
Je suis une grande fan des thés taïwanais. J’aime leur diversité, leurs odeurs très fraîches, leurs goûts multiples. Disons qu’une tasse de thé taïwanais, ça ne goûte pas seulement le thé, ça transporte aussi la fleur, la noix, la vanille, le chocolat, le soleil… Bref, ça surprend toujours agréablement!
J’ai aussi un préjugé favorable envers Taïwan. J’ai croisé plusieurs Taïwanaises très sympathiques sur mon chemin, qui se sont empressées de m’expliquer qu’elles n’étaient pas Chinoises et pourquoi… Saviez-vous que la « République de Chine » (le nom officiel de Taïwan) a été fondée en Chine, lorsqu’ils ont réussi à faire tomber la monarchie, au tournant du XXe siècle? Malheureusement pour eux, quelques années plus tard, Mao avait d’autres ambitions pour le pays, et il y a eu plusieurs conflits entre les deux factions, ce qui dégénéra en guerre civile. La « République populaire de Chine » (la Chine communiste de Mao, toujours au pouvoir) gagna la partie. Et les anciens républicains trouvèrent refuge sur l’île de Taïwan en 1949.
Aujourd’hui, la Chine (et la majorité du monde) considèrent que Taïwan fait partie du pays. Deux milles missiles sont pointés sur l’île pour bien s’assurer de sa fidélité. Mais Taïwan se considère indépendante, n’ayant jamais fait partie du groupe communiste de Mao. De facto, elle l’est: le pays est une démocratie depuis 1986, la censure n’est pas pratiquée (les Taïwanais sont les plus connectés à Facebook au monde!), les systèmes économiques et d’éducation sont différents… Même la monnaie n’est pas la même. Aux Olympiques, même si la Chine met de la pression pour que Taïwan soient appelée Chinese Taipei, il reste que d’avoir une délégation distincte est une reconnaissance officieuse. Les Québécois font partie de l’équipe canadienne, tout comme les Catalans de l’équipe espagnole ou les Écossais de l’équipe britannique... Les Taïwanais sont donc plus près d’un statut officiel que le Québec. Mais les tensions sont constantes entre la Chine et Taïwan et très peu de pays (23) reconnaissent officiellement Taïwan.


Lors de la conférence, on a aussi parlé d’insectes. Pour cultiver le thé, on a longtemps utilisé les pesticides. Avec une population très éduquée qui prend soin de sa santé, les producteurs de thé tentent maintenant d’en limiter l’usage, d’autres s’orientent vers le biologique. Mais il est difficile de cultiver totalement bio quand le voisin utilise les pesticides… On fait aussi usage des insectes… Certains types de thé noir utilisent une technique particulière pour développer un goût de miel: on laisse les pucerons envahir la plante qui se défendra. Et c’est ce changement chimique qui crée le goût recherché…
Une des techniques pour augmenter la production de thé laisse à désirer: on arrose la plante d’un engrais folial, c’est-à-dire que la feuille l’absorbe directement. La plante ne profite donc pas de ce surplus de nutriment, puisque l’engrais arrive par les feuilles et non pas par les racines. Quelques jours plus tard, le producteur recueille les feuilles dont le goût est modifié par l’engrais. C’est avec ces feuilles que sont fabriquées nos poches de thé indien, chinois, taïwanais ou japonais… Ce qui explique la différence de goût (et de qualité).
Une conférence absolument fascinante, qui n’a fait que confirmer mon amour du thé et ma soif de les goûter!
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