’a déposée, même si cette décision confirmait que pour tout changement de sexe, la personne devait avoir été opérée et stérilisée, en plus de ne pas être marié et de ne pas avoir d’enfants mineurs. Le dernier point me semble intéressant car il sous-entend que la vie avec un parent vivant une dysphorie de genre est préférable que de le voir prendre les moyens pour aller mieux… Cette confirmation de la Cour suprême (car les juges n’ont fait que confirmer ce qui existait déjà) peut être interprétée comme un léger progrès car les juges ont, pour la première fois, fait part de « doutes » sur ces restrictions, arguant que la société change, ce qui pourrait amener les lois à le faire aussi dans le futur. La porte reste fermée, mais la fenêtre vient de s’entrouvrir.

Les couples LGBT font les choses à leur manière pour sensibiliser les gens comme ce superbe projet d’amoureuses: Les 26 mariages à travers le monde. Vous pouvez les suivre sur Instagram 26回結婚式💐26TimesWedding. À travers une campagne de sociofinancement, les étudiantes Misato Kawasaki et Mayu Otaki expliquent en détails ce que signifie LGBT, les pays où on permet le mariage, pourquoi cela est important de reconnaître les couples de même sexe… Leur projet est de visiter les 25 pays où il est possible de se marier, de prendre des photos (et non pas de se marier 25 fois, imaginez les procédures!) et de terminer avec Taïwan où le débat est vif sur ce sujet. Je les suis sur Instagram, j’ai aussi contribué à leur campagne de sociofinancement (ce qui n’est pas facile si on ne parle pas japonais, malheureusement). Je trouve leur idée mignonne et très efficace pour attirer l’attention. De cette manière douce, je crois qu’elles réussiront à faire avancer cette cause. Car, comme le dit leur slogan, love is love. Et c’est la bonne journée pour s’en souvenir. Bonne Saint-Valentin à tous et à toutes!

Mise à jour (18 février 2019): Après un an de recherche de fonds, le projet 26回結婚式💐26TimesWedding a été annulé par les organisatrices. Il n'est pas facile de rendre réel une telle idée, mais je crois tout de même que d'y avoir investi temps et énergie aura permis de faire discuter les gens, de faire quelques pas.

12 février 2019

La poétesse Misuzu Kanéko

C’était un vieux rêve, datant de mon premier retour du Japon, à la fin de 2006: faire connaître Misuzu Kanéko. Je venais de découvrir cette poétesse par un livre que ma professeure de Kyoto m’avait offert. Les images qui accompagnaient les poèmes étaient pleines d’innocence, me rappelant les couvertures surannées de la Bibliothèque rose.

Mais les poèmes, oh les poèmes!, allaient beaucoup plus loin que la naïveté de l’enfance. Ils étaient à la fois simples, courts, avec de jolis jeux de langue, donc accessibles aux enfants; mais abordaient les sentiments avec toutes les nuances des couleurs de la vie d’adulte.

- L’impossibilité d’être autre chose que soi-même qui permet de s’émerveiller de soi et des autres (L’oisillon, la clochette et moi)
- La difficulté de vivre ensemble et… l’importance d’être bien entouré (Es-tu seulement l’écho?)
- Le jeu qui nous libère un instant de la réalité (Le cerisier de la montagne)
- Qu’il y a plus que ce que les yeux perçoivent (Les étoiles et les pissenlits)
- La nostalgie heureuse de la voix de sa grand-mère (Le chant de grand-maman)
- L’éternité des événements (Le feu d’artifice)
- L’importance du rite pour laisser place à la tristesse du deuil (L’enterrement de la baleine)
- L’insatisfaction humaine à travers la place d’un flocon de neige (La neige qui s’accumule)
- Le « toutte est dans toutte » de Raoul Duguay (Les abeilles et les dieux)
- La beauté émouvante de la liberté perdue (La grue)
- La transformation et ses nécessaires gains et pertes (L’âme de la fleur)
- Le support des souvenirs (Le rire)
- L’irrépressible envie d’aimer (Tout aimer)

Ce sont les treize poèmes que l’illustratrice Rieko Koresawa et moi avons choisi de traduire pour cet album. Nous en avons préféré certains car ils étaient très connus au Japon, mais d’autres parce qu’ils étaient inspirants pour nous, pour notre époque. En traduisant, j’ai voulu rester le plus proche possible du jeu des mots, cherchant à les renouveler en français, ou encore en gardant les répétitions. Ce fut très difficile de trancher quand venait un mot typiquement japonais, qui rappelait un vêtement ou un conte traditionnel, par exemple. Le public étant les enfants, j’ai priorisé leur compréhension, parfois au détriment d’une traduction plus littérale. Je voulais qu’ils puissent apprécier la poésie de Misuzu Kanéko autant qu’un enfant japonais le pourrait. L’éditeur a accepté de mettre les versions japonaises des poèmes, ce qui permettra aux enfants francophones de s’amuser à prononcer le japonais, mais aussi à tous les étudiants de cette langue de critiquer mes choix de traduction!

C’est une poésie lumineuse, qui regarde la nature avec des émotions parfois éclatantes, parfois déchirantes. Les illustrations magnifiques de Rieko transmettent parfaitement ce regard que nous partageons sur la poésie de Misuzu. La vie de cette poétesse ne fut pas un long parcours tranquille et heureux, mais la charge dramatique de son quotidien n’est pas si évidente dans ses poèmes. Peut-être parce que Misuzu Kanéko trouvait dans son écriture un réconfort lui permettant de reconnecter avec les petites joies parsemées dans son univers et ses désirs d’une vie plus belle.

J’espère que vous vous serez aussi émerveillés que moi par les mots de Misuzu Kanéko! Et par les somptueux dessins qui les accompagnent! Le livre est disponible depuis peu, mais il est déjà coup de cœur chez Renaud-Bray! Wow!

J’en profite pour vous inviter à deux événements qui auront lieu à Lévis: une conférence pour les enfants le 7 mars, et un lancement/conférence avec l’illustratrice le 20 mars. Au plaisir de vous rencontrer!

10 février 2019

Doctorat à l'unanimité

Je m’y suis préparé attentivement, relisant ma thèse écrite l’été dernier, révisant la théorie, préparant le diaporama Powerpoint, consultant ma codirectrice, discutant avec la psychologue pour gérer le stress, triant les critiques et réfléchissant aux contre-arguments. J’ai multiplié les rencontres et les lectures. J’ai fait mon exposé à un public invisible dans mon salon plusieurs fois cette semaine. J’ai eu l’impression d’affuter des lames invisibles, comme le gladiateur partant à son dernier combat, qui sait fort bien que l’adversaire est plus grand et plus fort.

Jeudi dernier, j’ai réalisé que ce doctorat, que j’ai globalement aimé faire, était devenu, avec sa finale interminable, un frein. Alors peu importe le résultat, j’allais faire de mon mieux, mais mettre ces sept années derrière allaient sûrement me faire un grand bien.

La soutenance fut intéressante. Je dirais même qu’après le premier tour de questions (les plus difficiles dans mon cas), le deuxième tour ressembla davantage à une discussion élargissant ma recherche dans des domaines connexes: paternité, masculinité, regard sociologique. C’est clairement un moment que j’ai apprécié, même si je n’avais pas pu me préparer pour faire face à ces questions. Mais comme ce sont des sujets qui m’intéressent beaucoup, je continue à lire et à réfléchir autour de ces thèmes. J’avais donc des pistes de réponses.

Toutefois, quand j’ai reçu le verdict de la remise du doctorat à l’unanimité des jurés, j’étais non seulement heureuse, mais très surprise. Cela signifie que j’ai réussi à convaincre les deux jurés qui avaient coché que cette thèse n’était pas suffisante pour être soutenue! Le vin dégusté par la suite, Vendange Tardive du Vignoble du Marathonien, était donc sucré et doux, comme le résultat! :) Ah ah ah!

Merci, merci, à tous ceux et celles qui m’ont supporté dans cette finale. J’ai eu beaucoup d’hésitations avant d’exposer publiquement ces difficultés, y voyant des failles et des faiblesses qui tranchaient avec la joie et l’exubérance de mes récits de voyage, mais je ne regrette pas de l’avoir fait, car j’ai reçu beaucoup de messages qui m’ont portés par la suite.

Si vous êtes intéressés à lire un article scientifique relié à ma thèse, il y en a un disponible en libre accès. Il est en anglais, désolée. J’en ai un autre en français, mais il n’est accessible qu’aux universitaires ou sur demande pour l’instant (accès restreint). Je vous mets le lien, écrivez-moi un message si vous voulez le recevoir.

Paternity leave in Québec: between social objectives and workplace challenges (lecture disponible)

Papa 2.0 au Québec. La légitimité du père dans l’utilisation des semaines parentales (sur demande seulement)

Et maintenant? Que ferai-je? Eh bien, j’attendais que cette soutenance soit passée pour vous annoncer plein de bonnes nouvelles, alors les prochaines semaines seront remplies de positif!

Comme je suis insatiable quant aux études, je pense même faire une demande de bourse postdoctorale pour me pencher sur les mangas japonais cette fois. De la même manière que je me suis amusée à le faire dans cet autre article scientifique qui vient de paraître:

La représentation des valeurs japonaises dans le manga Naruto (lecture disponible)

Une chose est sûre, je n’aurai jamais fini d’apprendre, que ce soit par les études, les chroniques à la radio, les rencontres, les livres. Youppi!

22 janvier 2019

S.O.S. Soutenance difficile à venir

Le 8 février prochain, à 9h, au local 3244 de Charles-de-Koninck de l’Université Laval aura lieu ma soutenance de thèse. Et ça s’annonce mal.

C’est un cri du cœur. Venez, s’il vous plaît. Venez nombreux. En support et comme témoins de ce procès qui aura lieu et où, soyons honnêtes, je serai pratiquement seule.

Normalement, une soutenance de thèse est un événement stressant, certes, mais aussi la finale réjouissante d’un long processus visant à transformer un étudiant en un spécialiste de sa discipline. Devant ses pairs, c’est-à-dire des professeurs qui deviennent jurés, l’étudiant présente alors sa recherche, le processus ayant mené à ses résultats, avec ses failles et ses apprentissages, pour ensuite répondre aux questions sur ce qui aurait pu être mieux fait. L’étudiant doit aussi justifier ses choix qui ont nécessairement mis de côté d’autres possibilités.

Le 8 février prochain, vous aurez l’occasion d’assister à une soutenance hors de l’ordinaire. Vous aurez peut-être même l’occasion de voir les jurys s’entendre pour faire échouer une étudiante qui en est à sa 7e année d’études. C’est une possibilité réelle puisque deux des quatre jurés présents (le 5e juré, mon directeur, est en congé maladie) ont déjà jugé la thèse comme irrecevable et non soutenable.

Pour les jurés, ma soutenance a donc pour but de répondre à cette unique question : Mais pourquoi donnerait-on à cette fille le titre de docteure en sociologie alors que le document présenté est insuffisant?

Comment a-t-on pu en arriver là, me demanderez-vous? C’est une question que je me pose moi aussi. J’ai quelques éléments de réponse que je n’exposerai pas tous ici. En résumé, il y a clairement eu un manque d’encadrement et de suivi de la part de mon département dans cette histoire. Depuis trois ans et demi, je me débrouille à peu près seule pour analyser, écrire et réécrire. Malgré cet accompagnement insuffisant, j’ai réussi à pondre une thèse « passable » (rapports d’évaluation reçus en octobre 2017 après mon 1er dépôt initial).

Cette thèse passable a permis de pondre trois articles scientifiques qui ont été ou seront publiés très prochainement. Soupir. Si j’avais décidé, quelques années auparavant, d’opter pour une thèse par articles, j’aurais donc déjà terminé puisque les critères sont de rédiger trois articles…

En octobre 2017, les jurés s’entendent pour me laisser faire un 2e dépôt initial avec des modifications majeures. Je suis désespérée: la thèse que mon directeur avait qualifié d’excellente en avril est à refaire, et je n’ai plus de directeur (en congé maladie). On me donne accès à une professeure qui fera le suivi pour que ma thèse se conforme à ce que les jurés ont demandé.

Je déplace des sections pour que ma thèse ressemble davantage à un texte académique avec les parties traditionnelles classiques (je m’étais entendue avec mon directeur auparavant pour la faire davantage comme un essai, mais cela n’a pas plu). Je supprime tout ce qui sort du cadre sociologique (exit les références à la biologie et la neuropsychologie), je me concentre sur le Québec (en retirant les quelques comparaisons au Japon ou l’Islande), j’étends la problématique pour parler davantage de la transformation de la famille et de la place du père, donnant un tout autre angle à l’analyse…

Si, officiellement, je suis inscrite à temps plein à l’université, je ne peux pas passer autant d’heures à la rédaction que lorsque j’étais véritablement étudiante. J’avais déjà accepté d’être professeure de japonais dans deux écoles de la ville de Québec. C’était la première fois, alors j’ai eu trois cours à monter de A à Z…

Je travaillais aussi comme assistante de recherche. Et comme je voulais consacrer quelques jours de la semaine pour la thèse, mon chum s’est remis à temps plein pour que le revenu soit suffisant. Il travaille à Québec et se rend au travail en transport en commun. Résultat indirect de son temps plein : la charge complète de la maison m’est revenue, car il est déjà parti quand les enfants se lèvent et il revient après eux. Alors on s’entend que 2018 fut une année très difficile. Physiquement et émotionnellement.

Par chance, le Japon m’a permis de décrocher de cette routine éreintante pendant trois mois. Je me suis consacrée à étudier, étudier seulement, sans avoir d’autres soucis que d’étudier.

Le retour est difficile, car j’ai été frappée de plein fouet par la réalité: ce n’est pas terminé. La moitié des jurés font complètement abstraction du contexte (problèmes d’encadrement) pour juger la 2e version de ma thèse. Or le contexte a teinté la thèse, il est présent à l’intérieur du texte.

S’attendre à une thèse du même niveau que celles des autres étudiants semblent une chose objective. Or lorsque les conditions qu’on a donné à un étudiant ne sont pas les mêmes que celles auxquelles ont eu droit les autres étudiants, cela devient complètement injuste.

Je le répète : j’ai besoin d’avoir un public qui pourra me supporter, qui sera là. Je veux vous parler, vous présenter cette recherche absolument fascinante sur la manière dont les pères québécois s’impliquent dans leur famille et ce que ça veut dire pour notre société. J’ai adoré faire cette étude.

Le point final ressemblera peut-être à la chute d’une haute falaise, où je serai poussée avec enthousiasme par mes pairs!, mais au moins la randonnée fut, la plupart du temps, fort belle. Difficile, mais fascinante.

Mais il y a de sérieux problèmes à régler à mon université. Pour qu’une étudiante doive lancer un cri du cœur sur son blogue afin qu’on vienne en masse la voir échouer une thèse encadrée ainsi, il faut que le processus ait des manquements.

Advienne que pourra.
Et pour ceux et celles qui viendront : merci d’avance.

04 janvier 2019

Naha et cuisine okinawaïenne

On poursuit notre découverte d’Okinawa ensemble? On passait deux nuits au resort, alors dès le lendemain matin, c’était le temps de faire les valises et de partir! Notre amie Megumi est venue nous chercher en voiture pour nous amener à Naha, la ville principale. Comme elle habite Okinawa, nous n’avons donc pas eu l’humiliation de louer une voiture avec l’autocollant « Un étranger conduit » apposé dessus (ce n’est pas une blague…) On a fait un détour au musée Sakima, blotti contre la base militaire américaine controversée de Futenma. On a discuté avec le directeur, c’était fort intéressant, Léo avait beaucoup de questionnements sur la situation d’Okinawa.

On est allés manger au restaurant du Château Shuri, c’était absolument délicieux. Je suis fan de la nourriture okinawaïenne, surtout des sobas! Le jus de shiquazar, l’algue mozuku, le concombre amer gôya (margose), le délicieux tofu jimami aux arachides et les multiples desserts à la patate douce violette (béni-imo) sont dans mes coups de cœur aussi!

Le château de Shuri en est à sa 4e reconstruction, la dernière après la Deuxième Guerre mondiale qui a grandement affecté Okinawa. Son architecture et sa couleur rouge le rendent très différent de ce qu’on peut voir ailleurs au Japon. On a visité l’intérieur aussi, les maquettes représentant la visite de l’Empereur chinois au roi des Ryūkyū (l’ancien nom du royaume okinawaïen, avant l’annexion au Japon en 1879). L’histoire de cet archipel d’îles est aussi intéressante que sa culture ou sa gastronomie!

Megumi nous a ensuite amené au marché de poissons où Émi me collait fort en me disant qu’elle avait peur « des bebittes ». En effet, les crabes et homards n’hésitaient à sortir une patte ou deux des bacs, parfois même à marcher par-dessus les autres. C’était fort impressionnant. Megumi nous a quitté par la suite et nous sommes allés à notre nouvel hôtel, qui fut sans doute le plus beau de notre séjour! Tout à côté du monorail, avec une partie sur un sol de tatamis, du verre coloré d’Okinawa pour boire notre eau, du thé: on s’est bien reposés.

Le lendemain matin, on est repartis vers l'aéroport, le chauffeur de taxi nous a fait jouer une radio du Québec avec de la musique traditionnelle! Le vol vers Osaka a duré moins de deux heures, on a pris un taxi jusqu’à notre hôtel près de la gare du shinkansen… Ouf! Quelle chambre minuscule! Deux lits doubles qui ressemblent plus à des lits simples pour quatre personnes… Enfin. Par chance, la professeure des enfants, Mika-sensei, est venu éclairer notre soirée, nous rejoignant après un excellent souper de tempura et soba. Elle a fait le trajet de Kyoto pour venir nous saluer une dernière fois.

À quoi a ressemblé le retour? Eh bien, accrochez votre ceinture… Départ le matin en shinkansen, deux heures trente vers Tokyo à 300 kilomètres heure, avec des paysages enneigés dignes du Québec (une vague de froid a couru sur l’île principale pendant notre séjour au sud); puis transfert dans le train express vers l’aéroport pour une heure; récupération des 7 valises envoyées, enregistrement de toutes ces valises-là (plus une); passage de la sécurité, attente puis embarquement. Le vol de 12 heures vers Montréal a démarré à 17h55! Ça s’est très bien passé, ça a semblé moins long qu'à l'aller. On est arrivés à Montréal à 15h30 (la même journée), retour dans le temps! Récupération des valises, passage des douanes, récupération de la voiture de location et trajet de trois heures vers Lévis… La journée fut longue, très longue, mais heureusement, tout s’est bien passé! Les enfants soulignaient chacune des étapes en tapant dans nos mains et ils étaient très contents d’arriver.

Depuis le décalage horaire frappe fort. Le soir, les enfants pleurent pour aller se coucher, ils ont les yeux dans la graisse de bine. Ils ont pogné de la toux, de la fièvre, du mal de gorge (pharyngite), qui semble aussi transmis aux adultes… Bref, on n’est pas forts côté santé. Pas étonnant que les nouvelles décourageantes sur mon doctorat m’atteignent autant: j’avais comme la porte grande ouverte pour cela!

Merci à vous tous et toutes d’avoir suivi nos aventures! Les nouvelles se feront un peu plus espacées maintenant, mais je continuerai de vous tenir au courant!

C'est la nouvelle année. Je vous la souhaite bonne, très bonne et douce. En pleine santé physique et mentale. Et dans un cocon d'amour.