09 juillet 2007

La fontaine de Tourny

Oyez, oyez, bonnes gens! L’attraction première de Québec se trouve être, sans contredit, la merveilleuse fontaine de Tourny! Rendez-vous des amoureux et des enfants qui ont des vœux, la fontaine domine la ville et éblouit les regards. En ce 3 juillet 2007, 399e anniversaire de la fondation de Québec, ses eaux se sont mises à jaillir, à bouillir et à ébahir la Haute-ville. Accourez pour y voir briller les reflets du soleil ou scintiller les faveurs de la nuit!

Sans doute le plus cadeau que l’on pouvait offrir à la ville de Québec pour son 400e, la fontaine de Tourny a été inauguré un an avant le grand jour. Pour l’occasion, on avait organisé un spectacle derrière le Parlement avec Fred Pellerin, Florent Vollant et Yves Lambert (ancien de la Bottine Souriante). À la fin du spectacle, M. Peter Simons et Marie Laberge ont lu le poème composé pour la fontaine. Je vous laisse le soin de le découvrir lorsque vous irez marcher près de cet œuvre majestueuse.

Parce que je suis employée de Simons, je m’étais portée volontaire pour la distribution des bouteilles d’eau à l’effigie de la fontaine. Nous étions 25 bénévoles en costume d’époque à arpenter l’espace entre la fontaine et le spectacle. Pendant les chansons traditionnelles, j’ai en profité pour danser avec mon oncle Michel. On s’est arrêté quand on s’est approché trop près de grand-maman! À force de tourner et de tourner, on a le tournis! ;)

En soirée, on a eu droit à un superbe feu d’artifice préparé spécialement pour s’ajuster aux formes de l’oeuvre. Certains partaient de l’intérieur de la fontaine, d’autres allaient très haut. C’était très beau et il y avait beaucoup de monde à la fête!

C’est quand même un beau cadeau que cette fontaine. Blottie près des murailles du Vieux-Québec, elle adoucit le rond-point devant le Parlement et offre de superbes couchers de soleil. L’histoire qui l’a amenée jusqu’ici est digne d’intérêt : c’est en cherchant des boiseries pour son magasin que M. Simons a croisé le regard avec cette fontaine en pièces détachées, chez un antiquaire de France. Il n’en existe que six exemplaires au monde.

En 1855, cette fontaine gagnait la médaille de l’exposition universelle à Paris. Le maire de Bordeaux en commanda un exemplaire pour la venue des eaux dans sa ville. L’inauguration eut lieu en 1857, sur les Allées de Tourny, d’où son nom. Le sculpteur responsable de cette merveille s’appelait Mathurin Moreau. Il serait sûrement surpris d’apprendre qu’une de ses œuvres est maintenant à Québec!

Le prix de l’achat, du transport et de la restauration de la fontaine donne un aperçu du travail qu’on a dû y mettre : 4 millions payé par la Maison Simons. La ville de Québec a fourni les fonds pour l’aménagement du rond-point : 2 millions. Tout un cadeau!

Si vous souhaitez plus d’informations sur cette belle histoire, visitez ce site web :

www.fontainedetourny.ca

Un dépliant est également disponible dans les magasins Simons avec de très belles photos (dont celle que vous voyez plus haut).

En travaillant cette semaine, un couple me disait qu’ils venaient tout juste de se fiancer devant la fontaine. Ils étaient tout excités de voir le sac du magasin où elle figure. :)

Quant à nous, nos fiançailles ont eu lieu l’an dernier, dans un champ de cosmos au Japon (voir ce blogue). Notre mariage aura lieu cette année, sur le traversier entre Québec et Lévis, le 2 septembre. On prépare cet événement avec joie! :)

08 juin 2007

Le thé japonais

C’est l’été, vous entrez à la maison en sueur parce que vous venez de monter les escaliers. L’air climatisé ne fonctionne pas encore, l’appartement est comme un four. Vous avez soif, vous ouvrez le réfrigérateur à la recherche d’une boisson désaltérante… Si vous étiez au Japon, vous y trouveriez sûrement du thé vert!

C’est une des choses que nous savons des Japonais : ils consomment du thé. Mais on ignore tout de la diversité des thés qu’ils boivent.

La recette du thé vert glacé

Au contraire de nos étalages, qui nous proposent des thés verts sucrés aromatisés au citron ou à la pêche, les Japonais ne partagent pas notre goût du thé sucré. Dans la grande majorité des cas, on boit le thé pour son goût et sa bonne réputation pour la santé : 100 % pur. En dehors de l’Asie, il est difficile de trouver des bouteilles de ce thé à l’épicerie. Voici donc la recette pour ceux qui voudraient passer un été santé.

Vous aurez besoin :
Une grande théière
Des feuilles de thé vert sencha
Des glaçons

Étapes
Pour une théière d’un litre et demi, utilisez cinq bonnes cuillères à thé de feuilles sencha dans le filtre. Versez l’eau froide et laissez reposer le thé pendant toute une nuit, ou toute une journée. Ensuite, transférez votre thé dans un pot à jus et mettez au réfrigérateur. Lorsque vous rentrerez du travail épuisé, servez-vous un verre de ce thé vert avec deux glaçons. Rafraîchissant, désaltérant, excellent!

Le thé pour tous

Tout le monde connaît le truc de congeler une bouteille d’eau avant de partir en excursion. C’est une bonne façon d’avoir de l’eau très fraîche à boire pendant un voyage. Mais au Japon, les gens font la même chose avec les bouteilles de thé. Au fur et à mesure qu’elles décongèlent, les mères en servent à leurs jeunes.

Le thé n’est pas considéré mauvais pour la santé des enfants. Au contraire, comme il ne contient aucun sucre, il est préférable aux jus et aux boissons gazeuses. Les adultes et les enfants boivent donc beaucoup de thé.

Le cas du café
La passion du café est bien présente au Japon. On trouve tout autant d’occasions de boire du café que de boire du thé. Et même plus d’occasions d’en boire, si on n’a pas les yeux bridés. En effet, les Japonais savent que le café est beaucoup plus populaire chez nous que le thé. Alors, il n’est pas rare que les hôtes ou les amis préparent un bon café, croyant s’adapter à nos goûts. L’intention est bonne et on le boit sans rien dire, même si, comme moi, on déteste royalement le café!

Variété, provenance et, parfois, année de la récolte sont des indicateurs de la qualité de votre choix. Le thé est comme un grand cru au Japon, on le boit avec amour et délicatesse (cérémonie du thé), avec blagues et confidences (entre amis, en famille) ou tout simplement, sans y penser, au milieu d’une excursion en forêt. On comprend pourquoi, après l’eau, le thé est la boisson la plus consommée au monde.

28 mai 2007

Les élèves passionnés du Japon

Je voulais communiquer avec vous le résultat de certaines de mes conférences. Tout d’abord, deux étudiants du secondaire ont créé des blogues sur le Japon. Un d’eux a déjà commencé à épargner pour réaliser son rêve de visiter le Japon.

Les élèves du primaire connaissent parfois les bandes dessinées japonaises, les mangas. Certains sont déjà très habiles pour dessiner leurs propres personnages. Quelques uns m’ont fait partager leur passion et j’ai eu quelques cadeaux souvenirs! Vous en avez un exemple en haut à gauche de ce message.

Finalement, j’ai eu la surprise, la semaine dernière, de recevoir une belle carte, écrite par deux élèves de maternelle. Elles s’étaient également dessinées avec un beau yukata. Trop mignonnes!!! :)

11 mai 2007

Transitions d’emplois

C’est bientôt la fête des mères, alors j’en profite pour donner un beau gros bec à toutes les mamans!

Le concert du 9 mai s’est bien déroulé, nous avons eu de la belle visite et des surprises. Nous avons interprété 22 chansons dans différentes langues : français, anglais et japonais. J’avais appris toutes mes paroles par cœur, ce qui a été tout un défi pour le japonais, je dois l’avouer! On s’est bien amusé et ça nous a permis de se familiariser avec la scène du TamTam Café. Le technicien s’occupait vraiment bien du son, on était chanceux!

Depuis dimanche dernier, j’ai commencé à travailler chez Simons, dans le Vieux-Québec. Il y a du monde, ça n’a pas de bon sens! J’ai l’impression que ça ne dérougit jamais, par chance qu’on est plusieurs employés. Le temps passe très vite, on n’a même pas le temps d’y penser. J’étais surprise de constater à quel point cette compagnie est bien organisée. Par exemple, ça prend un nombre d’heures minimales travaillées pour pouvoir faire les retours et les annulations. Ce qui veut dire que lorsque tu débutes, tu ne t’occupes pas de ça, tu appelles une coéquipière plus expérimentée. Ça nous permet de nous concentrer sur le client et sur les opérations simples (on a déjà le cerveau très chargé avec juste ça!).

J’ai travaillé dans quelques magasins et c’est la première fois que j’expérimente les pauses payées. Ça fait du bien, c’est incroyable. Être debout pendant six heures de suite sans interruption, ça fatigue énormément. Le fait de pouvoir aller boire, manger, s’asseoir au calme pendant 15 minutes change bien des choses.

Les conférences dans les écoles sont terminées pour cette année scolaire. Je vais peut-être en avoir d’autres en septembre. Je l’espère puisque j’ai vraiment apprécié rencontrer les élèves. Ça été 33 conférences très stimulantes pour moi. Le plus gratifiant est lorsque j’apprends qu’un élève s’est ouvert un compte épargne afin d’aller au Japon, ou qu’un autre confie à sa professeure qu’il viendra lui aussi dans sa classe donner des conférences sur le Japon plus tard… C’est ce que je voulais : ouvrir les horizons, éveiller la curiosité, encourager les propres expériences…

J’ai commencé à écrire un livre sur le Japon. Il sera rempli d’anecdotes, de conseils et d’humour bien sûr. Lorsque nous sommes partis au Japon, j’étais fascinée et curieuse de le découvrir, mais j’en suis revenue amoureuse et conquise. J’ai vraiment le goût de continuer sa découverte.

18 avril 2007

Invitation au concert

Notre concert s’en vient! Ne reste que trois semaines avant le grand jour! N’oubliez pas que vous êtes tous et toutes chaleureusement invités. Notre Piano concert a lieu le 9 mai, à 20h30, au TamTam Café de Québec. C’est au coin des boulevards Langelier et Charest, c’est facile d’y aller avec le « métrobus » 801. L’entrée est gratuite, il n’y a donc aucune raison de se priver! Ce devrait être terminé vers 22h, à notre avis. Nous espérons vous y voir! Cliquez ICI pour télécharger l'invitation.

10 avril 2007

Plein feux sur Miyajima

Après Lorretteville, Saint-Raymond, Baie-Saint-Paul, Saint-Urbain, je visite cette semaine ma région natale : La Malbaie. J’ai très hâte! Je pars tout à l’heure en autobus. Ce soir, exceptionnellement, je donnerai une conférence pour les adultes au cégep. Alors, j’amène encore plus de « gogosses » que d’habitude! Par chance que j’ai une grosse valise pour apporter tout ça!

J’ai reçu plusieurs commentaires à propos de ces visites. Il y a même des élèves qui m’ont écrit pour me poser des questions supplémentaires. Ça me fait toujours plaisir. :)

Après un article dans Cyberpresse, c’est le journal de ma région, l’Hebdo Charlevoisien, qui a fait un article sur mes conférences. Vous en trouverez une copie ici. J’étais très heureuse de lire ça, avec une photo en couleur en plus! Que c’est beau ces temples rouges japonais... Le rouge est la couleur sacrée du shinto, une des religions du Japon. C’est pourquoi on retrouve beaucoup de rouge dans les temples.

Que ce soit dans Cyberpresse ou dans l’Hebdo Charlevoisien, les deux journaux présentent des photos que nous avons prises à Miyajima, un des plus célèbres et des plus impressionnants temples shinto. La grande porte rouge dans la mer (le « torii ») est en fait l’entrée du temple rouge qu’on voit derrière moi sur la photo. L’entrée du temple se trouve littéralement dans la mer et le temple aussi puisqu’il repose sur pilotis!

16 mars 2007

Tempête de bonnes nouvelles

Que des bonnes nouvelles à vous annoncer aujourd’hui! Tout d’abord, un texte de votre nomadesse internationale a été publié par Cyberpresse hier.

J’ai eu toute une surprise en recevant le message de la dame et j’ai relu mon texte attentivement avec Philippe. De beaux souvenirs de voyage. Sincèrement, maintenant que nous sommes installés dans un grand appartement de la ville de Québec, que nous avons commencé à travailler tous les deux, il nous arrive de penser au Japon. En ce moment, c’est la saison des pruniers. Vous rappelez-vous ces milliers de fleurs odorantes? J’avoue que j’adapte mes fonds d’écran aux saisons du Japon!

Ensuite, deux endroits de Québec ont accepté de nous recevoir en concert! Un restaurant (dates à déterminer) et un centre communautaire, le Tam Tam Café. Vous êtes bien sûr tous et toutes invités, le mercredi 9 mai à 20h30. C’est gratuit! Nous interpréterons des chansons françaises, japonaises, anglaises ainsi que nos compositions. J’espère qu’il y aura beaucoup de monde!

Autre bonne nouvelle : j’ai commencé à visiter les écoles pour mes conférences sur le Japon. J’ai vu des élèves de Baie-St-Paul, St-Urbain et Port-Neuf. D’autres conférences à Sainte-Anne de Beaupré, La Malbaie et Lorretteville s’en viennent. J’ai été surprise de la curiosité des élèves et l’intelligence de leurs questions. Je dois avouer que je m’amuse énormément lors de ces visites! Mes moments préférés restent les tirages de cadeaux et l’essai d’un yukata pour une jeune fille chanceuse. C’est trop beau de voir leurs sourires! :)

19 février 2007

La vie rangée, Québec

À Québec, la neige est belle, quel hiver élégant! Les cinq pièces de notre appartement sont rangées et vivables. C’est déjà très bien et on commence à s’y sentir à l’aise. On a finalement peinturé les trois chambres en blanc et il a fallu tout nettoyer après le vernissage des planchers. Mais samedi soir, on apportait les dernières touches décoratives et c’était bien notre chez-nous.

Aujourd’hui, Philippe commence son travail chez Longtail Studios (par chance que la Loi 101 n’exige pas la traduction des noms de compagnies, j’aurais été de dire qu’il travaillait aux « Studios Longue Queue »)! C’est une compagnie de jeux de cellulaire. Il agira à titre de game designer et d’audio designer, ce qui est un bon défi et tout un encouragement pour ses compétences. :)

Les chats sont arrivés dans notre appartement vendredi matin. L’adaptation a été de courte durée : on aurait dit que Tsuki était déjà chez lui après dix minutes et Tama après deux heures. Ils dorment maintenant tranquillement dans leurs endroits préférés, ne se levant que pour exiger une caresse. Nous vivons avec des chats adorables.

Je continue de travailler à l’hôtel. Le Carnaval a été une bonne initiation, j’ai rencontré beaucoup de touristes. Il y a même deux personnes de Nouvelle-Calédonie avec lesquels je peux discuter de paysages familiers et de merveilleux souvenirs.

La semaine prochaine, je commence mes conférences sur le Japon dans les écoles. Je suis bien préparée et j’ai vraiment hâte de concrétiser ce projet qui me tient à cœur. Je rencontrerai des élèves de la maternelle à la 6e année!

On dit souvent que le plus difficile d’un voyage est le choc du retour. Eh bien, je le confirme. Le mois de janvier a été une épreuve très difficile. Pourtant, si vous aviez vu tout le soutien dont nous avons bénéficié! Mais cela n’a rien à voir. Le choc est d’un autre type.

D’abord, nous n’avions plus de maison. Nous vivions dans nos valises, chez des personnes merveilleuses où nous nous sommes sentis très bien. Le hic, c’est quand ça dure deux mois, on sent le besoin d’avoir un endroit qu’on appelle « chez-nous » qui nous ressemble. Merci à Pierre-Luc, Chantale, Elliot, Ariane, David, les parents et les beaux-parents pour tous les jours d’hébergement!

Ensuite, vivre sans emploi et sans argent n’est jamais une sinécure. Félix Leclerc disait que l’argent ne fait pas le bonheur, mais que de ne pas en avoir, ce n’est pas drôle non plus. On connaissait bien la justesse de cette affirmation, puisqu’on ne peut pas dire qu’on ait vécu la richesse au Japon. Mais quelque part dans nos rêves de retour, nous croyions que ce serait terminé au retour.

On avait beaucoup sacrifié pour partir là-bas et réaliser ce rêve. Nous étions prêts à le faire. Mais on oublie que le sacrifice continue quelque temps encore après le retour. Et comme on n’est plus dans la réalisation d’un rêve, c’est plus dur à supporter.

Finalement, le choc culturel. C’est évident que le Québec n’est pas comme le Japon. Après la joie de retrouver de merveilleux aspects, il y a aussi le retour des choses que l’on avait oubliées. Que les confitures sont beaucoup plus sucrées, que les transports en commun sont beaucoup moins commodes et développés, qu’on se débrouille assez mal sans auto, qu’il faut marcher pour trouver du bon tofu, qu’on doit chercher où est donc le bac à recyclage dans nos buildings, etc.

Des petites choses qui s’accumulent et qui peuvent fatiguer. Mais maintenant que la poussière retombe, elles me fatiguent de moins en moins. On se réadapte.

Après cette année, qu’avons-nous appris d’important au Japon? Que nous pouvons choisir. On ne peut pas tout donner à la chance. Il faut également décider d’y aller, de le faire, de partir. C’est beaucoup plus facile à dire qu’à vivre. Mais quand on l’a appris, on le sait pour tous les aspects de notre vie. Pis ça, c’est inestimable.

Je considère que depuis samedi soir, nous sommes enfin dans un chez-nous. Je n’ai pas encore d’attache sentimentale à Québec, je lui laisse un an pour me faire battre le cœur. L’an prochain, on réévalue. Je me souviens qu’au mois de mai, je savais que j’aimais Kyoto. Québec a un charme, c’est certain. Je vais prendre le temps de le découvrir et de le sentir. :)

Au vue des finances, il est probable qu’il n’y ait pas de voyage à l’autre bout du monde cette année. Alors, j’aurai tout le temps de voyager dans ma nouvelle cité. Et je vous la raconterai.

18 janvier 2007

Premiers contacts avec Québec en hiver

Semble-t-il que la vie est un long carnet de voyage. Alors, maintenant que j’y ai pris goût, je vais continuer, de temps à autre, à vous raconter nos aventures et découvertes.

Après notre retour, le décalage horaire fut long à passer! Pendant un bon trois semaines, nous ressemblions à des zombies à partir de 20h et nous nous réveillions à 6h le matin. Mais le rythme du Québec a fini par revenir et nous voilà bien intégrés à l’horaire de l’hiver.

Après de belles fêtes avec nos familles, nous sommes allés vivre chez des amis très accueillants à Québec. Nous y sommes depuis presque deux semaines. On n’a pas eu le temps de voir grand-chose de la ville à part les lieux où nous avons déposé nos curriculum vitae. Ça nous rappelle nos premières semaines dans la ville de Kyoto lorsque nous ne visitions rien, mais qu’on marchait partout.

Première belle nouvelle : nous avons trouvé un appartement pour le 12 février. Juste à la limite de Charlesbourg et Limoilou, c’est très près de tous les transports express des autobus et des épiceries. Il y a aussi une piscine qui comblera le grand manque de Philippe après cette année sans eau au Japon. C’est un grand cinq et demi au troisième étage. Nous sommes très contents et nous avons très hâte d’y être installés avec nos minous! :)

Deuxième belle nouvelle : j’ai trouvé un emploi aujourd’hui! Je serai réceptionniste à l’hôtel Jardins Ste-Anne, un petit hôtel de 18 chambres dans le Vieux-Québec, à deux minutes de la rue Saint-Jean et de la place d’Youville. Je suis très contente et j’y inviterai sûrement tous mes amis japonais qui vont adorer le cachet de l’endroit! :) Le patron est hyper sympathique, alors je crois que je m’y vais sentir bien. Je commence la formation lundi.

Cet emploi nous rassure, car les choses avancent bien pour Philippe également. Graduellement, tout se place et on va se créer un petit nid douillet à Québec.

Mes conférences dans les écoles primaires, secondaires et cégeps se planifient également, les professeurs sont intéressés. J’ai bien hâte de rencontrer tous ces élèves pour parler du Japon.

Pour ne pas oublier mon japonais, je me suis inscrite à un cours de japonais intermédiaire de l’Université Laval. Le professeur est un Japonais linguiste très drôle et très intelligent. La linguistique me fascine déjà, alors je suis totalement captivée. De temps en temps, parler le japonais me manque beaucoup, alors ça me fait du bien d’assister à ce cours. Je me suis aussi trouvée un petit restaurant japonais où j’ai sympathisé avec les employés (tous des Japonais).

Après un an au Japon, il faut avouer qu’il est resté une petite partie de mon cœur à Arashiyama, près du pont qui enjambe la lune et du temple du dragon céleste. Nous n’avons pas encore eu le temps de réfléchir à notre expérience japonaise, car nous mettons beaucoup d’efforts à la recherche d’emploi, mais je suis déjà consciente de cette petite partie de moi, restée là-bas. Cela ne me semble pas triste, bien au contraire. Ça me permet de pouvoir y retourner, en pensée.

Lorsque j’ai rencontré les gens qui lisent ce carnet, ils m’ont souvent dit qu’ils aimaient beaucoup les photos. Je vous en joins quelques unes.

Finalement, je vous souhaite une belle année 2007. J’espère que vous y trouverez du bonheur dans tous les aspects de votre vie et des petites surprises souriantes. Cette année, je nous souhaite aussi un monde un peu plus proche de la paix.

11 décembre 2006

Le retour du Japon

Dimanche, 10 décembre 2006. Il est tôt, il fait soleil lorsque nous fermons la porte de notre petit appartement pour une dernière fois. De notre balcon, on peut voir un arc-en-ciel au-dessus des montagnes d’Arashiyama. On le prend comme un bon présage.

On commence le transport des valises jusqu’à la gare. Nous avons le maximum avec nous : deux grosses valises chacun, une petite valise pour l’avion et un « sac à mains » (ordinateur et grand sac). On a passé la nuit à les peser pour les faire correspondre au poids maximal de la compagnie qui nous transporte.

Évidemment, nous n’avons pas assez de mains pour transporter tout cela. Il faudra faire deux voyages. Je fais le premier avec Philippe puis il va chercher le reste. J’en profite pour transporter les grosses valises de 23 kilos dans les escaliers, vers la voie d’embarquement. Les gens sont gentils : plusieurs personnes nous aident et je n’ai qu’un seul voyage à faire.

Lorsque Philippe arrive enfin, le train est sur le point de s’arrêter. L’employé de la gare l’accompagne avec une valise et voilà, nous sommes bel et bien embarqués dans le bon train.

Direction : gare de Kyoto, pour un transfert. De là, une dame nous aide à rouler nos valises jusqu’à l’autre voie d’embarquement, pas très loin. C’est le dernier train : un express entre Kyoto et l’aéroport d’Osaka où nous prendrons notre avion. Dire que dès « ce soir » (grâce au décalage horaire) nous serons chez nous!

On présente nos billets électroniques, notre numéro de confirmation obtenu voilà deux jours et nos valises à la porte d’embarquement. En pesant le tout, le commis nous informe que chaque valise fait 23,4 kilos (sa balance est plus précise que la nôtre) et qu’il faut enlever du poids. On ouvre les valises, jette certains objets dans la poubelle et on retourne à l’embarquement. Mais il y a un problème avec nos billets.

Je dois expliquer ici le contexte particulier de notre voyage. Nous sommes partis en décembre 2005 avec des points primes offerts par les parents de Philippe. Nous avions des billets aller-retour avec Air France pour la Nouvelle-Calédonie. Après un mois de vacances là-bas, nous sommes revenus jusqu’au Japon où nous avons prolongé « l’escale » de onze mois.

Jusque là, tout va bien. Le hic, c’est que la compagnie affiliée à Air France avec laquelle nous devions revenir n’avait pas reçu la confirmation que les points prime avaient bien été retiré du compte de mon beau-père.

Nous sommes dimanche. Ils ne peuvent pas téléphoner en France pour s’informer car tout est fermé, bien sûr. Après maintes discussions, tentatives d’explication et quelques pleurs, le pire arrive : l’avion part sans nous. Et il faudra attendre au lendemain pour avoir une solution. Peut-être…

C’est là, à l’aéroport du Kansai, que la réalité m’a frappée pour la première fois : j’étais vraiment très loin de chez moi. La conscience d’être à l’autre bout du monde ne m’avait jamais vraiment atteinte. J’avais Internet, le téléphone, un appartement, Philippe… Mais prise avec mes seules valises, sans autre choix que de dormir sur les bancs d’un aéroport, l’éloignement m’a sauté aux yeux. Aucune débrouillardise ne pouvait m’aider puisque il m’était impossible de retourner chez moi à pieds, en train ou en autobus.

Évidemment, conséquence normale de cette prise de conscience : je me mets à pleurer comme un bébé. Je me souviens vaguement des regards pleins de pitié des Japonaises qui me regardaient marcher dans les couloirs de l’aéroport comme une condamnée. Lorsque j’ai annoncé à mes parents que je ne rentrerais pas tout de suite et que je ne savais pas quand je serais de retour, je m’accrochais au téléphone comme une désespérée.

Heureusement, il y avait Philippe. Mon conjoint est un homme calme et je me suis lentement moi aussi calmée. On s’est trouvé un petit coin isolé avec une prise électrique, à laquelle on a branché notre ordinateur. J’avais quelques dessins animés qu’on a écoutés ensemble. Il nous restait quelques yens et on allait parfois flâner dans l’aéroport, même si on n’avait pas très faim.

On a fini par trouver une connexion WIFI qu’on a utilisée pour communiquer avec les amis. J’ai travaillé mon site web et j’y ai ajouté plusieurs fonds d’écran. On avait du temps à profusion. Nous avons passé la nuit à faire le guet à tour de rôle. Nos valises étaient tout ce qui nous restait : nous y tenions!

Le lendemain matin, nous avons téléphoné à Air France dès 9 h. Mais la compagnie aérienne ne pouvait rien faire par téléphone, il fallait rencontrer la responsable de l’aéroport.

Après plusieurs dizaines de minutes d’attente, nous avons enfin croisé brièvement la dame d’Air France. Elle était très occupée, mais nous lui avons expliqué notre cas, au milieu de la file d’embarquement. Elle nous a répondu que le problème, selon elle, c’est qu’on ait voulu voyager avec une compagnie affiliée. Comme nous sommes arrivés avec un avion identifié Air France, il fallait repartir avec la même compagnie. « Oui, oui, oui, mais partons-nous bientôt? », nous sommes-nous empressés de répondre.

L’avion du jour était plein, même en classe affaires. Voyager avec Air France au mois de décembre n’est pas la bonne période pour avoir des problèmes. Mais la dame nous a préparé les billets pour le lendemain.

Soulagement et déception. Une autre nuit à dormir sur les bancs. Nous savions également que l’avion Osaka-Paris arrivait trop tard pour prendre la correspondance pour Montréal. Nous allions devoir passer une nuit à Paris. Nous avons réservé tout de suite un hôtel par Internet. Et nous sommes retournés nous installer dans notre coin préféré.

Toutes les nuits, les agents de sécurité de l’aéroport passaient prendre les numéros de nos passeports et nous demander des explications. Mais ils restaient très gentils. Ils devaient bien voir qu’on ne faisait pas grand mal.

Mardi 12 décembre 2006. Nous embarquons enfin dans l’avion. Lorsque j’ai vu le sol du Japon s’éloigner sous mes pieds, les soucis de ces deux jours saturés d’inquiétude et de tristesse se sont envolés. Ce vol a sans aucun doute été le plus agréable de notre vie, avec des agents de bord absolument charmants.

L’hôtel que nous avions réservé à Paris était très abordable, ce qui signifie peut-être que le sourire était une option. Mais c’était très secondaire, puisque nous ne pensions qu’à dormir. Quatorze heures de sommeil nous ont beaucoup calmés.

Mercredi 13 décembre 2006. On arrivait enfin au Québec, avec plus d’une heure de retard. Nous ne savions pas si nos valises avaient fait le voyage avec nous puisqu’il y avait une grève à Paris et plusieurs bagages étaient restés au sol. Mais heureusement, le hasard avait terminé de nous taquiner. Nos valises étaient là et nos parents aussi.

Il faisait 8 degrés à Osaka lors de notre décollage, 8 degrés à Paris lors de notre sommeil et 8 degrés à Montréal lors de notre arrivée. Et il pleuvait légèrement partout. On ne peut pas dire que le choc de l’hiver fut très grand. Mais quel voyage!