J’écris de Kyoto. C’est normalement la journée où j’aurais dû prendre le train vers Tokyo, puis l’avion vers chez moi, mais le typhon Hagibis a changé les plans. J’ai retardé mon retour pour être sûre de pouvoir circuler. Les trains sont toujours au ralenti ce matin et l’aéroport rouvrira cet après-midi, alors c’était la bonne chose à faire. À Kyoto, la situation est restée calme, du vent et de la pluie en grande partie, mais la région centrale et le nord du Japon ont subi plusieurs inondations. Il y a quatre morts, 17 personnes disparues et une centaine de blessés jusqu’à maintenant. J’ai pu suivre la situation à la télévision toute la journée hier.
Mes dix jours au Japon se sont bien passés. J’ai rencontré plusieurs personnes en personne pour la première fois, dont David Brulotte, le délégué général du Québec à Tokyo, Maud Archambault, qui a contribué avec moi au Fabuleux Japon publié chez Ulysse et plusieurs professeurs! J’ai aussi visité plusieurs amis de longue date, ce qui est un vrai bonheur.
Lors du colloque de sociologie de Japan Sociological Society, où j’étais invitée, j’ai fait ma communication sur les pères québécois et japonais. C’était en anglais, ce qui est une première pour moi! Cet événement fut intéressant, mais il y avait huit intervenants qui se succédaient pendant trois heures sans pause, ce qui est difficile pour la concentration. De plus, les sujets des panels étaient très disparates, ce qui ne favorisaient pas la réunion des gens en fonction de leur intérêt. Le dimanche, je suis allée à un panel (de huit intervenants) sur le seul sujet des minorités sexuelles au Japon, et c’était plein, ce qui démontre que c’est préférable de mettre ensemble les chercheurs ayant des thèmes communs.
J’ai ensuite visité brièvement Matsumoto et Nagano. Il y a longtemps que je voulais découvrir la région montagneuse, au centre de l’île principale. J’étais dans un ryokan, c’était fort agréable. Le moment que j’ai préféré fut au Zenkô-ji de Nagano, où l’un des moines a remarqué que je visitais seule et que je parlais japonais. Il est venu me voir, m’a demandé si je lui accordais quelques minutes et m’a fait visiter. C’était infiniment sympathique et cela a rendu mon expérience mémorable. Merci!
À Kyoto, j’ai visité une classe de littérature francophone à l’université Kyoto Gaikoku-go. J’ai parlé devant une classe en japonais pendant près d’une heure! Ça aussi, c’était une première! On pourra dire que j’ai repoussé mes frontières pendant ce court séjour au Japon! Je remercie les deux professeurs qui m’ont accueillie dans leurs classes, car c’est l’un de mes moments favoris du voyage. Les étudiants étaient super sympathiques, ils ont ri et étaient intéressés. Un grand bonheur!
Finalement, ce sont les moments où je rencontre d’autres personnes, où j’ai le temps d’avoir une longue conversation avec une amie autour d’un thé, ou en marchant lentement dans un vieux temple, que je ressens le plus que le voyage a un sens. Sans aucun doute parce qu’à travers ces discussions, ces rencontres, je change un peu à chaque fois. Et c’est le souvenir le plus précieux que je ramène de chacun de mes séjours.
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12 octobre 2019
19 septembre 2019
40 ans et son image
Comme l’an dernier, je décollerai vers le Japon le jour de mon anniversaire. La fête durera donc très peu de temps, car je passerai la ligne de changement de date au milieu du Pacifique et le 2 octobre deviendra brusquement le 3. En 2018, j’ai « vécu » 8 heures du jour de mon anniversaire; cette année, ce sera un peu plus. Si je les mets ensemble, ça fera moins de 24 heures! C’est très drôle.
Le problème avec le changement de décennie est que chaque âge porte des « attentes ». Et en entrant dans le 40, je corresponds de moins en moins à ces dernières.
Personnellement, vieillir ne me fait pas grand-chose. Dans ma tête, j’étais déjà « vieille » quand j’avais 5 ans. Je me sentais décalée, encore plus en arrivant à l’adolescence. La « beauté » et la fraicheur de la jeunesse ne m’ont jamais vraiment servie. Je restais concentrée sur mes livres, je chantais dans ma chambre en cachette et j’avais la tête dans mes projets et mes rêves, avec mille et une envies.
Alors vieillir pour moi, ça a longtemps voulu dire qu’on me reprochait de moins en moins d’être comme je suis. J’avais l’air plus « normale » de partir à l’étranger en sac à dos, de changer d’emplois, de revenir aux études au lieu d’être sérieuse. C’était « de mon âge ».
Mais 40 ans, c’est un tournant où ma façon de vivre recommence à être taxée de « bizarre ». Je n’ai pas de job stable, pas de maison, pas de définition précise de qui je suis. Quand je sors une carte d’affaires, je dois me demander laquelle convient à la personne devant moi: celle plus sérieuse, avec mon titre de sociologue ou celle en japonais qui précise mon pays? Celle où il y a l’énumération de mes réseaux sociaux? Celle avec mes livres? Celle consacrée au Japon ou à l’Islande? Ou la « retraitée » carte d’affaire musicale?
Ce qui est normal pour moi, c’est d’être multi, alors je suis à l’aise avec mes différentes cartes. Mais ça provoque deux types d’effets: « Wow! Je t’envie! Comment tu fais? » ou « Vas-tu te brancher un moment donné? » Étrangement, ma réponse est la même: « Je ne sais pas ». Ça dépend de tant de choses hors de ma volonté: l’inspiration, la passion, la chance, les idées, la santé, le chum, la famille.
On remarquera que l’âge n’entre pas dans mes critères. Bien sûr, l’âge vient jouer dans l’aspect « santé », mais la réplique « Ce n’est plus de ton âge » n’a pas plus d’impact que « Tu es trop jeune pour ça » en avait quand j’avais 12 ans. Désolée. La vie est trop courte pour que j’ajoute ce critère à mes limites.
L’apparence de jeunesse, c’est un avantage quand on veut cruiser. Mais pas quand on doit être crédible en contexte académique. Alors, pour mon prochain voyage, je ne conviens pas.
J’assume. Je serai la seule femme sur mon panel au congrès de sociologie, à Tokyo. Une des rares étrangères aussi. J’amène mon complet vert printemps. Tant qu’à sortir du lot, aussi bien le faire franchement.
Tout ça pour dire que je suis bien stressée de prendre cet avion. Et mes 40 ans.
Heureusement, l’envie ne s’est pas tarie. J’ai bien l’intention de le faire durer jusqu’à mes 100 ans. On s’en reparlera à ce moment-là, ça arrivera bien assez vite.
Le problème avec le changement de décennie est que chaque âge porte des « attentes ». Et en entrant dans le 40, je corresponds de moins en moins à ces dernières.
Personnellement, vieillir ne me fait pas grand-chose. Dans ma tête, j’étais déjà « vieille » quand j’avais 5 ans. Je me sentais décalée, encore plus en arrivant à l’adolescence. La « beauté » et la fraicheur de la jeunesse ne m’ont jamais vraiment servie. Je restais concentrée sur mes livres, je chantais dans ma chambre en cachette et j’avais la tête dans mes projets et mes rêves, avec mille et une envies.
Alors vieillir pour moi, ça a longtemps voulu dire qu’on me reprochait de moins en moins d’être comme je suis. J’avais l’air plus « normale » de partir à l’étranger en sac à dos, de changer d’emplois, de revenir aux études au lieu d’être sérieuse. C’était « de mon âge ».
Mais 40 ans, c’est un tournant où ma façon de vivre recommence à être taxée de « bizarre ». Je n’ai pas de job stable, pas de maison, pas de définition précise de qui je suis. Quand je sors une carte d’affaires, je dois me demander laquelle convient à la personne devant moi: celle plus sérieuse, avec mon titre de sociologue ou celle en japonais qui précise mon pays? Celle où il y a l’énumération de mes réseaux sociaux? Celle avec mes livres? Celle consacrée au Japon ou à l’Islande? Ou la « retraitée » carte d’affaire musicale?
Ce qui est normal pour moi, c’est d’être multi, alors je suis à l’aise avec mes différentes cartes. Mais ça provoque deux types d’effets: « Wow! Je t’envie! Comment tu fais? » ou « Vas-tu te brancher un moment donné? » Étrangement, ma réponse est la même: « Je ne sais pas ». Ça dépend de tant de choses hors de ma volonté: l’inspiration, la passion, la chance, les idées, la santé, le chum, la famille.
On remarquera que l’âge n’entre pas dans mes critères. Bien sûr, l’âge vient jouer dans l’aspect « santé », mais la réplique « Ce n’est plus de ton âge » n’a pas plus d’impact que « Tu es trop jeune pour ça » en avait quand j’avais 12 ans. Désolée. La vie est trop courte pour que j’ajoute ce critère à mes limites.
L’apparence de jeunesse, c’est un avantage quand on veut cruiser. Mais pas quand on doit être crédible en contexte académique. Alors, pour mon prochain voyage, je ne conviens pas.
J’assume. Je serai la seule femme sur mon panel au congrès de sociologie, à Tokyo. Une des rares étrangères aussi. J’amène mon complet vert printemps. Tant qu’à sortir du lot, aussi bien le faire franchement.
Tout ça pour dire que je suis bien stressée de prendre cet avion. Et mes 40 ans.
Heureusement, l’envie ne s’est pas tarie. J’ai bien l’intention de le faire durer jusqu’à mes 100 ans. On s’en reparlera à ce moment-là, ça arrivera bien assez vite.
03 juin 2019
Colloque au Japon en octobre
Bonne nouvelle: j’irai présenter ma thèse sur les pères québécois dans un congrès de sociologie au Japon! J’ai obtenu une bourse de voyage de la Japan Sociological Society pour me rendre à Tokyo en octobre. Je serai donc dans l’avion le jour de mon anniversaire pour un court séjour de 10 jours dans la capitale, mais aussi une visite plus touristique à Matsumoto (dans les montagnes) ainsi qu’un passage à Nagoya et trois jours à Kyoto pour revoir les amis. Je suis contente car c’est une belle reconnaissance de l’intérêt pour mon sujet de thèse. Avec tout ce qui est arrivé à la fin de ce doctorat, on peut dire que ma confiance avait été diminuée! Et je suis heureuse de pouvoir parler des papas québécois au Japon!
Je suis également allée faire un aller-retour à Gatineau pour le congrès de l’ACFAS. Je présentais ma thèse sur les pères lors du colloque organisé par le Régime québécois d’assurance parentale. Ce fut une belle occasion de discuter avec les autres chercheurs qui travaillent sur le même sujet: toutes les présentations étaient très intéressantes!
Professionnellement, j’ai l’impression d’avoir plusieurs vies.
Les gens qui me connaissent pour mes recherches sur la famille ignorent que j’écris des romans.
Ceux qui connaissent l’autrice et consultent la liste de mes ouvrages ne trouveront pas les publications scientifiques.
Et il y a la radio avec les chroniques sur la sociologie ou le Japon qui mélangent un peu tout ça…
C’est un peu compliqué de donner une réponse courte à la question: « Qu’est-ce que tu fais dans la vie? » Pourtant, ces différents champs ne sont pas exclusifs, ils s’influencent. Quand on lit mes romans, c’est assez évident que je m’intéresse beaucoup à la façon dont on vit, aux injustices qui sont toujours présentes dans les sociétés, aux lignes grises. Mes recherches me permettent de réfléchir à cette organisation de la société, mes chroniques à Radio-Canada aussi car elles me font souvent explorer des sujets que je connaissais moins.
J’ai passé le mois de mai à écrire mon prochain roman, dans le même monde que Les Fleurs du Nord et L’Ombre du Shinobi. C’est difficile à écrire, car il y a plusieurs scènes chargées en émotions. Quand je les écris, je les « vis » aussi, alors que je n’en ai pas toujours envie (tout dépend des émotions à vivre!) En plus, quand j’écris, je dors mal. Dès que je suis étendue, je me ressasse les scènes écrites et celles qui me restent. Alors les nuits sont courtes comme si j’avais le moteur « imagination » fixé sur « maximum » depuis un mois… Je vous jure qu'il y en a des rebondissements, des émotions, des combats et des images, oh! des images!, magnifiques! J'essaie de les dessiner avec des mots...
Je suis également allée faire un aller-retour à Gatineau pour le congrès de l’ACFAS. Je présentais ma thèse sur les pères lors du colloque organisé par le Régime québécois d’assurance parentale. Ce fut une belle occasion de discuter avec les autres chercheurs qui travaillent sur le même sujet: toutes les présentations étaient très intéressantes!
Professionnellement, j’ai l’impression d’avoir plusieurs vies.
Les gens qui me connaissent pour mes recherches sur la famille ignorent que j’écris des romans.
Ceux qui connaissent l’autrice et consultent la liste de mes ouvrages ne trouveront pas les publications scientifiques.
Et il y a la radio avec les chroniques sur la sociologie ou le Japon qui mélangent un peu tout ça…
C’est un peu compliqué de donner une réponse courte à la question: « Qu’est-ce que tu fais dans la vie? » Pourtant, ces différents champs ne sont pas exclusifs, ils s’influencent. Quand on lit mes romans, c’est assez évident que je m’intéresse beaucoup à la façon dont on vit, aux injustices qui sont toujours présentes dans les sociétés, aux lignes grises. Mes recherches me permettent de réfléchir à cette organisation de la société, mes chroniques à Radio-Canada aussi car elles me font souvent explorer des sujets que je connaissais moins.
J’ai passé le mois de mai à écrire mon prochain roman, dans le même monde que Les Fleurs du Nord et L’Ombre du Shinobi. C’est difficile à écrire, car il y a plusieurs scènes chargées en émotions. Quand je les écris, je les « vis » aussi, alors que je n’en ai pas toujours envie (tout dépend des émotions à vivre!) En plus, quand j’écris, je dors mal. Dès que je suis étendue, je me ressasse les scènes écrites et celles qui me restent. Alors les nuits sont courtes comme si j’avais le moteur « imagination » fixé sur « maximum » depuis un mois… Je vous jure qu'il y en a des rebondissements, des émotions, des combats et des images, oh! des images!, magnifiques! J'essaie de les dessiner avec des mots...
04 janvier 2019
Naha et cuisine okinawaïenne
On poursuit notre découverte d’Okinawa ensemble? On passait deux nuits au resort, alors dès le lendemain matin, c’était le temps de faire les valises et de partir! Notre amie Megumi est venue nous chercher en voiture pour nous amener à Naha, la ville principale. Comme elle habite Okinawa, nous n’avons donc pas eu l’humiliation de louer une voiture avec l’autocollant « Un étranger conduit » apposé dessus (ce n’est pas une blague…) On a fait un détour au musée Sakima, blotti contre la base militaire américaine controversée de Futenma. On a discuté avec le directeur, c’était fort intéressant, Léo avait beaucoup de questionnements sur la situation d’Okinawa.
On est allés manger au restaurant du Château Shuri, c’était absolument délicieux. Je suis fan de la nourriture okinawaïenne, surtout des sobas! Le jus de shiquazar, l’algue mozuku, le concombre amer gôya (margose), le délicieux tofu jimami aux arachides et les multiples desserts à la patate douce violette (béni-imo) sont dans mes coups de cœur aussi!
Le château de Shuri en est à sa 4e reconstruction, la dernière après la Deuxième Guerre mondiale qui a grandement affecté Okinawa. Son architecture et sa couleur rouge le rendent très différent de ce qu’on peut voir ailleurs au Japon. On a visité l’intérieur aussi, les maquettes représentant la visite de l’Empereur chinois au roi des Ryūkyū (l’ancien nom du royaume okinawaïen, avant l’annexion au Japon en 1879). L’histoire de cet archipel d’îles est aussi intéressante que sa culture ou sa gastronomie!
Megumi nous a ensuite amené au marché de poissons où Émi me collait fort en me disant qu’elle avait peur « des bebittes ». En effet, les crabes et homards n’hésitaient à sortir une patte ou deux des bacs, parfois même à marcher par-dessus les autres. C’était fort impressionnant. Megumi nous a quitté par la suite et nous sommes allés à notre nouvel hôtel, qui fut sans doute le plus beau de notre séjour! Tout à côté du monorail, avec une partie sur un sol de tatamis, du verre coloré d’Okinawa pour boire notre eau, du thé: on s’est bien reposés.
Le lendemain matin, on est repartis vers l'aéroport, le chauffeur de taxi nous a fait jouer une radio du Québec avec de la musique traditionnelle! Le vol vers Osaka a duré moins de deux heures, on a pris un taxi jusqu’à notre hôtel près de la gare du shinkansen… Ouf! Quelle chambre minuscule! Deux lits doubles qui ressemblent plus à des lits simples pour quatre personnes… Enfin. Par chance, la professeure des enfants, Mika-sensei, est venu éclairer notre soirée, nous rejoignant après un excellent souper de tempura et soba. Elle a fait le trajet de Kyoto pour venir nous saluer une dernière fois.
À quoi a ressemblé le retour? Eh bien, accrochez votre ceinture… Départ le matin en shinkansen, deux heures trente vers Tokyo à 300 kilomètres heure, avec des paysages enneigés dignes du Québec (une vague de froid a couru sur l’île principale pendant notre séjour au sud); puis transfert dans le train express vers l’aéroport pour une heure; récupération des 7 valises envoyées, enregistrement de toutes ces valises-là (plus une); passage de la sécurité, attente puis embarquement. Le vol de 12 heures vers Montréal a démarré à 17h55! Ça s’est très bien passé, ça a semblé moins long qu'à l'aller. On est arrivés à Montréal à 15h30 (la même journée), retour dans le temps! Récupération des valises, passage des douanes, récupération de la voiture de location et trajet de trois heures vers Lévis… La journée fut longue, très longue, mais heureusement, tout s’est bien passé! Les enfants soulignaient chacune des étapes en tapant dans nos mains et ils étaient très contents d’arriver.
Depuis le décalage horaire frappe fort. Le soir, les enfants pleurent pour aller se coucher, ils ont les yeux dans la graisse de bine. Ils ont pogné de la toux, de la fièvre, du mal de gorge (pharyngite), qui semble aussi transmis aux adultes… Bref, on n’est pas forts côté santé. Pas étonnant que les nouvelles décourageantes sur mon doctorat m’atteignent autant: j’avais comme la porte grande ouverte pour cela!
Merci à vous tous et toutes d’avoir suivi nos aventures! Les nouvelles se feront un peu plus espacées maintenant, mais je continuerai de vous tenir au courant!
C'est la nouvelle année. Je vous la souhaite bonne, très bonne et douce. En pleine santé physique et mentale. Et dans un cocon d'amour.
On est allés manger au restaurant du Château Shuri, c’était absolument délicieux. Je suis fan de la nourriture okinawaïenne, surtout des sobas! Le jus de shiquazar, l’algue mozuku, le concombre amer gôya (margose), le délicieux tofu jimami aux arachides et les multiples desserts à la patate douce violette (béni-imo) sont dans mes coups de cœur aussi!
Le château de Shuri en est à sa 4e reconstruction, la dernière après la Deuxième Guerre mondiale qui a grandement affecté Okinawa. Son architecture et sa couleur rouge le rendent très différent de ce qu’on peut voir ailleurs au Japon. On a visité l’intérieur aussi, les maquettes représentant la visite de l’Empereur chinois au roi des Ryūkyū (l’ancien nom du royaume okinawaïen, avant l’annexion au Japon en 1879). L’histoire de cet archipel d’îles est aussi intéressante que sa culture ou sa gastronomie!
Megumi nous a ensuite amené au marché de poissons où Émi me collait fort en me disant qu’elle avait peur « des bebittes ». En effet, les crabes et homards n’hésitaient à sortir une patte ou deux des bacs, parfois même à marcher par-dessus les autres. C’était fort impressionnant. Megumi nous a quitté par la suite et nous sommes allés à notre nouvel hôtel, qui fut sans doute le plus beau de notre séjour! Tout à côté du monorail, avec une partie sur un sol de tatamis, du verre coloré d’Okinawa pour boire notre eau, du thé: on s’est bien reposés.
Le lendemain matin, on est repartis vers l'aéroport, le chauffeur de taxi nous a fait jouer une radio du Québec avec de la musique traditionnelle! Le vol vers Osaka a duré moins de deux heures, on a pris un taxi jusqu’à notre hôtel près de la gare du shinkansen… Ouf! Quelle chambre minuscule! Deux lits doubles qui ressemblent plus à des lits simples pour quatre personnes… Enfin. Par chance, la professeure des enfants, Mika-sensei, est venu éclairer notre soirée, nous rejoignant après un excellent souper de tempura et soba. Elle a fait le trajet de Kyoto pour venir nous saluer une dernière fois.
À quoi a ressemblé le retour? Eh bien, accrochez votre ceinture… Départ le matin en shinkansen, deux heures trente vers Tokyo à 300 kilomètres heure, avec des paysages enneigés dignes du Québec (une vague de froid a couru sur l’île principale pendant notre séjour au sud); puis transfert dans le train express vers l’aéroport pour une heure; récupération des 7 valises envoyées, enregistrement de toutes ces valises-là (plus une); passage de la sécurité, attente puis embarquement. Le vol de 12 heures vers Montréal a démarré à 17h55! Ça s’est très bien passé, ça a semblé moins long qu'à l'aller. On est arrivés à Montréal à 15h30 (la même journée), retour dans le temps! Récupération des valises, passage des douanes, récupération de la voiture de location et trajet de trois heures vers Lévis… La journée fut longue, très longue, mais heureusement, tout s’est bien passé! Les enfants soulignaient chacune des étapes en tapant dans nos mains et ils étaient très contents d’arriver.
Depuis le décalage horaire frappe fort. Le soir, les enfants pleurent pour aller se coucher, ils ont les yeux dans la graisse de bine. Ils ont pogné de la toux, de la fièvre, du mal de gorge (pharyngite), qui semble aussi transmis aux adultes… Bref, on n’est pas forts côté santé. Pas étonnant que les nouvelles décourageantes sur mon doctorat m’atteignent autant: j’avais comme la porte grande ouverte pour cela!
Merci à vous tous et toutes d’avoir suivi nos aventures! Les nouvelles se feront un peu plus espacées maintenant, mais je continuerai de vous tenir au courant!
C'est la nouvelle année. Je vous la souhaite bonne, très bonne et douce. En pleine santé physique et mentale. Et dans un cocon d'amour.
17 juin 2010
L'hôtel du Disney Resort de Tokyo
C'est justement ce qui nous attendait à l'hôtel de Tokyo. Deux lits simples chacun de leur bord. Ce qui me trouble toujours un peu. Je dors mal toute seule après tant d'années à dormir à deux. Que pensent-ils? Qu'on veut nécessairement se sauter dessus? En plus, au Sunroute Plaza Hotel, la chambre n'est pas inspirante. Du tapis pâle avec des traces de saletés qui ne veulent pas partir, des murs construits à la façon japonaise (on entend les autres au travers et la fumée de cigarettes passent facilement), une chambre encore plus petite que les photos le disaient… Et une odeur d'humidité (moisi?) dans la salle de bain. Franchement, pour le même prix qu'à Sapporo, nous avions une chambre de mauvaise qualité. Quand je paye 125$ la nuit (tarif spécial d'une amie abonnée, notre chambre valait 220$!), je m'attends à quelque chose de bien quand même.
On vous accueille à l'entrée avec le sourire, on court vers vous pour prendre vos valises. On vous donne un numéro pour les récupérer, on est gentils comme tout à l'enregistrement et la fille des valises vous suit jusqu'en haut pour vous expliquer tout à propos de l'hôtel… Mais dans un japonais tellement poli que c'en était presque stressant d'entendre les "de gozaiiiiiiimasu" à tout moment, tous dit du même ton aigu. Elle entre avec vous dans la chambre et vous explique tout (euh… Disons qu'on comprend au premier coup d'oeil).
Le pire, c'est quand je lui ai posé la question de l'air climatisé. Il faisait chaud dans la chambre. Tokyo, à 22 heures, croulait sous un humide 25 degrés, et il avait fait 30 dans la journée (on annonçait la même chose le lendemain).
Mais vous comprenez que, comme ce n'est pas encore "officiellement" l'été, donc pas encore la période pour les yukata, ce n'est pas non plus la période de l'air climatisé…!
Elle m'a donc proposé d'ouvrir la fenêtre pour faire un peu d'aération en semblant dire que l'air climatisé ne fonctionnait pas. Vous imaginez ma face! Déception totale!
Cependant, dès qu'elle a quitté la chambre, nous avons constaté qu'il y avait un bouton pour l'ouvrir et nous l'avons ouvert. Déjà que nous devions dormir à deux dans un lit simple…
Dernier point contre cet hôtel: la dame m'a dit qu'aucun Internet n'était disponible… Et on vous demande de ne pas utiliser vos téléphones cellulaires dans la chambre pour ne pas provoquer d'alarme incendie… Très franchement, pour un Japonais, cette dernière consigne doit lui sembler comme la planète Mars!
02 avril 2010
Les quartiers de Tokyo
Au fil des stations de métro, je me suis mise à réfléchir aux noms des quartiers de Tokyo. Quelques uns sont si poétiques: « Ginza » par exemple signifie « Lieu de l'argent » (et c'est le quartier chic de la ville). « Akihabara » au contraire n'a pas de lien avec la fonction de son quartier (électronique), car il veut dire « Champ de feuilles d'automne », alors que « Roppongi » est simplement « Six arbres » et « Aoyama », « La montagne bleue ».
En continuant un peu plus profondément dans Roppongi, je suis arrivée au coeur de ce quartier qui serpente au milieu de collines, avec de petites rues sinueuses (j'ai pensé à San Francisco). Près de Tokyo Midtown, c'est très vivant, on trouve beaucoup de boutiques, de vie et de grosses compagnies (Konami entre autres).
Je suis plutôt aller dépenser mon argent dans une boutique de cuir, Inden-ya. En 2006, j'avais acheté un de leur porte-feuille et il est encore si beau que j'ai eu le goût de m'offrir autre chose. Pour ce faire, je suis allée dans un autre quartier, juste à côté, Aoyama. J'ai rapidement trouvé la boutique où je n'ai pu résister à l'ajout d'un joli étui à crayon (j'ai pris le dernier d'une série spéciale « sakura ») et d'un étui à lunettes. Quel magnifique magasin!
À 16h30, j'étais fatiguée, j'étais fauchée et j'avais froid, alors je suis repartie directement vers l'hôtel. J'ai préparé mes valises pour mon départ en shinkansen (train rapide). Cette fois, la véritable aventure commence...
01 avril 2010
Les sakura de Ueno-koen, Tokyo
Puis, j'ai repris le train vers Ikebukuro pour magasiner un peu dans les centres commerciaux et aussi flâner au Tokyu Hands, un endroit où on trouve toutes sortes de choses (et j'ai trouvé tout ça en effet!) J'ai commencé à accumuler les sacs et le poids.
Après un léger détour au marché aux puces sous la gare d'Ueno, je suis revenue à l'hôtel. J'ai mangé au McDo (grand classique japonais!) et je suis maintenant prête à faire mon deuxième dodo au pays du soleil levant. Demain, on annonce toujours 17 degrés, mais de la pluie pour Tokyo.
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