11 décembre 2018

Les saintes kairos chauffantes

Il fait 4 degrés la nuit et 9 degrés le jour. D’une semaine complète à 17 degrés, Kyoto est passée d’un coup à ce qu’on appelle ici « l’hiver », c’est-à-dire « l’enfer ».

Les gens au Québec me diront que je me plains pour pas grand chose. Mes parents me racontent les -22 et j’ai vu des images de la neige qui s’accumule. Mais les maisons québécoises sont isolées. C’est un concept à peu près inconnu ici.

La maison que nous avons louée est posée directement sur le ciment de la fondation. Le sol est donc glacial (et on s’assoit par terre, sur des petits coussins, pour manger). Les murs et les fenêtres laissent entrer l’air extérieur en courants constants. Le chauffage est en fait l’air climatisé, installé près du plafond. L’air chaud qui en sort reste donc en hauteur, ne venant pas réchauffer les pauvres habitants assis au sol. La toilette est située dans une pièce non chauffée. À chaque fois qu’on ouvre la porte pour s’y rendre, encore plus d’air froid entre dans la pièce « chauffée ».

Le matin, quand je me lève avant les autres, il fait donc environ 15 degrés en bas, même si j’ai laissé le « chauffage » allumé toute la nuit. J’utilise un bon vieux truc des résidences universitaires: je fais les toasts et ensuite, je pars le mini-four pour un vingt minutes supplémentaires (sans faire cuire quoi que ce soit, juste pour faire un peu de chaleur). J’arrive à monter la température moyenne à 20 degrés après une heure ou deux (mais au sol, il fait plus froid bien sûr).

Dehors, ça se supporte bien sûr. Mais on est en habits d’automne, étant donné que je n’ai pas apporté nos gros manteaux. On achète donc des kairo, des petites pochettes qui se mettent à chauffer dès qu’on les expose à l’air. Il y a les petites pour les mains, celles pour les souliers, d’autres à coller dans les vêtements. Elles peuvent atteindre 63 degrés, durer une douzaine d’heures. Lorsque mon amie d’Okinawa est venue, elle en a acheté et nous les a laissées. On est devenus des fans! Vive les kairo, petites pochettes bénies remplies de poudre de fer réactives à l’air! Alléluia! En les serrant, j’ai un court moment de soulagement, comme lorsque je serre ma tasse de thé chaude!

On dit que les Japonais ont une tolérance au froid beaucoup plus grande que la nôtre et c’est vrai. Ils sont habitués très jeunes, comme les Islandais d’ailleurs, à sortir moins habillés dans des températures assez fraîches. Le port de l’uniforme dans les écoles contribue au fait qu’on n’a pas le choix de son habit pour affronter la température et qu’on apprend donc à endurer. Mais à voir le nombre d’avertissements derrière les petites pochettes chauffantes, qui peuvent causer de légères brûlures si elles sont appliquées directement sur la peau ou si on dort avec, les Japonais ont froid aussi!

On pourrait profiter d’un kotatsu (une table avec une couverture chauffante), de planchers chauffants (ça existe ici aussi) ou d’une chaufferette (un heater). Ça aiderait! Mais pour les deux semaines qui nous restent, nous n’en ferons pas ces achats.

Deux semaines. C’est tout ce qu’il me reste de cours. Quand je pensais à Noël en arrivant, je me disais que ça prendrait du temps. Mais non, on y est déjà. Et j’aurai bientôt terminé les cours. Je ne serai plus obligé de réviser chaque soir, de taper mes notes, de faire les devoirs, d’aller en classe, de réviser pour les examens… C’est triste. Car je sais que j’aurai beaucoup moins de temps après pour continuer à apprendre le japonais. C’était une période toute particulière que nous ne pourrons pas répéter. Nous en avons profité pleinement, en le sachant très bien.

Les lundis et mercredis, j’ai commencé à rencontrer une amie que j’aide en français, alors qu’elle m’aide en japonais. C’est tellement agréable! Elle a habité au Québec, elle est maître en calligraphie, on s’amuse beaucoup ensemble.

Jeudi dernier, je suis allée à Sonobe (une trentaine de minutes de Kyoto) pour visiter un vignoble. C’était fort intéressant et j’ai posé plein de questions!

Vendredi, nous avons visité le Musée international du manga de Kyoto. J’ai adoré le lieu: une vieille école primaire reconvertie en musée, remplie de mangas qu’on peut lire dans plusieurs langues. Émi et Léo se sont assis et c’était presque la chicane pour les sortir de là! On peut prendre un abonnement mensuel ou annuel car le musée est aussi une bibliothèque. Très bon concept pour les amoureux de ce genre!

En soirée, je suis sortie avec Léo pour revoir des anciennes étudiantes (devenues grandes). Avant de se rendre au restaurant, on a beaucoup marché. La gare de Kyoto est toute illuminée pour Noël: des jets d’eau lumineux avec de la musique, un immense sapin, 15 000 DEL dans les marches… Ensuite, on a mangé des immenses crêpes et Léo a beaucoup ri en jouant avec le cellulaire de Rinka-chan.

Samedi, je suis allée chez la coiffeuse et ensuite au Meet-up organisé par mon amie Akiko. J’ai rencontré deux autres Japonaises et nous avons parlé toute la soirée. C’était très agréable.

Dimanche, nous avons revu Ken-ichi-san, mon assistant japonais dans les cours que je donnais l’an dernier au Centre japonais de Québec. Il vit maintenant près de Nagoya et il est venu passer la journée avec nous. Il connaissait peu Kyoto alors on a servi de guides, visitant le Kitano Tenman-gu avec ses vaches porte-bonheur pour les études (photos pour marraine!) et nous avons fait une longue promenade à Arashiyama pour revoir le Daikaku-ji, découvrir le Gio-ji et marcher jusqu’au pont qui traverse la lune (le Tôgetsu-kyô) éclairé tout spécialement en ce moment. Nous avons mangé des ramens dans une petite échoppe où un vieux couple très gentil nous gâtait… Un beau moment!

Le plus drôle: Léo avait préparé un cadeau pour Ken-ichi-san : un spectacle tout en japonais. Plus tard, en marchant, Philippe parle en français à Ken-ichi et Léo s’étonne: « Hein? Mais il parle français?! » Un petit détail que Léo avait oublié! Après il est passé au français et c’en fut fini des efforts de japonais! ;)

02 décembre 2018

Le JLPT est plus difficile au Japon

Je ne passerai pas le JLPT cette année. C'est partiellement parce que l'examen est difficile, comme je le savais déjà. Mais c'est aussi parce qu'il n'est pas administré de la même manière au Japon qu'au Canada.

La règle est la même partout: les montres digitales sont interdites. On veut éviter les sonneries, les tricheries, les alarmes. Ça, je le savais. On a seulement le droit à une montre analogique, celle avec les aiguilles. Léo en a une comme ça, j'en ai aussi. Mais on a tout laissé au Québec, il n'a apporté que sa montre digitale ici. Je n'ai donc aucune montre avec moi au Japon.

En acheter une pour trois heures d'examen? J'y ai pensé. Mais l'an dernier, à Toronto, l'heure était affichée en gros en avant projetée par un ordinateur. On a eu une panne de courant et les responsables se sont assurés qu'on ait l'heure, en l'écrivant régulièrement au tableau. Alors je ne m'inquiétais pas trop. J'aurais quand même accès à l'heure.

Mais non. Ici, je ne sais pas pourquoi, mais l'heure est accessible seulement pour ceux qui ont la montre analogique avec eux. Les autres, tant pis pour eux. Non seulement la classe n'affiche pas l'heure, mais en plus, la dame a bien précisé qu'elle ne nous avertirait pas cinq minutes avant la fin de l'examen.

Il y a deux grosses sections au N2: la partie écrite (qui contient les caractères/grammaire et la compréhension de textes) et la partie orale (où l'heure n'est pas importante, puisque c'est un CD qui passe). Dans la partie écrite, c'est la compréhension de textes qui est la section la plus difficile: plusieurs textes à lire, des courts, des moyens et des longs avec pour chacun quatre choix de réponses. Quand la dame a dit: "C'est fini, déposez vos crayons immédiatement!", je n'avais pas fini. Huit questions n'ont aucune réponse. Je pars donc avec un recul de 16 points pour la partie la plus difficile. C'est clair que c'est foutu.

Pourtant, je pense passer la section 1 et aussi la partie orale. Si j'avais pu mieux évaluer mon temps, et mettre des réponses à toutes les questions, j'aurais peut-être eu la chance de passer la section 2 de l'écrit. Dommage que l'examen ne soit pas géré de la même manière partout dans le monde. En gros, ça veut dire qu'il est plus facile de le réussir à Toronto plutôt qu'à Kyoto. Ce qui n'est pas normal, puisque c'est le même examen qui donne la même certification...

Il paraît que l'examen changera l'année prochaine, évaluant mieux les compétences en vue d'une entrée sur le marché du travail. Comme je le passerai encore, je pourrai vous en reparler. :(

01 décembre 2018

Le tofu chaud et le musée de trains

J’ai reçu les résultats de mes multiples de la semaine dernière. Je suis très contente, j’ai de bonnes notes maintenant que je sais comment étudier et ce qu’il faut étudier. En plus, avoir appris 1200 kanjis depuis un an et demi, grâce à un programme web appelé WaniKani (oui, oui, je le nomme car c’est vraiment bien fait), ça m’aide!

Dimanche aura lieu le gros examen gouvernemental, donné partout dans le monde, le même jour. Je suis allée à Toronto l’an dernier, à la même date, pour passer le niveau 3. Je tenterai le niveau 2, qui est plus difficile. Beaucoup plus difficile. Je ne pense pas le réussir. Je m’étais donné deux ans pour y arriver, j’essaie après un an car je suis à Kyoto, une ville où je peux passer le test sans que j’aie besoin d’acheter un billet d’avion pour Toronto avec une nuit à l’hôtel… Mais bon. On verra bien. Je prends tous les vœux de bonne chance, en passant!

Mardi, avec Léo, nous sommes sortis après son cours pour marcher jusqu’au Eikandô, un temple réputé pour ses feuilles d’automne. Déjà, c’était magnifique avant même d’être entrés officiellement sur le domaine du temple… Mais quand j’ai vu que c’était 12 dollars pour entrer, disons que je me suis dit que nous étions satisfaits pour l’instant… Oui, c’est beau, mais bon… C’est un peu exagéré (la plupart des temples chargent environ 6 dollars à Kyoto).

J’ai choisi d’investir ces fonds dans un repas à deux au yudofu (du tofu chaud). Ma professeure de japonais, il y a 12 ans, m’avait emmené dans cet endroit en guise de cadeau d’adieu. Et j’ai encore une fois adoré! Léo aussi. Il a goûté à tout, tout heureux. On envoyait des photos à Philippe et Émi. Et ils nous répondaient avec leurs photos de repas: on aurait dit une scène de "batailles de selfies" comme dans LikeMoi! Ah ah ah!

Jeudi, pendant que j’étais à l’école, les enfants sont partis avec Philippe vers le Toei Eigamura, le "village de tournage de films Toei". C’est un grand parc avec des décors de cinéma servant à tourner des scènes du Japon ancien. Il y a des vieilles maisons de bois, des ruelles sombres, des ninjas et des samouraïs avec des katanas. Il paraît que le spectacle des ninjas était excellent!

Aujourd’hui, samedi, nous avons rejoint nos amis de Nara qui sont venus jusqu’à Kyoto pour visiter avec nous le Tetsudô Hakubutsu-kan (le Musée de trains)! Le Musée était en construction quand nous sommes venus avec les enfants en 2016. On annonçait partout son ouverture prochaine, juste le lendemain de notre départ… Alors cette fois, je ne voulais pas le manquer.

C’est très impressionnant, vraiment bien fait. Il y a des trains à l’extérieur dès l’entrée, on peut même manger dans un restaurant qui est dans un wagon. Puis on entre dans le bâtiment principal qui présente d’autres trains sur le plancher principal, avec plusieurs petites expositions tout autour : une vieille gare, l’histoire des trains au Japon, le fonctionnement par électricité, la signification des signaux lumineux, les différents uniformes selon les compagnies de train, etc. On peut même faire rouler deux immenses roues de train, 756 kg à la seule force de nos bras grâce au roulement sur des rails, ce qui explique pourquoi les trains peuvent être si lourds.

Ce n’était que le premier étage. Le 2e présente un parc avec des rails pour que les enfants s’amusent à monter leurs chemins, un restaurant avec la vue sur les vrais trains qui passent en direction de la gare principale de Kyoto (le musée est situé tout à côté), des simulateurs pour conduire les trains, un diorama immense avec des trains qui circulent partout, des petits trains à conduire… Bref on s’y amuse bien! Au 3e, on peut aller voir la vue sur le toit (et les trains qui passent).

Il y a aussi un vieux train au charbon (j’ai même reçu des bouts de fumée dans le visage, kof kof!) qui fait un court trajet entre le musée et le parc Umekôji. Le train revient ensuite et embarque sur un pont tournant qui lui permet de se stationner dans son garage… C’est très impressionnant. Kyoto est en train de construire une nouvelle gare qui sera prête au printemps 2019 et qui permettra de débarquer directement à côté du musée. Si les trains vous intéressent, il ne faut pas manquer ça. Mon coup de cœur: le simulateur pour apprendre à conduire le shinkansen qui m’a permis de porter l’uniforme JR!

Ma seule critique: les titres sont traduits en anglais, mais pas les explications. Pourtant, on voudrait en apprendre davantage! Les bons points: on se concentre sur les trains de la région ouest, donc les trains que l’on voit partout circuler à Kyoto, Osaka, Nara. C’est presque émouvant de voir les minis-trains Hankyû, JR ou Keihan! Ensuite, le musée est tellement agréable à visiter avec des enfants! Tout est adapté pour eux et les toilettes sont fantastiques (c’est vraiment important quand on a des petits!). Ils ne s’ennuient pas et nous non plus!

On a fini en visitant l’Illumination ROHM, absolument magique. C’était assez incroyable, et difficile à transmettre en photo…

25 novembre 2018

Explosion de couleurs

Il existe un terme fascinant pour parler des emprunts fautifs à une langue pour une autre: les "faux amis". Un exemple clair que les francophones font souvent quand ils débutent en anglais: utilisez le I demand croyant qu'ils viennent de "demander" quelque chose. Erreur. En anglais, le verbe to demand signifie "exiger". Ça fait donc un peu bête d'exiger un hamburger au restaurant!

En japonais, il y a aussi des faux amis. Le plus courant est le mot « saké » qui existe en japonais, mais il désigne en fait tous les alcools. Ça inclut donc la bière, le vin et ce qu’on appelle le saké. C’est donc une erreur d’utiliser saké pour parler de l’alcool de riz. Au Japon, on l’appelle plutôt le nihonshu (soit « alcool du Japon »).

Les faux amis sont présents dans toutes les langues. Par exemple, les Japonais utilisent french kiss pour parler d’un petit bisou léger! Le french est appelé deep kiss en japonais! Oh oh! Ils ont associé le romantisme de la France au french kiss, un baiser au contraire extrêmement explicite (et pas particulièrement romantique, bien davantage érotique!) Je trouve ces problèmes de traduction fascinants parce qu’ils exposent bien qu’une erreur peut devenir une norme!

J’en reviens à nos aventures. Mardi, après le cours de japonais de Léo, nous sommes allés ensemble au Heian-Jingu, le temple construit pour fêter le 1100e anniversaire de la ville de Kyoto, en 1895. C’est un temple toujours très joli et, en fin de journée, il y avait peu de gens, une rareté en ce moment. J’en ai profité pour faire faire des maths à Léo: ça veut que Kyoto a quel âge maintenant?

Après, nous nous sommes dirigés vers la gare de Kyoto. Émi se faisait couper les cheveux au salon de coiffure pour enfants. Question pour vous: est-ce que des salons de coiffure pour enfants existent chez nous?

Jeudi, j’avais une journée spéciale avec l’école: c’était la sortie scolaire! Nous nous sommes rencontrés tôt le matin pour un départ en autobus vers le village ninja de Iga-Ueno. En arrivant, on a visité une maison plein de cachettes et on a eu droit à un spectacle à la fois intéressant, instructif et drôle de ce que furent véritablement les ninjas, aussi appelés shinobi.

Le village ninja est situé dans un grand parc où il est possible également de visiter le château Iga-Ueno. Avant d’y aller, j’ai fait le tour des douves et j’ai trouvé le Kyusukôdô, une école bâtie pendant l’ère Edo (vers 1821) sur le terrain d’une ancienne bibliothèque. Le pavillon principal de 72 tatamis où les élèves étaient instruits à la dure (ils avaient de très longues journées!) était très beau. Est-ce que la beauté peut atténuer la rigueur? Cela a pu avoir cet effet sur certains élèves, je crois.

J’ai ensuite rejoint mon groupe qui visitait le château. Le château est tout petit, mais il y avait une exposition d’armures et de calligraphie à l’intérieur. Avant que l’autobus ne quitte, je suis passée au mémorial dédié à Bashô Matsuo. Ceux et celles qui écrivent des haïkus connaissent bien cet écrivain, connus à la fois pour ses poèmes et ses voyages à pied à travers le Japon. Dans ses carnets de voyages, il a pratiqué le haïbun, un type d’écriture mélangeant les poèmes haïkus et les courts paragraphes en prose. J’aime beaucoup ce style.

Le trajet sur l’autoroute était très joli car l’autobus permet de bien voir des routes suspendues entre les montagnes. On a passé sur le pont Ômiô, un pont qui a tout juste dix ans. C’est un pont à poutres en porte-à-faux (cantilever en anglais) comme le pont de Québec, c’est-à-dire qu’il est construit pour que l’enchevêtrement permette au tablier du pont de tenir. Il est impressionnant.

Vendredi, avec Megumi, mon amie d'Okinawa en visite, nous avons loué une voiture pour aller visiter un vignoble dans les environs du lac Biwa, le brasseur Ohta (aussi fabriquant de sakés, de shôchû et de umeshu). J’avais préparé des questions en japonais, alors j’ai pu non seulement goûter à d’excellents sakés, mais aussi à leurs vins. Personnellement, j’ai adoré les cépages Red Millenium (blanc) et Yama-Sauvignon (rouge), des raisins uniques au Japon. Le premier est un raisin créé au Japon par Suntory avec un professeur d’université, mais on a perdu toutes les données sur cette création mystérieuse. Le deuxième est une variante du cabernet sauvignon qui pousse plus facilement dans les montagnes japonaises. Il donne une couleur violet intense au vin. On est aussi passé au village des tanukis (ratons-laveurs) à Shigaraki, c'était très drôle de voir les enfants au milieu de tous ces immenses ratons de céramique!

Samedi, ce fut une grosse journée! On a débuté par la visite du Kitano Tenman-gû qui est à distance de marche de notre maison. Il y avait plein d’enfants en superbes kimonos qui fêtaient leur shichi-go-san. Megumi et moi avons bientôt un gros examen et le Kitano est le lieu pour prier pour la réussite des examens car il est dédié au dieu Tenjin, inspiré de Sugawara no Michikaze, un lettré et poète réputé de l’ère Heian. On a donc prié en admirant la beauté du sanctuaire. Il y avait même un singe apprivoisé qui faisait des acrobaties.

On a pris un autobus jusqu’à la gare de Kyoto pour y manger ensemble, puis on est allés en train au Tôfuku-ji, le temple de « la chance de l’est », reconnu pour ses érables… Il y avait une immense foule qui allait tous au même endroit! Mais ça en valait la peine, comme vous pouvez le voir, c’était absolument extraordinaire! Les préposés criaient parfois qu’il était interdit de prendre des photos, mais les gens s’arrêtaient quand même pour le faire… Car c’était impossible de ne pas en prendre, c’était trop beau!

Les enfants sont retournés à la maison avec Philippe. Megumi et moi avons poursuivi vers le sud, jusqu’à Uji, la ville du thé vert. On a mangé des nouilles au matcha (bien sûr), puis on est allés admirer le Byôdô-in (le « temple du Phénix », un de mes préférés, il est sur les 10 yens). Il était éclairé de soir, la lune était presque pleine, les érables rouges… On ne peut rêver d’un meilleur moment! Fantastique!

19 novembre 2018

Avalanche de beautés

Après avoir été à Amanohashidate avec Tania dimanche dernier, nous nous parcouru les environs de Kyoto cette semaine. Mardi, après le cours de japonais de Léo en après-midi, nous sommes allés au Nanzen-ji, qui est tout près du lieu où Léo rencontre sa professeure. On a été rejoint par Myriam, une Québécoise qui étudie à l’Université de Kyoto pour un an. Elle tient un blogue et, comme elle est journaliste, c’est très intéressant, je vous invite à le visiter.

Le temple était fort beau, avec les feuilles d’automne qui débutent. C’est un coin de Kyoto que je connais moins, alors je suis heureuse d’en apprendre un peu plus à chaque fois. C’était la première fois que j’allais à ce temple, ce n’est pas arrivé souvent pendant ce voyage: on a tendance à revenir à nos préférés! ;) Mais ça valait la peine, avec ce vieil aqueduc. Myriam a demandé à Léo ce qu’il préférait du Japon et il a dit: « La beauté ». J’ai trouvé ça charmant. :)

Le mercredi, nous avions prévu d’aller à Arashiyama, où Philippe et moi avons habité un an, il y a 12 ans. À l’époque, c’était un coin réputé chez les Japonais, mais inconnu des étrangers. Depuis quelques années, ce n’est plus le cas. C’est aussi couru que Gion! Ouf!

À Arashiyama, nous avons visité le Tenryû-ji (le temple du Dragon céleste) et la forêt de bambous, de grands classiques. Nous avons aussi marché sur le Tôgetsu-kyô (le pont qui traverse la lune). J’ai réalisé que je pouvais maintenant tracer de mémoire le premier kanji (en plus de pouvoir le lire) car je l’ai appris dans mes cours pour une dictée! C’est un sentiment si heureux. Ce qui était illisible devient clair. Et ça arrive beaucoup cette année.

On a pu aller dans un temple moins couru, le Hôrin-ji, juché dans la montagne, avec une vue magnifique sur Kyoto. Arashiyama est situé contre les montagnes de l’ouest, alors si on est en hauteur, on voit la ville blottie entre les monts qui l’entoure. C’était magnifique. Et très calme, ce qui faisait un bien fou!

Vendredi, j’ai revu mon dentiste. La couronne temporaire est bien en place, j’attendrai mon retour pour la réparation permanente. J’ai rencontré par la suite Jacynthe Tremblay, une professeure québécoise établie au Japon depuis plusieurs années. J’ai beaucoup d’admiration pour elle qui a étudié Nishida Kitarô, un philosophe japonais. Elle l’a très bien expliqué dans Je suis un lieu, un livre parsemé de ses expériences au Japon, en Chine et au Canada. Fascinant!

Le samedi, Tania et moi avons invité Léo à nous suivre au Myôshin-ji, un complexe de plusieurs temples pas très loin d’ici. On en a visité trois: le Hattô (qui abrite un dragon peint sur le plafond), le Daihô-in qui nous permettait d’admirer le jardin en buvant un thé vert matcha et le Daiô-in qui était exceptionnellement ouvert. Dans ce dernier temple, nous avons pu admirer les paravents peints de fleurs, c’était vraiment très beau. Et un des moines faisait des goshuin (sceaux) avec un dessin particulier de Daruma, c’est le plus beau!

J’aime le Myôshin-ji pour une autre raison: l’un des pavillons, le Shunko-in (le temple du printemps lumineux) propose non seulement des cours de méditation, de calligraphie et de cérémonie du thé, mais il est le seul endroit à Kyoto où les couples de même sexe peuvent se marier (symboliquement, car la loi l’interdit toujours). Je trouve cela absolument admirable. Ils ont un très beau site en plus.

12 novembre 2018

1300 ans de prière

Vendredi dernier, après mes cours, la famille et Tania ont rejoint Eri-san, une amie, pour aller visiter le Kiyomizu-dera, le « temple de l’eau pure », à l’est de la ville. L’après-midi était un peu mouilleux, alors la brume s’élevait du sol quand nous sommes arrivés.

Le pavillon principal sur pilotis est en rénovation en ce moment, alors c’est un peu moins joli qu’à l’habitude, mais la vue est toujours magnifique et plusieurs pavillons ont été repeints. Le rouge vif s’entremêle au vert et au bleu des reliefs sous les toits. C’est très beau.

Le Kiyomizu-dera fait partie des 33 temples de la région qui fêtent leurs 1300 ans d’existence cette année. Des gens font donc un pèlerinage à travers le Kansai pour recueillir des « goshuin » (calligraphie et sceaux) de chacun des temples. J’ai donc tendu mon cahier qui fut marqué d’un sceau tout particulier pour cette année.

Samedi, on a pris ça mollo. Ça a fait du bien de faire le budget et le lavage, d’arranger le garde-robe (cadeaux et linges d’hiver). Surtout que nous savions qu’une grosse journée nous attendait le lendemain. Toutefois, en soirée, Tania nous a offert qu’on sorte en couple au Château de Nijô pendant le sommeil des enfants. Elle a donc veillé sur les mignons pendant que nous sommes allés voir l’animation lumineuse spéciale sur le château, surnommée Flowers par Naked. Impressionnant! Nous avons eu une soirée unique!

Dimanche donc, nous sommes partis en train vers Amanohashidate « le pont qui traverse le ciel ». Il y a douze ans, nous y sommes allés et Philippe s’était fait attaqué par un rapace qui avait voulu voler notre diner alors qu’on pique-niquait. Il avait eu une longue blessure sur la joue (par chance pas l’œil!) Disons qu’on ne pouvait pas oublier ce lieu, que nous avions trouvé magnifique. Nous avions beaucoup marché il y a 12 ans: on était monté jusqu’au Nariai-ji à pied… Disons que cette fois, après avoir traversé les 2,5 kilomètres de pins qui poussent sur une longue dune qui traverse la mer, on a pris le funiculaire, puis le mini-autobus qui roule au bord des falaises vertigineuses pour s’y rendre… Et on s’est trouvé pas mal bons d’avoir tout marché ça il y a 12 ans! On comprend pourquoi on avait eu le temps d’avoir une longue discussion qui avait abouti à la décision de venir habiter Québec au lieu de Montréal (après exploré différentes possibilités mondiales!).

En arrivant au Nariai-ji, je découvre qu’il fait aussi partie des 33 temples de la liste! Eh bien! En plus, j’adore ce temple avec sa pagode, sa localisation éloignée, son odeur de forêt et de mer, ses marches, ses feuilles d’automne… On a repris le petit autobus (une attraction en soi) pour se rendre au lieu où on peut admirer les pins… Et surtout mettre la tête entre les jambes pour que cette longue dune d’arbres devienne le fameux « pont » qui traverse le « ciel » (la mer!) Élégante position. Philippe s’est essayé autrement! :)

Pour descendre, les plus grands (et Léo) ont pris le siège du remonte-pente, un moment de méditation fantastique avec la mer grande ouverte devant soi. Puis on a utilisé le bateau pour rejoindre l’autre côté. Un bonheur, ça aussi! En arrivant, on a même vu le pont tournant à l’œuvre, s’ouvrant pour laisser passer un bateau!

Bref, dans le train, on a soupé au fromage, noix, légumes, fruits et bonbons. Puis j’ai fait mes devoirs, comme à l’aller. J’avais un examen lundi matin! J’ai reçu mes résultats, je monte, je monte : 14/20, 17/20. Maintenant que j’ai compris ce qui est payant à étudier, je suis plus efficace. ;)

08 novembre 2018

Le mont de la joie et l'impériale Katsura

Surplombant les 8 millions de résidents de la gigantesque Ôsaka, les 110 000 habitants de la ville d’Ikoma et les 350 000 personnes qui ont plutôt choisi la très ancienne capitale Nara, le mont Ikoma fut un lieu sacré, du haut de ses 642 mètres. Les temples et les sanctuaires y sont nombreux, mais il y a aussi une rue reconnue pour ses geishas après la Seconde guerre mondiale. Ces anciens lieux de divertissement (danses, cérémonie du thé, etc.) sont devenus des ryokans (auberges).

Mais il y a également, sur le sommet du mont Ikoma, un parc d’amusement pour les enfants! Les manèges ne sont pas les plus récents, ça m’a fait penser à la Ronde avant sa rénovation, mais c’est vraiment bien adapté aux petits enfants de 1 à 10 ans. Et il y a des manèges aux effigies des personnages d’animés emblématiques du Japon: Anpanman, Pikachu, Thomas le train (je sais, lui il est Anglais)… Pour accéder au parc, il faut d’abord se rendre à Ikoma, puis prendre un premier funiculaire, puis un deuxième vers le sommet. Ces funiculaires sont dans les plus anciens du Japon, ils fêtent leurs 100 ans cette année. Ils sont en forme de chat, de chien et de gâteaux (ça c’est plus récent!) ;)

Nous avions été invités à visiter ce parc par des amis japonais que nous avions rencontrés il y a deux ans. Leurs deux enfants ont l’âge de Léo et ils ont reconnecté immédiatement! Les enfants ont donc beaucoup pratiqué leur japonais ce jour-là. Il y avait un spectacle de PrettyCure (Pu-ré-Kyu-A), les acteurs avaient des grosses têtes des personnages du dessin animé. C’était un peu bizarre. Mais les combats étaient extraordinaires: l’acteur qui faisait le méchant était un vrai gymnaste, il sautait partout en réagissant aux faux coups des fillettes magiques qui le frappait allégrement!

Après la journée au parc d’attractions, nous nous sommes arrêtés dans la montage pour aller visiter un des sanctuaires importants du coin, le Hôzan-ji, absolument magnifique. Il n’y avait pratiquement personne en cette fin de journée, c’était très apaisant. Après les explosions de joie au sommet du mont, le dieu du temple (qui est en fait le dieu de la joie!) devait être au comble du bonheur! :)

Changeons de sujet… Vous étiez inquiets pour mes examens. J’ai terminé le dernier de la semaine aujourd’hui. Je n’ai pas les résultats encore. Mais rassurez-vous, je ne suis pas découragée. J’aime apprendre et étudier, alors c’est dans mes cordes, même si je ne suis pas la plus avancée de la classe. Je ne le vois pas comme une compétition avec eux, mais j’ai hâte d’être à leur niveau et mieux connaître le japonais!

J’ai revu mon dentiste aujourd’hui. J’avais hâte de le revoir car la dent était effectivement fracturée : j’ai perdu un bout hier! Il m’a mis une couronne temporaire, mais je dois repasser vendredi de la semaine prochaine pour vérifier et avoir son verdict… :(

Ah! Mon amie Tania est arrivée lundi pour rester avec nous deux semaines. Nous sommes super contents, les enfants sont fous de joie! Avec elle, je suis allée visiter la villa impériale Katsura hier. C’était vraiment superbe, surtout que nous étions en fin de journée et que la lumière faisait de beaux dessins sur les pavillons. Je m’imaginais les invités du prince qui venait au banquet avant d’admirer en soirée le reflet de la lune dans l’étang… Le lieu est si romantique, je suis certaine que bien des histoires s’y sont nouées, il y a près de 400 ans…

03 novembre 2018

Des examens désastreux, des repas fabuleux et une visite chez le dentiste

J’ai terminé ma 3e semaine d'études. J’ai fait mon premier test et j’ai eu un gros 4/20 pour deux raisons: c’était du keigo (du langage ultra-poli) et j’avais étudié comment transformer les phrases, alors que j’aurais simplement dû relire (et apprendre) les phrases de la discussion au début du chapitre. J’ai dû faire un sai-tesuto (le même test) le lendemain et je devrais avoir une bonne note cette fois.

J’ai trois tests qui s'en viennent, mais pas avec les mêmes profs. On ne le dit pas assez souvent aux étudiants: c’est tellement important d’apprendre ce qui compte vraiment pour l’examen… Et ici, ils le savent car on apprend comment faire le plus de points possibles au fameux gros test gouvernemental que je vais passer au début décembre (le JLPT N2).

Je n’ai pas tellement d’espoir de le passer. L’an dernier, je suis allée à Toronto pour passer le JLPT N3 (un niveau en dessous). Entre les deux tests, il y a une grosse marche à monter et j’avais prévu me donner un bon deux ans pour la franchir. Mais j’ai réalisé que j’habite Kyoto pour trois mois et que je n’ai à payer que les frais d’inscription (à peu près 65 dollars), sans payer pour l’avion et l’hôtel de Toronto… Alors aussi bien tenter ma chance! À l’école, on pratique beaucoup, et du 2/6 ou 2/8 que j’avais dans certaines sections, je monte un peu à chaque fois. Dans un mois (l’examen est le 2 décembre), aurais-je assez de connaissances pour passer? Mmm, ça me semble encore difficile, mais j’aurai pris de l’expérience pour l’examen, ça c’est sûr! ;)

Je sais donc maintenant que je ne dois pas me prévoir d’activités le mercredi après-midi parce que je reçois alors les nouveaux kanjis à étudier pour la dictée du lendemain. Si je ne veux pas virer folle à tracer des kanjis, je dois les étudier en après-midi et le soir. Le lendemain matin, Philippe et Léo me font faire des tests. Je réussis maintenant à écrire pratiquement toutes les phrases sans erreur (sauf pour les kanjis de la dictée qui n’étaient pas dans ceux étudiés!). Autre amélioration: je peux lire (et comprendre en bonne partie) le langage ultra poli (keigo) dans un courriel.

Pourtant, quand je me compare à mes collègues étudiants, je me trouve vraiment poche. Je suis avec des gens plus avancés (eux, ils vont le réussir, l’examen!) Mais je les fais rire, surtout que j’avais amené des chocolats pour tout le monde le jour de l’Halloween! Chocolats Favoris a fait des heureux au Japon, les amis!

Mercredi matin, le fameux jour de la réception des kanjis, je me suis levée très tôt. À 4h45, j’étais en bas, branchée sur Skype. J’avais un entretien aux Éclaireurs pour parler de l’Halloween. Après, j’ai téléphoné au Devoir, qui avait des questions à propos de ma pétition que j’ai faite en 2013. Il en a fait un très intéressant article sur le changement d'heure qui est sorti aujourd’hui. Un mercredi donc très productif!

Mardi, nous avions mangé chez mon amie Akiko. Léo et Émi ont découvert les okonomiyakis (un genre de crêpes avec du chou, de la viande sur le dessus). Ils ont dévoré ceux aux mochis (pâte de riz) et fromage. :) Akiko avait aussi du vin chaud et sucré pour les plus grands. Rien de mieux pour réchauffer les bouts des orteils qui gêlent un peu plus en soirée!

La température à Kyoto ressemble maintenant à notre début d’octobre au Québec. Les feuilles commencent d’ailleurs à changer de couleurs. Le vent est frais, mais les jours peuvent être encore chauds. C’est une belle saison.

J’ai visité le dentiste vendredi! Je vous raconte ça comme si c’était le fun d’aller chez le dentiste… Pas tellement, surtout quand on va le voir parce qu’une dent nous fait mal depuis un mois. Mais c’était aussi une exploration médicale en pays étranger. :) Hi hi! En fait, ça ressemble beaucoup à chez nous (les prix aussi d’ailleurs : alors, comme nos assurances ne couvrent rien en dentisterie au Québec, je ne voulais pas retarder la vérification plus longtemps). Un petit plus: ils placent une couverture sur les yeux pour éviter de nous aveugler. Tout le monde était super gentil avec moi. Mais j’ai retrouvé le sentiment que mon japonais était vraiment insuffisant! Heureusement, le dentiste parlait aussi l’anglais, alors j’ai compris. Je dois y retourner jeudi pour vérifier si le problème est réglé ou s’il est plus grave (genre ma dent avec un plombage profond aurait fracturée… ouille!)

Dans nos cours, la professeure a souligné qu’au fur et à mesure que nos connaissances en japonais s’améliorent, autre chose diminue: la gentillesse des Japonais à notre égard, car ils deviennent plus exigeants. Ça m’a fait réaliser qu’on fait tous cela. Avec quelqu’un qui visite le Québec et le parle à peine, on le félicite avec effusion lorsqu’il baragouine quelques mots. Mais s’il est là depuis un moment, qu’il semble bien maîtriser le français, on exige qu’il le parle bien, et même très bien, pour pouvoir travailler. Les gens ne sont pas encore moins gentils avec moi, donc j’en conclus que je parle encore très mal le japonais! :P

Ou alors je suis chanceuse, comme pour mon expérience à Kyoto, une ville réputée difficile pour l’accueil… Mes expériences négatives sont peu nombreuses. En fait, c’est la ville au monde où je me suis sentie la plus chaleureusement accueillie… Et ça explique pourquoi j’y retourne!

Nous sommes sortis ce matin pour aller au OpenDay du Centre du International City Communauty Foundation. On a mangé libanais en dégustant du vin français, puis on est allés au marché aux puces bondé avant de voir un spectacle de baladi! C’était très animé et intéressant!

Bon, sur ce, j’ai quand même trois examens la semaine prochaine… Je vous embrasse, bon changement d’heure! Ici, ça ne bouge pas, alors on aura maintenant 14 heures de décalage! Ouf!

29 octobre 2018

Cosmos à Kameoka, la guérison d'Émi, le party des anniversaires et du théâtre

Bientôt, cela fera un mois que nous sommes au Japon. J'en suis à la 3e semaine de cours, sur les 10 auxquelles je suis inscrite. La dernière semaine fut remplie d’amitiés, j'en suis encore toute émue, comme si j’avais encore le cœur empli de chaleur.

Mercredi, nous avions rendez-vous avec une amie et sa fille qui a deux petits enfants tout mignons. Nous nous sommes rejoints à Kameoka, dans un champ rempli de milliers de cosmos. Oh, c’était magique! Le soleil était au rendez-vous. Les enfants étaient tout heureux dans les grandes fleurs. Il y a douze ans, c'est là que Philippe m'avait demandé en
mariage! Le paysage était très beau (Kaméoka est une ville située à l’ouest des montagnes de Kyoto, dans une plaine au sein des monts), mais nous avons pu voir plusieurs maisons au toit recouvert d’une bâche bleue. Le typhon de la fin septembre a fait beaucoup de dommages dans la région. Chihiro en a profité pour me remettre la cuillère pour bébé que j'avais oublié chez elle deux ans et demi auparavant! J'étais bien surprise!

Vendredi, après les cours, je me suis dirigée vers la gare de Kyoto pour rejoindre la famille. Léo était en pleine séance de coupe de cheveux. Nous sommes allés faire quelques commissions et nous nous sommes rendus ensuite chez une amie à qui j’ai enseigné le français il y a 12 ans. À l’époque, ses enfants à elle étaient tout petits. Maintenant les siens sont devenus de grands adolescents souriants et c’est moi qui amène des tout petits. :)

On s’entend que, depuis le temps, on connaît une bonne part de leur famille. Son mari, ses beaux-parents et la sœur de son mari qui nous a vraiment aidé, il y a deux ans. Je n’en ai jamais parlé publiquement, mais notre petite Émi a eu, à l’âge de 2 ans, trois adénites à mycobactérie atypique sur le côté du visage et sous le menton. En langage non médical, c’est une bactérie de la même famille que la tuberculose qui s’attrape on ne sait où (mais pas d’humain à humain, donc non contagieux) et infecte les enfants malchanceux qui ont entre 2 et 5 ans. Les ganglions enflent et se mettent à suinter. C’est généralement sans douleur, quoique lorsque c’est très gonflé (Émi en avait un de trois centimètres), la pression peut devenir douloureuse.

Comme les trois ganglions concernés étaient sur le nerf facial, la solution habituelle (la chirurgie) était inaccessible. Émi a donc eu à prendre deux antibiotiques tous les jours pendant… six mois. Ce qui n’est pas sans conséquence, vous le devinez. Il fallait aussi surveiller son foie, avec des prises de sang régulières. En plus de rencontrer régulièrement les deux spécialistes (infectiologue et ORL pédiatrique).

Pourquoi je vous raconte tout cela? Il y a deux ans, j’en ai parlé à nos amis du Japon. Et la belle-maman de mon amie m’a écrit pour me dire qu’il y avait peut-être une solution: le kanpo-yaku. Cette médecine japonaise est inspirée de la chinoise, mais elle se base uniquement sur les plantes qu’on cultive de façon biologique. J’en ai parlé à mon ORL qui m’a dit qu’on n’avait rien à perdre. J’en ai parlé avec la pharmacienne qui a vérifié les ingrédients et m’a dit qu’il n’y aurait pas d’interactions.

On a commencé en novembre (les antibiotiques étaient débutés depuis août). Un mois plus tard, les adénites commençaient à diminuer. En janvier, on pouvait arrêter les antibiotiques. Et quelques mois plus tard, on a aussi arrêté le kanpo-yaku.

Ce n’est pas une étude scientifique. Les adénites à mycobactéries atypiques disparaissent lorsque l’enfant grandit car son système immunitaire s’améliore. Peut-être aussi que les antibiotiques ont fait leur effet. Et/ou le kanpo-yaku a donné quelque chose. Mais je suis reconnaissante, peu importe d’où vient la guérison.

Donc, cette famille nous avait envoyé ce kanpo-yaku uniquement disponible au Japon. C’est vraiment un cadeau précieux d’avoir peut-être contribué à guérir notre petite fille, non?

On a mangé avec tout le monde, on a beaucoup ri, puis ils nous ont sorti le gâteau de fête pour moi et Émi! Wow!!! Ce fut une super soirée! Nous sommes terriblement gâtés!

Samedi, je suis allée au cinéma voir un film de l'animé Natsume Yuujinchô. C’était en japonais, mais je commence à bien comprendre. Je suis ensuite passée au Uniqlo pour m’acheter des vêtements un peu plus chauds. Philippe est passé dimanche et il a complètement refait sa garde-robe! :)

Dimanche, on a d’ailleurs revu une autre amie, qui anime à la radio. Nous avons d’ailleurs acheté une petite radio pour pouvoir écouter son poste et suivre les programmes de radio de Kyoto. J’aime entendre les animateurs. Naoko nous avait donc proposé d’aller voir une pièce de théâtre par Furutamaru. Nous avons beaucoup aimé! C’était très drôle! Deux vendeurs faisaient essayer des habits de plus en plus dépareillés à un pauvre monsieur qui avait un rendez-vous amoureux avec la fille de ses rêves… Et ils tentaient tous les deux de lui expliquer ce qu’était la mode… Ouf! ;)

Bref, trois sorties fort agréables, au milieu des heures de cours. C’est toujours difficile, mais je commence à m’organiser et à mettre des mots sur mes forces, pas juste mes faiblesses!

Oh! Je ferai une chronique à Radio-Canada (Les éclaireurs) le soir de l’Halloween pour parler de cette fête au Japon! Je serai debout très très tôt pour la faire, alors ne vous gênez pas pour m’encourager en l’écoutant! :)

22 octobre 2018

Début des cours, Kôjô Masayuki "live" et châteaux de Hikone et de Nijô

J’ai complété ma première semaine de cours et j’ai entamé ma deuxième. J’ai expérimenté cette semaine ce que je savais déjà: le cerveau n’aime pas travailler. Je m’asseyais en classe, avec mes cahiers et mes crayons, prête à apprendre. Et pourtant, on se fatigue vite, on regarde l’heure ou les cellulaires (pas juste moi, je l’ai remarqué!) On cherche à fuir la difficulté!

Lundi et mardi, j’ai des cours sur la grammaire, cette semaine c’était du keigo (langage poli) très avancé. Ouf! Le mercredi, jeudi et vendredi, l’avant-midi est divisé en deux. La première partie est consacré à notre but (je suis dans le groupe qui va tenter de passer le JLPT, le gros examen de décembre). C’était très intéressant, on apprend par exemple les expressions « coussins » comme: « Je m’excuse de vous déranger, mais… », « Si cela vous convient, pourriez-vous… quand vous aurez un moment? », etc. On croise souvent ce type d’expressions en japonais! La deuxième partie, ce sont des cours « principaux » avec une professeure vraiment intéressante (et sévère). Le mercredi, elle nous a donné une douzaine de mots avec kanjis à apprendre pour la dictée du lendemain. Ok… Comme vous pouvez le voir, je travaille ! L’avant-midi, je me concentre, l’après-midi, je fais souvent mes devoirs, le soir aussi. Je tape également mes notes de cours pour les mettre toutes propres à l’ordinateur.

Dimanche dernier, une amie est venue nous visiter avec sa fille de l’âge de Léo. Ils se sont bien amusés pendant qu’on avait aussi beaucoup de plaisir à jaser avec Chieko. On a partagé une bouteille de chianti autour des boulettes turques que j’avais faites dans notre mini-four ! Ce soir, Philippe a cuisiné des ramens et il a réalisé tout le défi de faire les choses dans un si petit espace… Vous devinez qu’on ramène souvent la bouffe de l’épicerie !

Le mardi, Léo a eu son premier cours avec sa professeure. Pendant qu’il faisait ce cours, je travaillais sur les règles de grammaire. Le samedi, Léo a aussi une autre professeure, tout comme Émi. Ils ont tous les deux adoré leurs cours, alors c’est parfait ! :)

Le jeudi, il y avait à Uji, la ville du thé vert juste au sud de Kyoto, une performance live d’un artiste que j’adore, Kôjô Masayuki. Je connais son travail depuis qu’il a réalisé les personnages de Star Wars à l’encre de Chine. J’aime tout ce qu’il peint. Il passait cette fois-ci à Uji, sa ville natale, pour réaliser cette performance. Il ne fallait pas la manquer ! Malheureusement, je ne pouvais y être, j’avais un cours, mais Philippe et les enfants y sont allés. Philippe a tout filmé ! J’ai pris le train tout de suite après mon cours et j’ai aussi pu rencontrer l’artiste juste avant son départ. Je lui ai offert une bière de la microbrasserie de Charlevoix et mon livre. ;) Après, nous sommes allés manger au Nakamura Tokichi Honten, un super salon de thé. Les enfants ont eu le dessert de leur vie et les grands aussi! Mmm!

Vendredi, j’avais une rencontre spéciale à l’école pour nous apprendre à utiliser l’agenda, pour recevoir les instructions pour être « un bon élève ». Bon, vous vous en doutez, je sais déjà tout ça, sinon je ne serais pas encore aux études! J’ai calculé: j’ai 39 ans et ça fait 25 ans que je suis aux études (j’ai exclu les cours libres que j’ai faits pour me donner une petite chance…) ;) Ah ah ah! Les autres étudiants étant beaucoup plus jeunes que moi, ils ont sans doute besoin de ces instructions!

Ce n’est pas courant au Japon, ou plus particulièrement en Asie, de retourner aux études. Mon âge a donc surpris mes collègues toute la semaine. Il y en a même un qui m’a dit: « Oh, mais je pensais que tu étais étudiante… » Eh oui, je le suis ! Cet étonnement ne m’a pas vraiment surprise car il y a 12 ans, j’avais aussi surpris un de mes étudiants adultes en lui disant que je pensais retourner aux études. Il m’avait expliqué que c’était très rare qu’on faisait cela au Japon. Au Canada, au contraire, les gens à la maîtrise ont souvent pris une pause après le bac.

Il fait beau ici. On se lève, il fait froid dans la maison, mais on est bien dehors. Certains arbres ont commencé à changer de couleur. Dimanche, on est donc allés à Hikone pour rencontrer des amis du Québec, qui vivent maintenant au Japon! Ils nous ont fait découvrir le château de Hikone. Il a moins d’étages que le château de Himeji (que nous avons vu la semaine dernière), mais il est plus vieux: c’est le plus ancien encore debout dans sa construction originale au Japon. Les larges douves, les murailles, les longs chemins pour se rendre étaient vraiment impressionnants. On sentait que le château n’était pas facile à attaquer!!!

Aujourd’hui, c’était le Jidai Matsuri, un grand festival de Kyoto. J’en ai fait un court vidéo, car je l’ai croisé sur ma route de vélo vers l’école. Après mes cours, nous avons plutôt marché jusqu’au Château de Nijô, juste à côté de la maison. La particularité de ce château-là, c’est d’avoir été celui du shogun. Le « shogun » est normalement le général de l’empereur, mais dans les faits, il était souvent celui qui avait le plus de pouvoir. Alors, que le château soit en plein centre de la capitale Kyoto, alors que l’empereur était plus loin, n’était pas un message...

17 octobre 2018

Déchets, souliers et vélo à Kyoto

Vivre ailleurs amène toujours des questions quant à notre façon de vivre. Jusqu’où va-t-on s’intégrer? Plus précisément: quelles seront les limites acceptables que l’on posera quand on arrivera aux différences entre la culture que l’on porte et celle où on évolue?

J’ai toujours trouvé qu’entre les façons de vivre québécoise et japonaise, il y avait des points communs. C’est facile de penser à enlever mes souliers en entrant dans la maison, je le fais chez nous, les enfants aussi. C’est une habitude.

Ce sont toutes les différences qui obligent l’adaptation.

Par exemple: les fenêtres, les murs, les portes laissent passer le son. On nous entend de l’extérieur (tout comme on entend l’extérieur). On sait quand les enfants écoutent la Pat Patrouille en français ou Hello Kitty en japonais. On ne peut ignorer quand ils se chicanent ou crient. Il faut vite tenter de tempérer les crises, qui deviennent publiques, même quand elles se passent dans les murs de la maison…

La gestion des déchets est un sujet sensible. Le Japon est un modèle à ce niveau. Le document de la ville de Kyoto avec les instructions sur la division des déchets et des différentes matières recyclables fait 32 pages, il est tout mignon pour ceux qui voudraient le voir… Il faut mettre le papier dans un sac et aller le mener dans un centre (dont j’ignore le lieu pour l’instant: merci à mon amie qui a pris mon sac dimanche dernier pour l’apporter au centre de son quartier!); le carton est mis à part, plié et attaché pour être donné à un petit camion qui passe dans le quartier à l’occasion avec de la musique typique; les cartons de lait doivent être découpés, lavés et retournés à l’épicerie; les bouteilles en plastique sont séparés de leur bouchon; les aérosols ont leur jour spécial; le plastique est surutilisé ici, on emballe vraiment trop!, mais on peut récupérer même les emballages de KitKat! Oh! Et pour le reste (déchets de nourriture, papiers souillés), il y a les déchets du mardi et vendredi qui iront à l’incinérateur.

Comprenez bien: les sacs utilisés sont transparents. On achète des sacs spéciaux de la ville de Kyoto et tout le quartier voit si vous ne respectez pas les règles. La seule conscience de ce regard est suffisante pour vous donner le goût de respecter les règles!

Cette impression d’être « visible » rend plus conscient quand on « choisit » de ne pas respecter les règles. Les Japonais supportent beaucoup de pression sociale quant à leurs comportements. Pour de bonnes raisons bien souvent: pour pouvoir vivre ensemble dans un espace réduit, pour l’hygiène dans les transports en commun, pour récupérer efficacement… Mais cette « obéissance » fortement suggérée s’applique à la moindre attitude et elle peut devenir épuisante pour plusieurs Japonais.

Quand vous êtes étranger, on ne s’attend pas à ce que vous sachiez toutes les « bonnes manières d’agir ». On soupirera si vous circulez à droite sur le trottoir, mais on comprendra… Mais d’autres règles ne pardonnent pas : ne pas savoir diviser ses déchets est une source de honte pour tout le quartier, ce qui explique mon étude attentive depuis une semaine!

Vivre dans un autre pays permet d’apprendre graduellement les règles de ce pays… Les règles, mais aussi les habitudes, les normalités… qui n’en sont pas toujours d’où l’on vient.

Un exemple? Il y a 12 ans, je trouvais libérateur de faire comme tous les Kyotoïtes et de faire du vélo sans casque. Vous me direz que c’est sécuritaire ici. Mais il y a 12 ans, je me souviens d’avoir été happée par un petit camion qui m’a fait un bon bleu au bras et j’étais aussi entrée en collision avec un jeune garçon à vélo. Le deux-roues n’est donc pas sans risque, même s’il est plus habituel qu’au Québec (et plus sécuritaire, oui).

Il y a huit ans, je faisais encore du vélo sans casque à Kyoto.
Il y a deux ans, j’étais encore tête libre.

La seule chose qui a changé en 12 ans, c’est que maintenant, pratiquement tous les enfants portent un casque ici. Mais je n’ai vu aucun adulte en porter un.

Sauf moi. Car je l’ai apporté dans la valise (comme trois paires de souliers car ils n’ont pas ma pointure!). Et je l’utilise. Même si je n’aime pas le mettre. Même si je détonne.

Parce que je suis venue « cultiver mon cerveau » en étudiant le japonais à tous les jours dans une école spécialisée. Ça coûte un bon montant pour le faire. Et je mettrais tout cela en danger pour faire comme tout le monde? C’est là que je parle d’un choix à faire entre l’adaptation et nos propres limites. Je peux expliquer, et réexpliquer, aux enfants pourquoi il ne faut pas crier ici, pourquoi il faut parler moins fort… Mais je ne peux plus rouler, en sachant que le 30 minutes que je fais matin et midi n’est pas de tout repos sur les routes de Kyoto.

Bof, non. Sur ce sujet, ma limite d’adaptation a été atteinte.
Pour le reste, je respecte le volume et je sépare bien mes déchets, je vous le jure! ;)

13 octobre 2018

Extraordinaire Takarazuka et entrée à l'école

Si vous n’avez jamais entendu parler de la Revue Takarazuka, laissez-moi vous dire que le spectacle en vaut le coût! Ce nom réunit en fait une école où les jeunes femmes peuvent s’inscrire pour espérer devenir actrice dans une des cinq troupes de la Revue Takarazuka. Chaque troupe produit environ deux spectacles par année, ce qui veut dire qu’il y a un nouveau spectacle de comédie musicale à peu près à chaque mois. La troupe se produit à Osaka, son lieu d’origine il y a cent ans, et à Tokyo aussi. C'est en allant voir un spectacle tiré de cette troupe à Montréal que j'ai acheté les billets pour y aller en famille.

Sa particularité? Les rôles d’hommes sont aussi joués par des femmes, spécialisées dans ce type de jeu. Ce sont les actrices les plus populaires! Ces spectacles sont absolument renversants en couleur, costumes, danses et chants! Ce que nous avons vu était assez impressionnant pour que LES DEUX enfants restent assis, fascinés, pendant trois heures et demi (je n’inclus pas l’entracte de 30 minutes où ils courraient partout!) ;) J’étais convaincue qu’on allait devoir partir avant la fin, mais non, ils sont ressortis enchantés! :)

Nous avons vu ce spectacle mardi dernier. Mercredi, je suis allée faire mon évaluation à l’école. C’était un peu effrayant. Et j’ai eu du mal à écrire les kanjis de mémoire (je sais les reconnaître et les lire, mais les écrire, c’est plus dur). Donc je n’ai pas fini très haut dans mes évaluations écrites… Mais en arrivant dans l’entrevue après, les deux dames m’ont dit que j’étais plus avancée… J’ai donc passé une autre entrevue avec une dame plus avancée, mais elle m’a expliquée que j’étais un peu un cas car je comprenais bien à l’oral, je m’exprimais aussi, mais dans les cours avancés, ce sont presque uniquement des Chinois, qui ont l’avantage de partager les mêmes caractères (et qui peuvent donc les tracer de mémoire!)

J’ai donc stressée jusqu’au vendredi, car je craignais qu’on me mette dans un cours moins avancé et que je révise plutôt que j’apprenne…

Jeudi, nous avons rencontré la professeure de Léo qu’il verra tous les mardis après-midi. C’était très bien. Il aura aussi des cours le samedi avec une autre professeure. La petite Émi aura aussi des cours le samedi, juste après Léo. :) Ce même jeudi, en soirée, j’ai fait une intervention à Médium large pour parler du marché de poissons à Tokyo.

Le vendredi, j’ai donc eu le résultat des évaluations, ainsi que la cérémonie officielle d’accueil des étudiants. Je suis classée dans le groupe 6 (il y a 8 niveaux), et tous mes collègues sont des Chinois. Je vais donc devoir travailler!!! Excellent. :)

J'ai bien fait rire ceux qui comprenaient le japonais pendant la cérémonie. C'était très formel, il fallait se présenter devant la grande salle pleine des étudiants. Dans les débutants, il y a un Anglais de 36 ans qui a dit qu'il était donc un "grand-père" (car la majorité des étudiants a environ 20 ans). Alors quand mon tour est arrivé, j'ai parlé du fait que j'avais déjà vécu à Kyoto et que j'étais revenue avec mes enfants...ce qui voulait donc dire que j'avais 39 ans... Et que si l'étudiant de l'Angleterre était un grand-père, j'étais certainement la grand-mère! Ah ah ah! :) Mes cours auront lieu le matin, ce qui me convient mieux que l'après-midi (où je commence déjà à manquer de concentration!) ;)

08 octobre 2018

Shichi-go-san, Hello Kitty et Château de Himeji

Samedi dernier, nous avions pris rendez-vous pour le shichi-go-san de Léo et Émi. Littéralement, ça veut dire 7-5-3, une fête qui est souligné aux 3 ans, 5 ans et 7 ans des enfants pour leur souhaiter une longue vie en santé. On va prier au temple ou au sanctuaire le 15 novembre, et on prend des photos avec les habits traditionnels (kimono pour les fillettes et hakama pour les garçons).

Vous vous souvenez peut-être que lors de notre visite au Japon en 2016, Léo avait fêté le sien pour ses 5 ans. Le chanceux, il revient alors qu’il a 7 ans! Et Émi… Eh bien, Émi avait encore 3 ans le samedi le 6 octobre… Mais elle passait à 4 ans le 7 octobre! Ah ah ah! Elle était donc très juste! Léo a dit qu’on allait devoir revenir au Japon lorsqu’elle aura 5 ans… Ouf. Je ne pense pas, coco, je ne pense pas. Profites-en bien maintenant! :)

La séance s’est bien passée, mais que les enfants étaient excités!!! Nous ne les avons jamais vu ainsi. Le décalage horaire est terminé (même si on se lève encore trop tôt le matin), mais je crois que le problème fut le typhon qui passait au large de la mer du Japon. À Kyoto, il faisait grand soleil, très humide et trop chaud, mais la pression dans l’air devait être différente car on aurait dit que la plus grosse tempête de neige allait passer!!! Sinon, je ne sais pas ce qu'ils avaient mangé, mais c'était quelque chose!

Nous venons de revenir d'une journée où nous nous sommes rendus au Château de Himeji dans le shinkansen de Hello Kitty! Ce train rapide est en marche depuis le début octobre jusqu’au mois de mars 2019… Émi me le demandait souvent alors c’était le moment où jamais! C’est vraiment un beau shinkansen, avec plein de Kitty. Si vous aimez le petit chat, c’est le paradis. :)

Le Château de Himeji étant tout de même à 150 kilomètres de Kyoto, en faire une partie en shinkansen nous a permis de sauver 45 minutes. Émi a marché de l’entrée jusque dans les hauteurs de la tour: il y en avait des marches dans ces six étages pour ses petites pattes de 4 ans! Nous avions retiré nos chaussures et elle a voulu enlever ses bas aussi. C’est vrai que le plancher de bois du château est beaucoup plus agréable nu-pieds!

On est fatigués de ces aventures, mais les choses se calmeront bientôt car je commencerai mes cours (mercredi, c'est le test de placement, et lundi prochain le véritable début).

05 octobre 2018

Le flou du décalage

Le vol de 13 heures entre Montréal et Tokyo s’est bien déroulé. Très bien en fait. J’ai appris dans l’avion le résultat des élections, une dame m’en a parlé en passant dans l’allée… Je ne sais pas comment elle le savait (le pilote, les agents de bord?), mais ça m’a fait ouvrir des grands yeux au-dessus de l’Océan arctique! Si Léo et Émi ont fait une petite sieste, quand ils se sont réveillés, ils étaient grognons et surtout tout déboussolés. Rendus à l’hôtel, on s’est tous endormis comme des loirs.

Le lendemain, nous avons quitté la capitale vers Kyoto. Nous avions un train d’une heure à prendre entre l’aéroport et Tokyo. Puis le shinkansen (train rapide) qui permet de rejoindre Kyoto en deux heures vingt minutes au lieu de 7 heures d’auto… On est arrivés au début de l’après-midi. On a rangé nos valises dans un casier (les grosses valises, on les avait déjà expédiés la veille à partir de l’aéroport), puis on est allés faire des commissions.

C’est bizarre de revenir dans une ville et d’avoir le sentiment que c’est « normal ». C’est difficile à expliquer, mais à Kyoto, il y a ce feeling d’être dans un lieu connu et apprivoisé, d’être enfin arrivés, d’être, à quelque part, dans un de nos « chez nous ». On a trouvé notre petite maison. C’est le meilleur logis qu’on a eu dans les quatre séjours que nous avons faits. Mais c’est dépouillé, trop dépouillé pour être bien pendant trois mois. Nous avons donc multiplié les déplacements pour le garnir car il n’y avait que le strict minimum. On s’en contente quand on loue trois jours, comme la plupart des gens le font, mais pas pour trois mois! On a aussi réorganisé l’emplacement des lieux (davantage configuré pour un couple qu’une famille avec des enfants). Maintenant, c’est vraiment bien, il y a de la place et on respire!

Toutefois, on dort moyen, encore pris dans le décalage horaire. Les matins débutent très tôt. Nous étions tous debout à quatre heures aujourd’hui. Je vous jure que ça dort fort dans la chambre en ce moment! Nous, on combat la fatigue pour se coucher un peu plus tard (genre 21h!). Il fait encore chaud le jour, l’automne n’est pas encore commencé ici (il fait 26 degrés, parfois 22 degrés le jour…) Comme une belle fin d’août!

Je commence les cours mercredi, j’aurai le temps d’être à l’heure du Japon et d’être plus reposée. Les enfants font bien ça, ils sont super contents, parlent beaucoup, posent des questions et disent des « arigatô » souvent. Nous sommes entre l’entre-deux-pays…