C'est avec grand plaisir que je vous invite au lancement virtuel de mon essai, Révolution Papa, qui aura lieu le mardi 2 mars, à 17h. L'événement sera animé par Marie Grégoire, et Vincent Graton, auteur de la préface de cet ouvrage, sera également présent! Si vous avez des questions, il y aura une partie consacrée à vos interrogations. Ça promet d'être très intéressant! Venez en famille, avec votre vin ou votre thé préféré!
Il faut s'inscrire: il suffit d'envoyer un courriel au nomadesse@gmail.com
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19 février 2021
18 juillet 2020
L’argument du sourire
Le masque est devenu objet de polémique. On discute de sa pertinence, de son efficacité, de son inconfort. L’un des arguments contre son utilisation est qu’il masque le sourire. Je me suis sentie particulièrement interpellée. Car c’est un point qui mérite d’être expliqué plus attentivement.
Il y a quelques années, j’ai eu un choc en lisant une étude scientifique de chercheurs japonais, américains et canadiens sur notre façon, très culturelle, de lire les émotions dans les visages. Dans un article scientifique publié en 2007 et magnifiquement intitulé « Les fenêtres de l’âme sont-elles les mêmes à l’Est et à l’Ouest? » (ma traduction), les chercheurs en viennent à la conclusion qu’un Américain lit la joie, la peine, la surprise dans le bas du visage, alors qu’un Japonais (et plus largement les Asiatiques, d’autres études l’ont confirmé par la suite) regarde les yeux, les fenêtres de l’âme, pour détecter l’émotion de l’autre.
Mentionnons par ailleurs que les muscles autour des yeux sont beaucoup plus nombreux que ceux autour de la bouche, ce qui veut dire davantage de possibilités d’expression! Et c’est beaucoup plus difficile de « mentir » avec les yeux, ce que les Occidentaux savent très bien aussi: combien de fois un sourire ne m’a pas convaincu que la personne devant moi allait vraiment bien? À ce moment, j’avais probablement détecté une différence entre ce que je lisais dans les yeux de l’autre, malgré son sourire…
Cette attention aux yeux est visible jusque dans ce qu’on ajoute à nos messages: les Japonais ont beaucoup plus de variations d’émoticônes =^.^= (*^_^*) (*_*) (u_u) (@_@) que nous avec nos parenthèses et nos quelques lettres :) :( :p
Les émojis aussi jouent énormément sur les différentes expressions des yeux pour varier les émotions.
😄😂😆
En plus de l’habitude, les Asiatiques avaient donc un avantage quand le port du masque s’est généralisé autour du monde: ils savent déjà où regarder pour lire les émotions et le masque n’y changera pas grand-chose. Au vu de cette différence culturelle, je comprends pourquoi l’argument du sourire existe ici, même s’il n’est pratiquement jamais évoqué en Asie. J’attache moi-même énormément d’importance au sourire, que je pratique très souvent! (^_^)
Mais devant la possibilité de devoir rester terrée chez moi pour éviter de répandre davantage ce virus, je préfère nettement la distanciation physique et le port du masque qui me permettent de sortir. Et comme son efficacité est surtout prouvée pour protéger les autres, je le vois comme un acte de bienveillance envers ceux que je rencontre. Et la bienveillance est un argument qui pèse lourd. Bien davantage que mon sourire masqué qui, en attendant la fin de la pandémie, pourra facilement être lu dans mes yeux, je l’espère. d^o^b
Il y a quelques années, j’ai eu un choc en lisant une étude scientifique de chercheurs japonais, américains et canadiens sur notre façon, très culturelle, de lire les émotions dans les visages. Dans un article scientifique publié en 2007 et magnifiquement intitulé « Les fenêtres de l’âme sont-elles les mêmes à l’Est et à l’Ouest? » (ma traduction), les chercheurs en viennent à la conclusion qu’un Américain lit la joie, la peine, la surprise dans le bas du visage, alors qu’un Japonais (et plus largement les Asiatiques, d’autres études l’ont confirmé par la suite) regarde les yeux, les fenêtres de l’âme, pour détecter l’émotion de l’autre.
Mentionnons par ailleurs que les muscles autour des yeux sont beaucoup plus nombreux que ceux autour de la bouche, ce qui veut dire davantage de possibilités d’expression! Et c’est beaucoup plus difficile de « mentir » avec les yeux, ce que les Occidentaux savent très bien aussi: combien de fois un sourire ne m’a pas convaincu que la personne devant moi allait vraiment bien? À ce moment, j’avais probablement détecté une différence entre ce que je lisais dans les yeux de l’autre, malgré son sourire…
Cette attention aux yeux est visible jusque dans ce qu’on ajoute à nos messages: les Japonais ont beaucoup plus de variations d’émoticônes =^.^= (*^_^*) (*_*) (u_u) (@_@) que nous avec nos parenthèses et nos quelques lettres :) :( :p
Les émojis aussi jouent énormément sur les différentes expressions des yeux pour varier les émotions.
😄😂😆
En plus de l’habitude, les Asiatiques avaient donc un avantage quand le port du masque s’est généralisé autour du monde: ils savent déjà où regarder pour lire les émotions et le masque n’y changera pas grand-chose. Au vu de cette différence culturelle, je comprends pourquoi l’argument du sourire existe ici, même s’il n’est pratiquement jamais évoqué en Asie. J’attache moi-même énormément d’importance au sourire, que je pratique très souvent! (^_^)
Mais devant la possibilité de devoir rester terrée chez moi pour éviter de répandre davantage ce virus, je préfère nettement la distanciation physique et le port du masque qui me permettent de sortir. Et comme son efficacité est surtout prouvée pour protéger les autres, je le vois comme un acte de bienveillance envers ceux que je rencontre. Et la bienveillance est un argument qui pèse lourd. Bien davantage que mon sourire masqué qui, en attendant la fin de la pandémie, pourra facilement être lu dans mes yeux, je l’espère. d^o^b
12 octobre 2019
Le sens du voyage
J’écris de Kyoto. C’est normalement la journée où j’aurais dû prendre le train vers Tokyo, puis l’avion vers chez moi, mais le typhon Hagibis a changé les plans. J’ai retardé mon retour pour être sûre de pouvoir circuler. Les trains sont toujours au ralenti ce matin et l’aéroport rouvrira cet après-midi, alors c’était la bonne chose à faire. À Kyoto, la situation est restée calme, du vent et de la pluie en grande partie, mais la région centrale et le nord du Japon ont subi plusieurs inondations. Il y a quatre morts, 17 personnes disparues et une centaine de blessés jusqu’à maintenant. J’ai pu suivre la situation à la télévision toute la journée hier.
Mes dix jours au Japon se sont bien passés. J’ai rencontré plusieurs personnes en personne pour la première fois, dont David Brulotte, le délégué général du Québec à Tokyo, Maud Archambault, qui a contribué avec moi au Fabuleux Japon publié chez Ulysse et plusieurs professeurs! J’ai aussi visité plusieurs amis de longue date, ce qui est un vrai bonheur.
Lors du colloque de sociologie de Japan Sociological Society, où j’étais invitée, j’ai fait ma communication sur les pères québécois et japonais. C’était en anglais, ce qui est une première pour moi! Cet événement fut intéressant, mais il y avait huit intervenants qui se succédaient pendant trois heures sans pause, ce qui est difficile pour la concentration. De plus, les sujets des panels étaient très disparates, ce qui ne favorisaient pas la réunion des gens en fonction de leur intérêt. Le dimanche, je suis allée à un panel (de huit intervenants) sur le seul sujet des minorités sexuelles au Japon, et c’était plein, ce qui démontre que c’est préférable de mettre ensemble les chercheurs ayant des thèmes communs.
J’ai ensuite visité brièvement Matsumoto et Nagano. Il y a longtemps que je voulais découvrir la région montagneuse, au centre de l’île principale. J’étais dans un ryokan, c’était fort agréable. Le moment que j’ai préféré fut au Zenkô-ji de Nagano, où l’un des moines a remarqué que je visitais seule et que je parlais japonais. Il est venu me voir, m’a demandé si je lui accordais quelques minutes et m’a fait visiter. C’était infiniment sympathique et cela a rendu mon expérience mémorable. Merci!
À Kyoto, j’ai visité une classe de littérature francophone à l’université Kyoto Gaikoku-go. J’ai parlé devant une classe en japonais pendant près d’une heure! Ça aussi, c’était une première! On pourra dire que j’ai repoussé mes frontières pendant ce court séjour au Japon! Je remercie les deux professeurs qui m’ont accueillie dans leurs classes, car c’est l’un de mes moments favoris du voyage. Les étudiants étaient super sympathiques, ils ont ri et étaient intéressés. Un grand bonheur!
Finalement, ce sont les moments où je rencontre d’autres personnes, où j’ai le temps d’avoir une longue conversation avec une amie autour d’un thé, ou en marchant lentement dans un vieux temple, que je ressens le plus que le voyage a un sens. Sans aucun doute parce qu’à travers ces discussions, ces rencontres, je change un peu à chaque fois. Et c’est le souvenir le plus précieux que je ramène de chacun de mes séjours.
Mes dix jours au Japon se sont bien passés. J’ai rencontré plusieurs personnes en personne pour la première fois, dont David Brulotte, le délégué général du Québec à Tokyo, Maud Archambault, qui a contribué avec moi au Fabuleux Japon publié chez Ulysse et plusieurs professeurs! J’ai aussi visité plusieurs amis de longue date, ce qui est un vrai bonheur.
Lors du colloque de sociologie de Japan Sociological Society, où j’étais invitée, j’ai fait ma communication sur les pères québécois et japonais. C’était en anglais, ce qui est une première pour moi! Cet événement fut intéressant, mais il y avait huit intervenants qui se succédaient pendant trois heures sans pause, ce qui est difficile pour la concentration. De plus, les sujets des panels étaient très disparates, ce qui ne favorisaient pas la réunion des gens en fonction de leur intérêt. Le dimanche, je suis allée à un panel (de huit intervenants) sur le seul sujet des minorités sexuelles au Japon, et c’était plein, ce qui démontre que c’est préférable de mettre ensemble les chercheurs ayant des thèmes communs.
J’ai ensuite visité brièvement Matsumoto et Nagano. Il y a longtemps que je voulais découvrir la région montagneuse, au centre de l’île principale. J’étais dans un ryokan, c’était fort agréable. Le moment que j’ai préféré fut au Zenkô-ji de Nagano, où l’un des moines a remarqué que je visitais seule et que je parlais japonais. Il est venu me voir, m’a demandé si je lui accordais quelques minutes et m’a fait visiter. C’était infiniment sympathique et cela a rendu mon expérience mémorable. Merci!
À Kyoto, j’ai visité une classe de littérature francophone à l’université Kyoto Gaikoku-go. J’ai parlé devant une classe en japonais pendant près d’une heure! Ça aussi, c’était une première! On pourra dire que j’ai repoussé mes frontières pendant ce court séjour au Japon! Je remercie les deux professeurs qui m’ont accueillie dans leurs classes, car c’est l’un de mes moments favoris du voyage. Les étudiants étaient super sympathiques, ils ont ri et étaient intéressés. Un grand bonheur!
Finalement, ce sont les moments où je rencontre d’autres personnes, où j’ai le temps d’avoir une longue conversation avec une amie autour d’un thé, ou en marchant lentement dans un vieux temple, que je ressens le plus que le voyage a un sens. Sans aucun doute parce qu’à travers ces discussions, ces rencontres, je change un peu à chaque fois. Et c’est le souvenir le plus précieux que je ramène de chacun de mes séjours.
26 novembre 2015
Colloque OpenCon 2015 à Bruxelles
Promouvoir la science ouverte
Qu’est-ce que l’OpenCon au fait? Organisée pour une deuxième année par SPARC, une alliance de bibliothèques académiques qui promeut le libre accès à la recherche, l’OpenCon est un colloque qui réunit ceux qui s’intéressent à la science ouverte (open access). Mais qu’est-ce la science ouverte? C’est offrir un accès gratuit, immédiat et électronique aux articles scientifiques des chercheurs, ce qui permet d’utiliser pleinement ces données et ces résultats (open data) pour d’autres recherches. La science ouverte inclut également l’éducation ouverte (open education), une façon de faciliter l’enseignement et l’apprentissage en utilisant le réseau Internet.
Nous avions donc plusieurs conférences et tables rondes. Le samedi suivant les attentats à Paris, Daniel Spichtinger de la Commission européenne a plaidé pour un large accès à la science afin de faire reculer la peur. Car selon lui, c’est grâce à l’éducation que les gens développent un meilleur esprit critique. Mais pour cela, il ne faut pas les empêcher d’avoir accès à la connaissance comme le fait présentement le système en place. Pour donner un idée, il faut savoir que la bibliothèque de l’Université Laval dépense chaque année 8,25 millions (soit 69% de son budget) pour permettre à ses professeurs et étudiants d’avoir accès aux revues scientifiques. Et cela ne compte pas les montants déboursés par les professeurs pour que leurs articles soient publiés dans les revues les plus prestigieuses (ce qu’on appelle l’APC).
La Commission européenne a donc mis en place une politique pour favoriser la science ouverte, à l’image de ce que fait depuis peu le CRSH au Canada: si la recherche est financée par des fonds publics, ses résultats seront libres et accessibles. C’est tout à fait logique: le public paie pour une étude, il a le droit d’y accéder. Mais le problème, c’est que la plupart des recherches sont maintenant faites en partenariat avec le privé...
Le conflit carrière vs science ouverte
Michael Eisen, cofondateur de la Public Library of Science (PLOS) et biologiste à l’University Berkeley, est ensuite venu présenter les difficultés de publier ses résultats en libre accès. Des dilemmes comme choisir entre bâtir sa carrière de professeur (en publiant dans des revues prestigieuses) ou travailler à un monde meilleur (en donnant à tous le droit d’utiliser ses données et de faire avancer la connaissance) se sont souvent présentés. Il a choisi de les ignorer. Il déplore qu’aujourd’hui on juge le chercheur en notant le nom des revues où il publie, au lieu de s’attarder au contenu et à la qualité de ses recherches. Il prône même que les brouillons d’articles soient publiés et qu’ils soient corrigés au fur et à mesure, pour permettre à d’autres de travailler avec les données. Une proposition qui s’applique au monde de la science pure, mais moins aux sciences humaines et sociales, je dois dire.
Ce qui me semble le plus déplorable du système actuel est qu'on ne publie que les résultats positifs, laissant en plan ce qui n’a pas fonctionné. Cela introduit un biais considérable quand on réunit les recherches pour faire des métaanalyses: on n’a presque aucune donnée sur les recherches n’ayant pas fonctionné. Or elles sont tout aussi importantes que les autres pour avoir une bonne idée de la situation.
La science ouverte au Canada
April Clyburne-Sherin est venue présenter le regroupement OOO Canada qui réunit des chercheurs préoccupés par le libre accès au Canada. Fondé l’an dernier, OOO Canada (le nom a fait naître bien des sourires dans l’assistance) met en place des actions pour favoriser le libre accès. Par exemple, au Canada, les étudiants dépensent 38% du coût des études à l'achat de livres qui deviennent obsolètes dès qu’ils sont mis à jour. Ce qui rappelle que les publications libres d'accès sont plus à jour que les textes publiés à haut coût quelques années auparavant.
On prend conscience de la force du système et des infrastructures quand on se heurte à ce qui ne marche pas. Si je connaissais déjà l’importance de la science ouverte, c’est lors de mon dernier congé de maternité que j’ai véritablement fait face à un grave problème: il m’était impossible de lire les articles scientifiques nécessaires à ma thèse. Mon accès était suspendu, comme si mon cerveau devait l’être aussi! Sans mentionner que dès que j’aurai terminé mes études, il me deviendra impossible d’accéder aux articles scientifiques que j’ai écrits...
Finalement, j’ai appris grâce à Jan Gondol, qui a travaillé pour le gouvernement de Slovaquie afin de mettre en place une entente intergouvernementale sur la science ouverte, que le Canada fait partie de ce partenariat et qu’un Plan d’action 2014-2016 est même en place dans notre pays pour favoriser le gouvernement ouvert!
Les journaux scientifiques sont « cotés » selon une méthode dont on ignore les critères précis, mais qui a un lien avec le nombre de citations où un acteur sera cité ailleurs. On appelle cela le « Impact Factor » (IF) d’un journal. Cela concerne les journaux anglophones. Si vous publiez en français, comme c’est le cas de plusieurs professeurs au Québec, vous ne publiez pas dans des revues scientifiques « reconnues ». Cela vous donne moins de points comme chercheur, ce qui peut vous nuire dans la recherche d’un emploi, car plusieurs universités se basent maintenant sur des statistiques qui inclut IF, soit le nombre de citations que vous avez dans d’autres articles. Pourtant, comme le rappelle Iara Vidal, bibliothécaire au Brésil: « L'impact des recherches dépasse leur nombre de citations, ce qui devrait réellement compter, c’est leur impact dans la société et hors du monde de l'éducation. Les chercheurs ne doivent pas seulement parler aux chercheurs, mais atteindre le reste des gens. »
Ce n’est pas la première fois que j’en entendais parler, mais étonnamment, un des chercheurs rappela que les journaux scientifiques reconnus n'ont pas de meilleurs articles, et qu’ils contiennent même plusieurs biais et problèmes de méthodologie. Les propositions pour améliorer l’accès furent nombreuses: inverser le réflexe des universités en rendant la publication libre-accès par défaut avec des démarches à faire de plus quand on veut restreindre l'accès à un article.
Dans les tables rondes qui se sont ensuite succédé, on a parlé d’un des soucis majeurs avec les revues scientifiques ouvertes: si elles sont libres d’accès, elles font payer les auteurs pour rendre leur texte disponible gratuitement (APC). Les professeurs utilisent donc une partie des subventions allouées pour payer la publication, ce qui prive la recherche d’une partie des fonds... Comment faire autrement? L’Amérique latine est un bon exemple de système coopératif: les chercheurs de ces pays utilisent en grande majorité le libre accès. Les revues scientifiques sont financées par des fonds publics et il est gratuit de publier et de lire.
Le colloque s’est clôt avec les mots de Jimmy Wales, fondateur de Wikipédia qui a profité de l’occasion pour rappeler que si les universités du nord avaient encore les moyens de payer les abonnements des revues scientifiques, les universités du sud n’avaient pas ces capacités, ce qui est profondément injuste et contreproductif puisque ces étudiants ne pourront pas pleinement profiter des recherches en cours dans leur domaine. Avec toutes les coupures que les universités québécoises ont eu à encaisser dans les dernières années, ça devient un problème ici aussi: l’Université Laval est en train de couper dans la liste des revues disponibles pour épargner.
Je souligne également qu’à peu près toutes les tables rondes présentaient la mixité des genres. Comme on l’a vu, lorsqu’il n’y aucun résultat probant, c’est tout aussi important à souligner que l’inverse! Le site Décider entre hommes n’aurait donc pas pu mettre des photos pour dénoncer cet événement! :)
09 octobre 2015
Japon : Quand « abolition » rime avec « erreur de compréhension »
On a beaucoup parlé de cet avis du ministère de l’Éducation japonais (MEXT) qui ordonnait à ses 86 universités nationales d’abolir les facultés d’humanités afin de se consacrer à des choses plus « utiles » pour la société. L’avis est réel et il compte dix pages où l’on trouve une phrase incitant à « démanteler et restructurer les facultés de sciences humaines et sociales en particulier ». C’était dit et ça a fait le tour du monde. J’en parlais à Radio-Canada le 23 septembre.
Il semblerait toutefois que tout cela n’ait été qu’une « erreur de compréhension ». On ne parle maintenant plus d’une abolition, mais plutôt qu’il y aura "réorganisation". Des réformes devront être appliquées dans l'enseignement supérieur dû à l'effondrement du nombre d'étudiants (conséquence directe du vieillissement de la population).
Est-ce une façon de se sortir d'une situation délicate, qui avait pris de larges proportions hors du Japon? Cette controverse est-elle un moyen de sauver la face par rapport à une décision qu'on avait peut-être bel et bien prise, mais qu'on réalise être une erreur? Laissons le bénéfice du doute au conseiller du ministre qui explique « l’erreur » dans cette missive (en anglais).
Pour terminer, voici quelques statistiques sur les universités au Japon, qui donne l’ampleur de ce domaine:
Il y a 672 universités privées au Japon, et 86 universités nationales (plus réputées et plus difficiles d’accès), pour un total de 758 universités.
À titre comparatif, il y a 48 cégeps et 18 universités au Québec, ce qui fait 60 établissements d’éducation post-secondaire (il existe dans les universités japonaises un cycle court de deux ans).
C’est beaucoup, mais en proportion du nombre d’habitants (127 millions au Japon), c’est quand même moins d’établissements post-secondaires par habitant qu’au Québec (1 établissement par 125 000 personnes au Québec, contre 1 établissement par 167 000 personnes au Japon).
Encore plus fascinant de constater que les proportions d’étudiants en sciences humaines par rapport aux sciences pures se ressemblent au Japon et au Québec.
Japon
Étudiants des humanités (bunkei 文系): 55,3 %
Étudiants des sciences pures (rikei 理系): 28,2 %
Autres (éducation, arts, éducation physique, etc.): 16,4 %
Québec en 2010
Étudiants des humanités: 52 %
Rikei: 27,4 %
Autres: 20 %
Ce que j’en retiens: peu importe la raison de cette « erreur » de compréhension, il semble maintenant que le ministère sera plus vigilant sur ses directives par rapport aux humanités. Et c’est une bonne chose.
Réactions venues du Japon
Humanities under attack – Takamitsu Sawa
Japanese University Humanities and Social Sciences Programs Under Attack - Jeff Kingston
Il semblerait toutefois que tout cela n’ait été qu’une « erreur de compréhension ». On ne parle maintenant plus d’une abolition, mais plutôt qu’il y aura "réorganisation". Des réformes devront être appliquées dans l'enseignement supérieur dû à l'effondrement du nombre d'étudiants (conséquence directe du vieillissement de la population).
Est-ce une façon de se sortir d'une situation délicate, qui avait pris de larges proportions hors du Japon? Cette controverse est-elle un moyen de sauver la face par rapport à une décision qu'on avait peut-être bel et bien prise, mais qu'on réalise être une erreur? Laissons le bénéfice du doute au conseiller du ministre qui explique « l’erreur » dans cette missive (en anglais).
Pour terminer, voici quelques statistiques sur les universités au Japon, qui donne l’ampleur de ce domaine:
Il y a 672 universités privées au Japon, et 86 universités nationales (plus réputées et plus difficiles d’accès), pour un total de 758 universités.
À titre comparatif, il y a 48 cégeps et 18 universités au Québec, ce qui fait 60 établissements d’éducation post-secondaire (il existe dans les universités japonaises un cycle court de deux ans).
C’est beaucoup, mais en proportion du nombre d’habitants (127 millions au Japon), c’est quand même moins d’établissements post-secondaires par habitant qu’au Québec (1 établissement par 125 000 personnes au Québec, contre 1 établissement par 167 000 personnes au Japon).
Encore plus fascinant de constater que les proportions d’étudiants en sciences humaines par rapport aux sciences pures se ressemblent au Japon et au Québec.
Japon
Étudiants des humanités (bunkei 文系): 55,3 %
Étudiants des sciences pures (rikei 理系): 28,2 %
Autres (éducation, arts, éducation physique, etc.): 16,4 %
Québec en 2010
Étudiants des humanités: 52 %
Rikei: 27,4 %
Autres: 20 %
Ce que j’en retiens: peu importe la raison de cette « erreur » de compréhension, il semble maintenant que le ministère sera plus vigilant sur ses directives par rapport aux humanités. Et c’est une bonne chose.
Réactions venues du Japon
Humanities under attack – Takamitsu Sawa
Japanese University Humanities and Social Sciences Programs Under Attack - Jeff Kingston
13 août 2014
L’été, c’est fait pour travailler (aussi)
L’été, c’est fait pour travailler (aussi)
Les vacances sont terminées et la liste des choses à faire est ressortie, tout près de mon bureau… Bébé no 2 est prévu pour le milieu octobre, je me lance donc dans le dernier blitz de mon étude sur les papas qui travaillent en informatique et jeux vidéo pour finir les entrevues avant le début octobre. Vous connaissez des pères qui seraient intéressés à faire partie de ma recherche? Voici l’invitation et les critères:
C’est officiel en titi, hein? ;) Il me reste environ 10 entrevues à faire avant de me lancer dans l’analyse des données en 2015, puis l’écriture de la thèse. N’hésitez pas, ce sont toujours des rencontres très sympathiques! :)
Valérie
Papa 2.0 - Les pères québécois et les congés parentaux Ma recherche porte sur l'utilisation des congés parentaux des pères québécois qui travaillent dans les TI. Je cherche à comprendre comment permettre une meilleure articulation entre l’emploi et la famille en éclairant les besoins en conciliation travail-famille des pères, et permettre aux entreprises de mieux faire face au vieillissement de la population québécoise. Pour réaliser ces travaux, il me faut recruter des participants sur une base volontaire et je sollicite votre collaboration. Pour participer à cette étude, vous devez: - avoir eu un enfant après 2006 - travaillé ou avoir travaillé dans le secteur des technologies de l’information (TI) L’entretien, d'une durée estimée entre une heure et deux heures, se déroulera sur le ton de la conversation ordinaire et sera enregistré (audio seulement) dans le but de retenir le maximum d’informations. Les thématiques aborderont le statut familial (couple, soutien familial) ainsi que diverses questions à propos du travail (avant la naissance, pendant le congé, au retour). Des mesures seront mises en place pour assurer votre anonymat: votre nom, ceux de vos collègues ou de votre entreprise seront effacés de l’étude. Les entrevues seront réalisées en dehors des heures de bureau et du milieu de travail. Il ne sera pas possible pour votre entreprise d’identifier les employés qui auront participé et de consulter les entrevues. Si vous souhaitez participer à cette étude, n’hésitez pas à communiquer avec moi: valerie.harvey.3@ulaval.ca. Je vous remercie de considérer cette demande, Valérie Harvey Candidate au doctorat en sociologie Cette recherche est réalisée sous la supervision du directeur de thèse Gérard Duhaime (418-656-2131 poste 2997), professeur de sociologie à l'Université Laval, et de la codirectrice Diane-Gabrielle Tremblay (514-843-2015, poste 2878), professeure en économie et gestion de la TÉLUQ. Ce projet a été approuvé par le Comité d’éthique de la recherche de l’Université Laval : No d’approbation (2013 273), le 03-02-2014. |
C’est officiel en titi, hein? ;) Il me reste environ 10 entrevues à faire avant de me lancer dans l’analyse des données en 2015, puis l’écriture de la thèse. N’hésitez pas, ce sont toujours des rencontres très sympathiques! :)
Valérie
14 mai 2013
Philosophie de voyage en Islande
- On ira, Zaz
Les voyages sont, pour la plupart des gens, des événements inhabituels, qui viennent justement briser les habitudes du quotidien. Paradoxalement, l’être humain ayant besoin de routine, nous avons tous établi une « routine de voyage », une façon de préparer l’aventure. Ça peut être l’achat d’un guide de voyage, la consultation de forums ou de blogues, ou même le magasinage d’un nouveau costume de bain!
À l’approche de mon départ vers l’Islande, j’observe les yeux grands ouverts ces comportements que j’adopte devant l’imminence du voyage. Étonnamment, j’en apprends beaucoup sur moi.
J’ai d’abord contacté des professeurs de sociologie qui étudient les congés parentaux afin d’établir un premier contact. Ils m’ont envoyé des textes, j’ai acheté leurs livres et j’ai épluché les statistiques de leur pays afin de synthétiser l’évolution des congés parentaux dans un texte. Cela n’a rien d’étonnant puisque je compte étudier en profondeur leur système.
Comme plusieurs s’en doute, j’ai aussi commandé un volume d’introduction à l’islandais. Toutefois, à l’écoute des premiers sons et devant la difficulté des voyelles/consonnes, je dois avouer que j’ai remisé cet ouvrage sur l’une de mes armoires pendant…un an! Je viens de le ressortir, motivée tout à coup, et après plusieurs écoutes, je commence à capter certaines prononciations. J’en suis à la leçon 3! J’aimerais au moins avoir une base.
J’ai alors saisi que, devant l’anxiété d’un long voyage à l’étranger (eh oui, ce sentiment est présent aussi!), je tentais de trouver des liens « de familiarité » avec mon vécu québécois. Et cette familiarité, je la trouve dans les universités, des lieux qui partagent de nombreux points communs, peu importe le pays où l’on se trouve. Cela me rassure parce que je viens de réaliser que j’ai des « petites maisons » un peu partout sur la planète.
Dans le même ordre d’idées, j’ai aussi écrit au Centre de langues de l’université pour proposer des échanges de français. Cette expérience avait été l’une des plus enrichissantes de mon voyage au Japon, me permettant de découvrir des amis et de mieux approcher la réalité des Japonaises. Le professeur, encore une fois, fut absolument sympathique : m’invitant à offrir des ateliers sur les spécificités du français québécois… Quel bonheur pour une amoureuse du Québec!
Finalement, j’ai aussi exploré les possibilités d’offrir un concert dans un café de Reykjavik. C’est évidemment une étape plus complexe : il faut trouver un endroit avec piano où pratiquer, aussi dénicher un lieu de spectacle qui possède déjà un clavier en plus de nous accepter, et puis il me faudra faire confiance à une gardienne pour veiller sur Léo (peut-être la plus difficile étape)… Mais petit à petit, nous verrons ce qu’il est possible de faire.
Oh! J’ai aussi acheté un guide de voyage rempli de superbes lieux à visiter. Ça fait partie des plaisirs, bien évidemment. Mais comme on le voit, mes priorités vont d’abord aux gens, aux rencontres, aux apprentissages… Après tout, qu’y a-t-il de plus intéressant que la culture d’un pays vécue par ses habitants? Des geysers, deux plaques tectoniques visibles à l’œil nu, des chutes fantastiques? Bon ok. J’ouvre tout de suite une nouvelle section à ma liste… ;)
13 novembre 2012
Les secrets d'une langue
Petite énigme
Un père et son fils font du vélo sur l’autoroute, ce qui n’est pas très prudent. Bien évidemment, ce qui devait arriver arriva et un accident survint. Le père fut blessé, mais c’est le petit garçon qui fut le plus gravement amoché. On l’apporta d’urgence à l’hôpital où on conclut qu’il avait besoin d’une intervention d’urgence. Le médecin responsable de la chirurgie fut appelé. Comme il était au sixième, il tardait un peu, mais on le vit enfin arriver. Il se stérilisa les mains, mis des gants et entra dans la salle. En voyant le garçon, le médecin refusa d’avancer en disant: « Je ne peux pas opérer cet enfant, car c’est mon fils. »
Alors? Qui est le médecin? Les scénarios les plus farfelus se sont mis à germer chez les étudiants pendant que le professeur riait dans sa barbe. Le mariage gai est permis, alors cet enfant a deux pères. Ou alors le père imprudent est son père adoptif et le médecin son vrai père…
Jusqu’à ce que le prof coupe net nos spéculations: « C’est simple : le médecin est sa mère. »
Jamais le sexisme de ma langue ne m’a frappée autant que ce jour-là. Parce que dans ma tête, pendant que le professeur nous racontait l’histoire du petit garçon et du médecin, jamais je n’ai vu une femme: j’ai vu un homme en sarrau blanc. Moi qui me croyais si égalitaire, si soucieuse de ne pas discriminer selon le sexe, j’avais pourtant vu un homme et je n’avais absolument pas pensé à une femme à cause du mot « le médecin ». Le masculin est supposé inclure le féminin, non? Et combien de grands textes contiennent le mot « homme » pour signifier à la fois l’homme et la femme?
Le bonheur n'a point d'enseigne extérieure ; pour le connaître, il faudrait lire dans le cœur de l'homme heureux.
Jean-Jacques Rousseau
La plupart des hommes emploient la première partie de leur vie à rendre l'autre moitié misérable.
La Bruyère
Paix sur la Terre aux hommes de bonne volonté.
Évangile de Saint-Luc
La langue française est sexiste jusque dans ses mots et cette façon de représenter les choses nous atteint plus fortement qu’on le croit. Ce prof a réussi à me montrer cela en quelques minutes.
Je débute présentement l’apprentissage de l’islandais. Quelques mots, quelques phrases, je n’irai sûrement pas aussi loin qu’en japonais, mais je tiens tout de même à explorer cette langue avant de visiter le pays. Et à chaque fois que je commence une langue, je me demande ce que j’apprendrai sur sa culture et sa société. Ce que je découvrirai caché dans les replis d’une langue est parfois plus évident pour un néophyte que pour celui qui l'exerce comme langue maternelle.
Le cas du japonais
Pour l’instant, je n’ai rien pour l’islandais, mais parlons un peu du japonais. Dans cette langue, la séparation entre la langue des hommes et des femmes (joseigo) est claire et nette: les hommes ont droit à certains mots qui paraissent très vulgaires s’ils sont utilisés par des femmes. Un homme dira qu’un repas est bon en utilisant umai, tandis qu’une femme utilisera le mot plus usuel oishii. Les hommes utilisent les formes neutres des verbes (da, taberu, hanasu), alors que la femme utilisera les formes polies (desu, tabemasu, hanashimasu).
Mais un des exemples les plus intéressants se trouve dans les pronoms personnels (qu’on utilise moins souvent qu’en français, mentionnons-le):
Pour une femme:
- le je très poli est watakushi: EXCLUSIVEMENT FÉMININ
- le je usuel est watashi
- le je mignon est atashi: EXCLUSIVEMENT FÉMININ
- le tu est anata
- le tu usuel peut être kimi
Pour un homme:
- le je poli est watashi
- le je usuel est boku: plus souvent MASCULIN
- le je usuel plus masculin est ore: EXCLUSIVEMENT MASCULIN, pour une fille, celui-là est même très vulgaire
- le tu poli est anata, anta ou kimi
- le tu usuel est omae: plus souvent MASCULIN
- le tu vulgaire est temee ou encore pire kisama
Ce qui me rappelle que j’avais été sidérée en louant les dvd de Dragonball au Japon. En écoutant les épisodes en version originale avec mon chum, j’avais été très surprise de voir que Sangoku parlait à ses adversaires en utilisant « kisama », ce qui se traduirait en québécois par « mon t*b*rn*c ». Vous comprenez mes gros yeux! On avait assoupli le texte lors de la traduction française, ça c’est sûr! ;)
D’où l’importance de ne pas apprendre son japonais par les dessins animés… Certains étrangers ont donné tout un choc aux Japonais avec leur utilisation de « temee » et « kisama »! :)
Pour en revenir au français
Le français a aussi des tours dans son sac. Par exemple:
- Homme et femme : on désigne ici des personnes de sexe différent
- Mari et femme : on parle des gens mariés
Remarquons que l’homme dispose de deux mots pour désigner deux choses différentes, alors que le mot « femme » signifie à la fois une personne et une épouse. La « femme » est donc liée à quelqu’un pour être, non? Vous pensez que j’exagère… Alors continuons.
- Garçon et fille : on désigne ici des enfants de sexe différent
- Fils et fille : on parle des enfants de quelqu’un
Encore une fois, la fille n’a qu’un mot pour parler deux choses bien différentes. La « fille » est liée ici à son père ou sa mère, mais elle est liée à quelqu’un.
C’est assez étonnant. Quand je parle à mon fils et que je l’appelle « mon petit homme », jamais je n’oserais dire « ma petite femme » à une fillette. Et pourtant… c’est l’équivalent, non? Est-ce que cela veut dire que le petit garçon est déjà vu comme un homme miniature, mais que la fillette reste elle, petite plus longtemps avant qu'on puisse la qualifier de « femme »?
17 octobre 2012
Vers l'Islande
Quoiqu’il en soit, je prépare déjà la quatrième étape : le voyage en Islande. Oui, oui, la quatrième. Si on résume les étapes du doctorat de sociologie, ça ressemblerait à peu près à cela :
1- Scolarité
2- Examen de synthèse (ce que je fais cette session : c’est-à-dire deux questions auxquelles on doit répondre en 50-60 pages, et ensuite justifier avec une consultation orale)
3- Projet de thèse (où l’on développe notre thème et notre projet)
4- Voyage en Islande!!!
D'autres étapes suivront...
Après plusieurs mois de réflexion, j’ai grandement modifié le sujet de mon doctorat. J’étudierai uniquement les pères québécois. Ce qui veut dire que je n’ai plus besoin d’aller en Islande aussi longtemps que je l’avais prévu (4-6 mois). J’étais très stressé de faire un séjour aussi long avec un enfant : les aspects financiers et organisationnels devenaient une montagne de soucis! J’irai faire un stage en Islande pour consulter les chercheurs et les études sur le sujet. Ce qui exige moins de temps et d’argent.
Je suis très à l’aise avec ce changement. Pour ma maîtrise, je retournais au Japon, un terrain connu. Mais l’Islande est toute nouvelle pour moi. Rien ne dit que je n’y retournerai pas ensuite. Mais je commencerai par un séjour plus court.
Le départ est donc prévu à la fin du mois d’août 2013, avec un retour à la fin septembre. L’appartement est déjà loué : il semble très mignon, à distance de marche du centre-ville et de l’université. De l’océan déchaîné aussi, ce qui me plaît beaucoup.
Évidemment, nous en profiterons pour visiter le pays, mais avec un enfant de deux ans et demi, nous n’irons pas camper au milieu d’un glacier non plus! Mais je ne m’inquiète pas : je verrai sûrement plusieurs beautés naturelles pendant ce voyage. Je vous invite à jeter un coup d’œil à ce blogue, tenu par un journaliste du Soleil, qui propose de magnifiques photos.
Et voici son reportage, tout à fait intéressant.
J’ai déjà commencé à apprendre l’islandais, langue oh combien! dépaysante! Je crois que Léo est meilleur que moi : il arrive à dire « oui » en islandais (yaou) avant de le dire en français… Ah les bébés!
Ce que j’aimerais de ce voyage? De travailler avec des chercheurs inspirants, d’être impressionnée par la grandeur de la nature et aussi de développer des relations amicales avec des Islandais… Je sais, je sais, c’est beaucoup pour un mois. Rien n’empêche de rêver! :)
16 juillet 2012
Projet Islande
Où?> L’Islande est mon terrain de recherche. J’y vais donc pour les études… Mais tant qu’à y être, pourquoi ne pas allonger le voyage pour en faire une expérience de vie? Pour l’instant, il est donc prévu que j’aille en Islande, accompagnée de Mari-gentil et de Bébé-aventurier. Bien sûr, rien n’est coulé dans le béton. Les choses pourront changer, selon différents facteurs (santé, budget, calendrier, cheminement des études, etc.)
Quand?> Ce n’est pas encore clair. Soit en automne 2013, soit au printemps 2014. Ça dépendra un peu d’où j’en suis dans mes études et des disponibilités de Philippe.
Pourquoi?> AH! Après une maîtrise sur le Japon, je me fais souvent demander pourquoi l’Islande? Quel est le rapport entre ces deux pays? Parce qu’il y en a un, évidemment! En faisant ma recherche sur les mères japonaises, j’ai réalisé que le peu d’implication des pères avait un impact sur la motivation à avoir plusieurs enfants. On parle de plus en plus de conciliation travail-famille pour encourager les couples qui jugent le travail incompatible avec la venue d’un enfant. Or, au Japon, le partage inégal des tâches rend cette conciliation extrêmement difficile et fort peu de femmes peuvent ou veulent reprendre un travail régulier après l’arrivée d’un enfant.
Dans une étude où l’on comparait plusieurs pays, l’Islande était citée en exemple comme LE pays où le congé paternel était le plus long (3 mois) et le mieux rémunéré (75 % du salaire), depuis 2001. Ça a attiré mon attention. Est-ce que ce congé a fonctionné? Avant ce programme, le nombre total de journées de congé parental utilisé par les pères islandais n’était que de 3,3 %. L’année suivante, les statistiques ont fait des bonds énormes: 90 % des pères ont pris tous les jours auxquels ils avaient droit. Dans ce pays, on a donc réussi à inverser la tendance et à impliquer les pères de façon beaucoup plus intensive.
Quant au Québec, nous avons un fort beau programme paternel : cinq semaines à 75 % du salaire. Et il marche bien: en 2010, 73 % des pères l’avaient utilisé.
C’est donc absolument important pour la famille, mais aussi pour l’égalité entre les sexes, à la maison et au travail. Si l’égalité se fait vraiment dans nos sociétés et qu’on parcourt le bout de chemin qu’il reste pour y parvenir, je crois que cela viendra probablement grâce aux hommes.
Et puis, après avoir étudié les mamans, j’ai appliqué ce principe d’égalité : je ne pouvais m’abstenir d’étudier les papas! ;)
05 novembre 2011
Sirop d'érable et santé
Ce sont les Japonais qui devaient nous l’apprendre: le sirop d’érable est meilleur pour notre santé que le sucre blanc. D’après vous, pourquoi trois grands organismes canadiens (Conseil pour le développement de l'agriculture du Québec, Agriculture et Agroalimentaire Canada, Fédération des producteurs acéricoles du Québec) ont financés une recherche sur le sirop d’érable au Japon? Et pas dans n’importe laquelle des universités! On parle d’une étude scientifique à l’Université de Tokyo, communément appelée « Tôdai », la plus prestigieuse des universités japonaises...
C’était un risque à prendre, puisque les chercheurs n’étaient pas tenus d’en arriver à des conclusions positives à propos du sirop d’érable. Mais c’est ce qui est arrivé : le sirop d’érable diminue la production d’ammoniaque dans le foie, contrairement au sucre blanc. Ce serait dû aux antioxydants, aux vitamines et minéraux présents de l’excellent sirop sucré. Après les résultats gourmands d’une étude suédoise sur les bienfaits du chocolat contre l’AVC, je suis convaincue et je me mets tout de suite au régime sirop d’érable! (comme si ce n’était pas déjà le cas…) ;)
Pourquoi au Japon? C’est une remarquable idée qui permet d’avoir une superbe publicité dans un pays où notre sirop est déjà un chouchou! Tout dernièrement d’ailleurs, le 6e concours « Maple Sweets Contest » s’est tenu là-bas. J’aimerais faire partie du jury qui détermine quelle pâtisserie à l’érable est la meilleure. Après tout, j’ai toujours eu le bec sucré de sirop!
23 avril 2010
Traverser la montagne
La dernière fois, je vous ai parlé des appétissants plats japonais. Je fais beaucoup d'expérimentations lors de ce voyage, car je cuisine très peu chez la dame où j'habite, même si j'ai accès à la cuisine. Ce qui m'en empêche? La peur d'y mettre le feu (les ronds de la cuisinière sont au gaz), le malaise de ne pas être dans ma cuisine, le peu de place pour couper les légumes et préparer les aliments…
En revenant le soir, j'ai souvent tellement bien mangé au dîner que je m'offre un souper plus léger. C'est-à-dire soit un "comme-d'habitude" (fruits, légumes, fromage, grignotines pas santé et chocolat), soit un plat de nouilles instantané type ramen ou du spaghetti (je les prépare au micro-ondes et j'ai trouvé une excellente sauce pesto qui s'appelle "basilic" ici). Ça fait presque un mois que je vis ainsi.
Plusieurs me demandent ce qu'il advient de mes entrevues. Je viens de terminer la septième aujourd'hui!!! Je ne vous en parle pas beaucoup, car je garantis la confidentialité aux gens que je rencontre. Étant donné que c'est la première fois que je fais ce type de recherche, je ne veux pas en dire trop et risquer de me faire retirer une des entrevues parce qu'on pourrait reconnaître la personne. Alors, vous saurez tout (ce que je peux dire) lors de la remise de ma maîtrise (l'an prochain!) :) Mais jusqu'à présent, les personnes rencontrées sont extrêmement gentilles, collaboratrices et surtout intéressantes!
Mardi, je revoyais une amie et elle m'a amené dans un temple où on pouvait admirer deux dragons peints au plafond. Cette toile a été peinte dernièrement, mais quelle image, n'est-ce pas?
Hier, je suis également sortie sous la pluie avec une autre amie. Nous sommes allées au musée de Kyoto pour voir une exposition de la relève en art moderne. J'étais étonnée. Alors que ma compréhension (et donc mon appréciation) de l'art moderne est généralement limitée (ce que je regrette), j'ai été touchée par ce que j'ai vu là-bas. Des toiles utilisant le tissu, la céramique, le bronze, le cuir, des sculptures faites de laque… Certaines pièces étaient vraiment superbes. Tout était en japonais, alors je remercie mon amie de m'avoir traduit certains titres, car ils ajoutaient au plaisir de la visite.
Finalement aujourd'hui, je suis allée à Otsu, de l'autre côté des montagnes de l'est. Je suis donc entrée dans une autre préfecture (à Kyoto, je suis dans la préfecture de Kyoto-fu, alors que la ville de Otsu est dans Shiga-ken). C'est une belle expérience de prendre le train JR à la gare centrale de Kyoto et de se diriger droit sur les montagnes… Et paf! tout à coup, vous entrez dans un très long tunnel pour traverser la chaîne. Les oreilles se bouchent et on ressort de l'autre côté…
Là-bas, on peut admirer le plus grand lac du Japon, le lac Biwa. Mais je vous en reparlerai puisque je compte y retourner dimanche pour y faire une croisière. C'était trop beau…
Je vous souhaite une merveilleuse fin de semaine...
10 janvier 2010
Retour vers le Japon et mon petit fantôme
À l'idée de retourner là-bas, je sens à chaque fois une grande joie m'envahir. Je savais que j'aimais le Japon, mais maintenant, c'est très clair. Il y a quelque chose de moi que je retrouve là-bas.
Connaissez-vous mes petits fantômes? Je crois qu'à tous les endroits que j'ai aimés, qu'à tous les lieux avec lesquels j'ai été liée, j'ai laissé une petite part de moi. Quand la vie est plus difficile, je ferme les yeux et je retrouve un de mes petits fantômes.
Lorsque nous sommes partis de Kyoto, à la fin 2006, j'ai pensé que j'avais laissé un petit fantôme au bord de la rivière, près du Togetsukyô. Et je pense que j'ai très hâte de retrouver, sous les sakura de Kyoto, ce petit fantôme bien particulier.
07 janvier 2009
Mon bilan de 2008
Pour moi, 2008 aura été marqué par le 400e anniversaire de Québec, c’est certain. Je suis passée par un sérieux remous lors de la refonte de l’équipe, dans les premiers mois de l’année. Il est difficile de répertorier le nombre de gens qui sont partis ou qui ont été mis à la porte en lisant les journaux, puisqu’on ne parlait que des dirigeants. Avec les médias qui en rajoutaient (et parfois en inventaient), j’étais assez démotivée. Cette période mouvementée a été difficile à vivre pour tout le monde.
Cependant, je suis sincèrement heureuse d’être restée. En mai, lors du lancement des activités à La Rochelle en France, j’ai senti l’enthousiasme traverser l’Atlantique et me rejoindre, même si j’étais à Québec. Les festivités étaient vraiment démarrées. Comme je travaillais à l’international, je préparais les missions avec l’équipe et je participais également à l’accueil des délégations. Je rencontrais des gens de partout et je commençais même à les reconnaître.
Évidemment, à la fin août, j’étais un peu « kaput », comme on le dit en allemand. Et je n’avais même pas participé à toutes les activités! Mais j’étais satisfaite car c’était un été unique.
En plus de tout cela, j’ai eu la chance de chanter à un mariage, deux spectacles et trois récitals en 2008. J’ai également terminé mon essai sur le Japon, qui sera publié cette année. J’ai l’impression de m’être réconciliée avec des parties essentielles de ma personnalité.
D’être certaine manière, c’est en 2008 que j’ai commencé à me sentir à l’aise à Québec, grâce à un nouvel appartement et aux multiples sorties en ville.
Finalement, il faut également parler de mon retour aux études. Je me suis sentie très vieille en septembre! J’avais du mal à me remettre dans le rythme et le langage scolaire. J’étais fatiguée du 400e, j’étais dans un nouveau domaine et j’avais du mal à me concentrer comme je l’aurais voulu. Après quatre mois, l’adaptation s’est faite et j’apprécie beaucoup mon domaine. Je trouve les études à la maîtrise très stimulantes.
Voilà le bilan de mon année 2008. C’est un plus positif que le bilan économique, n’est-ce pas? Quel serait le vôtre? Avez-vous également apprécié cette année record de neige et de pluie?
Je vous souhaite la santé et le bonheur pour 2009.
07 décembre 2008
Le récital des petites voyelles, Québec
Parallèlement à nos concerts avec Yume, je continue mes cours de chant privés avec Madame Louise Valin. Tous les quatre mois, nous offrons un petit récital au Centre de loisirs Montcalm. Le dernier a eu lieu vendredi.
Ce sont des cours de chant classiques, alors j'apprends toute une autre façon de chanter. Depuis que j'apprends la technique de chant, je n'ai plus mal à la gorge quand je chante et je peux chanter même quand j'ai un rhume! Je peux projeter la voix beaucoup plus loin.
Vendredi dernier, je présentais deux pièces tirées du Stabat Mater de Pergolèse: la septième partie (Arie) que je chantais seule et la première partie (Stabat mater dolorosa) que je chantais avec Louise. Je la remercie d'avoir accepté de faire la partie soprano.
Je vous en mets un petit extrait ici. C'est bien sûr complètement différent de nos interprétations et compositions de Yume. Je chante la partie alto, donc je suis la voix qui commence la pièce. Bonne écoute!
Ce sont des cours de chant classiques, alors j'apprends toute une autre façon de chanter. Depuis que j'apprends la technique de chant, je n'ai plus mal à la gorge quand je chante et je peux chanter même quand j'ai un rhume! Je peux projeter la voix beaucoup plus loin.
Vendredi dernier, je présentais deux pièces tirées du Stabat Mater de Pergolèse: la septième partie (Arie) que je chantais seule et la première partie (Stabat mater dolorosa) que je chantais avec Louise. Je la remercie d'avoir accepté de faire la partie soprano.
Je vous en mets un petit extrait ici. C'est bien sûr complètement différent de nos interprétations et compositions de Yume. Je chante la partie alto, donc je suis la voix qui commence la pièce. Bonne écoute!
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