30 avril 2019

Konnichiwa こんにちは

L'ère impériale Heisei 平成 (accomplissement de la paix) se termine aujourd'hui et, dès demain, le Japon débutera une nouvelle ère impériale, Reiwa 令和 (belle harmonie) avec l'empereur Naruhito. Les mots de l'empereur Akihito lors de son abdication ce matin furent très touchants. Je comprends l'attachement des Japonais pour cet empereur sortant. Il gardait toujours sa réserve, mais sans paraître froid et sans émotion. C'est un équilibre difficile à atteindre.

À partir de demain, sur tous les documents officiels (factures, permis, visas, etc.), on notera donc le premier mai ainsi:

令和元年5月1日

Ce qui signifie "Reiwa année d'origine, 5e mois, 1er jour". L'année 2 de Reiwa débutera le 1er janvier 2020, ce qui veut dire que cette première année sera un peu plus courte que les autres. C'est que le Japon combine le système des ères impériales avec les années plus courantes pour nous...

J'ai parlé de la famille impériale et du changement d'ère à Médium large hier.

J'ai aussi présenté ma série de courts documentaires intitulée Konnichiwa こんにちは soit "bonjour" en japonais. J'explore en cinq minutes (sauf neuf minutes pour la capsule sur le vin!) les sujets suivants: le mariage, la calligraphie, les saisons de Kyoto, la gestion des déchets, les trains, les vins japonais et l'identité okinawaïenne. J'y ai travaillé à peu près un an pour la recherche, la musique avec Philippe, le tournage, les entrevues, traductions, compositions, enregistrements, montage, etc. Je suis heureuse que ce travail soit enfin disponible!

Je vous souhaite une prochaine ère impériale digne de son nom, soit de belle harmonie!

24 mars 2019

L’histoire cachée sous la couverture de L’Ombre du Shinobi

Il y a quelques années, j’ai lu un article sur un artiste japonais qui avait fait les personnages de Star Wars à l’encre de Chine. J’ai aimé le mouvement que les traces et les points laissés par le pinceau donnaient aux personnages, renouvelant tout à coup leurs portraits. Il a récemment dessiné les personnages de Marvel aussi.

L’artiste se nomme Kôjô Masayuki et il est originaire de Uji, la ville juste au sud de Kyoto, où j’ai enseigné le français pendant un an en 2006. La spécialité de cet artiste est le bujinga, soit les dessins de guerriers. Habituellement, il fait donc des dessins de ce style-là.

Une grande part de son art se fait en spectacle, ce qu’il nomme le live art. C’est-à-dire qu’il invite les gens à venir le voir créer sa toile devant eux. Sur un fond de musique à la fois traditionnelle et moderne, il fait de la grande toile blanche devant lui un guerrier à cheval, un samouraï en attaque ou un guerrier tenant sa lance. C’est fort impressionnant.

Je rêvais que mon prochain roman puisse avoir une couverture avec une toile de cet artiste. En 2018, j’ai donc préparé un courriel en japonais que j’ai fait corriger et que j’ai envoyé. Mais je n’ai reçu aucune réponse. Qu’à cela ne tienne! Je partais trois mois à Kyoto en automne, sait-on jamais!

Comme de fait, je constate dès mon arrivée au Japon que le 18 octobre, l’artiste viendra faire un live art à la mairie d’Uji! C’est fantastique! Mais ça commence à midi et mes cours se terminent à midi trente à Kyoto! NON!!! Je ne pourrai pas y être! Alors j’envoie toute la famille en mission: filmer le live art pour moi et, si possible, rencontrer l’artiste et lui expliquer mon projet. De mon côté, je tenterai de me rendre à Uji le plus vite possible.

Je finis mes cours, je cours à la gare de Kyoto pour prendre le train vers Uji (j’arrive à avoir l’express), puis je cours vers la mairie (il faisait chaud ce jour-là!). Quand je suis arrivée, la toile était rangée, mais Masayuki-san était toujours là, avec ma famille qui le gardait sur place… :) Je lui offre la bière de la microbrasserie de Charlevoix que j’avais apportée et mon exemplaire des Fleurs du Nord. Il me dit qu’il est intéressé et de contacter son agent, dont il me donne le courriel. Il est super sympathique, j’étais vraiment contente d’avoir couru mon marathon pour arriver à temps!

N’osant trop espérer, j’envoie un courriel à son agent dès mon retour à la maison. Je reçois une confirmation que Masayuki-san est intéressé, mais qu’il se demande quel type de dessin je souhaite, étant donné que je lui ai montré une toile représentant un musicien alors que mon livre traitera des ninjas (le mot shinobi étant un synonyme). J’explique donc l’histoire de mon roman: le shinobi est présent, oui, mais il est « caché » en musicien au début, puis après, on le cherche… Je préfère donc un musicien.

J’explique aussi que ma maison d’édition paie pour avoir le droit d’utiliser une toile déjà faite, alors pas besoin d’en faire une originale pour moi… Mais son agent me dit que Masayuki-san veut en faire une spécialement pour le roman. Je comprends, mais je me dis que j’ai sûrement mal compris. Alors j’envoie le courriel à une amie japonaise qui me confirme que j’ai bien compris et me félicite.

Et je recevrai effectivement le fichier de la toile, encore plus extraordinaire que tout ce que j’ai pu espérer! Je vous épargne les détails pour pouvoir avoir le fichier en haute qualité, les soucis pour la facture et le paiement… Mais tout a fini par se régler et voilà que j’ai la chance d’avoir cette extraordinaire couverture!!! Ceux et celles qui viendront au lancement pourront voir l’œuvre imprimée en grand format. Je n’ai pas l’originale (qui vaut plusieurs milliers de dollars), mais j’ai une magnifique reproduction. :)

14 février 2019

L’amour, c’est l’amour: LGBT au Japon

J'ai vu tous les jolis messages de vœux de Saint-Valentin circuler sur les fils des réseaux sociaux, j'ai donné des becs à mes enfants et mon chum, j'ai téléphoné à mes parents, la fête de l’amour bat son plein avec ses cœurs et ses chocolats. La Saint-Valentin est sans doute la fête la plus privée de l’année, celle des mots susurrés et des sourires.

Au Japon, cette fête prend un tout autre sens cette année avec le dépôt d’une poursuite contre le gouvernement japonais par 13 couples homosexuels qui en ont assez de se faire dire qu’ils n’existent pas. Cela s’ajoute à Gemma Hickey, Canadien au passeport non genré X, qui est venu visiter le Japon, ce pays où son statut est impossible.

L’homosexualité est légale au Japon depuis 1880, mais le pays ne reconnait pas que ces couples puissent former une famille, encore vue comme une unité où il y aura des enfants. C’est ce qu’exprimait publiquement la députée Mio Sugita lorsqu’elle a affirmé que les gens LGBT sont « improductifs » parce qu’ils n’ont pas de descendants. Le reste de son propos donne une bonne image de l’étiquette qu’a l’homosexualité au Japon: davantage perçue comme une « phase » qu’expérimentent certains adolescents avant de devenir « matures » et d’avoir des vies « normales » avec une personne du sexe opposé.

Les choses bougent toutefois, doucement. Il y aurait 1 Japonais sur 11 s’identifiant comme LGBT, selon un sondage Dentsu. Ensuite, les propos de la députée Sugita ont été fortement dénoncés. De plus, des municipalités ont mis en place une forme d’union qui se rapproche des droits des couples mariés. Et finalement, la décision en janvier dernier de la Cour suprême est perçue comme un pas vers l'avant par Usui, celui qui l’a déposée, même si cette décision confirmait que pour tout changement de sexe, la personne devait avoir été opérée et stérilisée, en plus de ne pas être marié et de ne pas avoir d’enfants mineurs. Le dernier point me semble intéressant car il sous-entend que la vie avec un parent vivant une dysphorie de genre est préférable que de le voir prendre les moyens pour aller mieux… Cette confirmation de la Cour suprême (car les juges n’ont fait que confirmer ce qui existait déjà) peut être interprétée comme un léger progrès car les juges ont, pour la première fois, fait part de « doutes » sur ces restrictions, arguant que la société change, ce qui pourrait amener les lois à le faire aussi dans le futur. La porte reste fermée, mais la fenêtre vient de s’entrouvrir.

Les couples LGBT font les choses à leur manière pour sensibiliser les gens comme ce superbe projet d’amoureuses: Les 26 mariages à travers le monde. Vous pouvez les suivre sur Instagram 26回結婚式💐26TimesWedding. À travers une campagne de sociofinancement, les étudiantes Misato Kawasaki et Mayu Otaki expliquent en détails ce que signifie LGBT, les pays où on permet le mariage, pourquoi cela est important de reconnaître les couples de même sexe… Leur projet est de visiter les 25 pays où il est possible de se marier, de prendre des photos (et non pas de se marier 25 fois, imaginez les procédures!) et de terminer avec Taïwan où le débat est vif sur ce sujet. Je les suis sur Instagram, j’ai aussi contribué à leur campagne de sociofinancement (ce qui n’est pas facile si on ne parle pas japonais, malheureusement). Je trouve leur idée mignonne et très efficace pour attirer l’attention. De cette manière douce, je crois qu’elles réussiront à faire avancer cette cause. Car, comme le dit leur slogan, love is love. Et c’est la bonne journée pour s’en souvenir. Bonne Saint-Valentin à tous et à toutes!

Mise à jour (18 février 2019): Après un an de recherche de fonds, le projet 26回結婚式💐26TimesWedding a été annulé par les organisatrices. Il n'est pas facile de rendre réel une telle idée, mais je crois tout de même que d'y avoir investi temps et énergie aura permis de faire discuter les gens, de faire quelques pas.

12 février 2019

La poétesse Misuzu Kanéko

C’était un vieux rêve, datant de mon premier retour du Japon, à la fin de 2006: faire connaître Misuzu Kanéko. Je venais de découvrir cette poétesse par un livre que ma professeure de Kyoto m’avait offert. Les images qui accompagnaient les poèmes étaient pleines d’innocence, me rappelant les couvertures surannées de la Bibliothèque rose.

Mais les poèmes, oh les poèmes!, allaient beaucoup plus loin que la naïveté de l’enfance. Ils étaient à la fois simples, courts, avec de jolis jeux de langue, donc accessibles aux enfants; mais abordaient les sentiments avec toutes les nuances des couleurs de la vie d’adulte.

- L’impossibilité d’être autre chose que soi-même qui permet de s’émerveiller de soi et des autres (L’oisillon, la clochette et moi)
- La difficulté de vivre ensemble et… l’importance d’être bien entouré (Es-tu seulement l’écho?)
- Le jeu qui nous libère un instant de la réalité (Le cerisier de la montagne)
- Qu’il y a plus que ce que les yeux perçoivent (Les étoiles et les pissenlits)
- La nostalgie heureuse de la voix de sa grand-mère (Le chant de grand-maman)
- L’éternité des événements (Le feu d’artifice)
- L’importance du rite pour laisser place à la tristesse du deuil (L’enterrement de la baleine)
- L’insatisfaction humaine à travers la place d’un flocon de neige (La neige qui s’accumule)
- Le « toutte est dans toutte » de Raoul Duguay (Les abeilles et les dieux)
- La beauté émouvante de la liberté perdue (La grue)
- La transformation et ses nécessaires gains et pertes (L’âme de la fleur)
- Le support des souvenirs (Le rire)
- L’irrépressible envie d’aimer (Tout aimer)

Ce sont les treize poèmes que l’illustratrice Rieko Koresawa et moi avons choisi de traduire pour cet album. Nous en avons préféré certains car ils étaient très connus au Japon, mais d’autres parce qu’ils étaient inspirants pour nous, pour notre époque. En traduisant, j’ai voulu rester le plus proche possible du jeu des mots, cherchant à les renouveler en français, ou encore en gardant les répétitions. Ce fut très difficile de trancher quand venait un mot typiquement japonais, qui rappelait un vêtement ou un conte traditionnel, par exemple. Le public étant les enfants, j’ai priorisé leur compréhension, parfois au détriment d’une traduction plus littérale. Je voulais qu’ils puissent apprécier la poésie de Misuzu Kanéko autant qu’un enfant japonais le pourrait. L’éditeur a accepté de mettre les versions japonaises des poèmes, ce qui permettra aux enfants francophones de s’amuser à prononcer le japonais, mais aussi à tous les étudiants de cette langue de critiquer mes choix de traduction!

C’est une poésie lumineuse, qui regarde la nature avec des émotions parfois éclatantes, parfois déchirantes. Les illustrations magnifiques de Rieko transmettent parfaitement ce regard que nous partageons sur la poésie de Misuzu. La vie de cette poétesse ne fut pas un long parcours tranquille et heureux, mais la charge dramatique de son quotidien n’est pas si évidente dans ses poèmes. Peut-être parce que Misuzu Kanéko trouvait dans son écriture un réconfort lui permettant de reconnecter avec les petites joies parsemées dans son univers et ses désirs d’une vie plus belle.

J’espère que vous vous serez aussi émerveillés que moi par les mots de Misuzu Kanéko! Et par les somptueux dessins qui les accompagnent! Le livre est disponible depuis peu, mais il est déjà coup de cœur chez Renaud-Bray! Wow!

J’en profite pour vous inviter à deux événements qui auront lieu à Lévis: une conférence pour les enfants le 7 mars, et un lancement/conférence avec l’illustratrice le 20 mars. Au plaisir de vous rencontrer!

10 février 2019

Doctorat à l'unanimité

Je m’y suis préparé attentivement, relisant ma thèse écrite l’été dernier, révisant la théorie, préparant le diaporama Powerpoint, consultant ma codirectrice, discutant avec la psychologue pour gérer le stress, triant les critiques et réfléchissant aux contre-arguments. J’ai multiplié les rencontres et les lectures. J’ai fait mon exposé à un public invisible dans mon salon plusieurs fois cette semaine. J’ai eu l’impression d’affuter des lames invisibles, comme le gladiateur partant à son dernier combat, qui sait fort bien que l’adversaire est plus grand et plus fort.

Jeudi dernier, j’ai réalisé que ce doctorat, que j’ai globalement aimé faire, était devenu, avec sa finale interminable, un frein. Alors peu importe le résultat, j’allais faire de mon mieux, mais mettre ces sept années derrière allaient sûrement me faire un grand bien.

La soutenance fut intéressante. Je dirais même qu’après le premier tour de questions (les plus difficiles dans mon cas), le deuxième tour ressembla davantage à une discussion élargissant ma recherche dans des domaines connexes: paternité, masculinité, regard sociologique. C’est clairement un moment que j’ai apprécié, même si je n’avais pas pu me préparer pour faire face à ces questions. Mais comme ce sont des sujets qui m’intéressent beaucoup, je continue à lire et à réfléchir autour de ces thèmes. J’avais donc des pistes de réponses.

Toutefois, quand j’ai reçu le verdict de la remise du doctorat à l’unanimité des jurés, j’étais non seulement heureuse, mais très surprise. Cela signifie que j’ai réussi à convaincre les deux jurés qui avaient coché que cette thèse n’était pas suffisante pour être soutenue! Le vin dégusté par la suite, Vendange Tardive du Vignoble du Marathonien, était donc sucré et doux, comme le résultat! :) Ah ah ah!

Merci, merci, à tous ceux et celles qui m’ont supporté dans cette finale. J’ai eu beaucoup d’hésitations avant d’exposer publiquement ces difficultés, y voyant des failles et des faiblesses qui tranchaient avec la joie et l’exubérance de mes récits de voyage, mais je ne regrette pas de l’avoir fait, car j’ai reçu beaucoup de messages qui m’ont portés par la suite.

Si vous êtes intéressés à lire un article scientifique relié à ma thèse, il y en a un disponible en libre accès. Il est en anglais, désolée. J’en ai un autre en français, mais il n’est accessible qu’aux universitaires ou sur demande pour l’instant (accès restreint). Je vous mets le lien, écrivez-moi un message si vous voulez le recevoir.

Paternity leave in Québec: between social objectives and workplace challenges (lecture disponible)

Papa 2.0 au Québec. La légitimité du père dans l’utilisation des semaines parentales (sur demande seulement)

Et maintenant? Que ferai-je? Eh bien, j’attendais que cette soutenance soit passée pour vous annoncer plein de bonnes nouvelles, alors les prochaines semaines seront remplies de positif!

Comme je suis insatiable quant aux études, je pense même faire une demande de bourse postdoctorale pour me pencher sur les mangas japonais cette fois. De la même manière que je me suis amusée à le faire dans cet autre article scientifique qui vient de paraître:

La représentation des valeurs japonaises dans le manga Naruto (lecture disponible)

Une chose est sûre, je n’aurai jamais fini d’apprendre, que ce soit par les études, les chroniques à la radio, les rencontres, les livres. Youppi!

04 janvier 2019

Naha et cuisine okinawaïenne

On poursuit notre découverte d’Okinawa ensemble? On passait deux nuits au resort, alors dès le lendemain matin, c’était le temps de faire les valises et de partir! Notre amie Megumi est venue nous chercher en voiture pour nous amener à Naha, la ville principale. Comme elle habite Okinawa, nous n’avons donc pas eu l’humiliation de louer une voiture avec l’autocollant « Un étranger conduit » apposé dessus (ce n’est pas une blague…) On a fait un détour au musée Sakima, blotti contre la base militaire américaine controversée de Futenma. On a discuté avec le directeur, c’était fort intéressant, Léo avait beaucoup de questionnements sur la situation d’Okinawa.

On est allés manger au restaurant du Château Shuri, c’était absolument délicieux. Je suis fan de la nourriture okinawaïenne, surtout des sobas! Le jus de shiquazar, l’algue mozuku, le concombre amer gôya (margose), le délicieux tofu jimami aux arachides et les multiples desserts à la patate douce violette (béni-imo) sont dans mes coups de cœur aussi!

Le château de Shuri en est à sa 4e reconstruction, la dernière après la Deuxième Guerre mondiale qui a grandement affecté Okinawa. Son architecture et sa couleur rouge le rendent très différent de ce qu’on peut voir ailleurs au Japon. On a visité l’intérieur aussi, les maquettes représentant la visite de l’Empereur chinois au roi des Ryūkyū (l’ancien nom du royaume okinawaïen, avant l’annexion au Japon en 1879). L’histoire de cet archipel d’îles est aussi intéressante que sa culture ou sa gastronomie!

Megumi nous a ensuite amené au marché de poissons où Émi me collait fort en me disant qu’elle avait peur « des bebittes ». En effet, les crabes et homards n’hésitaient à sortir une patte ou deux des bacs, parfois même à marcher par-dessus les autres. C’était fort impressionnant. Megumi nous a quitté par la suite et nous sommes allés à notre nouvel hôtel, qui fut sans doute le plus beau de notre séjour! Tout à côté du monorail, avec une partie sur un sol de tatamis, du verre coloré d’Okinawa pour boire notre eau, du thé: on s’est bien reposés.

Le lendemain matin, on est repartis vers l'aéroport, le chauffeur de taxi nous a fait jouer une radio du Québec avec de la musique traditionnelle! Le vol vers Osaka a duré moins de deux heures, on a pris un taxi jusqu’à notre hôtel près de la gare du shinkansen… Ouf! Quelle chambre minuscule! Deux lits doubles qui ressemblent plus à des lits simples pour quatre personnes… Enfin. Par chance, la professeure des enfants, Mika-sensei, est venu éclairer notre soirée, nous rejoignant après un excellent souper de tempura et soba. Elle a fait le trajet de Kyoto pour venir nous saluer une dernière fois.

À quoi a ressemblé le retour? Eh bien, accrochez votre ceinture… Départ le matin en shinkansen, deux heures trente vers Tokyo à 300 kilomètres heure, avec des paysages enneigés dignes du Québec (une vague de froid a couru sur l’île principale pendant notre séjour au sud); puis transfert dans le train express vers l’aéroport pour une heure; récupération des 7 valises envoyées, enregistrement de toutes ces valises-là (plus une); passage de la sécurité, attente puis embarquement. Le vol de 12 heures vers Montréal a démarré à 17h55! Ça s’est très bien passé, ça a semblé moins long qu'à l'aller. On est arrivés à Montréal à 15h30 (la même journée), retour dans le temps! Récupération des valises, passage des douanes, récupération de la voiture de location et trajet de trois heures vers Lévis… La journée fut longue, très longue, mais heureusement, tout s’est bien passé! Les enfants soulignaient chacune des étapes en tapant dans nos mains et ils étaient très contents d’arriver.

Depuis le décalage horaire frappe fort. Le soir, les enfants pleurent pour aller se coucher, ils ont les yeux dans la graisse de bine. Ils ont pogné de la toux, de la fièvre, du mal de gorge (pharyngite), qui semble aussi transmis aux adultes… Bref, on n’est pas forts côté santé. Pas étonnant que les nouvelles décourageantes sur mon doctorat m’atteignent autant: j’avais comme la porte grande ouverte pour cela!

Merci à vous tous et toutes d’avoir suivi nos aventures! Les nouvelles se feront un peu plus espacées maintenant, mais je continuerai de vous tenir au courant!

C'est la nouvelle année. Je vous la souhaite bonne, très bonne et douce. En pleine santé physique et mentale. Et dans un cocon d'amour.

28 décembre 2018

Bye Bye Kyoto, bonjour Okinawa!

Tel que promis, je recule un peu en arrière pour vous raconter la fin du voyage au Japon. Je vous le divise en deux, car c’est trop long! :) Le dimanche 23 décembre, nous sommes allés visiter une amie qui nous avait invités chez elle. Chieko-san a une petite fille de l’âge de Léo, elle avait aussi invité une autre Japonaise, alors tout ce beau monde a joué ensemble, on a mangé des grillades et des gâteaux aux fraises Hello Kitty qu’on a décoré nous-mêmes. C’était vraiment agréable, un beau moment ensemble.

Le 24 décembre, j’ai terminé les valises. On a mis de la musique de Noël, les enfants ont dessiné pour le Père Noël et ont préparé des petits biscuits avec des carottes pour les rennes. On a laissé tout cela pendant la nuit. J’ai été debout assez tard cette nuit-là, en fait, j’ai vu Noël arriver, car j’étais en entrevue à Médium large pour parler des maisons à donner au Japon.

Le 25 décembre, on a passé la journée relax à la maison. En fait, le 24 et le 25, on a vécu au 2e étage car il faisait trop froid en bas. Impossible de chauffer au-dessus des 15 degrés, c'était froid pour les pieds! On a écouté un film de Noël tous ensemble, collés sur le divan en mangeant des bonbons donnés par nos amis. On est allés souper au restaurant italien. Le livreur est venu chercher nos sept valises immenses à envoyer à l’aéroport de Narita (Tokyo) pour notre départ le 30 décembre.

Avec seulement nos petites valises, on était fin prêts pour notre séjour à Okinawa. Départ le 26 décembre. Autobus vers l’aéroport d’Osaka: nos amis sont venus nous saluer (et nous remettre plein de petits cadeaux) à l’arrêt de Kyoto. Puis on a pris l’avion local vers à Naha (à 1000 kilomètres). C’est normalement un vol de 2h15, mais en arrivant près de la destination, on nous annonce qu’un avion a « échappé » un morceau et qu’il y a un trou sur la piste d’atterrissage. L’aéroport est fermé en attendant la réparation. Le pilote fait des ronds en espérant que ce soit prêt, mais finalement, à cause de l’essence qui diminue, il est forcé de faire demi-tour vers l’île la plus proche, soit le sud de Kyûshû au Japon: Kagoshima! Je suis toute excitée, vais-je pouvoir voir l’immense Sakurajima, le supervolcan toujours en activité près de la ville? Oui! Et pas à peu près! On a fait le tour, évitant la trainée de cendres volcaniques qu’il laisse dans l’atmosphère! Magnifique sommet découpé sur le ciel nuageux, ça m’a donné le goût d’aller visiter!

On a atterri, puis attendu deux heures dans l’avion, avant d’apprendre que nous pouvions repartir vers Naha (qui est quand même à une heure de vol!) Le temps de faire le plein, puis ce fut le départ. Au lieu d’atterrir à 16h30, on est arrivés à 20h30 à Naha. Il a fallu prendre le taxi vers l’hôtel ensuite (à une heure aussi…) Les enfants se sont couchés à 22h30, épuisés. Mais au moins, on était arrivés à Okinawa.

Le Rizzan Sea-Park Hotel de la baie Tancha est un immense resort avec plusieurs activités. Il était interdit de se baigner, mais il est situé près de la mer, alors après le déjeuner, la première sortie fut de se promener les pieds dans le sable. Il ventait fort, il faisait tout de même frais (18 degrés), mais c’était très beau. On a visité la piscine intérieure dans l’après-midi, spécialement adapté pour les enfants. Puis nous sommes allés au onsen (bain chaud), certainement la plus belle partie de l’hôtel! J’étais avec Émi, c’était notre première fois à toutes les deux, mais ce fut fort agréable, j’ai adoré. Le soir, on est allés manger au buffet de type japonais, c’était délicieux. On mange toujours trop dans les buffets toutefois… Même Léo l’a remarqué! ;) Après, on est allés voir un spectacle de danses traditionnelles absolument magnifiques! Il y avait celle avec les immenses chapeaux de fleurs, mais aussi une danse avec des tambours. Je suis tombée amoureuse de la chanson Dynamic Ryukyu qui est souvent utilisée pour ce type de danse, comme on peut le voir dans ce vidéo.

J’adore aussi leur type de kimonos, plus colorés, remplis de fleurs. J’ai eu la chance d’en essayer un, jaune en plus, ma couleur préférée. Comme j’ai aimé visiter la Nouvelle-Calédonie il y a douze ans, je dois avouer qu’Okinawa me plaît également beaucoup!

22 décembre 2018

Les finales

La fin de semaine est un peu sombre les matins: il pleut à Kyoto. Les enfants écoutent des dessins animés à l’étage en bas, en mangeant leur déjeuner. Philippe dort encore pendant que je vous écris dans la salle de vie (celle avec le sofa rouge pour ceux qui ont visionné notre visite de la maison). Un dimanche tranquille.

J’ai presque terminé les bagages. J’ai dû acheter de nouvelles valises. Les trois nouvelles remplaceront les trois anciennes que nous trainons dans nos voyages depuis plus de 12 ans maintenant. Ils en ont vu des pays, mais elles sont arrivées au bout de leurs possibilités. Les roues lâchent, le tissu a des trous… On les ramène une dernière fois, puis elles partiront vers les poubelles. Dernier voyage pour ces valises.

J’y ai rangé les notes de mes cours, les cahiers d’exercices de Léo, les cadeaux reçus, le nouveau linge qu’on a acheté pendant notre séjour, les cadeaux de Noël. Quand j’imagine les ouvrir et classer tout cela chez nous, il me semble que ce sera trop petit… Mais comme je suis habituée à ma maison japonaise (que vous avez tous trouvé « petite » alors qu’elle est plutôt « grande » ici), je crois que je trouverai mon appartement très grand au retour!

Mon vélo, la cocotte à riz, les bacs de plastique, le garde-manger sont partis vendredi. J’ai tout donné. Les enfants ont eu leur dernier cours de japonais, moi aussi le 20 décembre dernier. Comme je quitte avant la cérémonie de graduation officielle (fin mars), j’ai reçu un diplôme de ma professeure, au dernier cours. J’ai vraiment eu un beau dix semaines d’études. Les professeures étaient toutes fantastiques, j’ai beaucoup appris grâce à elles. Non seulement elles traitaient de la grammaire, mais aussi des actualités japonaises, des différences culturelles pour lesquelles elles démontraient un véritable intérêt. Les autres élèves aussi furent très accueillants! J’avoue que j’avais un peu peur, car ils sont tous plus jeunes que moi, mais j’ai eu beaucoup de plaisir avec eux! :)

Est-ce que mon japonais a atteint un niveau satisfaisant à mon goût? Mais non! Je suis sur la bonne voie toutefois! J’ai acheté plein de livres que je pourrai lire (très lentement) à la maison pour approfondir ma connaissance du japonais!

Le dernier temple que nous sommes allés visiter fut le Sanjusangendô, vendredi après-midi. Nous y avons rejoint une amie qui ne l’avait jamais vu non plus. Je remercie Tatsuko et Pierre d’avoir insisté pour que nous visitions ce temple parce que nous avons été vraiment très impressionnés! L’extérieur est magnifique, mais les mille statues dorées à l’intérieur, dans cette odeur d’encens et de vieux bois de plus de 850 ans… C’est extraordinaire! (pas de photos des statues, c’est interdit)

Samedi, après avoir fait mon vidéo le matin, les enfants et Philippe sont allés à un autre party de Noël animé par la professeure de japonais des enfants (Émi et Léo ont reçu une petite voiture Hello Kitty, source de convoitise extrême). Je suis plutôt allée visiter une amie en après-midi, on a discuté tranquillement en regardant des photos.

Je suis enrhumée à mon tour, alors que les enfants vont de mieux en mieux. Je ne goûte plus grand chose, je mouche… Ce qui veut dire que je devrais être correcte pour les Fêtes, car j’aurai déjà eu mon rhume! ;)

19 décembre 2018

Des cadeaux de Noël

En ouvrant mes courriels, j’ai reçu une nouvelle que je n’attendais plus le Conseil des arts du Canada accepte de subventionner l’écriture de mon prochain roman (celui prévu pour 2020, après L’Ombre du Shinobi prévu au printemps prochain)! Ce sera la première fois de ma vie que j’écrirai un livre et que je serai payée!!! Je t’aime déjà, 2019!

J’ai regardé la météo hier soir et j’ai réalisé que les prévisions se rendaient maintenant jusqu’au jour de notre départ de Kyoto, le 26 décembre. Ce qui veut dire qu’on part très bientôt! Je suis à la fois contente de revenir au Québec, mais aussi un peu triste car je ne sais pas quand je reviendrai au Japon. Et surtout, je sais que j’aurai moins de temps pour étudier après mon retour. Il me reste une seule journée de cours! J’ai adoré ces trois mois et j’ai vraiment beaucoup appris, en travaillant bien sûr, mais en riant aussi! J’ai été choyée d’être tombée sur une aussi bonne école à Kyoto!

Pour bien terminer le voyage, je vous invite donc à visiter notre maison louée en vidéo! Le 21 décembre prochain, à 20h (heure du Québec), sur ma page Facebook publique, j’utiliserai Facebook LIVE pour vous montrer nos deux étages à Kyoto. Bienvenue à tous!

Je ferai aussi une intervention à Médium large le 24 décembre vers 10h20 (heure du Québec). Pour moi, il sera un peu après minuit, le jour de Noël! À cette heure de la nuit, je verrai peut-être le Père Noël passer! Peut-être que le Père Noël en profite pour faire un petit tour en "shinobi train", le train des ninjas, qui sait?

Comme tout bon départ qui se prépare, je suis dans la préparation des valises. Nous sommes aussi dans les derniers repas avec nos amis. Nous sommes allés à Ibaraki mardi dernier (à mi-chemin entre Kyoto et Osaka) chez Naoko et Nobu. Nous avons mangé des sushis, la soirée fut animée de musiques (par nous et par eux), les enfants ont renoué avec trois chats (dont un s’appelle Léo!) Notre Léo, en particulier, était vraiment enchanté par les minous. Mais Momotaro a finalement choisi la dame qui le regardait tranquillement à la table et c’est moi qu’il est venu coller! Ah ah ah! Vive les chats! ;)

Vendredi dernier, nous sommes allés manger dans un excellent restaurant à mi-chemin entre l’Italie et le Japon avec des amis. C’était un mix de cuisine unique! Il y avait plusieurs services, les enfants ont fait ça comme des chefs, en goûtant à tout. On a pu profiter du moment tous ensemble.

Le samedi, nous recevions à la maison six invités en soirée! J’ai donc cuisiné toute la journée, pendant que Philippe et les enfants allaient à un party de Noël organisé par l’école d’anglais où Philippe travaillait il y a 12 ans! Les enfants sont revenus très heureux, ça sentait bon la cuisson dans la maison. J’ai fait des köftes turques, des pizzas au pesto (Léo était fou de joie) et des crêpes aux bleuets pour dessert (avec du sirop d’érable du Québec). Les bleuets venaient du Chili et coûtaient six dollars la mini-barquette, mais bon, ils étaient bons quand même! ;)

Les enfants se sont couchés plus tard, et nous aussi. On a fait la vaisselle après leur départ, on a ramassé nos multiples cadeaux aussi… Un vrai party de Noël! Le lendemain, on a mangé les restes en écoutant des émissions de télé… comme un 26 décembre. C’était très plaisant.

Le dimanche, en après-midi, nous avons rejoint deux amies pour aller manger des aburi-mochis au sanctuaire Imamiya-jinja (celui qui exauce les vœux, j’en avais parlé ici). Mais les boutiques étaient fermées À PARTIR de ce dimanche-là!!! Ah! Déception! On a visité le sanctuaire, fait plein de vœux, puis on est allés manger dans un sympathique café où le monsieur faisait du ginger ale maison, des gâteaux au yuzu, on s’est bien régalé! Tant pis pour vous, les aburi-mochis!

Ce mardi, j’ai fait un aller-retour en soirée à Osaka pour manger avec un professeur de l’Université d’Osaka. J’ai ressorti mon anglais rouillé pour jaser de mon doctorat, de la situation japonaise, des États-Unis. C’était vraiment hyper intéressant!

Voilà, les enfants ont eu leur dernier cours de japonais aujourd’hui. Ce fut un super séjour, qui tire déjà à sa fin. Ils ont tous les deux un rhume, mais c'est la première fois en trois mois, alors on ne se plaint pas.

11 décembre 2018

Les saintes kairos chauffantes

Il fait 4 degrés la nuit et 9 degrés le jour. D’une semaine complète à 17 degrés, Kyoto est passée d’un coup à ce qu’on appelle ici « l’hiver », c’est-à-dire « l’enfer ».

Les gens au Québec me diront que je me plains pour pas grand chose. Mes parents me racontent les -22 et j’ai vu des images de la neige qui s’accumule. Mais les maisons québécoises sont isolées. C’est un concept à peu près inconnu ici.

La maison que nous avons louée est posée directement sur le ciment de la fondation. Le sol est donc glacial (et on s’assoit par terre, sur des petits coussins, pour manger). Les murs et les fenêtres laissent entrer l’air extérieur en courants constants. Le chauffage est en fait l’air climatisé, installé près du plafond. L’air chaud qui en sort reste donc en hauteur, ne venant pas réchauffer les pauvres habitants assis au sol. La toilette est située dans une pièce non chauffée. À chaque fois qu’on ouvre la porte pour s’y rendre, encore plus d’air froid entre dans la pièce « chauffée ».

Le matin, quand je me lève avant les autres, il fait donc environ 15 degrés en bas, même si j’ai laissé le « chauffage » allumé toute la nuit. J’utilise un bon vieux truc des résidences universitaires: je fais les toasts et ensuite, je pars le mini-four pour un vingt minutes supplémentaires (sans faire cuire quoi que ce soit, juste pour faire un peu de chaleur). J’arrive à monter la température moyenne à 20 degrés après une heure ou deux (mais au sol, il fait plus froid bien sûr).

Dehors, ça se supporte bien sûr. Mais on est en habits d’automne, étant donné que je n’ai pas apporté nos gros manteaux. On achète donc des kairo, des petites pochettes qui se mettent à chauffer dès qu’on les expose à l’air. Il y a les petites pour les mains, celles pour les souliers, d’autres à coller dans les vêtements. Elles peuvent atteindre 63 degrés, durer une douzaine d’heures. Lorsque mon amie d’Okinawa est venue, elle en a acheté et nous les a laissées. On est devenus des fans! Vive les kairo, petites pochettes bénies remplies de poudre de fer réactives à l’air! Alléluia! En les serrant, j’ai un court moment de soulagement, comme lorsque je serre ma tasse de thé chaude!

On dit que les Japonais ont une tolérance au froid beaucoup plus grande que la nôtre et c’est vrai. Ils sont habitués très jeunes, comme les Islandais d’ailleurs, à sortir moins habillés dans des températures assez fraîches. Le port de l’uniforme dans les écoles contribue au fait qu’on n’a pas le choix de son habit pour affronter la température et qu’on apprend donc à endurer. Mais à voir le nombre d’avertissements derrière les petites pochettes chauffantes, qui peuvent causer de légères brûlures si elles sont appliquées directement sur la peau ou si on dort avec, les Japonais ont froid aussi!

On pourrait profiter d’un kotatsu (une table avec une couverture chauffante), de planchers chauffants (ça existe ici aussi) ou d’une chaufferette (un heater). Ça aiderait! Mais pour les deux semaines qui nous restent, nous n’en ferons pas ces achats.

Deux semaines. C’est tout ce qu’il me reste de cours. Quand je pensais à Noël en arrivant, je me disais que ça prendrait du temps. Mais non, on y est déjà. Et j’aurai bientôt terminé les cours. Je ne serai plus obligé de réviser chaque soir, de taper mes notes, de faire les devoirs, d’aller en classe, de réviser pour les examens… C’est triste. Car je sais que j’aurai beaucoup moins de temps après pour continuer à apprendre le japonais. C’était une période toute particulière que nous ne pourrons pas répéter. Nous en avons profité pleinement, en le sachant très bien.

Les lundis et mercredis, j’ai commencé à rencontrer une amie que j’aide en français, alors qu’elle m’aide en japonais. C’est tellement agréable! Elle a habité au Québec, elle est maître en calligraphie, on s’amuse beaucoup ensemble.

Jeudi dernier, je suis allée à Sonobe (une trentaine de minutes de Kyoto) pour visiter un vignoble. C’était fort intéressant et j’ai posé plein de questions!

Vendredi, nous avons visité le Musée international du manga de Kyoto. J’ai adoré le lieu: une vieille école primaire reconvertie en musée, remplie de mangas qu’on peut lire dans plusieurs langues. Émi et Léo se sont assis et c’était presque la chicane pour les sortir de là! On peut prendre un abonnement mensuel ou annuel car le musée est aussi une bibliothèque. Très bon concept pour les amoureux de ce genre!

En soirée, je suis sortie avec Léo pour revoir des anciennes étudiantes (devenues grandes). Avant de se rendre au restaurant, on a beaucoup marché. La gare de Kyoto est toute illuminée pour Noël: des jets d’eau lumineux avec de la musique, un immense sapin, 15 000 DEL dans les marches… Ensuite, on a mangé des immenses crêpes et Léo a beaucoup ri en jouant avec le cellulaire de Rinka-chan.

Samedi, je suis allée chez la coiffeuse et ensuite au Meet-up organisé par mon amie Akiko. J’ai rencontré deux autres Japonaises et nous avons parlé toute la soirée. C’était très agréable.

Dimanche, nous avons revu Ken-ichi-san, mon assistant japonais dans les cours que je donnais l’an dernier au Centre japonais de Québec. Il vit maintenant près de Nagoya et il est venu passer la journée avec nous. Il connaissait peu Kyoto alors on a servi de guides, visitant le Kitano Tenman-gu avec ses vaches porte-bonheur pour les études (photos pour marraine!) et nous avons fait une longue promenade à Arashiyama pour revoir le Daikaku-ji, découvrir le Gio-ji et marcher jusqu’au pont qui traverse la lune (le Tôgetsu-kyô) éclairé tout spécialement en ce moment. Nous avons mangé des ramens dans une petite échoppe où un vieux couple très gentil nous gâtait… Un beau moment!

Le plus drôle: Léo avait préparé un cadeau pour Ken-ichi-san : un spectacle tout en japonais. Plus tard, en marchant, Philippe parle en français à Ken-ichi et Léo s’étonne: « Hein? Mais il parle français?! » Un petit détail que Léo avait oublié! Après il est passé au français et c’en fut fini des efforts de japonais! ;)