
Le projet initial était de partir un an. Mais ayant eu des problèmes avec mon doctorat, l’idée d’un postdoctorat s’est évanouie. Quand j’ai appris qu’il serait impossible de soutenir ma thèse l’an dernier, ce fut l’une des conséquences les plus pénibles à assumer: la préparation vers un séjour prolongé à l’étranger avait été faite pour rien…
Un an au Japon avec les enfants, ça se prépare longtemps d’avance pour minimiser les difficultés. Cours de japonais pour les enfants, montage d’un projet postdoctoral avec un professeur là-bas, demande de bourse, budget, étude des caractères à tous les jours, etc. Ce n’est qu’une petite part de ce qui doit être fait pour favoriser l’intégration.
On a donc eu de longues discussions de couple. Qu’allions-nous faire maintenant?
Pourquoi c’était si important de partir en 2018? Parce que je suis à la fin de mes études, donc entre deux « situations », entre la flexibilité et l’ancrage. Aussi parce que notre plus grand termine sa 1re année. Il sait lire le français, il sait aussi lire le japonais de base (même s’il ne comprend pas la plupart du vocabulaire). Intégrer une école japonaise cet automne lui permet d’arriver au même niveau d’écriture que les autres : en commençant à apprendre les caractères compliqués (kanji). Y aller plus tard dans notre vie, c’est peut-être ne jamais y aller car j’aurai de plus en plus de mal à mettre de côté mes emplois ici, les enfants auront aussi de plus en plus de difficultés à s’immerger complètement à l’école. Pour toutes ces raisons, c’était le bon moment.

On part donc. On se concentre sur cet essentiel qu’on a réussi à définir. Nos objectifs sont peu nombreux, mais immenses en même temps:
- Améliorer mon japonais. Pour ce faire, je suis inscrite à une école spécialisée, cinq jours par semaine pendant trois mois. Nous serons donc basés à Kyoto pour toute la durée du séjour. Ce sera loin d’être des vacances!
- Que les enfants améliorent aussi leur japonais (et mon chum aussi, c’est sûr!). C’est pourquoi on va tenter d’inscrire Léo à l’école et Émi à la garderie. Si ce n’est pas possible, on va engager un tuteur privé.
Il me reste donc à finir le doctorat avant le départ. Six mois seulement nous séparent du début de l’aventure. Comme d’habitude, ce projet apportera son lot d’imprévus. À chacun de ces séjours, on revient un peu changés, la tête pleine d’idées en germe et de rêves à venir. On vous tient au courant!