C’était un vieux rêve, datant de mon premier retour du Japon, à la fin de 2006: faire connaître Misuzu Kanéko. Je venais de découvrir cette poétesse par un livre que ma professeure de Kyoto m’avait offert. Les images qui accompagnaient les poèmes étaient pleines d’innocence, me rappelant les couvertures surannées de la Bibliothèque rose.
Mais les poèmes, oh les poèmes!, allaient beaucoup plus loin que la naïveté de l’enfance. Ils étaient à la fois simples, courts, avec de jolis jeux de langue, donc accessibles aux enfants; mais abordaient les sentiments avec toutes les nuances des couleurs de la vie d’adulte.
- L’impossibilité d’être autre chose que soi-même qui permet de s’émerveiller de soi et des autres (L’oisillon, la clochette et moi)
- La difficulté de vivre ensemble et… l’importance d’être bien entouré (Es-tu seulement l’écho?)
- Le jeu qui nous libère un instant de la réalité (Le cerisier de la montagne)
- Qu’il y a plus que ce que les yeux perçoivent (Les étoiles et les pissenlits)
- La nostalgie heureuse de la voix de sa grand-mère (Le chant de grand-maman)
- L’éternité des événements (Le feu d’artifice)
- L’importance du rite pour laisser place à la tristesse du deuil (L’enterrement de la baleine)
- L’insatisfaction humaine à travers la place d’un flocon de neige (La neige qui s’accumule)
- Le « toutte est dans toutte » de Raoul Duguay (Les abeilles et les dieux)
- La beauté émouvante de la liberté perdue (La grue)
- La transformation et ses nécessaires gains et pertes (L’âme de la fleur)
- Le support des souvenirs (Le rire)
- L’irrépressible envie d’aimer (Tout aimer)
Ce sont les treize poèmes que l’illustratrice Rieko Koresawa et moi avons choisi de traduire pour cet album. Nous en avons préféré certains car ils étaient très connus au Japon, mais d’autres parce qu’ils étaient inspirants pour nous, pour notre époque. En traduisant, j’ai voulu rester le plus proche possible du jeu des mots, cherchant à les renouveler en français, ou encore en gardant les répétitions. Ce fut très difficile de trancher quand venait un mot typiquement japonais, qui rappelait un vêtement ou un conte traditionnel, par exemple. Le public étant les enfants, j’ai priorisé leur compréhension, parfois au détriment d’une traduction plus littérale. Je voulais qu’ils puissent apprécier la poésie de Misuzu Kanéko autant qu’un enfant japonais le pourrait. L’éditeur a accepté de mettre les versions japonaises des poèmes, ce qui permettra aux enfants francophones de s’amuser à prononcer le japonais, mais aussi à tous les étudiants de cette langue de critiquer mes choix de traduction!
C’est une poésie lumineuse, qui regarde la nature avec des émotions parfois éclatantes, parfois déchirantes. Les illustrations magnifiques de Rieko transmettent parfaitement ce regard que nous partageons sur la poésie de Misuzu. La vie de cette poétesse ne fut pas un long parcours tranquille et heureux, mais la charge dramatique de son quotidien n’est pas si évidente dans ses poèmes. Peut-être parce que Misuzu Kanéko trouvait dans son écriture un réconfort lui permettant de reconnecter avec les petites joies parsemées dans son univers et ses désirs d’une vie plus belle.
J’espère que vous vous serez aussi émerveillés que moi par les mots de Misuzu Kanéko! Et par les somptueux dessins qui les accompagnent! Le livre est disponible depuis peu, mais il est déjà coup de cœur chez Renaud-Bray! Wow!
J’en profite pour vous inviter à deux événements qui auront lieu à Lévis: une conférence pour les enfants le 7 mars, et un lancement/conférence avec l’illustratrice le 20 mars. Au plaisir de vous rencontrer!
Aucun message portant le libellé langue. Afficher tous les messages
Aucun message portant le libellé langue. Afficher tous les messages
12 février 2019
25 novembre 2018
Explosion de couleurs
Il existe un terme fascinant pour parler des emprunts fautifs à une langue pour une autre: les "faux amis". Un exemple clair que les francophones font souvent quand ils débutent en anglais: utilisez le I demand croyant qu'ils viennent de "demander" quelque chose. Erreur. En anglais, le verbe to demand signifie "exiger". Ça fait donc un peu bête d'exiger un hamburger au restaurant!
En japonais, il y a aussi des faux amis. Le plus courant est le mot « saké » qui existe en japonais, mais il désigne en fait tous les alcools. Ça inclut donc la bière, le vin et ce qu’on appelle le saké. C’est donc une erreur d’utiliser saké pour parler de l’alcool de riz. Au Japon, on l’appelle plutôt le nihonshu (soit « alcool du Japon »).
Les faux amis sont présents dans toutes les langues. Par exemple, les Japonais utilisent french kiss pour parler d’un petit bisou léger! Le french est appelé deep kiss en japonais! Oh oh! Ils ont associé le romantisme de la France au french kiss, un baiser au contraire extrêmement explicite (et pas particulièrement romantique, bien davantage érotique!) Je trouve ces problèmes de traduction fascinants parce qu’ils exposent bien qu’une erreur peut devenir une norme!
J’en reviens à nos aventures. Mardi, après le cours de japonais de Léo, nous sommes allés ensemble au Heian-Jingu, le temple construit pour fêter le 1100e anniversaire de la ville de Kyoto, en 1895. C’est un temple toujours très joli et, en fin de journée, il y avait peu de gens, une rareté en ce moment. J’en ai profité pour faire faire des maths à Léo: ça veut que Kyoto a quel âge maintenant?
Après, nous nous sommes dirigés vers la gare de Kyoto. Émi se faisait couper les cheveux au salon de coiffure pour enfants. Question pour vous: est-ce que des salons de coiffure pour enfants existent chez nous?
Jeudi, j’avais une journée spéciale avec l’école: c’était la sortie scolaire! Nous nous sommes rencontrés tôt le matin pour un départ en autobus vers le village ninja de Iga-Ueno. En arrivant, on a visité une maison plein de cachettes et on a eu droit à un spectacle à la fois intéressant, instructif et drôle de ce que furent véritablement les ninjas, aussi appelés shinobi.
Le village ninja est situé dans un grand parc où il est possible également de visiter le château Iga-Ueno. Avant d’y aller, j’ai fait le tour des douves et j’ai trouvé le Kyusukôdô, une école bâtie pendant l’ère Edo (vers 1821) sur le terrain d’une ancienne bibliothèque. Le pavillon principal de 72 tatamis où les élèves étaient instruits à la dure (ils avaient de très longues journées!) était très beau. Est-ce que la beauté peut atténuer la rigueur? Cela a pu avoir cet effet sur certains élèves, je crois.
J’ai ensuite rejoint mon groupe qui visitait le château. Le château est tout petit, mais il y avait une exposition d’armures et de calligraphie à l’intérieur. Avant que l’autobus ne quitte, je suis passée au mémorial dédié à Bashô Matsuo. Ceux et celles qui écrivent des haïkus connaissent bien cet écrivain, connus à la fois pour ses poèmes et ses voyages à pied à travers le Japon. Dans ses carnets de voyages, il a pratiqué le haïbun, un type d’écriture mélangeant les poèmes haïkus et les courts paragraphes en prose. J’aime beaucoup ce style.
Le trajet sur l’autoroute était très joli car l’autobus permet de bien voir des routes suspendues entre les montagnes. On a passé sur le pont Ômiô, un pont qui a tout juste dix ans. C’est un pont à poutres en porte-à-faux (cantilever en anglais) comme le pont de Québec, c’est-à-dire qu’il est construit pour que l’enchevêtrement permette au tablier du pont de tenir. Il est impressionnant.
Vendredi, avec Megumi, mon amie d'Okinawa en visite, nous avons loué une voiture pour aller visiter un vignoble dans les environs du lac Biwa, le brasseur Ohta (aussi fabriquant de sakés, de shôchû et de umeshu). J’avais préparé des questions en japonais, alors j’ai pu non seulement goûter à d’excellents sakés, mais aussi à leurs vins. Personnellement, j’ai adoré les cépages Red Millenium (blanc) et Yama-Sauvignon (rouge), des raisins uniques au Japon. Le premier est un raisin créé au Japon par Suntory avec un professeur d’université, mais on a perdu toutes les données sur cette création mystérieuse. Le deuxième est une variante du cabernet sauvignon qui pousse plus facilement dans les montagnes japonaises. Il donne une couleur violet intense au vin. On est aussi passé au village des tanukis (ratons-laveurs) à Shigaraki, c'était très drôle de voir les enfants au milieu de tous ces immenses ratons de céramique!
Samedi, ce fut une grosse journée! On a débuté par la visite du Kitano Tenman-gû qui est à distance de marche de notre maison. Il y avait plein d’enfants en superbes kimonos qui fêtaient leur shichi-go-san. Megumi et moi avons bientôt un gros examen et le Kitano est le lieu pour prier pour la réussite des examens car il est dédié au dieu Tenjin, inspiré de Sugawara no Michikaze, un lettré et poète réputé de l’ère Heian. On a donc prié en admirant la beauté du sanctuaire. Il y avait même un singe apprivoisé qui faisait des acrobaties.
On a pris un autobus jusqu’à la gare de Kyoto pour y manger ensemble, puis on est allés en train au Tôfuku-ji, le temple de « la chance de l’est », reconnu pour ses érables… Il y avait une immense foule qui allait tous au même endroit! Mais ça en valait la peine, comme vous pouvez le voir, c’était absolument extraordinaire! Les préposés criaient parfois qu’il était interdit de prendre des photos, mais les gens s’arrêtaient quand même pour le faire… Car c’était impossible de ne pas en prendre, c’était trop beau!
Les enfants sont retournés à la maison avec Philippe. Megumi et moi avons poursuivi vers le sud, jusqu’à Uji, la ville du thé vert. On a mangé des nouilles au matcha (bien sûr), puis on est allés admirer le Byôdô-in (le « temple du Phénix », un de mes préférés, il est sur les 10 yens). Il était éclairé de soir, la lune était presque pleine, les érables rouges… On ne peut rêver d’un meilleur moment! Fantastique!
En japonais, il y a aussi des faux amis. Le plus courant est le mot « saké » qui existe en japonais, mais il désigne en fait tous les alcools. Ça inclut donc la bière, le vin et ce qu’on appelle le saké. C’est donc une erreur d’utiliser saké pour parler de l’alcool de riz. Au Japon, on l’appelle plutôt le nihonshu (soit « alcool du Japon »).
Les faux amis sont présents dans toutes les langues. Par exemple, les Japonais utilisent french kiss pour parler d’un petit bisou léger! Le french est appelé deep kiss en japonais! Oh oh! Ils ont associé le romantisme de la France au french kiss, un baiser au contraire extrêmement explicite (et pas particulièrement romantique, bien davantage érotique!) Je trouve ces problèmes de traduction fascinants parce qu’ils exposent bien qu’une erreur peut devenir une norme!
J’en reviens à nos aventures. Mardi, après le cours de japonais de Léo, nous sommes allés ensemble au Heian-Jingu, le temple construit pour fêter le 1100e anniversaire de la ville de Kyoto, en 1895. C’est un temple toujours très joli et, en fin de journée, il y avait peu de gens, une rareté en ce moment. J’en ai profité pour faire faire des maths à Léo: ça veut que Kyoto a quel âge maintenant?
Après, nous nous sommes dirigés vers la gare de Kyoto. Émi se faisait couper les cheveux au salon de coiffure pour enfants. Question pour vous: est-ce que des salons de coiffure pour enfants existent chez nous?
Jeudi, j’avais une journée spéciale avec l’école: c’était la sortie scolaire! Nous nous sommes rencontrés tôt le matin pour un départ en autobus vers le village ninja de Iga-Ueno. En arrivant, on a visité une maison plein de cachettes et on a eu droit à un spectacle à la fois intéressant, instructif et drôle de ce que furent véritablement les ninjas, aussi appelés shinobi.
Le village ninja est situé dans un grand parc où il est possible également de visiter le château Iga-Ueno. Avant d’y aller, j’ai fait le tour des douves et j’ai trouvé le Kyusukôdô, une école bâtie pendant l’ère Edo (vers 1821) sur le terrain d’une ancienne bibliothèque. Le pavillon principal de 72 tatamis où les élèves étaient instruits à la dure (ils avaient de très longues journées!) était très beau. Est-ce que la beauté peut atténuer la rigueur? Cela a pu avoir cet effet sur certains élèves, je crois.
J’ai ensuite rejoint mon groupe qui visitait le château. Le château est tout petit, mais il y avait une exposition d’armures et de calligraphie à l’intérieur. Avant que l’autobus ne quitte, je suis passée au mémorial dédié à Bashô Matsuo. Ceux et celles qui écrivent des haïkus connaissent bien cet écrivain, connus à la fois pour ses poèmes et ses voyages à pied à travers le Japon. Dans ses carnets de voyages, il a pratiqué le haïbun, un type d’écriture mélangeant les poèmes haïkus et les courts paragraphes en prose. J’aime beaucoup ce style.
Le trajet sur l’autoroute était très joli car l’autobus permet de bien voir des routes suspendues entre les montagnes. On a passé sur le pont Ômiô, un pont qui a tout juste dix ans. C’est un pont à poutres en porte-à-faux (cantilever en anglais) comme le pont de Québec, c’est-à-dire qu’il est construit pour que l’enchevêtrement permette au tablier du pont de tenir. Il est impressionnant.
Vendredi, avec Megumi, mon amie d'Okinawa en visite, nous avons loué une voiture pour aller visiter un vignoble dans les environs du lac Biwa, le brasseur Ohta (aussi fabriquant de sakés, de shôchû et de umeshu). J’avais préparé des questions en japonais, alors j’ai pu non seulement goûter à d’excellents sakés, mais aussi à leurs vins. Personnellement, j’ai adoré les cépages Red Millenium (blanc) et Yama-Sauvignon (rouge), des raisins uniques au Japon. Le premier est un raisin créé au Japon par Suntory avec un professeur d’université, mais on a perdu toutes les données sur cette création mystérieuse. Le deuxième est une variante du cabernet sauvignon qui pousse plus facilement dans les montagnes japonaises. Il donne une couleur violet intense au vin. On est aussi passé au village des tanukis (ratons-laveurs) à Shigaraki, c'était très drôle de voir les enfants au milieu de tous ces immenses ratons de céramique!
Samedi, ce fut une grosse journée! On a débuté par la visite du Kitano Tenman-gû qui est à distance de marche de notre maison. Il y avait plein d’enfants en superbes kimonos qui fêtaient leur shichi-go-san. Megumi et moi avons bientôt un gros examen et le Kitano est le lieu pour prier pour la réussite des examens car il est dédié au dieu Tenjin, inspiré de Sugawara no Michikaze, un lettré et poète réputé de l’ère Heian. On a donc prié en admirant la beauté du sanctuaire. Il y avait même un singe apprivoisé qui faisait des acrobaties.
On a pris un autobus jusqu’à la gare de Kyoto pour y manger ensemble, puis on est allés en train au Tôfuku-ji, le temple de « la chance de l’est », reconnu pour ses érables… Il y avait une immense foule qui allait tous au même endroit! Mais ça en valait la peine, comme vous pouvez le voir, c’était absolument extraordinaire! Les préposés criaient parfois qu’il était interdit de prendre des photos, mais les gens s’arrêtaient quand même pour le faire… Car c’était impossible de ne pas en prendre, c’était trop beau!
Les enfants sont retournés à la maison avec Philippe. Megumi et moi avons poursuivi vers le sud, jusqu’à Uji, la ville du thé vert. On a mangé des nouilles au matcha (bien sûr), puis on est allés admirer le Byôdô-in (le « temple du Phénix », un de mes préférés, il est sur les 10 yens). Il était éclairé de soir, la lune était presque pleine, les érables rouges… On ne peut rêver d’un meilleur moment! Fantastique!
14 février 2018
« Ch’vous aime, ma tabarnac »
Pour faire face à mon syndrome de l’imposteure (ma connaissance de cette langue étant toujours en cours), je m’implique beaucoup depuis un an dans mes études de japonais. En fait, avec l’entrée des enfants aux cours de japonais le samedi matin, les devoirs que cela amène, mes préparations pour mes propres cours, mes révisions quotidiennes pour lire les kanjis et améliorer mon vocabulaire ainsi que les différents essais sur le Japon que je lis pour le plaisir ou pour le travail, le Japon est omniprésent dans notre quotidien familial depuis un an. D’où mon idée de faire quelques textes sur ce pays dans les prochaines semaines.
Supprimer le sujet
Je commence avec un aspect de la langue japonaise qui s’oppose directement au français. En effet, dans notre langue, il est impossible de supprimer le sujet. Concrètement, comment omettre de dire « je » ou « tu » dans une phrase? Impossible.
Je mange une pomme. Tu manges une pomme.
Mange une pomme.
La deuxième ligne exprime un ordre que je donne à un autre. C’est loin d’être la même chose dans les deux premières phrases.
En japonais, si c’est possible, on supprimera le sujet. On le dit au début de la discussion, puis on l’omet pour le reste. C’est pourquoi un locuteur étranger (comme moi) devient vite mélangé: mais de qui on parle? Je vous donne un exemple précis.
Grammaticalement, « Je mange une pomme » se traduit en:
Watashi wa ringo wo tabemasu.
watashi wa: je
ringo wo: une pomme
tabemasu: manger
On dira plus souvent dans sa forme correcte courte:
Poursuivons. Officiellement, « Tu manges une pomme » serait:
Anata wa ringo wo tabemasu.
Anata étant « tu ». Le reste de la phrase ne change pas, car il n’y a pas de conjugaison grammaticale en japonais.
Mais il est un peu brusque de décrire aussi abruptement la situation avec un « tu » direct, donc on aura plutôt tendance à utiliser le nom de la personne:
Léo-kun wa ringo wo tabemasu.
« Léo mange une pomme » est une façon correcte de décrire la situation. Mais si on parle de Léo depuis un moment, on n’aura pas besoin de préciser à chaque phrase que c’est de lui dont on parle encore et on dira simplement:
C’est-à-dire la même phrase que lorsque je parle de moi qui mange cette fameuse pomme. D’où la confusion!
Les multiples « je »
Non seulement le « je » n’est pas nécessaire en japonais, mais si on l’utilise, il est multiple. Il y a de bons textes sur les 14 façons de dire je en japonais, je ne vais pas répéter cela ici. Mais un petit mot toutefois pour montrer que cette multitude de « je » peut être bien utile.
Le « je » qu’on apprend en premier est watashi. Or il faut savoir qu’en japonais la langue parlée par les femmes n’est pas tout à fait la même que celle que parle les hommes. Grossièrement, disons que les hommes utilisent un niveau de langue plus « neutre » et que les femmes qui parlent au même niveau sont considérées « vulgaires ». Ce qui veut dire que la langue neutre d’une femme est le niveau de langue « poli » pour les hommes… Égalitaire? Mais qui a dit qu’une langue l’était? J’ai souvent discuté de « l’égalité » du français, alors on ne peut pas critiquer le japonais...
Ce qui veut dire que:
- WATASHI pour une femme est le « je » normal. Pour un homme, c’est le « je » poli.
- BOKU est le « je » normal pour un homme. Mais pour une femme, il est un peu brusque, à la limite de l’impolitesse (chez les jeunes filles/femmes, il est plus courant. Et on fait comme dans tous les pays du monde: on trouve que « les jeunes parlent mal aujourd’hui »).
- ORE est le « je » plus familier, à la limite vulgaire pour un homme. Une femme qui l’utilise, eh ben... C’est du jamais vu pour moi. Elle serait très certainement provocante!
Une femme qui parle en utilisant boku dans un dessin animé est donc déjà très familière et inhabituelle. Ce sera un personnage particulier qui n’aura pas la même attitude que les autres filles de l’animé.
Je le disais en introduction, on essaie le plus possible d’éliminer les « tu » en japonais. Imaginez: il est encouragé de se retirer (en ne disant pas le « je »), alors il est déconseillé de placer une pression directe sur l’autre en l’appelant « tu »! Non, non, non! Il faut éviter d’être aussi frontal, c’est pourquoi on tend à dire le nom de la personne, ou même sa fonction, plutôt que le « tu » en japonais.
Toutefois, le « tu » existe. Et comme pour le « je », il est très varié.
- ANATA est le plus enseigné. Il est utilisé autant par les femmes que les hommes, mais il sonne plus poli pour ces derniers...
- KIMI est le « tu » usuel des hommes. À l’occasion, les femmes aussi l’utilisent, mais elles sonnent fortes et moins « féminines », comme des tomboys.
- OMAE est l’un des « tu » les plus impolis, se limitant à l’usage des hommes. Il y a encore pire dans la grossièreté, le TÉMÉÉ ou le KISAMA s’utilisent envers des gens à qui un homme souhaiterait arracher la tête.
Souvent, les méchants des dessins animés s’expriment vulgairement. S’ils s’expriment avec soin, utilisant un niveau poli, ils font partie d’une catégorie à part, celle des méchants plus nobles, le genre de méchant super intelligent qui prend des risques calculés. Les niveaux de langue étant très divers en japonais, on peut donc en comprendre beaucoup juste avec les variations du « je » et du « tu ».
L’influence des animés
Ils sont nombreux, les fans d’animés, autour du monde. Et si cela reste une excellente façon d’acquérir du vocabulaire, d’entendre la prononciation du japonais, de se familiariser au rythme, on y entend aussi beaucoup de ore, omae, téméé ou kisama, soit les utilisations les plus vulgaires du « je » et du « tu ».
Il arrive qu’un étranger ayant appris le japonais par lui-même visite le Japon, utilisant allégrement ces formes, sans savoir qu’il est alors très vulgaire.
Il arrive aussi que les hommes étrangers ayant pris des cours, souvent d’une professeure féminine, s’exprime beaucoup plus poliment que la moyenne des hommes japonais, utilisant les watashi et les anata appris en cours. Ce qui lui donne une bonne image, quoiqu’un peu décalée.
Ore wa kisama ga suki desu.
Le mélange des niveaux de langue est intraduisible, mais cela donnerait en québécois une absurdité proche de « Ch’vous aime, ma tabarnac ». Pas tout à fait la meilleure façon de courtiser, mais absolument savoureux si on veut rire un peu!
Bonne Saint-Valentin!
23 novembre 2016
Les calligraphies des Fleurs du Nord -恩返しする
En 2002, le drame de Midori (qu’elle vous racontera elle-même dans les premières pages du roman) et l’histoire qui suivra m’ont inspiré les paroles d’une chanson. Je me souviens l’avoir écrite sur une napkin entre La Malbaie et Montréal, en pleine nuit alors qu’on roulait sur l’autoroute 40 et qu’une aurore boréale était miraculeusement visible! À l’époque, mon japonais n’était pas suffisant pour écrire directement dans cette langue et je l’avais fait traduire. En retournant à Sherbrooke pour ma dernière session universitaire à l’automne, j’avais demandé à Philippe de composer la musique. Notre première chanson, Moshimo, était née!
Il m’a donc paru très naturel d’inclure les paroles de cette chanson dans le roman. J’ai adoré mettre Midori en scène alors qu’elle préparait l’encre et le pinceau pour tracer les caractères de ce poème (pp. 149-150). J’ai donc utilisé une autre de nos chansons, My Love (le titre est en anglais, mais la chanson en japonais), dans une autre partie du roman (pp. 384 et 525). Mon héroïne, Midori, aime l’écriture pour apaiser ses émotions.
Juste avant la parution, en septembre, la deuxième correctrice m’envoie ses propositions et mentionne qu’elle ne peut vérifier le texte en japonais. Sa question en marge: « Est-ce que quelqu’un l’a fait? » m’a fait réagir. Non, personne n’avait vérifié ces textes depuis leur composition.
J’ai donc écrit un courriel à une amie de Kyoto, avec les textes en pièce jointe, pour lui demander si elle avait le temps de vérifier le japonais. Elle me répond: « Bien sûr! Puis-je te les envoyer la poste? » J’avais encore un peu de temps pour la révision, alors j’accepte, sans comprendre pourquoi elle avait besoin de m’envoyer les papiers par la poste.
Dix jours plus tard, je reçois une enveloppe. À l’intérieur, il y a les textes imprimés, avec quelques traces rouges. Et surtout, surtout, je trouve sur quatre pages sur papier de riz les textes tracés à la plume par une main experte en calligraphie, celle de mon amie Ryoko Utani. Quelle belle surprise!
J’ai numérisé les papiers. Puis j’ai demandé à mon éditrice s’il était possible de mettre ces calligraphies dans le roman, au lieu des caractères du traitement de texte. J’ai obtenu l’autorisation de Madame Utani. Et Québec Amérique a fait l’impossible, en intégrant à la dernière minute les quatre pages de cette œuvre d’art.
Comment dire « merci » à une si belle attention? Comment « retourner la faveur », un concept qui sonne si bizarre en français, mais qui existe en un seul mot en japonais sous le terme « ongaeshi » (恩返し)? Je l’ignore. Ce texte est une façon de la remercier de sa générosité.
Mais ce que je sais, c’est que je suis choyée par mes amis japonais. On me demande souvent pourquoi j’ai été attirée par ce pays. C’est une question qui me met mal à l’aise parce que, au début, j’étais en exploration et c’est que la sonorité douce de la langue qui m’a motivée à poursuivre l’apprentissage. La bonne question à me poser serait peut-être: « Pourquoi suis-je toujours si attachée à ce pays? » Comme l’illustre bien cet exemple, c’est parce que j’aime la façon japonaise de nouer des liens et de les entretenir, avec de petites attentions, de la gentillesse et la fidélité en amitié.
Et dans un monde de relations-éclair qui se brisent aussi vite qu’elles se sont nouées, ça fait un bien fou.
04 juin 2013
Le féminin n’inclut pas le masculin
Les couleurs
Bébé a trois mois. Déjà, vous n’en pouvez plus du bleu, du noir et du vert. Vous visitez un magasin de vêtements et demandez à la dame si les modèles de pyjama pour fillettes ont la même coupe. Elle vous confirme que c’est effectivement la même chose, sauf pour les couleurs. Heureuse, vous choisissez un pyjama mauve et rose, orné d’un gros chat. La vendeuse vous regarde étrangement: « Mais… Ça ne dérangera pas le papa de voir son garçon habillé comme ça? »
C’est malheureusement une histoire vraie. Je suis restée bouche bée et j’ai fini par répondre que non, papa ne s’en formaliserait pas, car il porte aussi des chemises roses. Tout comme ses deux grands-pères…
Dès la naissance, il faut marquer le genre de notre bébé. La chambre est souvent bleue ou rose. Les couvertures, les vêtements, les toutous, tout nous rappelle qu’un garçon, ce n’est pas la même chose qu’une fille.
Or si on permet maintenant aux fillettes de porter du bleu, du vert ou du noir (sans camion dessus toutefois! :P), je vous mets au défi de chercher un chandail, un polo ou une chemise rose ou mauve. Il faut être déterminé. Très déterminé.
Les jouets
Bébé a deux ans. Il s’amuse avec des camions, des casse-têtes et des blocs. Un jour, en arrivant à la garderie, vous remarquez que votre petit garçon adore par-dessus tout la mini-poussette qu’il promène joyeusement en parlant au bébé dedans. Oseriez-vous lui en acheter une pour son anniversaire?
Il y a toujours une hésitation quand on s’aventure avec un bébé masculin dans la section « fillettes » des magasins: celle décorées de cœurs roses, de princesses et d’instruments de cuisine. On se fait regarder étrangement quand on demande à son petit garçon: Quelle poussette te ferait plaisir? Tu veux cette poupée ou celle-là? Quel nom vas-tu lui donner?
Pourtant, s’aventurer dans la section « garçon » avec une fillette n’est plus aussi difficile. Une fille qui s’intéresse aux jouets des garçons, ça se peut. Je ne dis pas qu’on l’encourage à cent pour cent, mais ce n’est pas mal vu. Au lieu de se dire qu’elle deviendra « masculine », on se dit plutôt qu’elle sera une fille forte, comme la princesse Mérida, héroïne de Rebelle de Disney.
Oups! C’est vrai que la renommée compagnie n’a pas hésité à charcuter ce personnage pour le rendre davantage « princesse », C’en est fini de la taille normale de Mérida, de ses cheveux naturels un peu ébouriffés, de son allure guerrière: elle devient maintenant anormalement mince, aux cheveux volumineux, bien habillée… Une pétition réclamant le retour de la vraie Mérida a même été lancée en ligne!
Les livres
Bébé a cinq ans. Il adore les livres, surtout les histoires avec les loups. Il a alors ce délicieux petit frisson de peur, juste suffisant pour créer une tension, un stress, une émotion. Vous croisez un superbe livre qui s’appelle La petite fille et les loups à la librairie. Oserez-vous l’acheter même s’il met en scène un personnage féminin? Et si votre garçon ne s’identifiait pas au personnage?
Les fillettes pourront pourtant lire Flûte de flûte, Victor! et les plus âgées pourront aborder la Cartographie pour jeunes apprentis. Les filles peuvent lire tous les livres, peu importe que ce soit pour un public féminin ou masculin.
Mais le pauvre garçon devra se contenter de ce qu’on a créé pour lui et qui exclut bien évidemment les fées, les cœurs et les héroïnes. Même les chevaux sont pour les filles, selon ce texte d’une libraire jeunesse!
La libération des femmes
La fillette peut porter du rose ou du bleu.
Elle peut aussi jouer avec des camions ou des superhéros.
Elle peut surtout lire ce qu’elle veut, même si le personnage est un garçon. Le masculin n’inclut-il pas le féminin en français?
Grâce au féminisme, on a permis à la femme d’être l’égale de l’homme. De choisir sa vie, sa carrière, le nombre d’enfants. Dans une large part, nous avons donc permis aux femmes de faire aussi ce qui était auparavant réservés aux hommes. C’est une remarquable avancée pour l’égalité. Et il faut continuer de solidifier ces droits.
Mais nous n’avons parcouru que la moitié du chemin.
Le garçonnet ne peut porter du rose ou du mauve.
Il ne peut jouer avec une poussette, bercer une poupée.
Il ne peut pas à s’identifier à un personnage féminin, ce qui lui exclut quantité de livres…
Avons-nous oublié de permettre aux hommes de faire ce que les femmes font? Ou est-ce trop difficile de permettre au « sexe fort » de copier le « sexe faible »?
Or en ne permettant pas au petit garçon d’expérimenter les jouets, les couleurs, les héroïnes, on lui dit déjà à quel point son statut de mâle est précieux, doit être préservé de toute attitude féminine, ce qui l’associerait à un homosexuel… On lui montre déjà ce qu’est la virilité, qui exclut le « prendre soin » d’une poupée, la tendresse, l’émotion.
Après tout, on le sait, les grands garçons ne pleurent pas.
Mais ils se suicident beaucoup, malheureusement.
C’est malheureusement une histoire vraie. Je suis restée bouche bée et j’ai fini par répondre que non, papa ne s’en formaliserait pas, car il porte aussi des chemises roses. Tout comme ses deux grands-pères…
Dès la naissance, il faut marquer le genre de notre bébé. La chambre est souvent bleue ou rose. Les couvertures, les vêtements, les toutous, tout nous rappelle qu’un garçon, ce n’est pas la même chose qu’une fille.
Or si on permet maintenant aux fillettes de porter du bleu, du vert ou du noir (sans camion dessus toutefois! :P), je vous mets au défi de chercher un chandail, un polo ou une chemise rose ou mauve. Il faut être déterminé. Très déterminé.
Les jouets
Il y a toujours une hésitation quand on s’aventure avec un bébé masculin dans la section « fillettes » des magasins: celle décorées de cœurs roses, de princesses et d’instruments de cuisine. On se fait regarder étrangement quand on demande à son petit garçon: Quelle poussette te ferait plaisir? Tu veux cette poupée ou celle-là? Quel nom vas-tu lui donner?
Oups! C’est vrai que la renommée compagnie n’a pas hésité à charcuter ce personnage pour le rendre davantage « princesse », C’en est fini de la taille normale de Mérida, de ses cheveux naturels un peu ébouriffés, de son allure guerrière: elle devient maintenant anormalement mince, aux cheveux volumineux, bien habillée… Une pétition réclamant le retour de la vraie Mérida a même été lancée en ligne!
Les livres
Les fillettes pourront pourtant lire Flûte de flûte, Victor! et les plus âgées pourront aborder la Cartographie pour jeunes apprentis. Les filles peuvent lire tous les livres, peu importe que ce soit pour un public féminin ou masculin.
Mais le pauvre garçon devra se contenter de ce qu’on a créé pour lui et qui exclut bien évidemment les fées, les cœurs et les héroïnes. Même les chevaux sont pour les filles, selon ce texte d’une libraire jeunesse!
La libération des femmes
Elle peut aussi jouer avec des camions ou des superhéros.
Elle peut surtout lire ce qu’elle veut, même si le personnage est un garçon. Le masculin n’inclut-il pas le féminin en français?
Grâce au féminisme, on a permis à la femme d’être l’égale de l’homme. De choisir sa vie, sa carrière, le nombre d’enfants. Dans une large part, nous avons donc permis aux femmes de faire aussi ce qui était auparavant réservés aux hommes. C’est une remarquable avancée pour l’égalité. Et il faut continuer de solidifier ces droits.
Mais nous n’avons parcouru que la moitié du chemin.
Le garçonnet ne peut porter du rose ou du mauve.
Il ne peut jouer avec une poussette, bercer une poupée.
Il ne peut pas à s’identifier à un personnage féminin, ce qui lui exclut quantité de livres…
Avons-nous oublié de permettre aux hommes de faire ce que les femmes font? Ou est-ce trop difficile de permettre au « sexe fort » de copier le « sexe faible »?
Or en ne permettant pas au petit garçon d’expérimenter les jouets, les couleurs, les héroïnes, on lui dit déjà à quel point son statut de mâle est précieux, doit être préservé de toute attitude féminine, ce qui l’associerait à un homosexuel… On lui montre déjà ce qu’est la virilité, qui exclut le « prendre soin » d’une poupée, la tendresse, l’émotion.
Après tout, on le sait, les grands garçons ne pleurent pas.
Mais ils se suicident beaucoup, malheureusement.
14 mai 2013
Philosophie de voyage en Islande
- On ira, Zaz
Les voyages sont, pour la plupart des gens, des événements inhabituels, qui viennent justement briser les habitudes du quotidien. Paradoxalement, l’être humain ayant besoin de routine, nous avons tous établi une « routine de voyage », une façon de préparer l’aventure. Ça peut être l’achat d’un guide de voyage, la consultation de forums ou de blogues, ou même le magasinage d’un nouveau costume de bain!
À l’approche de mon départ vers l’Islande, j’observe les yeux grands ouverts ces comportements que j’adopte devant l’imminence du voyage. Étonnamment, j’en apprends beaucoup sur moi.
J’ai d’abord contacté des professeurs de sociologie qui étudient les congés parentaux afin d’établir un premier contact. Ils m’ont envoyé des textes, j’ai acheté leurs livres et j’ai épluché les statistiques de leur pays afin de synthétiser l’évolution des congés parentaux dans un texte. Cela n’a rien d’étonnant puisque je compte étudier en profondeur leur système.
Comme plusieurs s’en doute, j’ai aussi commandé un volume d’introduction à l’islandais. Toutefois, à l’écoute des premiers sons et devant la difficulté des voyelles/consonnes, je dois avouer que j’ai remisé cet ouvrage sur l’une de mes armoires pendant…un an! Je viens de le ressortir, motivée tout à coup, et après plusieurs écoutes, je commence à capter certaines prononciations. J’en suis à la leçon 3! J’aimerais au moins avoir une base.
J’ai alors saisi que, devant l’anxiété d’un long voyage à l’étranger (eh oui, ce sentiment est présent aussi!), je tentais de trouver des liens « de familiarité » avec mon vécu québécois. Et cette familiarité, je la trouve dans les universités, des lieux qui partagent de nombreux points communs, peu importe le pays où l’on se trouve. Cela me rassure parce que je viens de réaliser que j’ai des « petites maisons » un peu partout sur la planète.
Dans le même ordre d’idées, j’ai aussi écrit au Centre de langues de l’université pour proposer des échanges de français. Cette expérience avait été l’une des plus enrichissantes de mon voyage au Japon, me permettant de découvrir des amis et de mieux approcher la réalité des Japonaises. Le professeur, encore une fois, fut absolument sympathique : m’invitant à offrir des ateliers sur les spécificités du français québécois… Quel bonheur pour une amoureuse du Québec!
Finalement, j’ai aussi exploré les possibilités d’offrir un concert dans un café de Reykjavik. C’est évidemment une étape plus complexe : il faut trouver un endroit avec piano où pratiquer, aussi dénicher un lieu de spectacle qui possède déjà un clavier en plus de nous accepter, et puis il me faudra faire confiance à une gardienne pour veiller sur Léo (peut-être la plus difficile étape)… Mais petit à petit, nous verrons ce qu’il est possible de faire.
Oh! J’ai aussi acheté un guide de voyage rempli de superbes lieux à visiter. Ça fait partie des plaisirs, bien évidemment. Mais comme on le voit, mes priorités vont d’abord aux gens, aux rencontres, aux apprentissages… Après tout, qu’y a-t-il de plus intéressant que la culture d’un pays vécue par ses habitants? Des geysers, deux plaques tectoniques visibles à l’œil nu, des chutes fantastiques? Bon ok. J’ouvre tout de suite une nouvelle section à ma liste… ;)
13 novembre 2012
Les secrets d'une langue
Petite énigme
Un père et son fils font du vélo sur l’autoroute, ce qui n’est pas très prudent. Bien évidemment, ce qui devait arriver arriva et un accident survint. Le père fut blessé, mais c’est le petit garçon qui fut le plus gravement amoché. On l’apporta d’urgence à l’hôpital où on conclut qu’il avait besoin d’une intervention d’urgence. Le médecin responsable de la chirurgie fut appelé. Comme il était au sixième, il tardait un peu, mais on le vit enfin arriver. Il se stérilisa les mains, mis des gants et entra dans la salle. En voyant le garçon, le médecin refusa d’avancer en disant: « Je ne peux pas opérer cet enfant, car c’est mon fils. »
Alors? Qui est le médecin? Les scénarios les plus farfelus se sont mis à germer chez les étudiants pendant que le professeur riait dans sa barbe. Le mariage gai est permis, alors cet enfant a deux pères. Ou alors le père imprudent est son père adoptif et le médecin son vrai père…
Jusqu’à ce que le prof coupe net nos spéculations: « C’est simple : le médecin est sa mère. »
Jamais le sexisme de ma langue ne m’a frappée autant que ce jour-là. Parce que dans ma tête, pendant que le professeur nous racontait l’histoire du petit garçon et du médecin, jamais je n’ai vu une femme: j’ai vu un homme en sarrau blanc. Moi qui me croyais si égalitaire, si soucieuse de ne pas discriminer selon le sexe, j’avais pourtant vu un homme et je n’avais absolument pas pensé à une femme à cause du mot « le médecin ». Le masculin est supposé inclure le féminin, non? Et combien de grands textes contiennent le mot « homme » pour signifier à la fois l’homme et la femme?
Le bonheur n'a point d'enseigne extérieure ; pour le connaître, il faudrait lire dans le cœur de l'homme heureux.
Jean-Jacques Rousseau
La plupart des hommes emploient la première partie de leur vie à rendre l'autre moitié misérable.
La Bruyère
Paix sur la Terre aux hommes de bonne volonté.
Évangile de Saint-Luc
La langue française est sexiste jusque dans ses mots et cette façon de représenter les choses nous atteint plus fortement qu’on le croit. Ce prof a réussi à me montrer cela en quelques minutes.
Je débute présentement l’apprentissage de l’islandais. Quelques mots, quelques phrases, je n’irai sûrement pas aussi loin qu’en japonais, mais je tiens tout de même à explorer cette langue avant de visiter le pays. Et à chaque fois que je commence une langue, je me demande ce que j’apprendrai sur sa culture et sa société. Ce que je découvrirai caché dans les replis d’une langue est parfois plus évident pour un néophyte que pour celui qui l'exerce comme langue maternelle.
Le cas du japonais
Pour l’instant, je n’ai rien pour l’islandais, mais parlons un peu du japonais. Dans cette langue, la séparation entre la langue des hommes et des femmes (joseigo) est claire et nette: les hommes ont droit à certains mots qui paraissent très vulgaires s’ils sont utilisés par des femmes. Un homme dira qu’un repas est bon en utilisant umai, tandis qu’une femme utilisera le mot plus usuel oishii. Les hommes utilisent les formes neutres des verbes (da, taberu, hanasu), alors que la femme utilisera les formes polies (desu, tabemasu, hanashimasu).
Mais un des exemples les plus intéressants se trouve dans les pronoms personnels (qu’on utilise moins souvent qu’en français, mentionnons-le):
Pour une femme:
- le je très poli est watakushi: EXCLUSIVEMENT FÉMININ
- le je usuel est watashi
- le je mignon est atashi: EXCLUSIVEMENT FÉMININ
- le tu est anata
- le tu usuel peut être kimi
Pour un homme:
- le je poli est watashi
- le je usuel est boku: plus souvent MASCULIN
- le je usuel plus masculin est ore: EXCLUSIVEMENT MASCULIN, pour une fille, celui-là est même très vulgaire
- le tu poli est anata, anta ou kimi
- le tu usuel est omae: plus souvent MASCULIN
- le tu vulgaire est temee ou encore pire kisama
Ce qui me rappelle que j’avais été sidérée en louant les dvd de Dragonball au Japon. En écoutant les épisodes en version originale avec mon chum, j’avais été très surprise de voir que Sangoku parlait à ses adversaires en utilisant « kisama », ce qui se traduirait en québécois par « mon t*b*rn*c ». Vous comprenez mes gros yeux! On avait assoupli le texte lors de la traduction française, ça c’est sûr! ;)
D’où l’importance de ne pas apprendre son japonais par les dessins animés… Certains étrangers ont donné tout un choc aux Japonais avec leur utilisation de « temee » et « kisama »! :)
Pour en revenir au français
Le français a aussi des tours dans son sac. Par exemple:
- Homme et femme : on désigne ici des personnes de sexe différent
- Mari et femme : on parle des gens mariés
Remarquons que l’homme dispose de deux mots pour désigner deux choses différentes, alors que le mot « femme » signifie à la fois une personne et une épouse. La « femme » est donc liée à quelqu’un pour être, non? Vous pensez que j’exagère… Alors continuons.
- Garçon et fille : on désigne ici des enfants de sexe différent
- Fils et fille : on parle des enfants de quelqu’un
Encore une fois, la fille n’a qu’un mot pour parler deux choses bien différentes. La « fille » est liée ici à son père ou sa mère, mais elle est liée à quelqu’un.
C’est assez étonnant. Quand je parle à mon fils et que je l’appelle « mon petit homme », jamais je n’oserais dire « ma petite femme » à une fillette. Et pourtant… c’est l’équivalent, non? Est-ce que cela veut dire que le petit garçon est déjà vu comme un homme miniature, mais que la fillette reste elle, petite plus longtemps avant qu'on puisse la qualifier de « femme »?
26 juillet 2010
Drôleries et curiosités nippones
Il faut attendre la fin du voyage pour pouvoir faire cette chronique, mais enfin! je peux vous présenter les erreurs et les curiosités croisées pendant mon escapade au Japon. Commençons avec les erreurs, en ordre croissant de « drôlerie »...
D'abord, juste en face du temple Daitoku-ji, vous pouvez manger au « Café du Mon ». Je ne sais pas si on voulait dire « Monde » ou « Mont »...

Il y aussi la boutique de vêtements « Belle vie moi » qui ressemble à un amalgame de mots...

« Keep your gentlemen ship wan », je ne la comprends pas, mais les dessins sont assez explicites...

À Sapporo, le Café d'or (notez l'accent sur le D majuscule), les deux slogans se comprennent, mais débordent de fautes.

J'aime beaucoup cet avis, juste au dessus de la toilette. « Svp, poussez le derrière flashant trois fois quand vous flashez la toilette »... Il faut dire que c'était le bon endroit pour mélanger « button » et « bottom »!

Mais le meilleur... De petits chocolats qui ont choisis comme noms officiels un mélange de français et d'anglais. Pour ceux que ça intéresse de manger des « petit bit », c'est absolument délicieux! J'aurais aimé que les dirigeants de la compagnie Bourbon se renseignent sur le sens de « bit » en français. Quoi qu'il en soit, j'en ai ramené plein que j'offre en cadeau aux filles de ma connaissance! Elles pourront dire qu'elles ont mangé des « petit bit » japonais! (O_o) Sachez mesdames qu'en plus, les « petit bit » japonais ont des saveurs! Ouf!

Pour ramener l'harmonie, je vous mets l'affiche des boulangeries Shinshindô, une des meilleures de Kyoto et où le slogan est parfaitement écrit. J'y ai retrouvé le pain sucré au thé Earl Grey... Un délice.

Passons maintenant aux curiosités. Je vous présente d'abord un chien anglais un peu étrange...

Puis le samourai logo des très sérieux trains rapides. N'est-il pas absolument mignon? Une source d'inspiration pour ViaRail peut-être...!

Et aussi une gogosse absolument inutile, soit-disant pour amuser les enfants. Vous branchez ça sur votre robinet et vous avez des éclaboussures garanties pour environ 5 dollars!

Voici maintenant deux publicités. La première est celle d'un politicien. Je le trouve trop cool, il ressemble à une superstar, je veux voter pour lui! Aussi, admirez Léonardo di Caprio faire la publicité de pneus dans tous les garages.

Pour terminer, voici une superbe publicité vue dans le métro. Ça dit: « Minna no chikara de, kireina Kyoto » ce qui veut dire « Grâce au travail de tous, un superbe Kyoto ». Ça me donne le goût de ramasser les déchets, c'est pour dire!

Tout cela est bien amusant, mais je tiens à raconter une « drôlerie » que j'ai vue au Québec. En admirant les tatous sur les épaules ou les bras de certaines personnes, on remarque que plusieurs adorent les caractères de style chinois ou japonais. Mais certains tatoueurs sont plus talentueux que d'autres. Parce que j'en ai vu se promener avec des caractères tatoués dans la peau qui sont à l'envers! C'est-à-dire que la seule façon de les voir correctement est de les regarder dans le miroir... Assez cocasse. Je vous montre le résultat avec mon « kanji » préféré, celui de « rêve »...

Soyez vigilants! \(^O^)/
D'abord, juste en face du temple Daitoku-ji, vous pouvez manger au « Café du Mon ». Je ne sais pas si on voulait dire « Monde » ou « Mont »...
Il y aussi la boutique de vêtements « Belle vie moi » qui ressemble à un amalgame de mots...
« Keep your gentlemen ship wan », je ne la comprends pas, mais les dessins sont assez explicites...
À Sapporo, le Café d'or (notez l'accent sur le D majuscule), les deux slogans se comprennent, mais débordent de fautes.
J'aime beaucoup cet avis, juste au dessus de la toilette. « Svp, poussez le derrière flashant trois fois quand vous flashez la toilette »... Il faut dire que c'était le bon endroit pour mélanger « button » et « bottom »!
Mais le meilleur... De petits chocolats qui ont choisis comme noms officiels un mélange de français et d'anglais. Pour ceux que ça intéresse de manger des « petit bit », c'est absolument délicieux! J'aurais aimé que les dirigeants de la compagnie Bourbon se renseignent sur le sens de « bit » en français. Quoi qu'il en soit, j'en ai ramené plein que j'offre en cadeau aux filles de ma connaissance! Elles pourront dire qu'elles ont mangé des « petit bit » japonais! (O_o) Sachez mesdames qu'en plus, les « petit bit » japonais ont des saveurs! Ouf!
Pour ramener l'harmonie, je vous mets l'affiche des boulangeries Shinshindô, une des meilleures de Kyoto et où le slogan est parfaitement écrit. J'y ai retrouvé le pain sucré au thé Earl Grey... Un délice.
Passons maintenant aux curiosités. Je vous présente d'abord un chien anglais un peu étrange...
Puis le samourai logo des très sérieux trains rapides. N'est-il pas absolument mignon? Une source d'inspiration pour ViaRail peut-être...!
Et aussi une gogosse absolument inutile, soit-disant pour amuser les enfants. Vous branchez ça sur votre robinet et vous avez des éclaboussures garanties pour environ 5 dollars!
Voici maintenant deux publicités. La première est celle d'un politicien. Je le trouve trop cool, il ressemble à une superstar, je veux voter pour lui! Aussi, admirez Léonardo di Caprio faire la publicité de pneus dans tous les garages.
Pour terminer, voici une superbe publicité vue dans le métro. Ça dit: « Minna no chikara de, kireina Kyoto » ce qui veut dire « Grâce au travail de tous, un superbe Kyoto ». Ça me donne le goût de ramasser les déchets, c'est pour dire!
Tout cela est bien amusant, mais je tiens à raconter une « drôlerie » que j'ai vue au Québec. En admirant les tatous sur les épaules ou les bras de certaines personnes, on remarque que plusieurs adorent les caractères de style chinois ou japonais. Mais certains tatoueurs sont plus talentueux que d'autres. Parce que j'en ai vu se promener avec des caractères tatoués dans la peau qui sont à l'envers! C'est-à-dire que la seule façon de les voir correctement est de les regarder dans le miroir... Assez cocasse. Je vous montre le résultat avec mon « kanji » préféré, celui de « rêve »...
Soyez vigilants! \(^O^)/
14 octobre 2007
Montréal
Philippe et moi étions en semaine de vacances. Nous sommes donc partis trois jours à Montréal, pour faire le voyage que nous avions prévu en mai, mais que nous avions dû retarder. Notre rêve s’est réalisé : l’achat d’une cocotte à riz Zojirushi, une marque japonaise d’excellence. C’est la première chose que nous avons faite en arrivant lundi!
Nous avions également le goût de voir nos amis. Depuis notre retour du Japon, nous avions revu peu de gens à Montréal. Lors de notre mariage, nous n’avons pas eu assez de temps pour discuter avec ceux qui étaient présents. Alors, opération « Amis »! C’était super! On a passé de bons moments avec nos amis. On a pu raconter nos petites anecdotes japonaises et j’ai même appris que Philippe pouvait maintenant dire que j’étais sa « canaille » (en japonais : « ma femme »)!!! AHHHH!!!
Le lundi soir, nous nous avons assisté au spectacle de Rachid Badouri. Il est très drôle, particulièrement dans la deuxième partie, où nous en avions mal au ventre. Il pète le feu et il semble très à l’aise sur scène. Un bon spectacle d’un humoriste très moderne et ouvert d’esprit.
On nous a demandé si vivre à Montréal nous manquait. C’est sûr que le contact avec ces amis que nous avons revus nous a manqué. Mais la ville elle-même, certainement pas. Je ne dirai pas que je me sens à l’aise avec tous les aspects de Québec, mais je m’y sens moins stressée qu’à Montréal. Ça vaut son pesant d’or…
Le restant de la semaine a été consacrée à faire toutes les petites choses que nous n’avions même pas eu le temps de penser dans nos semaines à temps plein. On a donc passé une semaine assez active.
15 novembre 2006
Le retour approche
Nous avons aussi commencé à vendre les choses : piano, télé, vélo, chaises, lampe, tiroirs, etc. Graduellement, l’appartement s’agrandit.
J’ai déjà donné, à certains étudiants, leur dernier cours. Chaque semaine, je dois dire au revoir à d’autres étudiants. Certains enfants savent qu’ils ne restent que deux cours et ils ont déjà des larmes dans les yeux. C’est émouvant. J’ai préparé des petits albums avec les photos de tous nos cours. Je vais leur offrir lors de la dernière leçon.
Je dois dire que j’ai été chanceuse. J’ai eu environ une vingtaine d’étudiants, la majorité étant des adultes. Tous mes étudiants enfants étaient toujours calmes et mignons. Je n’ai pas vraiment eu à faire de la discipline (ouf!). En plus, j’ai enseigné le français à la moitié de mes étudiants, ce qui était inespéré à Kyoto.
Avec les étudiants adultes, on apprend beaucoup, c’est génial. Ils nous parlent du Japon, de leur famille, de leur vie. J’ai aussi beaucoup parlé de mon Québec, de ma culture. C’est certainement avec ces personnes qu’on échange le plus. C’est donc une bonne chose de leur enseigner.
Par contre, ce n’est pas ainsi qu’on apprend le japonais. Je dois dire qu’être professeur au Japon ne permet absolument pas d’apprendre le japonais. Oui, on apprend quelques mots par-ci, par-là, mais les étudiants souhaitent entendre la langue qu’ils étudient. Il faut donc parler l’anglais ou le français (quoique avec les étudiants débutants en français, je parlais en japonais pour les explications).
Pour apprendre le japonais, il faut donc avoir la volonté de s’y mettre et d’y travailler. Ce n’est pas une langue facile. À partir du mois d’avril, je me suis donc payée une professeure privée, car les cours gratuits du Centre de Kyoto étaient un peu difficiles. Avec Tae-chan, j’ai vraiment beaucoup appris. Pas seulement le japonais. C’est grâce à elle qu’on a découvert le bunraku, l’ikebana, la pension au Mont Fuji, le noh, le quartier chinois de Yokohama, les meilleurs okashi (pâtisseries) de Kyoto et d’autres, et d’autres! :)
Quand je lui ai appris que je m’étais inscrite à un examen de japonais pour le mois de décembre, elle a décidé de me lancer dans le grand programme : devoirs, devoirs et devoirs. J’ai donc terminé les deux gros livres Minna no Nihongo en trois mois! Je vous dis que j’ai travaillé fort! ;) Mais j’espère que je pourrai passer l’examen, car je sais qu’il est difficile. :)
Voilà mes petites pensées d’aujourd’hui. :)
Ah! Hier, Philippe et moi avons envoyé notre démo à des compagnies de disques québécoises. On espère fort fort avoir des réponses! :) Mais sinon, on ne se découragera pas et on fera comme à Kyoto : on se forgera un petit public graduellement. :)
12 juillet 2006
La présence de l'anglais et du français au Japon
Les nuits sont chaudes à Kyoto. Très chaudes! Il n’y a plus de fraîcheur qui entre par la fenêtre. Il n’y a que l’humidité. En fin d’après-midi, il y a des dizaines de libellules qui volent derrière la maison. C’est presque effrayant.
Dans cette chronique, je voulais vous parler un peu de la présence d’autres langues au Japon. Probablement que je pourrais faire un très long texte sur le sujet (une maîtrise peut-être!), mais je vais me contenter de vous en tracer le portrait.
D’abord et avant toute chose: l’anglais. Évidemment, on trouve des traces d’anglais partout. C’est une mode très populaire. Sur la photo, le restaurant «Vent du sud» a été traduit en anglais par «Sauthen Wind». Autre exemple: vous voulez acheter un papier d’emballage pour un cadeau, vous aurez de la difficulté à en trouver un sans texte anglais de souhait d’anniversaire.
Vous cherchez un sac pour porter vos effets, eh bien, il y sera probablement écrit: «Today is sunny day full in happiness and joy».
Remarquez que j’ai inséré quelques erreurs d’anglais dans le texte, car cela est également une malheureuse caractéristique de cette mode: les petites notes anglaises sont plus ou moins correctes. T-shirt, aliments, restaurants, coiffeurs, cadeaux, albums-photos, on vous offre gracieusement un texte anglais truffé d’erreurs. Ne cherchez même pas à avoir un sac cadeau avec un petit texte écrit en japonais pour montrer à vos amis au retour. C’est un objet rare. Sur la photo, on voit le nom d’un kiosque très populaire: la «Second Poche». Pour les Québécois, c’est très amusant. :)
Ensuite, l’anglais s’insère allégrement dans le langage. Par exemple, même si le mot «fraise» a une traduction japonaise (ichigo), j’ai vu des yogourt offrir la plus intéressante saveur «soutouraabérii» écrit en katakana (alphabet phonétique). Avez-vous compris quelle saveur est offerte ici?
Pas toujours facile! Je peux lire les katakana, mais lire «soutouraabérii» ne garantit pas nécessairement la compréhension du mot «strawberry».
Ah ah! Par chance, la plupart du temps, le mot est également écrit en anglais. Les katakana sont donc écrit pour permettre aux Japonais de savoir comment prononcer «strawberry».
Dernièrement, j’ai vu la bande-annonce d’un film tiré d’un manga très populaire: Death Note (excellent manga par ailleurs). Comme plusieurs mangas, le titre est en anglais. Et la «traduction» katakana est: «Désu nooto». Alors quand j’ai entendu l’annonceur dire le nom anglais de cette façon à la télé (avec voix dramatique et profonde), j’avoue que j’ai trouvé ça un peu drôle. :)
Maintenant... Le français! Oui, oui, le français est bien présent au Japon. On l’utilise de la même façon qu’aux États-Unis: une affiche avec quelques mots de français permettent tout de suite de créer une ambiance plus chic et distinguée. :) Alors, boulangeries, cahiers de notes ou marques de vêtements, le français se lit un peu partout.
En fin de semaine par exemple, nous avons mangé une crème glacée à Kutsuki, dans un endroit appelé «Petit lait glacé». Mon parrain fromager sera sûrement heureux d’apprendre que le «petit lait» (c’est-à-dire ce qu’on retire du fromage lors de sa production) peut devenir de la crème glacée! :) Sur la photo, on peut manger à la boulangerie «Clos des mouches» (ça promet!)
Exemple de textes assez énigmatiques sur des sacs:
«Les vacances à respecter. Un jour de repos familial. On peur rencontrer une vie en forme cette année aussi.»
«Jours de repos qui ont leur régularité. Corps et esprit tout à fait libérés. Et aux hommes.»
Tout de même, je tiens à préciser que ce qui est vraiment distingué (et qui n’a pas seulement «l’air distingué») affiche un français parfait. La boulangerie «Shinshindoo» par exemple a pour slogan: «Donnez-nous aujourd’hui notre pain quotidien».
Bien sûr, je comprends qu’il n’est pas évident d’écrire parfaitement le français. Mais avant une impression en plusieurs exemplaires, il est préférable de faire vérifier par quelqu’un qui parle bien cette langue. Enfin! :) Ça donne quelque chose à raconter aux touristes anglophones ou francophones. :)
Dans cette chronique, je voulais vous parler un peu de la présence d’autres langues au Japon. Probablement que je pourrais faire un très long texte sur le sujet (une maîtrise peut-être!), mais je vais me contenter de vous en tracer le portrait.
Vous cherchez un sac pour porter vos effets, eh bien, il y sera probablement écrit: «Today is sunny day full in happiness and joy».
Pas toujours facile! Je peux lire les katakana, mais lire «soutouraabérii» ne garantit pas nécessairement la compréhension du mot «strawberry».
Dernièrement, j’ai vu la bande-annonce d’un film tiré d’un manga très populaire: Death Note (excellent manga par ailleurs). Comme plusieurs mangas, le titre est en anglais. Et la «traduction» katakana est: «Désu nooto». Alors quand j’ai entendu l’annonceur dire le nom anglais de cette façon à la télé (avec voix dramatique et profonde), j’avoue que j’ai trouvé ça un peu drôle. :)
«Les vacances à respecter. Un jour de repos familial. On peur rencontrer une vie en forme cette année aussi.»
«Jours de repos qui ont leur régularité. Corps et esprit tout à fait libérés. Et aux hommes.»
Tout de même, je tiens à préciser que ce qui est vraiment distingué (et qui n’a pas seulement «l’air distingué») affiche un français parfait. La boulangerie «Shinshindoo» par exemple a pour slogan: «Donnez-nous aujourd’hui notre pain quotidien».
Bien sûr, je comprends qu’il n’est pas évident d’écrire parfaitement le français. Mais avant une impression en plusieurs exemplaires, il est préférable de faire vérifier par quelqu’un qui parle bien cette langue. Enfin! :) Ça donne quelque chose à raconter aux touristes anglophones ou francophones. :)
S'abonner à :
Messages (Atom)








