26 août 2013

Le soleil islandais, juste pour vous

ReykjavikLe temps en Islande est toujours en mouvement. Vous regardez la météo et elle annonce toujours de la pluie. Même la journée où l’icône du soleil apparaît se transformera en petit nuage bientôt. Mais cela ne veut pas dire qu’il pleut tout le temps. Non. La pluie tombera. Puis étonnamment, le soleil vous caressera, alors que tout ce qui vous entoure, les montagnes comme la mer, resteront couvertes de nuages gris. Vous avez alors l’impression d’être une personne privilégiée, exactement au bon endroit, au bon moment, pour profiter de la lumière. Comme si les nuages s’étaient écartés pour vous seule. L’Islande vous fait ce cadeau, régulièrement.

Après une longue journée de voyage et d’attente, nous sommes enfin arrivés et installés dans notre « maison islandaise », comme le dit notre Léo. L’appartement est très éclairé, les fenêtres sont partout, les pièces sont grandes et propres. Le propriétaire a même pensé à sortir des jouets, ce qui fait le bonheur du petit bonhomme, vous imaginez…

ReykjavikHier, pour notre première sortie (à la recherche d’une épicerie!), nous sommes passés juste à côté du vieux cimetière. Notre premier regard sur la grande église qui domine la ville s’est fait par la rue Kirkujudarðsstígur, juste à côté d’un bâtiment orné d’un grand drapeau du Canada! Nous ne savons pas encore ce qu’est cette maison (résidence de l’ambassadeur ou du consul canadien peut-être), mais c’était un premier regard paradoxal!

Après avoir fait quelques achats pour se nourrir, nous sommes revenus à la maison. La nuit fut longue et bienvenue ! Mais la proximité du cercle polaire se fait sentir, car même en cette fin d’août, le soleil s’est couché en même temps que nous: à 21h30…

Ce matin, nous sommes allés au centre commercial Kringlan pour trouver une épicerie qui ne soit pas un « dépanneur piège-à-touristes ». Les centres commerciaux se ressemblent dans plusieurs pays : on y trouve des boutiques connues (Body Shop, Aveda, Domino Pizza), la fameuse marque islandaise de manteaux 66º North (faits en Chine : avez-vous besoin d’autres commentaires à propos de ces doudounes qui coûtent 1000 dollars?) et un grand Hagkaup bien pourvu en fruits et légumes (vendus au kilo, alors tout paraît hors de prix au début!) et autres nécessités pour faire un sauté!

ReykjavikPuis je me suis arrêtée pour une rencontre à l’Université d’Islande avec les deux professeurs. Rencontre brève, qui a servi à prévoir un autre rendez-vous la semaine prochaine. L’université est située juste à côté de l’aéroport régional où des avions voyageant en Islande, au Groenland et aux îles Féroé, atterrissent régulièrement. Le bruit est fort, mais c’est magnifique de voir les pistes tout près de la mer, en bordure de la ville. Cet aéroport a été construit par les Britanniques durant la Seconde Guerre mondiale, parce que le terrain plat était plat. Il reste encore des petites maisons rondes pouvant résister à tous les temps, construit par les soldats…

19 août 2013

Islande : 5 dodos avant le jour J

BagagesLes bagages s’accumulent dans notre chambre. Trois grosses valises pour la soute, deux plus petites qui nous suivront dans l’avion, un sac à dos pour porter Léo lors d’excursions dans les paysages volcaniques islandais, et une poussette pour la ville. J’ai deux listes qui traînent près de mon ordinateur : ce qu’il reste à ajouter à nos bagages et ce qui me reste à faire dans la maison pour accueillir l’ami qui y habitera pendant notre séjour. Dire que nous pourrons à peine nous croiser samedi matin!

Étonnamment, la superbe météo prévue pour cette semaine a facilité la préparation des vêtements : j’ai pu mettre bas, pantalons et chandails à manches longues dans les valises sans crainte de devoir les ressortir avant le départ! Le décalage ne sera pas qu’horaire : nous passerons à une température d’été à un temps d’octobre en quelques heures de vol...

Les professeurs qui étudient les congés parentaux, et tout particulièrement l’implication du père islandais, m’ont déjà contactée : je les rencontre le lendemain de mon arrivée! J’ai aussi mon horaire de cours à l’université : le lundi et le jeudi, j’y serai pour assister aux séances sur la littérature et la société islandaise.

Mais j’ai aussi arpenté les guides touristiques pour préparer une liste des choses à faire, voir et entendre à Reykjavík. Étant donné que nous avons avec nous un enfant de deux ans et demi, nous nous en tiendrons à la région de la capitale et ses environs. Ce qui semble déjà fort intéressant, je vous assure!

De toute façon, je n’avais pas l’intention de tout voir. Parce que pour apprivoiser le pouls d’une ville, il faut aussi avoir des journées pour flâner, décanter les découvertes de la veille... Et vous écrire des billets régulièrement! Le blogue Nomadesse redeviendra donc très actif, j’ai hâte de vous emmener avec moi!

Við sjáumst!
(au revoir)

24 juin 2013

Jardins Quatre-Vents, Charlevoix

Iris et pont japonaisIl est 9h, samedi matin, et nous courrons dans les champs pour rattraper le groupe. Les chevaux soulignent notre passage d’un soupir et nous nous arrêtons essoufflés devant le guide. Nous sommes sur la « Sunset Hill » de La Malbaie, un endroit que tout le monde aperçoit de la ville, mais inaccessible à peu près tous les jours de l’année.

Sauf aujourd’hui. Et trois autres samedis de l’été.

PigeonnierAujourd’hui, nous sommes sur le terrain privé de la maison d’été de M. Cabot. Pour visiter ses jardins, une merveille presque secrète…

Ne vous battez pas, tous les billets sont vendus longtemps d’avance. On réserve au début de l’année, sur le site du Centre écologique de Port-au-Saumon, un lieu cher à ma mémoire car j’y aie passé tous les étés de mon enfance. Mon grand-père avait construit un chalet en bois rond, qui appartient maintenant au Centre. Mon nom est toujours gravé sur le mat du drapeau, c’était le seul mot que je savais écrire…

Boeufs HighlanderTrois générations de Cabot ont travaillé sur cette montagne pour créer les jardins de Quatre-Vents tels qu’ils sont aujourd’hui. Jardin d’épices, jardin blanc, jardin de roses, porte qui mène le regard vers le menhir dans les champs, bœufs highlander qui viennent observer les curieux, pont de lune, iris avec un arrière-plan shintoïste, potager… La visite dure deux heures et demi, et ce n’est pas pour rien.

Tout près des champs, un petit pavillon de musique attend les artistes. Quand la guide a demandé si quelqu’un voulait y chanter quelque chose, Philippe et moi avons interprété « Sakura sakura ». La petite salle de merisier servait d’amplificateur naturel. Magnifique petit moment pour nous!

Jardin japonaisLe dernier ajout aux jardins est celui que je souhaitais le plus admirer : le jardin japonais et ses deux pavillons. Le mélange de la végétation québécoise à cette architecture japonaise était fantastique : particulièrement la lumière sur le bouleau qui venait chercher parfaitement le blanc des pavillons. Enchanteur.

Tous les profits de ces visites sont des dons pour le Centre écologique. Alors profitez-en pour mettre cela à votre liste des choses à faire dans Charlevoix…

Bonne Saint-Jean à tous! Je nous souhaite de ne pas oublier (des fois, je ne suis pas sûre qu’on a la bonne devise…)! ;)

04 juin 2013

Le féminin n’inclut pas le masculin

Les couleurs

Bébé a trois mois. Déjà, vous n’en pouvez plus du bleu, du noir et du vert. Vous visitez un magasin de vêtements et demandez à la dame si les modèles de pyjama pour fillettes ont la même coupe. Elle vous confirme que c’est effectivement la même chose, sauf pour les couleurs. Heureuse, vous choisissez un pyjama mauve et rose, orné d’un gros chat. La vendeuse vous regarde étrangement: « Mais… Ça ne dérangera pas le papa de voir son garçon habillé comme ça? »

C’est malheureusement une histoire vraie. Je suis restée bouche bée et j’ai fini par répondre que non, papa ne s’en formaliserait pas, car il porte aussi des chemises roses. Tout comme ses deux grands-pères…

Dès la naissance, il faut marquer le genre de notre bébé. La chambre est souvent bleue ou rose. Les couvertures, les vêtements, les toutous, tout nous rappelle qu’un garçon, ce n’est pas la même chose qu’une fille.

Or si on permet maintenant aux fillettes de porter du bleu, du vert ou du noir (sans camion dessus toutefois! :P), je vous mets au défi de chercher un chandail, un polo ou une chemise rose ou mauve. Il faut être déterminé. Très déterminé.

Les jouets

Bébé a deux ans. Il s’amuse avec des camions, des casse-têtes et des blocs. Un jour, en arrivant à la garderie, vous remarquez que votre petit garçon adore par-dessus tout la mini-poussette qu’il promène joyeusement en parlant au bébé dedans. Oseriez-vous lui en acheter une pour son anniversaire?

Il y a toujours une hésitation quand on s’aventure avec un bébé masculin dans la section « fillettes » des magasins: celle décorées de cœurs roses, de princesses et d’instruments de cuisine. On se fait regarder étrangement quand on demande à son petit garçon: Quelle poussette te ferait plaisir? Tu veux cette poupée ou celle-là? Quel nom vas-tu lui donner?

Pourtant, s’aventurer dans la section « garçon » avec une fillette n’est plus aussi difficile. Une fille qui s’intéresse aux jouets des garçons, ça se peut. Je ne dis pas qu’on l’encourage à cent pour cent, mais ce n’est pas mal vu. Au lieu de se dire qu’elle deviendra « masculine », on se dit plutôt qu’elle sera une fille forte, comme la princesse Mérida, héroïne de Rebelle de Disney.

Oups! C’est vrai que la renommée compagnie n’a pas hésité à charcuter ce personnage pour le rendre davantage « princesse », C’en est fini de la taille normale de Mérida, de ses cheveux naturels un peu ébouriffés, de son allure guerrière: elle devient maintenant anormalement mince, aux cheveux volumineux, bien habillée… Une pétition réclamant le retour de la vraie Mérida a même été lancée en ligne!

Les livres

Bébé a cinq ans. Il adore les livres, surtout les histoires avec les loups. Il a alors ce délicieux petit frisson de peur, juste suffisant pour créer une tension, un stress, une émotion. Vous croisez un superbe livre qui s’appelle La petite fille et les loups à la librairie. Oserez-vous l’acheter même s’il met en scène un personnage féminin? Et si votre garçon ne s’identifiait pas au personnage?

Les fillettes pourront pourtant lire Flûte de flûte, Victor! et les plus âgées pourront aborder la Cartographie pour jeunes apprentis. Les filles peuvent lire tous les livres, peu importe que ce soit pour un public féminin ou masculin.

Mais le pauvre garçon devra se contenter de ce qu’on a créé pour lui et qui exclut bien évidemment les fées, les cœurs et les héroïnes. Même les chevaux sont pour les filles, selon ce texte d’une libraire jeunesse!

La libération des femmes

La fillette peut porter du rose ou du bleu.
Elle peut aussi jouer avec des camions ou des superhéros.
Elle peut surtout lire ce qu’elle veut, même si le personnage est un garçon. Le masculin n’inclut-il pas le féminin en français?

Grâce au féminisme, on a permis à la femme d’être l’égale de l’homme. De choisir sa vie, sa carrière, le nombre d’enfants. Dans une large part, nous avons donc permis aux femmes de faire aussi ce qui était auparavant réservés aux hommes. C’est une remarquable avancée pour l’égalité. Et il faut continuer de solidifier ces droits.

Mais nous n’avons parcouru que la moitié du chemin.

Le garçonnet ne peut porter du rose ou du mauve.
Il ne peut jouer avec une poussette, bercer une poupée.
Il ne peut pas à s’identifier à un personnage féminin, ce qui lui exclut quantité de livres…

Avons-nous oublié de permettre aux hommes de faire ce que les femmes font? Ou est-ce trop difficile de permettre au « sexe fort » de copier le « sexe faible »?

Or en ne permettant pas au petit garçon d’expérimenter les jouets, les couleurs, les héroïnes, on lui dit déjà à quel point son statut de mâle est précieux, doit être préservé de toute attitude féminine, ce qui l’associerait à un homosexuel… On lui montre déjà ce qu’est la virilité, qui exclut le « prendre soin » d’une poupée, la tendresse, l’émotion.

Après tout, on le sait, les grands garçons ne pleurent pas.
Mais ils se suicident beaucoup, malheureusement.

15 mai 2013

Les volcans sont dans mon karma

EyjafjallajökullJe viens d’ajouter l’Islande à la liste des pays visités (colonne de droite de ce blogue), étant donné que je commence à accumuler les chroniques à propos de ce pays. Mais un regard vers cette courte liste m’a fait réfléchir. À mes choix de voyage. On dirait qu’ils sont l’incarnation de mes peurs d’enfant. Parce quand j’étais jeune, j’avais tellement peur de perdre ma famille à cause de catastrophes.

Les guerres par exemple sont effrayantes. Mais j’ai toujours eu l’impression (idéaliste) que ces dernières étaient causées par la stupidité humaine. Que si on faisait plus d’efforts, on arriverait à les éviter. Tout comme on pourrait sauver les milliers d’enfants qui meurent de faim à chaque mois. Avec une planète capable de nourrir 12 milliards d’êtres humains, je me demande pourquoi 28 millions meurent de malnutrition chaque année…

Toutefois, ce sont les catastrophes naturelles qui me faisaient le plus peur, car il n’y a rien à faire pour les éviter. Les tremblements de terre, les tsunamis, les tempêtes… Et surtout les volcans. Ces monstres qui témoignent que notre planète est bien vivante, vibrante sous nos pieds minuscules. Mais qui peuvent exploser à tout moment, sans avertissement.

C’est sans doute à cause d’un documentaire à la télé que les volcans sont devenus l’incarnation de mes cauchemars infantiles. Je ne cessais de me demander pourquoi les gens vivaient à proximité de ces terroristes… J’avais même rêvé qu’un volcan surgissait à Baie-Saint-Paul, mélangeant sans doute la réalité du météorite de Charlevoix avec mes peurs volcaniques.

Or ma première sortie en avion fut le Nicaragua. Ce qui m’a permis de voir de nombreux volcans et même d’en escalader un, le Cerro Negro, tout juste fumant de trois ans.

J’ai ensuite eu le plaisir de vivre au Japon, en plein sur la Ceinture de feu du Pacifique. Si on parle de catastrophes naturelles, le Japon nous vient malheureusement vite en tête après les tragédies de 2011. Je me souviens avoir craint un tremblement de terre (la région de Kyoto n’ayant pas de volcan à proximité). Évidemment, la première chose que nous avons vue en ouvrant la télévision locale fut un reportage sur notre quartier où l’on expliquait qu’en cas de tremblement de terre puissant, la montagne s’écroulerait sur nous, écrasant la majorité des maisons. Un joli schéma animé nous montrait la scène. FAS-CI-NANT.

Dernièrement, j’ai aussi appris que le mont Fuji est à la veille d’une nouvelle colère. Je rappelle que ce magnifique volcan est à proximité de Tokyo, il est même visible par beau temps…

Et je vise maintenant l’Islande, un pays créé par le défoulement du magma entre la cassure de deux plaques tectoniques majeures au milieu de l’Atlantique… Vous vous rappelez qu’en 2010 le petit volcan Eyjafjallajökull avait paralysé les avions vers l’Europe? Eh bien maintenant, on parle de deux monstres, l'Hekla et le Katla qui sont sur le point de faire des dégâts.

On dirait que je le fais exprès. C’est à croire que les volcans sont dans mon karma.

14 mai 2013

Philosophie de voyage en Islande

"Les rencontres font les plus beaux voyages"
- On ira, Zaz

Les voyages sont, pour la plupart des gens, des événements inhabituels, qui viennent justement briser les habitudes du quotidien. Paradoxalement, l’être humain ayant besoin de routine, nous avons tous établi une « routine de voyage », une façon de préparer l’aventure. Ça peut être l’achat d’un guide de voyage, la consultation de forums ou de blogues, ou même le magasinage d’un nouveau costume de bain!

À l’approche de mon départ vers l’Islande, j’observe les yeux grands ouverts ces comportements que j’adopte devant l’imminence du voyage. Étonnamment, j’en apprends beaucoup sur moi.

J’ai d’abord contacté des professeurs de sociologie qui étudient les congés parentaux afin d’établir un premier contact. Ils m’ont envoyé des textes, j’ai acheté leurs livres et j’ai épluché les statistiques de leur pays afin de synthétiser l’évolution des congés parentaux dans un texte. Cela n’a rien d’étonnant puisque je compte étudier en profondeur leur système.

Comme plusieurs s’en doute, j’ai aussi commandé un volume d’introduction à l’islandais. Toutefois, à l’écoute des premiers sons et devant la difficulté des voyelles/consonnes, je dois avouer que j’ai remisé cet ouvrage sur l’une de mes armoires pendant…un an! Je viens de le ressortir, motivée tout à coup, et après plusieurs écoutes, je commence à capter certaines prononciations. J’en suis à la leçon 3! J’aimerais au moins avoir une base.

University of IcelandTroisième étape, et c’est là qu’est ma surprise : j’ai épluché l’offre des cours en anglais à l’université d’Islande. J’en ai sélectionné trois (culture islandaise, société islandaise et littérature islandaise) et j’ai écrit à leurs professeurs pour demander la permission d’assister à leurs cours pendant les quatre semaines de mon voyage. Ils m’ont tous répondu que j’étais la bienvenue.

J’ai alors saisi que, devant l’anxiété d’un long voyage à l’étranger (eh oui, ce sentiment est présent aussi!), je tentais de trouver des liens « de familiarité » avec mon vécu québécois. Et cette familiarité, je la trouve dans les universités, des lieux qui partagent de nombreux points communs, peu importe le pays où l’on se trouve. Cela me rassure parce que je viens de réaliser que j’ai des « petites maisons » un peu partout sur la planète.

Dans le même ordre d’idées, j’ai aussi écrit au Centre de langues de l’université pour proposer des échanges de français. Cette expérience avait été l’une des plus enrichissantes de mon voyage au Japon, me permettant de découvrir des amis et de mieux approcher la réalité des Japonaises. Le professeur, encore une fois, fut absolument sympathique : m’invitant à offrir des ateliers sur les spécificités du français québécois… Quel bonheur pour une amoureuse du Québec!

Finalement, j’ai aussi exploré les possibilités d’offrir un concert dans un café de Reykjavik. C’est évidemment une étape plus complexe : il faut trouver un endroit avec piano où pratiquer, aussi dénicher un lieu de spectacle qui possède déjà un clavier en plus de nous accepter, et puis il me faudra faire confiance à une gardienne pour veiller sur Léo (peut-être la plus difficile étape)… Mais petit à petit, nous verrons ce qu’il est possible de faire.

Oh! J’ai aussi acheté un guide de voyage rempli de superbes lieux à visiter. Ça fait partie des plaisirs, bien évidemment. Mais comme on le voit, mes priorités vont d’abord aux gens, aux rencontres, aux apprentissages… Après tout, qu’y a-t-il de plus intéressant que la culture d’un pays vécue par ses habitants? Des geysers, deux plaques tectoniques visibles à l’œil nu, des chutes fantastiques? Bon ok. J’ouvre tout de suite une nouvelle section à ma liste… ;)

12 avril 2013

La Pomme de Justine au Salon

Dès que j'entre dans un Salon du livre, c'est pour moi aussi terrible qu'entrer dans un centre commercial pour les gens qui aiment acheter des vêtements... Je ne sais plus où aller tellement l'odeur des livres me rend folle. Alors généralement, je n'y vais pas pour éviter de plomber mon budget. ;)

Mais depuis que j'écris, je n'ai plus trop le choix d'y entrer. J'y arrive donc avec un sac à dos vide et je repars généralement avec un lourd poids à porter (il faut dire que quelques livres, c'est déjà lourd: j'essaie de rester sage quand même!).

Cette année, mon premier roman est sorti tout juste avant le Salon du livre de Québec (en février). Je suis donc présente pour faire des dédicaces et des entrevues. Je serai là samedi, le 12 avril, de 12h à 13h (stand 298) pour La Pomme de Justine et de 13h30 à 14h30 (stand 223) pour mon essai Le Pari impossible des Japonaises.

Quelques liens intéressants à propos de mon roman:

Valérie Harvey1. Une entrevue dans la revue Le libraire où on ne s'est pas gêné pour me poser toutes les questions, même les plus délicates! Comme par exemple: "La question indiscrète est alors vite posée à Valérie Harvey. Pour mettre en scène une histoire d’amour entre un professeur et son élève, l’écrivaine est-elle passée par ces mêmes chemins rocailleux?" La réponse dans l'entrevue! :)


2. Un court vidéo où je présente mon livre, avec un peu de musique:


3. Et un extrait sonore où je lis une scène de mon roman:

20 mars 2013

Raconte-moi un manga à Québec

Raconte-moi un mangaMalgré la neige encore présente, on le sent dans l’air : le printemps est tout proche. Au Japon, il est déjà là alors que se termine la saison des pruniers et que les cerisiers sont à la veille de la floraison. Et pour souligner le printemps, les bibliothèques de Québec présentent l’expo Raconte-moi un manga : L’art du mouvement du 15 mars au 28 avril. C’est à la bibliothèque Gabrielle-Roy que vous pouvez admirer cette superbe expo, ne la manquez pas!

Plusieurs activités connexes sont organisées pour souligner l’événement. Je donne la conférence Passion Japon dans sept bibliothèques de la ville de Québec. Ces conférences sont gratuites, il suffit d’appeler pour réserver. J’ai commencé mardi soir et c’était très agréable de rencontrer ces gens curieux du Japon.

Avec Philippe, nous préparons également des concerts Suteki da ne qui seront offerts dans quatre bibliothèques. Pendant une heure, nous chanterons principalement en japonais, mais chaque pièce sera présentée et mise en contexte. C’est la meilleure façon d’apprécier une chanson, même si on ne comprend pas les paroles. Ces concerts piano-voix sont également gratuits, profitez-en : il est rare que nous offrons un spectacle qui contient autant de pièces en japonais!

Finalement, si vous avez des enfants, j’offrirai aussi une conférence À la découverte du Japon pour les 8 à 12 ans. On parlera bien évidemment de jeux vidéo, de kimono, de langue japonaise et de salutations… J’ai toujours bien du plaisir!

Ce sera donc un mois et demi consacré au Japon pour moi! Tout pour me donner le goût d’y retourner encore et encore! :)

28 février 2013

Fini le changement d'heure!

Les médias vous le diront bientôt : le 10 mars, n’oubliez pas d'avancer vos montres. En novembre, on vous dira de la reculer. On trouvera des articles pour nous parler des infarctus qui augmenteront légèrement, des troubles du sommeil et des accidents de la route qui sont attribuables à cette petite heure qu’on modifie artificiellement.

À peu près tout le monde chialera en perdant cette heure, et toute la semaine, on se promènera les yeux petits à cause du manque de sommeil. Sans penser aux parents qui auront la joie d’expérimenter les réveils très matinaux (encore plus matinaux!).

On chiale, on chiale, mais personne ne fait rien. Pourquoi? Parce que le changement d’heure : c’est un peu comme un caillou dans un soulier, c’est plate, mais on ne va pas nécessairement s’arrêter de marcher pour si peu. Il faudrait que ça fasse vraiment mal pour qu’on le fasse…

Eh bien, depuis que je suis maman, le changement d’heure me fait vraiment mal. Je me suis donc arrêtée pour préparer une pétition qui vient d’être mise sur le site de l’Assemblée nationale. Pour ceux qui savent déjà qu’ils en ont marre de ce changement, je vous invite à aller la signer. Ça ne prend même pas 10 secondes.

Pour ceux qui ne sont pas sûrs cependant, après tout, ça doit bien servir à quelque chose ce changement d’heure… Et puis d’où ça vient justement… Bref, pour les curieux qui ont soif d’information, j’ai créé pour vous un site web où j’ai recensé les études avec les points négatifs et positifs, l’historique et un regard sur les autres pays.

Pour ceux qui aiment vivre le changement d’heure et ne veulent pas signer cette pétition, sachez que je vous aime pareil. Et la prochaine fois que j’ai un caillou dans mon soulier, je penserai à vous!

05 février 2013

Les racines de La Pomme de Justine

Kamogawa JaponLors de mon dernier séjour au Japon, j’ai vécu pour la première fois de ma vie un mal du pays. Je me trouvais pourtant dans le plus beau des environnements : les fleurs de cerisiers bordaient la rivière Kamogawa de Kyoto, je retrouvais mes amies japonaises et la sonorité de cette langue que j’adore. Dès le début de cette belle aventure qui allait durer trois mois, j’avais le blues. De mon chum, de mon pays.

Ça m’a pris dix jours pour comprendre que la nomadesse qui voulait voir le monde et découvrir l’univers se sentait vide. Après avoir voyagé pendant des années en compagnie de mon chum, sa vision très intuitive de la vie me manquait. Je me sentais comme s’il me manquait un œil. Je peux très bien vivre avec un seul œil, je peux voir, mais avouez qu’à deux yeux, ça va beaucoup mieux!

La Pomme de JustineJ’avais son amour, il était avec moi peu importe où je voyageais, mais il me manquait son regard, sa sensibilité. En dix jours, j’avais donc compris que je pouvais me sentir chez moi partout sur la terre, si j’étais accompagnée de mon amoureux.

Il me restait encore dix semaines à attendre avant qu’il ne vienne me rejoindre.
Alors je me suis mise à écrire. Une histoire d’amour. Où je décris la nature québécoise comme aussi joli et certainement aussi puissante que la délicatesse des sakura. Dans La Pomme de Justine, mon premier roman publié ce mois-ci chez Québec Amérique, la nature est le troisième personnage.

Je me souviens que je parlais beaucoup à mes amies de cette histoire. Certaines me disaient que la vie n'était pas facile pour mes personnages! Parfois, en visitant un coin du Japon, j’ajoutais un bout d’histoire en sortant du train, ayant puisé dans mes souvenirs, dans mes lectures et dans ce que je venais de vivre.

C’est fou comme une histoire est liée à des tonnes d’événements et d’émotions. Elles se collent à des personnages qui deviennent vivants dans l’esprit d’un auteur, si vivants qu’on devient un peu fou, négligeant de manger, de dormir ou de sortir pour continuer de les côtoyer. Et quand l’aventure est fini, quand le bout de vie qu’on avait à partager avec eux est terminé, on a le goût de les partager.

J’espère que l’aventure d’Alexandre et de Justine, perdus dans la nature québécoise, vous touchera.

Pour lire le premier chapitre...